Chirurgie des voies lacrymales : Tout savoir

Article rédigé par le 14 avril 2024

Face aux ombres menaçantes des infections des voies lacrymales et des larmoiements chroniques qui perturbent votre quotidien, la dacryocystorhinostomie se présente comme la technique chirurgicale la plus éprouvée. Cette intervention, bien que sérieuse, éclaire un chemin vers le soulagement pour ceux affectés par ces affections alarmantes.

Néanmoins, l’univers médical ne se limite pas à une seule voie de secours ; d’autres méthodes existent également pour libérer ceux qui sont prisonniers de cette obstruction dérangeante des voies lacrymales.

Dans cet article rédigé par une professionnelle de santé, nous allons vous guider à travers les intrications de ces procédures chirurgicales, vous fournissant les informations essentielles pour une compréhension complète.

Chirurgie des voies lacrymales : les 5 points importants à ne pas oublier

  • 1- La chirurgie des voies lacrymales s’opère dans le traitement des larmoiements gênants et/ou surinfection de ces structures, ou encore, lors de troubles lacrymaux et obstacles à l’évacuation des larmes.
  • 2- Dans le cas où l’obstruction se localise au niveau des points lacrymaux ou du canal d’union, on n’observera ni de dilatation ni d’infection du sac lacrymal.
  • 3- La dacryocystorhinostomie est souvent privilégiée par rapport aux autres techniques, principalement en raison de son caractère économique et de son efficacité remarquable, avec un taux de réussite impressionnant de 90% et une disparition complète des symptômes.
  • 4- La dacryocystorhinostomie est réalisable sous 03 méthodes : en percutané, par voie endonasale et au laser, tous aussi bénéfiques et visent à améliorer le protocole opératoire.
  • 5- Il est très important de tenir en compte les risques et complications en post-opératoire et suivre les recommandations du chirurgien sur la conduite à suivre dans les jours suivants.

Court rappel anatomique

Les voies lacrymales sont des structures situées au niveau de la racine du nez, près de l’angle interne de la paupière, jouant un rôle dans le drainage des larmes au niveau du nez.

Produit par les glandes lacrymales, ce film liquidien assure l’hydratation permanente de la cornée et sera collecté au niveau du canal d’union, déversé ensuite dans le sac lacrymal avant de se jeter dans le nez en empruntant le canal lacrymo-nasal.

Ainsi, en partant des yeux, les larmes progresseront vers les canalicules supérieur et inférieur en s’infiltrant à travers les points lacrymaux situées a l’extrémité interne de l’angle de l’œil.

Elles gagneront, par la suite le sac lacrymal puis feront passage au niveau du canal lacrymo-nasal pour ressortir dans les narines.

L’obstruction de ces voies peut avoir lieu sur différents niveaux, mais elle se manifestera sous un même symptôme : le larmoiement, ou dit d’une manière plus médicale « l’epiphora ».

Toutefois, quand le canal lacrymo-nasal est bouché, les manifestations seront assez particulières. Le sac lacrymal sera dilaté et en plus, infecté.

 ette infection s’appelle « dacryocystite » et elle va être responsable d’une conjonctivite chronique avec des secrétions oculaires mucopurulentes.

Le saviez-vous ?
La dacryocystite est plus fréquente chez les personnes souffrant d’infections nasales et conjonctivales chroniques. On observe également une prévalence accrue chez les individus d’origine caucasienne et indienne, ce qui pourrait s’expliquer par la morphologie particulière de leur massif facial et la finesse de la pyramide nasale.

Dans quels cas a-t-on recours à la chirurgie des voies lacrymales ?

Cette technique est surtout adoptée lors des larmoiements anormaux qui sont gênants et les surinfections des voies lacrymales qui se manifestent par une dacryocystite aigue.

Le malade va alors présenter une tuméfaction de l’angle interne de la paupière ou une conjonctivite chronique.

D’autre part, cette méthode est également indiquée dans le traitement des troubles lacrymaux, par exemple, dans le syndrome sec ou la sécrétion de larmes est quasiment rare, voire inexistante ; indiquée également si présence d’obstacle des voies lacrymales.

