Arthroplastie de la cheville : Tout savoir 

Article rédigé par le 21 mai 2024

Vos chevilles, supportant tout votre poids, sont vulnérables aux blessures et à l’usure. Ignorer ces problèmes peut mener à une arthrose, compromettant votre mobilité.

Grâce aux avancées médicales, l’arthroplastie de la cheville offre une solution efficace pour réduire la douleur et préserver la fonction de votre articulation. Cette intervention peut améliorer significativement votre qualité de vie.

Dans cet article rédigé par un professionnel de santé, découvrez les indications, le déroulement et les suites opératoires de cette chirurgie.

Les 5 points clés à retenir

  • 1. Auparavant, l’arthroplastie de la cheville n’était pas de premier choix en raison des mauvais résultats obtenus. Pourtant, le développement des prothèses de deuxième génération a actuellement inversé la tendance. 
  • 2. L’arthrodèse de la cheville consiste à immobiliser totalement la cheville, contrairement à l’arthroplastie qui conserve la mobilité de la cheville après la pose de prothèse articulaire. 
  • 3. Le traitement chirurgical de la cheville est indiqué quand le traitement conservateur se retrouve à l’échec. Surtout devant une arthrose ou une arthrite inflammatoire
  • 4. L’arthroplastie de la cheville est réalisée grâce à des matériaux métalliques et en polyéthylène
  • 5. Vous pouvez envisager la reprise de toutes vos activités après votre récupération selon des délais variables. 

La cheville en bref

La cheville est une articulation complexe composée de deux parties principales. La véritable articulation de la cheville, appelée articulation talocrurale, relie le tibia, le péroné et l’astragale.

À côté, l’articulation sous-talienne, située entre le talus et le calcanéum, joue également un rôle crucial.

La mobilité de l’articulation talocrurale se limite aux mouvements de flexion et d’extension du pied (dorsiflexion et flexion plantaire).

En revanche, l’articulation sous-talienne, formée par le talus et le calcanéum, permet des mouvements latéraux, tels que l’inversion et l’abduction du pied.

Évolution du traitement chirurgical de la cheville

Selon une étude de Xavier Crevoisier et Nathalie Bouffioux dans “Arthrose et arthropathies de cheville : prothèse ou arthrodèse ?” :

Lorsque les options conservatrices sont épuisées, l’arthrodèse a longtemps été l’option chirurgicale la plus courante. Cette intervention, offrant de bons résultats à moyen terme, est considérée comme fiable par la majorité des patients.

L’arthroplastie, autrefois mal perçue en raison des échecs des premiers implants, connaît aujourd’hui un regain de confiance. Les prothèses de seconde génération montrent désormais des résultats encourageants à court et moyen terme.

Rappel à savoir : Le traitement conservateur inclut l’antalgie, l’adaptation du chaussage et les orthèses.

Arthroplastie et arthrodèse : Deux approches pour un même objectif

Face à l’arthrose et à certaines arthropathies de la cheville nécessitant une intervention, deux traitements chirurgicaux sont couramment proposés : l’arthrodèse et l’arthroplastie.

L’arthrodèse de la cheville est une intervention orthopédique visant à fixer et bloquer définitivement l’articulation entre le tibia et l’astragale (ou talus).

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Cette procédure immobilise l’articulation, supprimant ainsi la douleur causée par le mouvement des surfaces endommagées.

En revanche, l’arthroplastie de la cheville consiste à remplacer les parties endommagées de l’articulation par une prothèse.

Cette intervention implique le remplacement des deux versants de l’articulation de la cheville (le tibia et l’astragale) par un implant prothétique articulé, permettant de préserver une certaine mobilité tout en réduisant la douleur.

Important : Tous les deux traitements ont pour objectif principal la limitation de vos douleurs.

Quand faut-il envisager une arthroplastie ou une arthrodèse ?

Une sélection rigoureuse des patients est indispensable avant de procéder à une arthroplastie de la cheville, garantissant ainsi de bons résultats à moyen et long terme.

Lorsqu’une arthrose avérée de la cheville est diagnostiquée, le choix entre une prothèse totale de cheville et une arthrodèse doit être soigneusement évalué.

En cas d‘arthrite inflammatoire, telle que la polyarthrite rhumatoïde, la prothèse totale de cheville est généralement privilégiée.

L’arthrodèse, en immobilisant l’articulation, peut accélérer la dégénérescence des articulations voisines déjà endommagées.

Pour une arthrose de la cheville classique, il est essentiel de distinguer entre l’arthrose primaire (sans cause connue), qui est extrêmement rare, et l’arthrose secondaire, souvent post-traumatique.

