Cholécystectomie : guide complet

Article rédigé par le 22 avril 2024

La cholécystectomie, l’ablation chirurgicale de la vésicule biliaire, est une procédure courante et généralement efficace pour traiter les problèmes liés aux calculs biliaires. Bien que considérée comme une opération sérieuse, elle est réalisée fréquemment avec un taux de succès élevé et des risques de complications faibles. 

Des alternatives non-chirurgicales existent, comme la dissolution ou la fragmentation des calculs par lithotripsie. Cependant, la vésicule biliaire étant laissée en place, les taux de récidives sont très élevés. 

Dans cet article rédigé par un médecin, nous allons parler en détail de la cholécystectomie : ses indications, les préparations nécessaires, son déroulement et les différentes techniques possibles, ses complications, ainsi que les précautions à suivre en postopératoire. 

Les 5 points importants à retenir 

  1. La cholécystectomie consiste à enlever la vésicule biliaire, un organe stockant et concentrant la bile produite par le foie.
  2. Après une cholécystectomie, les complications possibles comprennent la plaie de la voie biliaire principale, des hémorragies, des infections et des thromboses.
  3. Une préparation adéquate avant la chirurgie est essentielle pour réduire les risques de complications.
  4. Il existe deux techniques : la cœlioscopie, plus courante et moins invasive, et la laparotomie.
  5. La chirurgie se déroule sous anesthésie générale, avec un suivi médical post-opératoire et un rendez-vous de suivi environ un mois après l’intervention.

Qu’est-ce qu’une cholécystectomie ?

La cholécystectomie est une intervention chirurgicale qui consiste à enlever la vésicule biliaire. C’est une intervention très courante, surtout en France, puisque 80 000 cholécystectomies environ y sont pratiquées chaque année. 

La vésicule biliaire est un petit organe en forme de poire situé sous le foie, qui stocke et concentre la bile produite par le foie. Elle est vascularisée par une petite artère appelée artère cystique

Au moment du passage des aliments dans la première partie de l’intestin (le duodénum), la vésicule biliaire se contracte libérant ainsi la bile stockée. Cette bile est libérée dans l’intestin grêle, en passant par le canal cystique (issu de la vésicule biliaire), puis le conduit cholédoque (canal qui relie les abouchements de la vésicule biliaire et du foie à l’intestin), pour aider à la digestion des graisses. 

Bon à savoir : le foie produit en permanence de la bile en quantité suffisante pour la digestion. L’organisme peut donc se passer sans problème de la vésicule biliaire, qui ne sert que de réservoir.

Dans quelles circonstances pratique-t-on une cholécystectomie ?

Il est fréquent que des calculs (petits caillots) se forment dans la vésicule biliaire, appelés communément lithiases vésiculaires. Elles touchent environ 25 % de la population de plus de 50 ans.

Point important : chez les sujets jeunes, la présence de lithiase vésiculaire asymptomatique ne constitue pas une raison suffisante pour réaliser une cholécystectomie. 

Toutefois, ces lithiases biliaires peuvent devenir symptomatiques et nécessiter une ablation chirurgicale de la vésicule biliaire pour éviter les récidives

Colique hépatique

Les calculs peuvent bloquer la sortie de la bile provoquant des douleurs à répétition (colique hépatique). Ce sont des douleurs localisées principalement dans la partie supérieure droite de l’abdomen surviennent après le repas lorsque la vésicule biliaire se contracte pour évacuer la bile. 

Elles sont parfois accompagnées de nausées et de vomissements

Cholécystite aiguë 

En cas d’obstruction prolongée, une cholécystite (inflammation ou infection de la vésicule biliaire) peut se développer. Cette condition nécessite souvent une intervention chirurgicale en urgence et un traitement antibiotique

Migration lithiasique 

Ces calculs peuvent occasionnellement migrer et obstruer le conduit cholédoque. L’obstruction provoque une douleur abdominale caractéristique : la colique hépatique

Pour prévenir la réapparition des symptômes, l’ablation chirurgicale de la vésicule biliaire est souvent justifiée.

Pancréatite aiguë lithiasique 

Cette migration de calcul dans le conduit cholédoque peut déclencher une inflammation soudaine du pancréas. Ces calculs, en obstruant le canal, perturbent le flux normal de la bile et provoquent un reflux dans le pancréas aboutissant à cette inflammation. 

