Balanoposthite : Tout savoir

Article rédigé par le 2 juin 2024

Des tâches rouges sur le gland, une inflammation du prépuce et une irritation du pénis sont des symptômes caractéristiques de la balanoposthite, une affection qui peut causer une grande souffrance chez de nombreux hommes.

Bien que gênante et parfois douloureuse, cette condition reste généralement bénigne.

Dans cet article rédigé par un professionnel de santé, nous examinerons en détail ce qu’est la balanoposthite, ses causes, ses symptômes, le diagnostic et les principes de traitement.

Les 4 points importants à retenir

  • 1. La balanoposthite est une affection rare et généralement bénigne, bien qu’elle puisse entraîner des inconforts significatifs.
  • 2. Le Candida albicans constitue l’agent responsable le plus fréquent.
  • 3. Les symptômes de la balanoposthite ne sont pas spécifiques.
  • 4. L’hygiène quotidienne du pénis dans les bonnes conditions constitue la meilleure prévention pour éviter la survenue de cette affection

Bref rappel anatomique

Le gland est la partie à l’extrémité du pénis, centré par l’orifice de l’urètre. Il est naturellement recouvert par le prépuce (un repli circulaire de la peau).

Cet élément anatomique est très innervé et constitue pour cette raison l’une des principales sources du plaisir sexuel.

Le sillon autour de la couronne du gland, ainsi que le prépuce et l’urètre, abritent différents types de bactéries :

  • Aérobies : bactéries qui ont besoin d’oxygène pour survivre
  • Micro-aérophiles : bactéries vivant avec peu d’oxygène
  • Anaérobies : qui peuvent vivre sans oxygène

Ces bactéries sont naturellement présentes dans le tractus génital masculin et un bon équilibre des bactéries dans cette région peut contribuer à maintenir une bonne santé sexuelle pour les hommes et leurs partenaires.

Balanoposthite : Définitions et généralités

La balanoposthite est une inflammation de la muqueuse du gland et du prépuce. Elle débute généralement par une inflammation du gland (balanite) ou une simple inflammation du prépuce (posthite).

Que disent les chiffres ?
– La balanoposthite est une affection relativement rare, touchant les hommes de tout âge. Elle se produit chez environ 1,7 hommes sur 1000 moins de 24 ans et chez environ 3,4 hommes sur 1000 de plus de 65 ans.
– Elle peut arriver à tout le monde, mais ceux qui ne sont pas circoncis sont plus susceptibles car la chaleur et l’humidité en dessous du prépuce offrent un environnement idéal pour la croissance des micro-organismes, pouvant causer des infections.

Si la balanoposthite dure moins de quatre semaines, elle est qualifiée d’aiguë, au-delà, l’infection devient chronique.

Balanoposthite : Quelles sont les causes possibles ?

Les causes d’une balanoposthite sont variables, on peut les classer comme suit :

Infectieuses

  • Le champignon Candida albicans : normalement présent sur la peau, il peut parfois se multiplier de façon excessive, entraînant des symptômes. Ce déséquilibre peut être favorisé par le diabète, une mauvaise hygiène, l’obésité ainsi que l’utilisation prolongée d’antibiotiques.
  • Les bactéries : surtout les bactéries anaérobies, les streptocoques et les staphylocoques.

Bon à savoir !
– La balanoposthite peut être contagieuse si elle est causée par une infection transmissible, telle qu’une infection bactérienne, virale ou fongique. Dans de tels cas, il est possible de transmettre l’infection à un partenaire sexuel par contact direct.
– Il est donc important de prendre des précautions pour éviter la transmission, notamment en évitant les rapports sexuels jusqu’à ce que l’infection soit traitée et en utilisant des préservatifs pour réduire le risque de transmission.

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Non infectieuses

  • Inflammations cutanées de contact : provoquées par des agents irritants ou une substance causant une allergie comme le latex de certains préservatifs.

Les facteurs de risque

Il existe des facteurs de risque comme :

  • La non-circoncision : la présence du prépuce favorise une macération locale et une inflammation chronique.
  • Le diabète sucré : les personnes diabétiques peuvent présenter une diminution du système de défense contre les infections. Leurs urines contiennent également un taux élevé de sucre favorisant la croissance bactérienne.
  • La mauvaise hygiène locale
  • Le phimosis : une étroitesse anormale de l’orifice préputial empêchant la découverte du gland et donc une bonne hygiène.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes rencontrés dans la balanoposthite ne sont pas spécifiques. On peut retrouver les mêmes manifestations dans d’autres affections des organes génitaux masculins.

En général, cette affection se traduit par au moins un de ces signes suivants :

  • Rougeurs localisées au niveau du gland, sous forme de plaques ou de points rouges, ou diffuses. C’est souvent le premier signe de l’affection.
  • Une douleur à type de brûlure au niveau des lésions.
  • Des démangeaisons ou irritations.
  • Un écoulement avec une odeur désagréable.
  • Douleur pendant les rapports sexuels.
  • Un gonflement du gland.
  • Parfois des douleurs en urinant.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic de la balanoposthite est généralement clinique. Votre médecin va vous interroger sur le début, le mode et les circonstances de survenue, ainsi que sur l’éventuelle utilisation de préservatif en latex.

