Cicatrice chéloïde : tout savoir

Article rédigé par le 18 mai 2024

Les cicatrices chéloïdes sont bien plus qu’une simple marque sur la peau. Elles représentent un défi médical et esthétique pour de nombreuses personnes.

Elles se forment à la suite d’une surproduction de collagène lors du processus de cicatrisation. Bien qu’elles soient parfois très gênantes, il existe quand même des moyens pour les gérer.

Dans cet article rédigé par une professionnelle de santé, nous allons détailler ensemble tout ce que vous devez savoir sur les cicatrices chéloïdes.

Les 6 points essentiels à retenir

  1. Les cicatrices chéloïdes se caractérisent par une surproduction de collagène, ce qui les rend élevées, épaisses (voire très volumineux) et souvent rouges ou roses.
  2. Leur formation peut être due à des facteurs génétiques, des blessures traumatiques comme les brulures ou les interventions chirurgicales, et certains types de peau sont plus prédisposés (couleur foncée).
  3. Elles sont fréquemment localisées sur le thorax, le dos, les épaules et les lobes d’oreille.
  4. Le diagnostic se fait généralement par un examen clinique incluant l’observation visuelle et l’évaluation de l’étendue de la cicatrice, parfois complétée par des techniques d’imagerie comme l’échographie.
  5. Les options de traitement comprennent les corticostéroïdes, la thérapie au laser, la chirurgie d’excision, la cryothérapie et la thérapie par compression.
  6. Les cicatrices chéloïdes peuvent avoir un impact psychologique en affectant l’estime de soi et l’image corporelle, parfois nécessitant un soutien psychologique supplémentaire.

Qu’est-ce qu’une cicatrice chéloïde ?

Les cicatrices chéloïdes sont le reflet d’une anomalie histologique au niveau de la peau, particulièrement du derme. Les cicatrices chéloïdes se distinguent des cicatrices normales par leur apparence élevée, épaissie et souvent rouge, rose ou brun.

Les cicatrices chéloïdes sont plus retrouvées chez les personnes ayant une peau foncée. Elles se forment à la suite d’une surproduction de collagène lors du processus de cicatrisation, créant un tissu cicatriciel épais qui dépasse généralement les limites de la plaie initiale.

Les zones les plus couramment affectées par les cicatrices chéloïdes sont le thorax, le dos, les épaules et les lobes d’oreille. De ce fait, elles peuvent être une vraie source de gêne esthétique pour les personnes qui en souffrent surtout quand elles se trouvent sur des endroits à découvert.

Une étude réalisée par Marion Carmassi et ses collègues sur des données étant collectées à partir d’une série de cas sur les cicatrices chéloïdes ont montré que les cicatrices chéloïdes étaient plus fréquentes chez les sujets jeunes, et que la durée d’évolution était toujours supérieure à un an.

Les causes d’une cicatrice chéloïde

Les cicatrices chéloïdes surviennent après une anomalie de fonction qui perturbe le processus de cicatrisation normal. En effet, au cours de la fermeture des plaies, la peau se régénère en fabriquant plus de collagène, une protéine qui va reconstituer la couche nouvellement formée.

Les causes de son développement sont nombreuses.

Bon à savoir : une cicatrice chéloïde peut apparaitre des années après la survenue de la plaie initiale, cela dit, parfois on ne retrouve plus la cause. Elle pourrait même paraître inaperçue surtout que la prolifération cicatricielle dépasse largement la lésion originelle.

Traumatismes cutanés

En premier lieu, les blessures cutanées résultant d’un traumatisme sont les principales causes de survenue d’une cicatrice chéloïde. Faisant suite à la profondeur ou à l’étendue de la plaie, toutes les circonstances blessant la peau sont incriminées :

  • Les ouvertures par objet contondant,
  • Les blessures par balles,
  • Les brulures étendues,

À savoir : même les traumatismes mineurs comme les piercings sont déjà des facteurs de survenue d’une cicatrice chéloïde.

Actes chirurgicaux

La cicatrisation des incisions larges au cours de certaines interventions chirurgicales est susceptible d’évoluer en cicatrices chéloïdes. Vu l’étendue de la plaie opératoire, il se pourrait que la fermeture ne soit pas complète, ce qui pourrait provoquer une reprise continue et prolongée du processus.

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Cette anomalie va induire dans le temps la prolifération excessive des tissus cicatrisants. Il n’y a pas de spécificité en termes d’actes chirurgicaux, toute dissection de peau à l’origine d’une plaie pourrait provoquer une cicatrisation pathologique (cicatrices après une opération césarienne, une appendicectomie, une cystectomie …).

Affections cutanées

Les affections dermatologiques telles que les acnés, les folliculites, voire les piqûres d’insectes peuvent paraître banales, mais chez certaines personnes, elles seraient également responsables de l’apparition d’une cicatrice chéloïde.

Dans ce cas, la prévention reste la meilleure décision à prendre. Évitez de percer vos boutons, peu importe l’endroit où ils se situent et prenez soin de votre peau.

Prédisposition génétique

D’après les recherches scientifiques, une personne ayant des antécédents personnels ou familiaux de cicatrice chéloïde serait plus susceptible de les développer. Donc, si vous en avez déjà eu auparavant, ou si vous avez déjà une cicatrice chéloïde sur votre corps, vous risquez toujours de les avoir de nouveau après une éventuelle cicatrisation.

