Les poumons, principaux organes du système respiratoire, assurent l’oxygénation du sang et l’élimination des déchets gazeux. Ces structures vitales peuvent être gravement affectées par diverses maladies, dont le cancer du poumon, l’une des plus redoutables.
En 2022, le cancer du poumon a été le cancer le plus diagnostiqué dans le monde, avec près de 2,5 millions de nouveaux cas, représentant environ 12,4 % de tous les cancers.
D’après l’Organisation mondiale de la santé, c’est également la principale cause de décès par cancer, entraînant environ 1,8 million de décès, soit 18,7 % de tous les décès par cancer !
Vous trouverez dans cet article un guide complet sur le cancer du poumon, ou seront abordés ses symptômes, ses causes, les méthodes pour son diagnostic, les options de traitement et les stratégies de prévention.
Les 6 points importants à retenir
Qu’est-ce que le cancer du poumon ?
Le cancer du poumon est une maladie dans laquelle des cellules anormales se multiplient de manière incontrôlée dans les poumons, formant des tumeurs.
Pour comprendre cela, il faut d’abord savoir que les cellules de notre corps suivent normalement un cycle de croissance, de division et de mort bien régulé. Cependant, lorsqu’il y a un dysfonctionnement dans ce cycle, les cellules peuvent commencer à se diviser anarchiquement, ce qui conduit à la formation d’une tumeur.
Il existe principalement deux types de cancer du poumon :
Le cancer du poumon « non à petites cellules »
Ce type représente environ 85 % des cas de cancer du poumon. Il se développe plus lentement et peut inclure différents sous-types, tels que :
- L’adénocarcinome,
- Le carcinome épidermoïde,
- Le carcinome à grandes cellules.
Chaque sous-type se distingue par l’apparence des cellules sous le microscope et par le type de cellules pulmonaires où le cancer commence.
Le cancer du poumon à petites cellules
Ce type est moins fréquent, mais plus agressif ! il représente environ 15 % des cas.
Le cancer pulmonaire à petites cellules se développe rapidement et se propage souvent aux autres parties du corps avant même que les symptômes apparaissent.
Il est également appelé cancer du poumon à cellules en grains d’avoine en raison de l’apparence des cellules cancéreuses.
Cancer du poumon : Causes et facteurs de risque
Le cancer du poumon est une maladie complexe influencée par une multitude de facteurs. Comprendre ces causes et facteurs de risque est essentiel pour la prévention et la détection précoce.
Le tabagisme, le principal coupable !
Le tabagisme est de loin la principale cause de cancer du poumon. Les substances chimiques présentes dans la fumée de cigarette endommagent les cellules des poumons, provoquant des mutations qui peuvent conduire au cancer.
Environ 85 % des cas de cancer du poumon sont liés au tabagisme. Fumer plus longtemps et plus fréquemment augmente le risque de manière exponentielle.
Bon à savoir !
Même l’exposition à la fumée secondaire, c’est-à-dire inhaler la fumée des autres, peut augmenter le risque de développer un cancer du poumon ! En effet, de nombreux cancers se développent chez des personnes non fumeuses ayant dans leur entourage proche des fumeurs !
Attention, il ne faut pas se considérer à l’abri du cancer du poumon sous prétexte d’être non-fumeur ! Il faut être vigilant et consulter sans tarder en cas de symptômes évocateurs.
L’exposition à des substances toxiques
Certaines substances chimiques et minérales peuvent également augmenter le risque de cancer du poumon. L’exposition à l’amiante, par exemple, est un facteur de risque bien connu.
L’amiante, autrefois couramment utilisé dans les matériaux de construction, peut libérer des fibres microscopiques lorsqu’il est manipulé ou endommagé. Ces fibres, lorsqu’elles sont inhalées, peuvent causer des dommages aux poumons.
La pollution de l’air, un cancérigène avéré !
La pollution de l’air, en particulier les particules fines émises par les véhicules, les industries et les feux de bois, peut également contribuer au développement du cancer du poumon.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe la pollution de l’air comme cancérigène pour les humains.
Les particules fines peuvent pénétrer profondément dans les poumons et provoquer des inflammations et des dommages cellulaires à long terme conduisant à des cancers.
Le cancer du poumon, une affaire de famille ?
Les antécédents familiaux de cancer du poumon peuvent jouer un rôle ! Si un proche parent a eu un cancer du poumon, le risque de développer cette maladie est plus élevé.