Vous devez subir des tests à la recherche des causes infectieuses ou non infectieuses de la maladie.

Votre médecin peut faire également des prélèvements à la surface du gland, qui vont être analysés au microscope.

Si l’inflammation revient facilement, les prélèvements contenant un échantillon de pus ou de champignons doivent être envoyés au laboratoire pour des analyses complémentaires.

En outre, votre médecin peut vous faire des analyses pour s’assurer que vous n’êtes pas diabétique, et enfin vous adresser à un dermatologue (spécialiste de la peau) ou urologue (spécialiste des voies urinaires), s’il juge que c’est nécessaire.

Préventions et traitement

Prévention

Afin d’éviter ces affections, il faut lutter contre les causes possibles :

  • Éviter l’utilisation de savons et de produits de soin pour l’hygiène intime du gland.
  • Vérifiez si vous présentez les symptômes après utilisation de préservatif en latex.

Il est essentiel de savoir qu’une bonne hygiène quotidienne du pénis est à la fois une étape du traitement et un moyen de prévenir la balanoposthite.

L’hygiène se fait avec des produits non irritants, en décalottant le gland (tiré en arrière), suivi d’un séchage complet. Si vous remarquez que vous développez une balanoposthite après un rapport sexuel, il est important de laver immédiatement votre pénis.

Chez l’enfant, il est normal que le prépuce ne puisse pas être tiré complètement en arrière (décalotté). Jusqu’à la puberté, le prépuce peut être collé au gland.

Au fur et à mesure que l’enfant grandit, les érections spontanées vont progressivement élargir l’ouverture du prépuce, permettant ainsi de le décalotter.

Au moment d’uriner, il faut retirer le prépuce pour qu’il ne soit pas humecté par l’urine si vous n’êtes pas circoncis. Puis le bout du pénis doit être séché avant de replacer le prépuce.

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Traitements

Le traitement de la balanoposthite dépend de la cause :

  • Des antifongiques si elle est causée par des champignons : locaux (crème) ou oraux si nécessaire.
  • Des antibiotiques si d’origine bactérienne : antibiotiques locaux ou oraux.
  • Des corticoïdes cutanés en cas d’allergies ou d’eczéma.
  • Un bain de siège fréquent : cela peut aider à soulager l’inflammation, à réduire l’inconfort et à favoriser la guérison.
  • Prise en charge des maladies sous-jacentes telles que le diabète.

Si vous avez un paraphimosis (blocage du prépuce sur le pénis, derrière le gland), le prépuce doit être repoussé rapidement sur le gland.

Pour ce faire, votre médecin va utiliser un gel anesthésiant pour engourdir la zone, puis il va presser doucement le gland pour faire glisser le prépuce. Parfois, une circoncision peut être envisagée pour prévenir d’autres problèmes futurs.

Combien de temps dure le traitement ?
Avec une hygiène appropriée et des bains de siège fréquents (immerger la région pelvienne dans de l’eau tiède pendant quelques minutes), les symptômes s’améliorent souvent en moins de 7 jours, généralement dans les 2 à 3 premiers jours.

La balanoposthite se guérit-elle spontanément ?

Sans traitement, la balanoposthite peut se résorber spontanément après mesure d’hygiène améliorée, ou évoluer vers un stade plus avancé. Il est donc important de réagir.

Devant un des symptômes d’une balanoposthite, veuillez consulter un médecin pour éviter les complications et assurer une guérison complète.

Avis du professionnel de santé

En tant que professionnel de santé, je vois beaucoup de patients préoccupés par cette affection. La bonne nouvelle, c’est que la balanoposthite est traitable et souvent évitable avec quelques précautions de base. Mais ce qui est vraiment important, c’est de ne pas ignorer les symptômes.

Les rougeurs, les démangeaisons et les irritations ne sont pas à prendre à la légère. Ils sont le signal que quelque chose ne va pas, et il vaut mieux consulter un médecin plutôt que de laisser la situation s’aggraver.

Parlons aussi de l’aspect émotionnel. Avoir des problèmes intimes peut être stressant et peut affecter votre confiance en vous.

C’est parfaitement normal de se sentir ainsi, et c’est pourquoi il est crucial de ne pas se laisser envahir par l’anxiété. Parlez-en à un professionnel de santé de confiance. Nous sommes là pour aider, sans jugement, avec l’objectif de vous faire sentir mieux rapidement.

Enfin, n’oubliez pas que vous n’êtes pas seul. De nombreux hommes passent par là, et c’est une situation courante. Le fait de savoir que c’est une affection fréquente peut aider à réduire le sentiment d’isolement. Soyez ouvert à discuter de vos symptômes et à chercher du soutien.

La santé sexuelle fait partie intégrante de votre bien-être global, et prendre soin de soi est un signe de force, pas de faiblesse.

Références 

Les ressources utilisées dans la création de cet article
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