Amygdalite : L’essentiel à savoir

Article rédigé par le 18 mars 2024

L’amygdalite, ou encore tonsillite, communément appelée angine, est une inflammation des amygdales suite à une infection de celles-ci.

Elle touche surtout les enfants et les adolescents, les adultes et les bébés de moins de 18 moins en sont rarement atteints.

Cette maladie constitue un motif de consultation très fréquent, d’ailleurs, dans certains cas, si elle n’est pas traitée convenablement à temps, elle évoluera vers des complications graves.

Dans cet article, rédigé par une experte en santé, nous vous offrons toutes les informations essentielles pour vous sensibiliser aux risques associés à cette pathologie et aux précautions à adopter.

Amygdalite : les 4 points importants à ne pas oublier

  • 1. L’amygdalite, communément appelée angine, est une inflammation du/des amygdale(s) suite à une infection virale ou bactérienne.
  • 2. Elle se manifeste sous plusieurs formes cliniques qui ont chacune ses propres descriptions.
  • 3. Une angine d’origine virale se distinguera également de celle d’origine bactérienne de par le tableau clinique que présentera le patient.
  • 4. Il ne faut retarder la prise en charge d’une angine bactérienne (SGA) afin d’éviter la survenue des complications qui peuvent entrainer jusqu’à la mort même du patient.

Les amygdales, c’est quoi déjà ?

Les amygdales, ou tonsilles, sont les organes lymphatiques (structures du système immunitaire qui participent à la défense de l’organisme contre les infections) de la gorge qui se localisent au fin fond de la bouche, au niveau du pharynx, de part et d’autre de la luette (petit appendice de tissu mou situé au milieu de la bordure postérieure du palais mou).

Ces structures atteignent leur taille maximale lors de la puberté, puis par la suite, elles diminuent de volume lors du vieillissement.

Elles jouent un très grand rôle dans la défense immunitaire de la sphère ORL (oto-rhino-laryngologique, concernant les oreilles, le nez et la gorge).

Bon à savoir !
Dans le langage courant, le terme « amygdale » fait référence aux tonsilles palatines, or qu’en réalité, il y en a plusieurs paires qui sont bien réparties dans la cavité buccale et le nez. On citera :
– Les tonsilles linguales, qui se trouvent de part et d’autre de la langue ;
– Les tonsilles pharyngiennes, encore appelées « végétations adénoïdes », situées dans la cavité nasale ;
– Les tonsilles tubaires, localisées à l’ouverture des trompes d’Eustache.

Amygdalite : Définition et généralités

Comme précédemment dit, l’amygdalite (angine dans le jargon quotidien) est une inflammation des tonsilles faisant suite à une infection.

Dans 60 à 90% des cas, cette infection est d’origine virale, toutefois, elle peut aussi être d’origine bactérienne, notamment due au Streptocoque beta-hémolytique du groupe A (SBA), dans 20% des cas, tout âge confondu.

L’angine survient surtout à l’âge de 3 ans, avec un pic d’incidence entre 5 à 15 ans.

La guérison est rapide et spontanée, pour le cas des angines virales, cependant, celles d’origine bactérienne (SGA) sont nettement plus graves de par leurs complications (locorégionales et générales).

Cela justifie, de ce fait, une prise en charge thérapeutique rapide et convenable de la maladie.

Comprendre l’amygdalite : les formes et symptômes

Les angines érythémateuses

Encore appelées « angines rouges », il s’agit-là de la forme la plus fréquente d’angines.

Dans cette situation, les amygdales deviennent rouges et gonflées. Il se peut aussi que la luette et les piliers (supports des amygdales) enflent, mais cela varie.

Les micro-organismes responsables comprennent une variété de virus, comme les rhinovirus, coronavirus, le virus respiratoire syncitial (VRS), Myxovirus influenzae et M. parainfluenzae, adénovirus, le virus d’Epstein-Barr (EBV), cytomégamovirus (CMV), et dans de rares cas, le VIH.

Du côté des bactéries, les coupables principaux sont les streptocoques bêta-hémolytiques du groupe A, et, bien plus rarement, les streptocoques des groupes B, C, F, et G, les bactéries anaérobies, ainsi que le gonocoque.

Les angines érythémato-pultacées

Cette fois-ci, les amygdales sont très rouges et gonflées.

Elles sont recouvertes d’une sorte de liquide épais de couleur gris-jaune, avec des petits points ou des lignes fines, mais ce liquide ne s’étend pas au-delà des amygdales. C’est pourquoi on appelle cela une « angine blanche« .

