Colique chez le cheval : causes, symptômes et traitements

Article rédigé par le 17 juillet 2023

L’expression « colique du cheval » suscite chez les vétérinaires et les propriétaires des souvenirs ou des angoisses de troubles majeurs et alarmants. En effet, elles sont la première cause de mortalité chez les chevaux dans la force de l’âge et un des principaux motifs de
consultation.
Le terme de «coliques» chez les équidés est un syndrome regroupant différentes affections touchant majoritairement le système digestif, mais pouvant aussi être extra-digestives, et souvent mortelles.

Chez les humains, les coliques se traduisent par des diarrhées. Pour le cheval, c’est le contraire, il ne peut plus évacuer correctement ses crottins. Il ne peut pas vomir non plus. Certaines sont au départ bégnines : constipations, spasmes dus au stress, digestions difficiles, gaz …, tandis que d’autres sont d’emblée graves : torsion des intestins, déplacements du gros intestin, hernie étranglée, etc …

Cette affection est la cause du plus grand nombre de décès chez le cheval. Cependant, seuls 10% des cas nécessitent un recours à la chirurgie ou sont fatals. La plupart rétrocèdent spontanément ou grâce à un simple traitement médical .

Le pronostic de cette affection est conditionné par la précocité de la mise en œuvre. Dans le doute, si votre cheval présente un comportement inhabituel, mieux vaut faire venir le vétérinaire pour rien, que passer à côté de quelque chose de grave. Lisez la suite pour mieux comprendre…

Comprendre la colique chez le cheval

Par définition, les coliques sont des crises douloureuses de l’abdomen, qui se manifestent par des symptômes stéréotypés; on les appelle aussi crise abdominale aigue. Autrement dit « colique » signifie simplement « mal de ventre ». C’est une urgence chez le cheval, d’une part en raison de manifestation liées à la douleur et d’autre part la nature des lésions par fois rencontrées à l’origine des coliques.

Causes de la maladie

De nombreux facteurs peuvent déclencher une colique et il est souvent quasi impossible d’en déterminer la cause exacte. Cela peut sembler surprenant, mais le système digestif du cheval est plutôt mal adapté à ses fonctions et les coliques sont un problème courant chez les équidés. Parmi les causes des coliques chez le cheval :

  • en premier lieu, les particularités anatomiques de tube digestif (très peu de points d’attaches dans la cavité abdominale font qu’il y est presque entièrement flottant) et sa sensibilité au stress et à la douleur prédisposent le cheval aux coliques ;
  •  Type d’aliment (la présence de concentrés dans la ration et la consommation de paille augmenteraient le risque de coliques. La consommation d’herbe et de foin les diminuerait) ;
  • le stress (votre cheval est un grand anxieux, il supporte difficilement les changements d’hébergement, de lieu, d’activité ou de transport) ;
  • un changement brutal de température ;
  • des parasites (infestation de vers) ;
  • le pica (quand le cheval mange de la terre, du sable et des crottins) ; 
  • une eau trop froide ingérée par le cheval après un effort intense ;
  • des dents mal soignées, le cheval ne mâchant pas correctement.

Il existe deux origines des coliques chez le cheval

Les coliques d’origine digestive
Les causes intestinales

L’intestin du cheval, en plus d’être long, est libre dans l’abdomen du cheval. L’intestin peut donc se déplacer, et se retrouver dans des positions délicates. Les différentes parties de l’intestin ont aussi une taille variable, ce qui le rend propice aux bouchons.

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Il existe plusieurs types de coliques liées à des causes intestinales :

1-Les coliques gazeuses, aussi appelées coliques spasmodiques, sont dues à une production trop importante de gaz, lors de la fermentation d’aliments consommés par le cheval. Ils Les coliques gazeuses sont souvent liées à des changements alimentaires brusques, ou encore à la remise au pré quand l’herbe est très riche.

2-Les “bouchons”, aussi appelés “impactions”, sont une cause courante de coliques chez le cheval. Ils sont souvent liés à une absorption trop rapide ou trop importante d’aliments, ou un manque d’abreuvement.

3-Les déplacements des intestins sont souvent une conséquence des impactions.

4-la torsion est le type le plus grave et le plus douloureux.

Les coliques d’origines non digestives

Les coliques peuvent également être provoquées par des causes non digestives.

