Arthrose du coude : Radiographie (et autres examens d’imagerie)

Article rédigé par le 2 mars 2024

A l’origine d’une perte de mobilité, pouvant être plus ou moins douloureuse, l’arthrose du coude se définit comme une dégénérescence du cartilage couvrant les surfaces articulaires de, l’extrémité inférieure du l’humérus et des extrémités supérieures du radius et de l’ulna (cubitus).

Elle est à l’origine de remaniements anatomiques au niveau de l’articulation que l’on peut voir sur les radiographies et autres examens d’imagerie dont nous parlerons plus en détail dans cet article.  

Radiographie standard au cours de l’arthrose du coude

La radiographie standard est en général suffisante pour le diagnostic et le suivi d’une arthrose du coude. Elle se réalise en deux principales incidences, à savoir :

  • L’incidence de face : ou le cliché se prend sur un coude en extension et supination (paume de la main tournée vers le haut) ;
  • L’incidence de profil : ou il faut une flexion du coude à 90°.

Ces incidences aident à apprécier les interlignes (espaces) se trouvant entre l’humérus et le radius et entre l’humérus et l’ulna, à analyser le cartilage ainsi que l’os sous chondral (os se trouvant sous le cartilage).

Le premier signe radiologique pouvant être retrouvé au cours de l’arthrose du coude est l’ostéophytose. Il s’agit de la formation d’ostéophytes (également nommés becs de perroquets) autour de l’articulation et qui sont de petites excroissances osseuses. On les retrouve principalement au niveau de l’olécrane, de la coronoïde et de la tête et fossette radiales.

Un pincement des interlignes articulaires peut également s’observer sur les clichés radiologiques. Il touche plus fréquemment l’interligne huméro-radiale, mais peut parfois (dans 16% des cas) se voir au niveau de l’interligne huméro-ulnaire.

Il est également possible de retrouver des corps étrangers au niveau de l’interligne huméro-ulnaire.

Enfin, l’os sous chondral peut être, à des stades tardifs, le siège de condensations, géodes (cavités creusées dans l’os), kystes et d’érosions.

Au final, la radiographie permet de confirmer la présence de signes d’arthrose, de faire une estimation de la sévérité des lésions et ainsi de donner un pronostic quant à l’évolution de la maladie.  

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Arthrographie du coude

Il s’agit d’un examen radiographique consistant à injecter un produit de contraste (opaque aux rayons X) au niveau de l’articulation et d’utiliser les rayons X afin de visualiser l’articulation du coude.

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Cet examen permet de diagnostiquer des lésions touchant le cartilage ainsi que les tissus mous, il aide également à détecter la présence de corps étrangers dans l’articulation, pas toujours visibles à la radiographie standard.

Arthroscanner ou arthro-tomodensitométrie

Plus précis que la radiographie standard, l’arthroscanner utilise, tout comme l’arthrographie, les rayons X et les produits de contraste mais il présente l’avantage de permettre des reconstructions des images en 3 dimensions.

Cet examen donne une estimation indirecte de l’épaisseur du cartilage et donc de la perte cartilagineuse, tous comme il permet la mise en évidence de lésions sous chondrales superficielles qui sont invisibles à la radiographie.

Il permet également de confirmer la présence, plus fréquente, des ostéophytes au niveau de l’articulation huméro-ulnaire et de mieux les évaluer. Tout comme il aide à la localisation d’éventuels corps étrangers siégeant dans l’articulation.

IRM et arthrose du coude

Gold standard actuel en imagerie dans l’arthrose, l’imagerie par résonnance magnétique représente actuellement l’examen le plus pertinent pour le diagnostic, l’évaluation, le suivi évolutif, la détermination du pronostic ainsi que la prise en charge thérapeutique au cours de l’arthrose du coude.   

Cet examen permet un diagnostic précoce grâce à une visualisation directe de la perte cartilagineuse tout en aidant à l’évaluation du risque d’évolution en cernant les facteurs de risques d’atteinte sous chondrale.

L’IRM confirme également la présence d’anomalies osseuses comme les ostéophytes, les géodes sous-chondrales, une sclérose osseuse. Tout comme elle permet la mise en évidence d’anomalies non retrouvées à la radiographie comme un œdème osseux, un épanchement articulaire, des atteintes cartilagineuses focales ou une synovite.

Au total, l’IRM représente un outil de diagnostic précoce de l’arthrose du coude tout en permettant de dépister rapidement les formes évoluées. En effet, dans 35% des cas, l’IRM montre des lésions cartilagineuses non visibles à la radiographie normale.   

Autres examens (échographie, scintigraphie, arthroscopie du coude)

Echographie du coude

Examen complétant la radiographie standard, l’échographie est une technique d’imagerie non invasive utilisant les ultrasons. Elle permet ? grâce à des sondes hautes fréquences, de visualiser de façon indirecte le cartilage.

Cependant, son principal intérêt réside dans le diagnostic de complications et lésions associées à l’arthrose telles que l’épanchement articulaire, la synovite, l’atteinte méniscale ou la présence de kystes articulaires.

Arthroscopie du coude

Egalement nommée endoscopie du coude, l’arthroscopie est un examen dit « mini-invasif » permettant de visualiser directement l’articulation du coude à l’aide d’une sonde dotée d’une source de lumière et d’une caméra.

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C’est un examen utilisé à visée diagnostique et thérapeutique car il permet de mettre en évidence les lésions touchant l’articulation du coude et de les prendre en charge directement lorsque cela est possible.

L’arthroscopie aide à visualiser de façon directe l’usure du cartilage ainsi qu’à explorer l’articulation à la recherche d’ostéophytes et de corps étrangers souvent à l’origine de la raideur articulaire rencontrée au cours de l’arthrose du coude.

Scintigraphie osseuse

Rarement utilisée dans le diagnostic et le suivi de l’arthrose du coude depuis l’avènement d’autres examens d’imagerie, la scintigraphie osseuse peut aider à confirmer l’origine arthrosique de douleurs chroniques en offrant une cartographie des différentes destructions articulaires. Elle permet la détection des ostéophytes et met en évidence les modifications touchant l’os sous chondral.   

Fréquence des examens radiologiques

L’arthrose est une pathologie dégénérative évoluant lentement et sur plusieurs années. Ainsi, la fréquence de réalisation de nouveaux examens est souvent tributaire de la vitesse d’évolution.

Il n’est en général pas utile de réaliser des examens radiologiques très rapprochés. Néanmoins, il reviendra au médecin traitant de décider de l’utilité d’un nouvel examen radiologique en tenant compte des risques d’évolution.  

Conclusion

Bien que les examens d’imagerie aient énormément évolué ces dernières années, la radiographie standard reste l’examen de première intention en cas de suspicion d’arthrose du coude. Elle permet une orientation diagnostique précoce et une première évaluation de l’état de l’articulation.

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