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Point à souligner : la cholécystectomie ou ablation de la vésicule biliaire est le traitement de référence dans ces situations pour prévenir la formation future de calculs, en éliminant leur source de production. 

Comment se préparer à cette intervention ?

Une préparation adéquate avant la chirurgie de la vésicule biliaire est essentielle pour réduire les risques de complications et favoriser une récupération plus rapide. Il est crucial de bien comprendre les étapes de préparation.

Consultation pré-opératoire

Des consultations avec votre chirurgien, puis avec votre anesthésiste, seront nécessaires avant une cholécystectomie. Ils évalueront votre état de santé actuel et vos antécédents. Ils peuvent également demander des analyses de sang ou des examens d’imagerie supplémentaires pour préparer l’intervention. 

Point important : discutez avec votre médecin des médicaments que vous prenez habituellement. Certains d’entre eux pourraient nécessiter une interruption ou un ajustement avant la chirurgie.

Organisation des documents médicaux

Avant votre départ pour l’hôpital, il est essentiel de rassembler tous vos documents médicaux. Assurez-vous d’inclure votre carte d’assurance-maladie, les prescriptions de votre médecin, ainsi que les détails concernant vos allergies et les traitements en cours. Si votre historique médical inclut des interventions chirurgicales antérieures ou des conditions chroniques, n’oubliez pas d’emporter les documents s’y rapportant.

Conseils supplémentaires

D’autres recommandations sont également importantes à suivre avant une cholécystectomie : 

  • Arrêt du tabac : il est recommandé de ne pas fumer dans les jours précédant l’intervention. Le tabac nuit à la guérison des tissus et altère la cicatrisation. 
  • Jeûne avant l’opération : généralement, un jeûne est requis avant une intervention chirurgicale. Votre médecin vous informera sur la durée de ce jeûne.
  • Planification du retour à domicile : prévoyez à l’avance votre retour à domicile après l’opération. Il peut être utile d’avoir quelqu’un pour vous accompagner et vous aider pendant les premiers jours de convalescence.

En suivant ces directives, vous serez mieux préparé pour votre cholécystectomie et pourrez aborder l’intervention avec confiance.

Quelles sont les techniques utilisées pour réaliser une cholécystectomie ?

Il existe deux techniques pour réaliser une cholécystectomie :

Cœlioscopie 

La cholécystectomie par cœlioscopie ou laparoscopie est actuellement la technique la plus utilisée. Le chirurgien pratique trois petites incisions de 0,5 à 1 cm de longueur. Après instillation de gaz carbonique dans l’abdomen pour créer l’espace, une mini-caméra et des instruments chirurgicaux seront introduits par le biais de ces petites incisions. 

L’avantage de cette technique est qu’elle laisse moins de cicatrices et entraîne moins de douleurs post-opératoires.

Laparotomie

Lors d’une laparotomie ou chirurgie à ciel ouvert, le chirurgien pratique une incision de 10 à 15 cm environ au niveau de la partie supérieure de l’abdomen, sous les côtes à droite. Cette technique permet de visualiser directement les organes et de les évaluer au toucher. Elle est actuellement réservée aux situations difficiles ou lorsque la laparoscopie est contre-indiquée.

Selon une étude menée par le Dr Carole MEYER et ses collaborateurs, le taux de conversion d’une cholécystectomie par cœlioscopie vers une laparotomie est d’environ 7 %. Dans certaines situations, la cœlioscopie s’avère problématique, le chirurgien est alors obligé de changer la technique opératoire en cours d’intervention. 

Comment se déroule la cholécystectomie ?

La cholécystectomie se déroule en plusieurs étapes successives :

Anesthésie 

La cholécystectomie est réalisée sous anesthésie générale, ce qui signifie que vous serez endormi tout au long de l’intervention. Une équipe d’anesthésiste-réanimateur surveillera vos constantes et effectuera les gestes nécessaires pour assurer votre sécurité. 

Intervention proprement dite

Après l’incision, la première étape de la cholécystectomie implique la localisation du canal cystique et de l’artère cystique, qui sont clipsés et coupés tout en préservant la voie biliaire principale. 