Des études suggèrent que certaines mutations génétiques héréditaires peuvent prédisposer les individus au cancer du poumon, même s’ils n’ont jamais fumé !
D’autres causes potentielles
Les maladies pulmonaires chroniques, telles que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou la fibrose pulmonaire, augmentent également le risque de cancer du poumon.
Ces conditions créent un environnement inflammatoire et endommagent les tissus pulmonaires, ce qui peut faciliter la formation de cellules cancéreuses.
Ainsi, bien que le tabagisme soit la cause prédominante du cancer du poumon, de nombreux autres facteurs environnementaux, génétiques et médicaux peuvent également contribuer à son développement.
Bon à savoir !
66 ans : c’est l’âge moyen des patients au moment du diagnostic de cancer des poumons.
Symptômes du cancer du poumon
Le cancer du poumon peut se manifester par divers symptômes, souvent non spécifiques, qui peuvent facilement être confondus avec d’autres maladies respiratoires.
Les principaux signes à surveiller sont :
- Une toux persistante qui ne disparaît pas ou qui s’aggrave avec le temps.
- Des douleurs thoraciques constantes ou intermittentes dans la poitrine, souvent exacerbées par la respiration profonde, la toux ou le rire.
- Un essoufflement ou une difficulté à respirer peut survenir si la tumeur obstrue les voies respiratoires ou si elle provoque une accumulation de liquide autour des poumons (épanchement pleural).
- La présence de sang dans les expectorations : c’est un signe alarmant qui doit motiver une consultation dans les plus brefs délais.
- Des signes généraux (communs à la majorité des cancers) comme une fatigue persistante, une faiblesse sans raison apparente, une perte de poids rapide et inexpliquée.
- Des infections répétées comme des bronchites ou des pneumonies.
Consultez immédiatement un médecin si vous présentez des symptômes similaires, surtout s’ils s’aggravent ou s’accompagnent d’une altération de l’état général.
Attention, souvent, les cancers du poumon restent silencieux durant les premiers stades, c’est-à-dire qu’ils n’entraient aucun symptôme durant plusieurs mois, voire plusieurs années… C’est pourquoi il est essentiel de bénéficier de consultations régulières chez son médecin traitant, surtout en présence de facteurs de risque (tabac, pollution, antécédents familiaux…).
Comment se pose le diagnostic de cancer du poumon ?
Le diagnostic du cancer du poumon implique plusieurs étapes et examens pour confirmer la présence de cellules cancéreuses et évaluer l’étendue de la maladie.
L’examen clinique
Lors de la première consultation, le médecin réalise un examen physique complet et interroge le patient sur ses symptômes, ses antécédents médicaux et familiaux, ses facteurs de risque tels que le tabagisme et l’exposition à des substances toxiques.
À la lumière des données recueillies grâce à l’interrogatoire et l’examen physique, le médecin prescrit des examens complémentaires s’il suspecte la présence d’un cancer du poumon.
L’imagerie médicale
Le cancer du poumon prend généralement la forme d’une ou plusieurs tumeurs assez volumineuses pour être visualisées par les examens d’imagerie tels que :
- La radiographie thoracique : c’est la première étape souvent utilisée pour détecter des anomalies dans les poumons.
- La tomodensitométrie (CT scan) : elle fournit des images détaillées des poumons et peut révéler des tumeurs plus petites non visibles sur une radiographie.
- L’imagerie par résonance magnétique (IRM) : elle est utilisée pour obtenir des images précises des tissus mous et des organes, particulièrement utile pour déterminer l’étendue de la propagation du cancer.
- La tomographie par émission de positons (PET scan) : elle permet de détecter les zones de forte activité cellulaire, souvent associées à des cellules cancéreuses.
Durant les stades précoces, il est possible de ne rien visualiser à l’imagerie pulmonaire, la tumeur n’étant pas encore assez développée pour être visible macroscopiquement.
La biopsie pulmonaire
La biopsie consiste à prélever un échantillon de tissu pulmonaire pour une analyse microscopique.
Elle peut être réalisée de différentes manières :
- Biopsie à l’aiguille : une aiguille fine est insérée à travers la peau pour prélever un échantillon de tissu.
- Bronchoscopie : un tube fin et flexible est inséré par le nez ou la bouche pour accéder aux poumons et prélever des échantillons.