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Le liquide est plutôt fin et fragile, et il se détache facilement de la surface des amygdales.

Les angines vésiculeuses

Elles sont comme une inflammation des amygdales, qui se manifeste par de petits boutons.

Ces boutons peuvent éclater, ce qui donne à la surface des amygdales un aspect comme si elles étaient recouvertes de petites ulcérations, avec une couche jaunâtre dessus et un cercle rouge autour (ce qui indique une irritation).

Les coupables principaux de cette situation sont des virus, en particulier les entérovirus (comme les échovirus et les virus coxsackie) ou le virus de l’Herpès simplex.

Les angines ulcéreuses ou ulcero-necrotiques

Elles se présentent comme étant une lésion profonde du tissu amygdalien que l’on observe sur un côté dans la majeure partie du temps. Elles se rencontrent, par exemple, dans l’angine de Vincent.

Les micro-organismes en cause seraient le Fusobacterium Necrophorum associé au Borrelia vincentii, et la mauvaise hygiène bucco-dentaire est un des facteurs favorisants cette maladie.

D’autre part, elles pourraient être dues au Treponema pallidum, suite à des rapports oro-génitaux chez les sujets ayant des comportements sexuels à risque de MST.

Les angines pseudomembraneuses

Lors de ces atteintes, l’amygdale sera recouverte d’une fausse membrane pouvant s’étendre jusqu’aux structures avoisinantes (luette, voile du palais). Elle est de couleur grisâtre, épaisse, et peut être signe d’une diphtérie ou d’une mononucléose infectieuse.

Le micro-organisme en cause est l’EBV (Epstein-Barr Virus). Corynebacterium diphteriae (agent de la diphtérie) doit être évoqué chez les sujets non ou mal vaccinés contre la diphtérie et ceux venant d’un pays d’endémie.

Bon à savoir !
En plus de ces angines, il pourrait y avoir des ganglions enflés douloureux autour de la zone affectée. De même, une éruption sur la peau ou une splénomégalie (quand la rate est plus grosse que la normale) peut également survenir.

Amygdalite : Bactérienne ou virale ?

Certains signes sont particulièrement en faveur d’une infection virale et d’une infection à streptocoque lors des amygdalites.

En effet, un patient atteint d’une angine d’origine virale présentera le tableau suivant :

  • Fièvre modérée
  • Toux
  • Rhinorrhée (écoulement nasal) et obstruction nasale
  • Adénopathies (ganglions) cervicales multiples

D’autre part, si l’infection a été causée par le streptocoque, l’angine apparaitra brutalement et on objectivera plutôt les symptômes suivants :

  • Fièvre élevée
  • Douleur intense
  • Adénopathies limitées au territoire sous digastrique (dans la région juste en dessous de la mâchoire inférieure)
  • Absence d’atteinte nasale ou laryngo-trachéale (pas d’infection ou d’inflammation qui affecte le nez, la gorge ou la trachée.)

Comment mettre en évidence l’agent causal ?

Si on peut différencier une amygdalite d’origine virale de celle d’origine bactérienne sur le plan clinique, la question est maintenant de savoir quel est le microbe en cause, cela afin de mener à bien la prise en charge du patient et assurer sa guérison.

Ainsi, diverses méthodes vont permettre de déterminer le germe responsable de la maladie et parmi ces méthodes nous allons citer :

La culture microbienne

Spécifiquement pour les angines d’origine bactérienne, elle se fait sur des prélèvements obtenus par grattage au niveau des amygdales (il faut alors éviter que l’écouvillon touche la langue ou les joues).

Cette culture se fait dans des laboratoires de biologie et va mettre en évidence le micro-organisme (la bactérie), source de la maladie.

Le test de diagnostic rapide (TDR) d’identification des streptocoques

Cette technique permet de confirmer une angine d’origine streptococcique et de ce fait, ajuster le traitement adéquat. Dit d’une autre manière, le TDR épargnera donc un usage d’antibiotique injustifié.

En effet, dans une étude menée par N. Buchbinder et son équipe sur l’utilisation de cette technique, on a pu éviter 70% de la prescription d’antibiothérapies « inutiles ».

Très utile en ambulatoire, ce test prend aux environs de 10 minutes. La spécificité de ce dernier est de 95%, et sa sensibilité, supérieure a 90%.

Bon à savoir !   
Pour les nourrissons et les enfants de moins de 3 ans, le TDR est inutile car les angines sont surtout d’origine virale, à cet âge.

Qu’est-ce qui semble être une amygdalite sans l’être ?

Au début de son développement, cette maladie peut être difficile à distinguer d’autres problèmes de santé.