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Chirurgie des voies lacrymales : Les différentes techniques

La méthode de chirurgie des voies lacrymales à adopter dépend du tableau clinique du patient ainsi que de ses exigences personnelles. Dans cette section, découvrez les différentes techniques disponibles pour cette intervention.

Le sondage du canal lacrymo-nasal

Cette technique chirurgicale est indiquée lors de l’obstruction congénitale, donc dès la naissance, du canal lacrymo-nasal. Pathologie intéressant le nourrisson surtout, elle est due à la persistance d’une fine membrane au niveau de la partie inférieure de ce canal.

L’opération se fait sous anesthésie générale, et la réussite est de 80%, chiffre très encourageant et rassurant.

Chez l’adulte, l’intervention peut se faire sous anesthésie locale, mais avec un taux de réussite moins élevé.

La dacryocystectomie

Cette technique, appelée dacryocystectomie, implique l’excision du sac lacrymal infecté afin d’éliminer la source de l’infection et ainsi favoriser la guérison de la conjonctivite résultante.

Elle est particulièrement indiquée chez les adultes, et plus spécifiquement chez les personnes âgées souffrant de dacryocystite.

Il est important de noter que cette intervention comporte un risque hémorragique, en raison de la présence de veines faciales superficielles situées en sous-cutané.

La dacryocystorhinostomie (DCR)

Préférée à la dacryocystectomie, la DCR (dacryocystorhinostomie) évite les larmoiements permanents. Elle présente un taux de réussite très élevé, atteignant 90%, avec une disparition complète des symptômes tels que l’épiphora et les infections.

L’intervention chirurgicale, toutefois, est plus longue et nécessite l’utilisation de matériaux spécifiques, et peut entraîner une hémorragie plus importante.

Bien que la DCR puisse se réaliser sous anesthésie locale si le patient est coopératif, l’anesthésie générale est souvent préférée pour le confort du patient.

Cette technique est également en perpétuelle évolution, actuellement faisable sous endoscopie (et l’on parlera alors de la DCR endoscopique).

La punctoplastie lacrymale

Elle est indiquée lors d’un étrécissement ou de l’obstruction du point lacrymal.

L’occlusion thérapeutique des points lacrymaux dans le syndrome sec

L’occlusion thérapeutique des points lacrymaux est une technique adaptée pour les personnes dont la production de larmes est réduite, un problème souvent observé chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Cette maladie, comme le syndrome de l’œil sec, résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire de l’organisme.

En obstruant les points lacrymaux, cette méthode empêche le drainage des larmes vers les sacs lacrymaux, ce qui aide à maintenir l’humidité sur la surface de l’œil et soulage les symptômes du syndrome sec.

Le déroulement de l’opération

Dans ce qui va suivre, nous allons surtout parler de la dacryocystorhinostomie. Il est a rappeler que cette technique chirurgicale consiste à créer une communication entre le sac lacrymal et la fosse nasale.

L’intervention requiert donc l’extraction d’un petit morceau de l’os qui forme le toit du nez. Elle est réalisable sous anesthésie générale, mais également sous anesthésie locale, souvent renforcée.

La dacryocystorhinostomie est recommandée pour traiter les obstructions du sac lacrymal. Trois approches différentes sont possibles, mais chacune nécessite l’implantation d’une sonde en silicone qui ne sera retirée que plusieurs mois plus tard.

Dacryocystorhinostomie par voie cutanée

Lors de ce manœuvre, le chirurgien va faire une incision au niveau de la peau et du muscle du coin de l’œil, jusqu’à parvenir au sac lacrymal pour évacuer le pus et modifier le trajet des larmes.

Dacryocystorhinostomie par abord endonasal

Cette méthode est plus esthétique car elle vise à éviter une cicatrice au niveau de la peau, mais encore, en plus de traiter l’affection du sac lacrymal, elle va permettre de prendre en charge les éventuelles pathologies nasales.

Le principe de l’intervention étant inchangé, la voie d’abord sera, cette fois-ci, de l’intérieur du nez et dans ce cas, un élargissement de la fosse nasale peut s’avérer être nécessaire.

