Bartholinite : définition et prise en charge

Article rédigé par le 23 décembre 2023

La bartholinite désigne une inflammation aiguë des glandes de Bartholin. Ces dernières font partie de l’appareil génital féminin. Elle touche environ 2% des femmes au monde.

Dans la grande majorité des cas, la bartholinite est due à une infection. Elle provoque de vives douleurs qui peuvent retentir sur le quotidien de la patiente notamment son activité sexuelle. Mal ou pas soignée, la bartholinite est susceptible de se compliquer en septicémie, une dissémination généralisée des agents infectieux dans l’organisme via la circulation sanguine.

Apprenez un peu plus sur la bartholinite dans ce qui suit. Vous saurez entre autres ce que sont les glandes de Bartholin et leur rôle. Vous découvrirez également le mécanisme d’apparition de la bartholinite et ses symptômes ; sans oublier les moyens de diagnostic et les traitements.

Les 5 points essentiels

  • 1. Les glandes de Bartholin lubrifient le vagin.
  • 2. La bartholinite peut résulter d’une infection directe des glandes de Bartholin ou d’une surinfection d’un kyste des glandes de bartholin.
  • 3. Les bactéries responsables de la bartholinite n’ont pas forcément une origine génitale.
  • 4. La septicémie est une complication redoutable de la bartholinite.
  • 5. La bartholinite se soigne avec des traitements médicamenteux. En cas d’échec ou de multiples récidives, des traitements chirurgicaux sont indiqués.

Bartholinite : zoom sur les glandes de Bartholin

Les glandes de Bartholin, aussi appelées « glandes vestibulaires majeures » ou « glandes vestibulaires principales » sont une paire de glandes situées de part et d’autre de la vulve, à l’arrière des grandes lèvres. Elles sont nommées ainsi en hommage de celui qui les a découvertes : l’anatomiste danois Caspar Bartholin le Jeune.

À l’état normal, les glandes de Bartholin ne sont ni visibles ni palpables. Elles ont la forme d’un petit pois de 10 à 15 mm de longueur, 8 mm de hauteur et 5 mm d’épaisseur. Chacune des deux glandes comporte un canal excréteur, dit « canal de Bartholin », de 10 mm de longueur et 2 mm de largeur qui débouche sur des orifices situés entre l’hymen et la petite lèvre.

Les glandes de Bartholin sécrètent un mucus, un liquide incolore, appelé « cyprine ». Cette dernière est excrétée à travers le canal de Bartholin. La cyprine sert à la lubrification du vagin (particulièrement de l’orifice vaginal au moment des stimulations sexuelles).

Les glandes de Bartholin sont hormono-dépendantes. De ce fait, elles sont dormantes pendant l’enfance, fonctionnent à partir de la puberté jusqu’à la ménopause puis s’atrophient. Ce qui explique la sécheresse vaginale chez les femmes ménopausées.

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Quid de la bartholinite ?

La bartholinite est l’inflammation aiguë des glandes de Bartholin. Elle touche rarement les deux glandes en même temps. Généralement, elle est due à une infection bactérienne et évolue rapidement vers un abcès.

La bartholinite peut survenir de deux manières :

  • soit les germes arrivent directement dans l’une ou les deux glandes de Bartholin pour les infecter par ascension du canal excréteur ;
  • soit le canal excréteur de Bartholin est bouché. Le mucus s’accumule alors dans la glande de Bartholin produisant une kyste sur place. Des germes peuvent infecter ce kyste entraînant la bartholinite.

Les germes mis en cause dans la bartholinite viennent souvent de l’appareil génital ou de l’appareil digestif.

En 2003, un cas insolite de bartholinite d’origine tuberculeuse a été rapporté par une équipe malgache  composée du Professeur HN Rakoto-Ratsimba et al dans le journal scientifique international MedSanteTrop. Vous pouvez consulter l’article ici.

Pour les cas fréquents de bartholinite, les germes courants sont :

  • des bactéries d’origine génitale : gonocoque, chlamydia ou mycoplasme ;
  • des bactéries d’origine intestinale : escherichia coli et les entérocoques.

Bon à savoir : le gonocoque est responsable de la gonococcie, aussi appelée blennorragie, gonorrhée ou « chaude pisse ». C’est une infection sexuellement transmissible qui se transmet lors de rapports sexuels vaginaux, oraux et anaux. Chez la femme, la gonoccoccie peut entraîner une infertilité. Chez l’homme, elle provoque une sensation de brûlure en urinant et des douleurs testiculaires.