Parmi les autres diagnostics possibles, on trouve :

  • Le cancer de l’amygdale, qui doit toujours être envisagé si l’inflammation touche une seule amygdale, si cette dernière est dure en profondeur et saigne quand on la touche, surtout si la personne n’a pas de symptômes généraux d’infection et qu’elle est adulte.
  • Les troubles du sang, comme les agranulocytoses (un manque de certains types de globules blancs) et les leucémies aiguës.
  • Les éruptions bulleuses, qui sont des maladies cutanées rares formant des cloques, pouvant parfois être confondues avec des angines vésiculeuses (angines avec de petites vésicules ou cloques).
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Comment évolue l’amygdalite ?

Les angines causées par des virus se résolvent généralement vite et d’elles-mêmes, sans avoir besoin de traitement. Même les angines provoquées par le Streptocoque du groupe A (SGA) s’améliorent la plupart du temps en 3 à 4 jours sans traitement.

Toutefois, elles peuvent entraîner des complications sévères, qu’elles soient locales (affectant uniquement la zone autour des amygdales) ou générales (touchant d’autres parties du corps). C

es complications incluent des infections sévères et des syndromes qui surviennent après l’infection streptococcique, comme le rhumatisme articulaire aigu et la glomérulonéphrite aiguë (une inflammation aiguë des reins).

Zoom sur les complications

Si on ne traite pas correctement les angines, surtout celles causées par les streptocoques, les complications risquent d’être plus difficiles à gérer.

Complications touchant la zone ORL

Ces complications affectent principalement les oreilles, le nez et la gorge.

Elles résultent souvent d’une aggravation des infections initiales.

Le phlegmon péri-amygdalien

Il s’agit d’une accumulation de pus autour de l’amygdale, principalement lors d’une infection par le Streptocoque du groupe A, qui est ensuite envahie par des bactéries anaérobies.

La personne affectée ressentira une douleur aiguë et localisée, aura du mal à avaler, et souffrira d’une fièvre très élevée, entre 39 et 40°C.

L’adéno-phlegmon

Cette condition touche surtout les très jeunes enfants et se caractérise par un gonflement des ganglions lymphatiques, accompagné de fièvre, de rougeur de la peau et d’une sensation de fluctuation sous la peau.

Les suppurations profondes

Il s’agit d’une urgence qui nécessite une intervention médicale et chirurgicale.

Les infections profondes au niveau du pharynx sont concernées ici.

Complications inflammatoires après une infection streptococcique

Ces complications surviennent après une infection par le streptocoque mais ne produisent pas de pus.

Parmi elles, on trouve le rhumatisme articulaire aigu et la glomérulonéphrite aiguë, qui affecte les reins.

Le choc toxinique

Les symptômes incluent une fièvre élevée, une baisse de la tension artérielle, des troubles de conscience, une éruption cutanée étendue suivie d’une desquamation.

Dans les cas les plus graves, on peut observer une défaillance de plusieurs organes, avec un risque de mortalité de 20 à 30%.

Amygdalite : Quel traitement ?

Les angines causées par des virus guérissent souvent rapidement et de manière spontanée, tandis que celles causées par le Streptocoque du groupe A (SGA) nécessitent une attention particulière pour éviter toute complication.

Le traitement de ces dernières vise plusieurs objectifs :

  • Soigner le patient ;
  • Prévenir les complications possibles, qu’elles soient immunologiques, infectieuses ou dues à des toxines ;
  • Limiter le risque de contagion ;
  • Soulager plus vite les symptômes ressentis.

Dans ce cadre, les médecins prescrivent des antibiotiques pour éliminer l’infection à sa source. D’autres médicaments peuvent aussi être utilisés pour soulager les symptômes.

Parmi les antibiotiques souvent recommandés, on trouve l’amoxicilline. D’autres options peuvent être envisagées en fonction des cas spécifiques.

Pour soulager les symptômes, des médicaments réduisant la douleur et la fièvre peuvent être conseillés. Cependant, l’usage de certains traitements, comme les corticoïdes ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens, n’est pas recommandé en première intention.

Mais une question se pose : « puis-je donc me procurer ces médicaments sans ordonnance ? ».

La réponse est oui, car suite à l’Assemblée Nationale du 21 Mars 2019, la dispensation protocolisée en pharmacie autorise la distribution de médicaments sans ordonnance pour des pathologies bénignes, comme l’angine ou la cystite.

Références

Les articles et ressources utilisées pour la rédaction de cet article
Le processus d’élaboration d’articles chez le Groupe SANTEPOURTOUS

Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

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