Le taux de réussite est la même que celle de la dacryocystorhinostomie per cutanée, ce constat est d’ailleurs été conclu suite à une étude comparative de ces 2 méthodes par Randy A. Walker MD, Ahmed Al-Ghoul MD et  M. Ronan Conlon MD.

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Dacryocystorhinostomie au laser

Une technique révolutionnaire permet désormais de réduire la durée de l’opération, qui peut aussi être réalisée sous anesthésie locale renforcée.

Bien que cette méthode soit plus rapide, son taux de réussite est légèrement inférieur à celui des techniques précédemment mentionnées.

Suivi post-opératoire et résultats attendus : Que faut-il savoir ?

Les suites de l’intervention sont généralement peu douloureuses, bien que le patient puisse expérimenter des saignements de nez nécessitant parfois un méchage, et très rarement une nouvelle intervention.

Les soins post-opératoires comprennent :

  • L’instillation de collyres ;
  • Le lavage nasal avec du sérum physiologique ;
  • Éventuellement, l’application d’un pansement local.

Le taux de réussite de cette opération est très élevé : 98% des patients constatent une disparition des douleurs et des abcès liés à l’obstruction, et 85% une réduction des larmoiements.

En cas d’échec rare de l’opération, une seconde intervention peut être envisagée après six mois, bien que ses chances de succès soient généralement moindres.

Il est recommandé de suspendre certaines activités quotidiennes et professionnelles risquées, comme l’utilisation de machines dangereuses ou la conduite, ainsi que les voyages en avion, pour une période définie par le chirurgien.

Attention aux risques et complications !

En plus des complications classiques liées à toute chirurgie, telles que les AVC ou les embolies pulmonaires, qui sont heureusement très rares, certaines complications sont spécifiques à la chirurgie des voies lacrymales et sont considérées comme des effets indésirables.

Parmi ces complications, nous pouvons citer :

  • Une sensation de nez bouché ;
  • Des infections locales, généralement peu fréquentes et passagères, qui peuvent nécessiter une antibiothérapie ;
  • Le passage d’air sous la peau, connu sous le nom d’emphysème ;
  • L’apparition de bleus ou hématomes ;
  • Une cicatrice qui peut être esthétiquement gênante, mais qui peut être corrigée par une intervention chirurgicale ultérieure ;
  • Une légère gêne à la fermeture des paupières. »

Notez qu’il ne faut pas se moucher dans les heures suivant l’opération !

Avis d’un professionnel de sante

Vous envisagez une dacryocystorhinostomie pour résoudre vos problèmes persistants de larmoiement ou d’infections des voies lacrymales ? Voici ce que vous devez savoir avant de prendre votre décision.

Cette procédure est la plus courante pour traiter les obstructions du canal nasolacrimal et elle est très efficace, mais comme toute intervention chirurgicale, elle n’est pas dénuée de risques.

Après l’opération, il est primordial de suivre scrupuleusement les conseils de votre chirurgien pour éviter les complications, qui peuvent aller de légères à graves. Ces complications peuvent inclure des infections ou des saignements, et plus rarement, des problèmes de cicatrisation ou des réactions allergiques graves.

Vous pourriez ressentir des symptômes comme une sensation de nez bouché ou des hématomes après l’intervention ; cependant, ces désagréments sont généralement passagers. Une communication régulière et ouverte avec votre chirurgien lors des visites de suivi est essentielle pour surveiller votre récupération et intervenir rapidement si des problèmes surviennent.

Si vous avez des questions ou des inquiétudes, n’hésitez pas à les exprimer à votre équipe médicale. Ils sont là pour vous accompagner à chaque étape du processus et s’assurer que vous avez toutes les informations nécessaires pour faire le meilleur choix pour votre santé oculaire.

Prendre une décision éclairée est le premier pas vers une guérison réussie.

Références

Les articles et ressources utilisées dans la rédaction de cet article.
Le processus d’élaboration d’articles dans le Groupe SANTEPOURTOUS.

Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

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