Canal carpien ou SEP (sclérose en plaques) : comment différencier ?

Article rédigé par le 7 août 2022

Le syndrome du canal carpien et la sclérose en plaques (avec atteinte au niveau du poignet) présentent souvent des symptômes similaires. Cela peut laisser une personne dans la confusion et entrainer une inquiétude non justifiée. Dans cet article, nous allons vous expliquer comment différencier le canal carpien et la SEP.

Qu’est-ce que le syndrome du canal carpien ? Comment se manifeste-t-elle ?

Le canal carpien est un espace ostéofibreux situé à la face antérieure de la paume de la main, limité en arrière par un plancher osseux (os du carpe) et en avant par le ligament annulaire antérieur du carpe. À l’intérieur de ce canal, passe le nerf médian dont l’un des rôles est de transmettre la sensibilité et la motricité aux trois premiers doigts de la main (pouce, de l’index et du majeur). Le syndrome du canal carpien résulte de la compression du nerf médian lors de son passage dans le canal carpien, au niveau du poignet.

Les symptômes siègent sur la totalité ou une partie du territoire anatomique du nerf médian. Ils prédominent sur la face palmaire (côté de la paume de la main) des trois premiers doigts et sont parfois décrits par les malades comme atteignant toute la main. Le syndrome s’exprime par des paresthésies (trouble de la sensibilité) à type de picotements, d’engourdissement, de fourmillements ou de décharges électriques.

Le patient a l’impression que sa main est gonflée, endormie, morte, et que sa circulation est arrêtée. Il existe des formes douloureuses « ascendantes » remontant vers la racine du membre (l’avant-bras, parfois le bras). Les paresthésies peuvent être déclenchées par certains mouvements ou le maintien de certaines positions comme téléphoner, lire le journal, conduire ou coudre. L’apparition des symptômes est habituellement progressive.

Comme vous le voyez, les symptômes sont très similaires aux symptômes de la sclérose en plaques, avec localisation au poignet. L’électromyogramme (E.M.G) permet de départager la maladie. C’est l’examen de référence pour confirmer le diagnostic du syndrome du canal carpien. Il permet de mesurer la vitesse de conduction nerveuse motrice du nerf médian dans le poignet.

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Zoom sur la sclérose en plaques (SEP)

La sclérose en plaques est une maladie qui affecte le système nerveux central (SNC) dans le bon fonctionnement de l’organisme. Avant de rentrer dans la description de cette maladie, nous allons débuter par un petit rappel du SNC.

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Le SNC regroupe le cerveau et la moelle épinière. Le tout est recouvert d’éléments protecteurs appelés : les méninges. Le SNC assure des fonctions essentielles à tout l’organisme (fonctions intellectuelles, perception visuelle, activité sensitive et motrice, équilibre…). Les lésions induites par la SEP vont impacter le bon fonctionnement du SNC causant une altération de ses différentes fonctions.

La sclérose en plaques se définit comme une maladie auto-immune inflammatoire, démyélinisante du SNC. Cette destruction myélinique s’illustre sous forme de plaques dans la substance blanche du SNC, identifiables à l’Imagerie par Résonance Magnétique (nous y reviendrons un peu plus tard).

Les mécanismes auto-immuns liés à cette pathologie sont d’une grande complexité et restent encore à appréhender dans leur globalité. Cependant, ce que nous savons, peut se résumer à : une activation anormale des cellules immunitaires (cellule de défense de l’organisme) entraine une destruction sélective de plusieurs composants du SNC.

La SEP est une maladie avec de multiples profils d’évolutions différents. On peut distinguer la phase de poussée/rémission et la phase de progression. Une poussée correspond à l’expression clinique d’un processus inflammatoire. La progression correspond à l’expression symptomatique du processus neurodégénératif.

Les troubles moteurs sont ceux qui apparaissent le plus fréquemment lors d’une poussée en phase initiale (environ 40 % des patients). On observe un dérèglement du tonus musculaire qui engendre des spasmes incontrôlés.

Ces dérèglements se traduisent par une lourdeur et une faiblesse des membres. Ces signes cliniques s’expriment avec une intensité extrêmement variable.

Ils irradient dans plusieurs territoires et peuvent s’exprimer sous forme de monoparésie, hémiplégie ou paraplégie (dans les formes les plus sévères).

Les dérèglements sensitifs sont retrouvés dans environ 20 % des patients atteints de SEP. Ils s’expriment par une sensation de picotement, de fourmillement, d’hypoesthésie pouvant aller jusqu’à l’anesthésie.

Les patients se plaignent également d’une impression de ruissellement d’eau sur certaines parties du corps.

Ces troubles sensitifs peuvent provoquer des douleurs de type décharge électrique qu’on appelle des douleurs neurogènes.

D’origine centrale, cette douleur primaire est la conséquence directe d’une lésion SEP ce qui conditionne l’endroit où les douleurs sont ressenties.

Ce sont les voies responsables de la transmission ou de la modulation des messages thermoalgésiques qui sont lésées et fonctionnent mal.

Le système nerveux génère un signal, car il est lui-même lésé et le sujet ressent une douleur qu’il localisera dans les territoires d’innervation des fibres lésées.

Elle s’oppose à la douleur nociceptive qui résulte d’une agression externe ou interne au corps (traumatisme, inflammation, infection…), comme le syndrome du canal carpien.

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Il s’ensuit une stimulation douloureuse qui sera conduite via la voie spinothalamique (sensibilité thermoalgésique) aux centres supérieurs.

Bien sûr, d’autres signes beaucoup plus communs comme la fatigue, les céphalées, les démangeaisons sur un territoire neurologique sont aussi retrouvés dans la SEP, mais nous ne les aborderons pas dans cet article.

Comment différencier le canal carpien et la SEP ?

Un syndrome du canal carpien doit être distingué du SEP, car il peut y avoir de nombreux points communs lors de l’examen clinique. En cas de doute diagnostique, l’électromyogramme et l’IRM aident à distinguer ces entités nosologiques.

L’IRM permet de détecter des lésions au niveau du SNC. À l’heure actuelle, aucun test clinique ou paraclinique ne permet d’affirmer, à lui seul, le diagnostic de SEP.

Le diagnostic repose sur le regroupement d’un faisceau d’arguments cliniques, biologiques et radiologiques.

Parmi ces arguments, on a la mise en évidence clinique et/ou radiologique (IRM) d’au moins 2 lésions localisées dans 2 zones distinctes du SNC. L’analyse du liquide céphalorachidien (LCR) permet de conclure à une cause inflammatoire et immune, autrement dit, une sclérose en plaque.

Maintenant, vous savez comment différencier ces deux maladies. Alors, prenez bien soin de vous et n’hésitez pas à consulter un médecin dès le moindre souci !

Ressources

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Références

https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2008/revue-medicale-suisse-162/la-sclerose-en-plaques-douloureuse

https://www.cen-neurologie.fr/deuxieme-cycle/scl%C3%A9rose-plaques

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