Ensuite, les tissus connectant la vésicule biliaire au foie sont sectionnés. L’opération se conclut par le retrait de la vésicule biliaire dans un sac spécial pour éviter toute contamination, suivi de la suture des incisions pratiquées.

Suite opératoire immédiate 

À la fin de la cholécystectomie, la vésicule enlevée sera envoyée en analyse pour examen sous microscope. Quant à vous, vous serez transféré en salle de réveil, où vous serez surveillé par une équipe compétente pendant quelques heures. 

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Ensuite, en fonction de votre évolution et de la technique opératoire utilisée, vous rentrerez chez vous le jour même ou serez transféré dans une chambre pour une courte hospitalisation. 

Bon à savoir : la cholécystectomie en ambulatoire ou non sera décidée par votre chirurgien en accord avec votre anesthésiste. Si la prise en charge en ambulatoire n’est pas possible, la durée moyenne de séjour varie de 2 à 3 jours. 

Quelles sont les complications fréquentes liées à cette intervention ?

Après une cholécystectomie, les suites opératoires sont très souvent simples, mais comme toute intervention chirurgicale, il existe un risque de complications.

Durant l’intervention

Certaines complications peuvent survenir durant une cholécystectomie : 

  • Plaie de la voie biliaire principale : c’est une complication sérieuse mais rare. Il s’agit d’une lésion dans le canal qui conduit la bile du foie jusqu’à l’intestin. 
  • Hémorragie : un saignement abondant peut survenir après la section de l’artère cystique ou par lésion accidentelle d’un organe de voisinage. 
  • Réactions allergiques aux produits anesthésiants.

En post-opératoire

Après une cholécystectomie, les complications possibles peuvent inclure : 

  • Saignements ou hémorragies au niveau des sutures ou des organes avoisinants.
  • Infections au niveau de la plaie ou de la cicatrice.
  • Fuites biliaires, pouvant se manifester par des collections, des fistules biliaires (canal anormal qui se crée entre l’abdomen et la voie biliaire, aboutissant à un écoulement de bile dans l’abdomen), ou un cholépéritoine (épanchement de bile dans la cavité péritonéale).
  • Thrombose (formation d’un caillot sanguin dans une veine de la jambe), ou embolie pulmonaire (migration de caillot vers les veines des poumons). Pour prévenir la formation de caillots sanguins, une mobilisation précoce est recommandée. Parfois, le chirurgien instaure un traitement anticoagulant préventif.
  • Obstructions biliaires, qui peuvent survenir peu après l’opération ou même plusieurs mois à années plus tard, sous forme de sténoses (rétrécissement), ou de lithiase intrahépatique.

Quand consulter ?

Après une cholécystectomie, il est important de consulter un médecin sans tarder si vous ressentez :

  • des douleurs abdominales intenses et continues, 
  • une fièvre au-dessus de 37,5 °C
  • des vomissements répétés
  • une douleur soudaine dans la jambe,
  • ou une douleur thoracique brutale avec essoufflements.

Lors de votre consultation, n’oubliez pas d’informer le personnel soignant que vous avez récemment subi cette intervention chirurgicale. Si vous êtes à la recherche d’un médecin près de chez vous, notre répertoire peut vous aider à en trouver un. 

Avis du médecin

Après une cholécystectomie, il est conseillé de prendre du repos et de limiter les activités physiques durant les premiers jours pour favoriser la guérison. La durée de l’arrêt de travail peut varier selon la réaction individuelle à l’opération, mais elle est généralement de 15 jours.

L’ablation de la vésicule biliaire n’impacte pas la digestion, et il n’est donc pas nécessaire d’adopter un régime alimentaire particulier

Un rendez-vous avec le chirurgien est prévu environ un mois après l’intervention pour s’assurer que la récupération se déroule comme prévu. Bien que le suivi médical soit minimal, il est recommandé d’effectuer un bilan sanguin pour vérifier les enzymes hépatiques quelques jours avant ce rendez-vous. 

Petite remarque : de nouveaux calculs biliaires peuvent survenir, mais ces cas de récidive sont exceptionnels, ne nécessitant pas de suivi spécifique. 

Références

Les ressources utilisées dans la création de cet article
Notre processus de création d’articles chez Groupe SANTÉPOURTOUS

Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

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