Dans ces cas, l’arthroplastie de la cheville peut être envisagée si la cheville est correctement axée et stable.

L’intervention chirurgicale : Vue d’ensemble

Le chirurgien peut réaliser l’arthrodèse de la cheville soit sous arthroscopie (avec de petites incisions cutanées), soit à ciel ouvert (incision de 10 cm).

Lors de cette procédure, le chirurgien retire le cartilage endommagé et fixe l’articulation dans la position souhaitée.

Pour maintenir l’os en place jusqu’à la fixation complète (union osseuse), des dispositifs chirurgicaux tels que des plaques, des vis ou des broches sont souvent nécessaires.

Un drain est généralement laissé en place pendant plusieurs jours pour prévenir les hématomes.

L’arthroplastie de la cheville consiste à remplacer les deux versants de l’articulation (tibia et astragale) par un implant prothétique articulé, composé de trois éléments :

  • Une pièce métallique sur le tibia.
  • Une pièce métallique sur le talus.
  • Une pièce en plastique (polyéthylène) capable de coulisser.

Ces interventions chirurgicales visent à réduire la douleur et à améliorer la fonctionnalité de la cheville, permettant ainsi aux patients de retrouver une meilleure qualité de vie.

La récupération après l’opération

Contrairement à l’arthrodèse, l’arthroplastie permet de conserver le mouvement et la fonction de la cheville, préservant ainsi le cartilage des articulations voisines et améliorant le schéma de marche.

Appui et marche

Après une arthroplastie, l’appui est autorisé dès le lendemain de l’opération avec une botte, à porter jour et nuit pendant 15 jours.

Vous pourrez marcher avec l’aide d’une canne ou d’un déambulateur pendant 30 à 60 jours.

Pansements et soins à domicile

Les pansements doivent être effectués durant 15 à 21 jours.

Contactez une infirmière pour organiser les soins de pansement dans les deux jours suivant l’intervention.

Œdème

L’œdème est courant après une intervention chirurgicale. Pour réduire l’enflure, limitez les mouvements les premiers jours, appliquez de la glace et surélevez les pieds au repos.

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Traitements médicamenteux

Selon vos antécédents, comorbidités et continence, l’anesthésiste vous prescrira un traitement anticoagulant pour prévenir les phlébites.

Prenez régulièrement vos analgésiques prescrits pendant 5 jours après la chirurgie.

Kinésithérapie

La kinésithérapie est indispensable pour une récupération optimale.

Elle sera réalisée chez un kinésithérapeute ou en centre de rééducation.

Conduite et arrêt de travail

La conduite automobile est interdite pendant 3 à 4 semaines, sauf si vous avez été opéré du pied gauche et que vous avez une voiture automatique.

L’arrêt de travail varie de 45 à 90 jours selon votre activité professionnelle.

Activités sportives

Après deux mois, le vélo et la natation sont possibles. À terme, des activités comme la randonnée, le ski ou le golf seront autorisées avec de légères restrictions.

Cependant, les sports à impact comme la course à pied ou le football sont proscrits.

Des complications à ne pas négliger

Malgré ses nombreux avantages, l’arthroplastie de la cheville comporte certaines complications à prendre au sérieux.

Outre les complications chirurgicales classiques, les principales complications spécifiques à cette intervention sont les infections (3 %) et le descellement de la prothèse (5 %).

Des fractures des malléoles, des problèmes cutanés (tels que la nécrose), ainsi que des douleurs et raideurs résiduelles peuvent également survenir.

La plupart de ces complications peuvent être traitées sans recourir à une nouvelle intervention chirurgicale. Toutefois, dans les cas plus graves, il peut être nécessaire de retirer la prothèse et de procéder à une arthrodèse avec greffe osseuse.

Si vous cherchez un spécialiste dans votre région, consultez notre répertoire.

Bon à savoir : L’inconvénient principal  de l’arthroplastie reste sa durée de vie (10 à 15 ans).

Avis du professionnel de santé

Face à une arthrose de la cheville ou à d’autres arthropathies, le traitement médical est toujours préconisé en première intention.

Ce n’est qu’en cas d’échec de ces traitements conservateurs que le recours à une intervention chirurgicale est envisagé.

Aujourd’hui, l’arthroplastie de la cheville bénéficie de grands progrès technologiques, permettant d’obtenir de bons résultats et de préserver la mobilité de l’articulation.

Cependant, en cas d’échec de l’arthroplastie ou lorsque celle-ci est impossible, une arthrodèse de la cheville peut être indiquée.

Cette alternative, bien que plus radicale, offre une solution fiable pour soulager la douleur et stabiliser l’articulation

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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