Les symptômes d’une bartholinite

L’inflammation de la ou des glande(s) de Bartholin provoque :

  • une douleur localisée au niveau du vagin ;
  • un gonflement palpable au niveau de l’entrée du vagin ;
  • un rapport sexuel douloureux ;
  • une sensation de chaleur au nouveau du vagin ou de la vulve ;
  • un inconfort en position assise ou en marche ;
  • une démangeaison ;
  • une rougeur des lèvres ;
  • une fièvre modérée ;
  • un écoulement de pus si l’inflammation s’est abcédée.

Le diagnostic d’une bartholinite

Après un interrogatoire minutieux, le médecin ou le gynécologue examine la vulve. En cas de bartholinite, il retrouve  une masse vulvopérinéale latéralisée douloureuse, rouge, chaude et refoulant la lèvre externe vers l’extérieur.

En cas d’écoulement de pus, un prélèvement est effectué en vue de rechercher le germe responsable et d’identifier l’antibiotique adéquat (antibiogramme).

Par ailleurs, des ganglions inflammatoires en réaction à l’infection peuvent être retrouvés au niveau du pli de l’aine.

À noter que chez les femmes âgées de plus de 40 ans, une biopsie est systématiquement réalisée pour éliminer un diagnostic de cancer de la vulve.

Bartholinite : les facteurs de risque

Toutes les femmes en activité ovarienne peuvent développer un kyste d’une glande de Bartholin qui disparaît de lui-même sans aucun signe. Ceci étant, une bartholinite se déclare préférentiellement chez :

  • les diabétiques ;
  • les femmes qui ont subi une épisiotomie qui s’est mal cicatrisée ;
  • celles qui pratiquent des rapports sexuels sans protection répétés.
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Bon à savoir : une épisiotomie est une incision du périnée dans le but de faciliter l’expulsion du bébé au moment de l’accouchement.

Du reste, l’ingestion d’eau ou des aliments impropres à la consommation exposent à une bartholinite causée par des germes provenant de l’appareil digestif.

Bartholinite : quelles sont les complications ?

  • Comme dit plutôt une bartholinite évolue souvent vers un abcès.
  • Si la bartholinite n’est pas traitée à temps, un passage du germe dans le sang (septicémie) est possible. Dans ce cas, le pronostic vital peut être engagé.
  • La gêne et la douleur au niveau vaginal affectent la vie sexuelle de la patiente et ont un impact psychologique important.

Comment guérir d’une bartholinite ?

Les moyens  médicamenteux

La prise en charge d’une bartholinite est avant tout médicamenteuse. Des antalgiques seront prescrites pour calmer la douleur et un traitement antibiotique (si possible dicté par un antibiogramme) est instauré pour éliminer l’infection. En cas d’infection sexuellement transmissible, le (ou la) partenaire sera également traité(e).

Bon à savoir : 10 à 15% des patientes font une récidive de bartholinite après un traitement médicamenteux.

Les traitements chirurgicaux 

En cas d’échec médicamenteux ou de multiples récidives de la bartholinite, une intervention chirurgicale est à envisager. Trois types de chirurgie existent. Ce sont :

  • La marsupialisation : une petite incision sera réalisée dans le kyste pour drainer l’abcès en maintenant ses parois ouvertes vers l’extérieur. Pour finir, les deux bords de l’incision ne sont pas réalignés pour refermer la poche mais seront suturés avec ceux de l’incision cutanée ;
  • La fistulisation : le chirurgien incise la glande de Bartholin au bistouri pour évacuer l’abcès. Ensuite, il met un drain (ou une mèche) qui restera en place pendant quelques heures ou quelques jours afin d’avoir pour permettre l’évacuation du pus ;
  • L’exérèse : elle consiste à enlever la glande de Bartholin.

Comment prévenir une bartholinite ?

En prévention de la bartholinite, il est essentiel de réduire les risques infectieux notamment les infections sexuellement transmissibles (IST) et les infections digestives.

Ainsi :

  • mettez un préservatif lors des rapports sexuels ;
  • faîtes un dépistage (chlamydia, gonocoque, etc) après un rapport sexuel à risque ou en cas de suspicion de maladies vénériennes ;
  • accordez de l’attention à la consommabilité de l’eau et des aliments que vous prenez.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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