- Médiastinoscopie : une procédure chirurgicale permettant de prélever des échantillons de tissus des ganglions lymphatiques du médiastin.
Une fois la biopsie réalisée, les échantillons de tissus sont analysés en laboratoire pour confirmer la présence de cellules cancéreuses.
Des tests moléculaires peuvent être effectués pour identifier des mutations génétiques spécifiques ou des marqueurs biologiques qui peuvent influencer le choix des traitements.
Des tests sanguins
Bien que les tests sanguins ne puissent pas diagnostiquer le cancer du poumon, ils sont utilisés pour évaluer la fonction générale des organes, détecter des marqueurs tumoraux et déterminer l’état de santé global du patient.
Comment se traite un cancer du poumon ?
Le traitement du cancer du poumon dépend de plusieurs facteurs, dont le type de cancer (non à petites cellules ou à petites cellules), le stade de la maladie, la santé générale du patient et les préférences de traitement.
La chirurgie
Deux options principales :
1. La résection pulmonaire : consiste à enlever une partie du poumon contenant la tumeur. Cela peut être :
- Une segmentectomie (ablation d’un segment),
- Une lobectomie (ablation d’un lobe)
- Une pneumonectomie (ablation d’un poumon entier).
2. La chirurgie robotique ou vidéo-assistée : techniques minimales invasives qui permettent des incisions plus petites et une récupération plus rapide.
La radiothérapie
On utilise des rayons X à haute énergie pour tuer les cellules cancéreuses.
La radiothérapie peut être utilisée seule ou en combinaison avec d’autres traitements.
La chimiothérapie
Utilisation d’un cocktail de médicaments pour tuer les cellules cancéreuses ou empêcher leur multiplication.
La chimiothérapie peut être utilisée :
- Avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur, on parle alors de chimiothérapie néoadjuvante.
- Après la chirurgie pour éliminer les cellules cancéreuses restantes, on parle de chirurgie adjuvante.
Elle peut également être utilisée comme traitement principal pour les cancers avancés ou métastatiques.
Les thérapies ciblées
On administre des médicaments qui ciblent des anomalies spécifiques dans les cellules cancéreuses.
Par exemple, les inhibiteurs de l’EGFR ou de l’ALK sont utilisés pour les cancers du poumon avec des mutations génétiques spécifiques.
Ces thérapies sont souvent utilisées pour les patients dont le cancer présente certaines caractéristiques biomoléculaires.
L’immunothérapie
On aide le système immunitaire du patient à reconnaître les cellules cancéreuses afin qu’il les élimine de manière ciblée.
L’immunothérapie est souvent utilisée pour les cancers avancés ou réfractaires à d’autres traitements.
Les soins palliatifs
Ce sont des soins qui visent exclusivement à améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancers avancés en gérant les symptômes et en offrant un soutien émotionnel et psychosocial. Ils peuvent inclure des traitements pour soulager la douleur, l’essoufflement et d’autres symptômes associés au cancer du poumon.
Comment peut-on prévenir un cancer du poumon ?
NE PAS FUMER ! La meilleure façon de prévenir le cancer du poumon est de ne jamais commencer à fumer. Le tabagisme est la principale cause de cancer du poumon, responsable de 85 % des cas.
Pour ceux qui fument déjà, arrêter de fumer réduit considérablement le risque de développer cette maladie d’après les études rassemblées par l’OMS, notamment celle-ci publiée dans la revue Nature.
L’exposition à la fumée secondaire, c’est-à-dire inhaler la fumée de tabac produite par les autres, peut également augmenter le risque de cancer du poumon. Évitez donc les environnements où l’on fume !
Par ailleurs, une alimentation riche en fruits et légumes, combinée à une activité physique régulière, peut aider à renforcer le système immunitaire et à réduire le risque de cancer.
Limitez votre exposition à la pollution de l’air intérieur et extérieur, ça peut également vous protéger du cancer du poumon.
Pour les personnes à haut risque, telles que les fumeurs ou ceux ayant des antécédents familiaux de cancer du poumon, des dépistages réguliers par tomodensitométrie (CT) à faible dose peuvent aider à détecter le cancer du poumon à un stade précoce, où il est plus traitable.
En adoptant ces mesures préventives, et avec des consultations régulières chez votre médecin traitant, il est possible de réduire considérablement votre risque de développer un cancer du poumon.
Témoignages
Références
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