Les personnes ayant une peau sensible et celles vulnérables aux allergies de contact présentent un risque de développement des cicatrices chéloïdes. Et bien évidemment, celles qui souffrent de pathologie héréditaire rare touchant le tissu conjonctif comme le syndrome de Marfan.

Comment diagnostiquer une cicatrice chéloïde ?

Le diagnostic d’une cicatrice chéloïde se fait essentiellement à la clinique, en effet, ce type de cicatrice se remarque, car il diffère des autres cicatrices habituelles. En général, les cicatrices chéloïdes ne se développent pas directement dès la fermeture de la plaie, elles se forment dans les mois voire dans les années qui suivent la cicatrisation initiale.

Les caractéristiques distinctives des cicatrices chéloïdes incluent :

  • Leur apparence élevée,
  • Leur texture ferme au toucher,
  • Parfois leur sensibilité ou leur démangeaison.

Une échographie cutanée axée sur la lésion pourrait être indiquée pour confirmer le diagnostic et ainsi d’évaluer la profondeur et le contenu de la cicatrice.

Important : il faut différencier une cicatrice chéloïde d’une cicatrice hypertrophique : une chéloïde peut se développer de plusieurs centimètres tandis qu’une cicatrice hypertrophique régresse au fil du temps.

Cicatrices chéloïdes : options de traitement 

Le traitement des cicatrices chéloïdes vise à réduire leur apparence et leur inconfort. Voici quelques options courantes de traitement :

Corticostéroïdes

Les injections de corticostéroïdes directement dans la cicatrice peuvent réduire l’inflammation et adoucir la texture de la cicatrice. Pour optimiser les résultats, votre médecin pourrait vous recommander des injections périodiques. Et après une évaluation régulière, un réajustement thérapeutique serait de vigueur.

Chirurgie

L’excision chirurgicale des cicatrices chéloïdes peut être envisagée dans certains cas, suivie souvent d’un traitement postopératoire pour prévenir la récidive. Mais la chirurgie ne garantit pas la guérison définitive, les cicatrices chéloïdes peuvent réapparaître et éventuellement en plus grandes tailles.

La chirurgie serait plus efficace si elle est combinée à une corticothérapie injectée ou à une radiothérapie. Votre chirurgien vous informera de toutes les alternatives possibles pour mieux prendre en charge vos cicatrices.

Autres traitements

Les traitements d’appui possibles pour réduire les cicatrices chéloïdes sont :

  • La cryothérapie qui consiste à utiliser le froid pour diminuer le volume de la cicatrice,
  • Le système de compression par des pansements compressifs peut prévenir la récidive,
  • La thérapie au Laser et la radiothérapie pourraient également vous être indiquées.

Les lasers peuvent être utilisés pour réduire la taille et la pigmentation des cicatrices chéloïdes. Les injections de 5-fluorouracile sont d’autres options de traitement parfois indiqués.

Important : les récidives de cicatrices chéloïdes sont fréquentes et les traitements ne sont pas toujours efficaces. Parfois, il faut combiner plusieurs moyens avant d’obtenir l’effet attendu.

Les cicatrices chéloïdes sont-elles graves ?

Pour que les cicatrices deviennent des chéloïdes géantes, il faut qu’il y ait une prolifération anormale au niveau de la procédure de cicatrisation. Cela dit, la cicatrice chéloïde est une cicatrice dite « fibroproliférative ».

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La pathologie cicatricielle en soi n’est pas grave, bien qu’elle soit classée parmi les « tumeurs » du fait qu’elle résulte d’une hyperproduction de collagène.

Elle est quand même bénigne, mais en général récidivante. Les aspects inesthétiques provoqués par les cicatrices chéloïdes sont source de complexes psychologiques chez les personnes qui en souffrent.

Avis du professionnel

Pour mieux vivre avec une cicatrice chéloïde, il faudrait d’abord faire preuve de courage pour affronter le regard indiscret et les éventuelles remarques des autres.

Mais ces cicatrices ne devraient pas vous empêcher de vous sentir bien dans votre corps. Si vous avez échoué dans les tentatives thérapeutiques de guérison, optez pour un soutien psychologique et émotionnel se basant sur l’acceptation de soi.

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Quand consulter ?

Les cicatrices chéloïdes pourraient être responsables d’une inflammation locale ou générale, vous devez consulter votre médecin dans le cas où vos cicatrices vous démangent beaucoup, ou quand elles sont rouges et douloureuses.

Vous devez également notifier votre médecin si vous remarquez un suintement de liquide ou de pus au niveau de la cicatrice, si vous avez de la fièvre, ou des douleurs musculaires.

Vous pouvez également voir un spécialiste quand vous vous sentez accablé par votre mal, quand le fait d’avoir « cette pathologie » vous bloque émotionnellement, au point d’engendrer une irritabilité inexpliquée, ou un état dépressif.

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Témoignages

Bonjour à tous, j’ai 4 chéloïdes derrière les épaules depuis 8 ans (3 derrière l’épaule gauche, 1 derrière l’épaule droite). Je pense avoir tout essayé au niveau du traitement : pansements en silicone, injection de Kenacort, cure thermale à Avène, laser CO2 Erbium dans une clinique à Paris… je ne sais plus quoi faire, même le CHU de Rouen a refusé de me prendre en charge… Je suis hyper complexée (je mets des pansements étanches sur mes épaules pour aller à la piscine), je ne mets évidemment plus de débardeur. En plus de ça, ça me démange… je suis désespérée. Je ne veux pas vivre avec ce fléau toute ma vie ! Pouvez-vous m’aider ? J’habite dans la Somme. Merci beaucoup !

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Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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