Il peut s’agir de :

  • Causes utérines (contractions pendant la gestation) ;
  • Causes hépatiques (intoxication …) ;
  • Causes rénales/urinaires (inflammation ou infection des reins) ;
  • Causes musculaires ou squelettiques : Fourbure, myosite …

Symptômes et diagnostic

Symptômes

Les coliques peuvent être plus ou moins douloureuses et chaque cheval exprime sa souffrance différemment :

  • Certains chevaux ne présentent qu’une légère baisse d’appétit, des bâillements ou une agitation inhabituelle.
  • Les autres grattent le sol avec leurs antérieurs, se tapent l’abdomen avec leurs postérieurs, se regardent le flanc (position d’auto auscultation), transpirent abondamment, sont très agités, se couchent puis se relèvent sans cesse, hennissent, se campent comme pour uriner sans y parvenir ou se roulent sur le dos.

Bon à savoir : la position « couché sur le dos » adoptée par certains chevaux est antalgique : elle supprime la tension des structures qui soutiennent l’intestin dans l’abdomen.

Soyez vigilant, apprenez à repérer les symptômes. Il faut savoir agir sans paniquer puisqu’une colique chez un cheval peut aller d’un simple mal de ventre à une pathologie mortelle !

Diagnostic

La colique fait partie des URGENCES ! Il faut donc appeler son vétérinaire dès l’apparition des premiers symptômes afin de faire évaluer la situation et établir un bon diagnostic . Expliquez-lui depuis quand ça dure et quels sont les signes qui vous ont alerté.

Lors d’une colique, le vétérinaire essaiera de trouver l’endroit du dysfonctionnement dans l’organisme du cheval. Il pourra réaliser un examen transrectal pour détecter un bouchon ou un déplacement du colon.

Il pourra également effectuer une intubation nasogastrique afin de détecter un potentiel reflux. Le vétérinaire évaluera aussi l’état cardiovasculaire du cheval.

Un grand nombre de paramètres biochimiques et hématologiques sont susceptibles d’être évaluées dans le contexte du syndrome colique. En pratique courante, on peut réaliser une numération formule sanguine pour détecter éventuellement une leucopénie ou une leucocytose, singe d’un foyer infectieux. L’hématocrite et le taux des protéines total peuvent nous permettre d’apprécier le taux de déshydratation du cheval et envisager une conduite à tenir.

Options de traitement

A l’issue de cet examen clinique, le vétérinaire devra avoir tous les éléments qui lui permet de prendre une décision au choix du traitement : médical ou chirurgical.

Traitement médical

Dans tous les cas le vétérinaire doit soulager la douleur du cheval, facteur essentiel d’aggravation des lésions externes et gage de sécurité du personnel. Les sédatifs peuvent être utilisés lors de l’examen clinique ou même avant. Il faudra alors utilisé ceux ayant le moins d’effet secondaire notamment sur l’appareil cardiaque et digestif.

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Une fois l’analgésie mise en place, les traitements médicaux à base de réhydratants et de laxatifs comme huile de paraffine à la dose de 10 à 20 ml/kg seront mis en place par SNG (sonde nasogastrique) . La mise en place d’une réhydratation par voie veineuse permettra de combattre l’état de choc s’il y a lieu, ou de ramollir les ingestats en cas d’impaction.

Suivez scrupuleusement les consignes du vétérinaire pour l’administration des médicaments, la reprise de l’alimentation et le temps de repos nécessaire à une bonne récupération.

Traitement chirurgical

A défaut de contre-indications liées à l’état général du cheval, un traitement chirurgical doit être envisagé si la clinique est suffisamment évocatrice. Les traitements chirurgicaux propres aux lésions identifiées seront alors mis en œuvre, par exemple, dans le cas d’une hernie inguinale étranglée récente. l’euthanasie peut être effectuée si l’état de choc est trop avancé et irréversible.

Enfin, dans le cadre du traitement des coliques, il faudra s’assurer de l’évolution de l’état du cheval par la répétition systématique, à intervalles réguliers, de l’examen clinique.

Mesures de prévention

Il faut savoir que les chevaux sont susceptibles d’avoir des coliques en raison de l’anatomie de leurs intestins et du fonctionnement particulier de leur tube digestif. Bien que certaines coliques ne puissent pas être évitées, il existe certaines mesures de prèventions qui en réduisent le risque.

Mode de vie

Le mode de vie du cheval est un facteur clé de la prévention des coliques. L’alimentation est une variable importante dans la prévention des coliques chez le cheval.

L’alimentation doit être essentiellement constituée de fourrages de bonne qualité, comme du foin ou de l’herbe. De l’eau fraîche doit toujours être mise à disposition du cheval. Le cheval pourra être complémenté au besoin avec des concentrés de bonne qualité et bien conservés.

Dans la nature, le cheval est libre de ses mouvements et broute plus de 18 heures par jour. Il est donc important de fractionner ses repas dans la journée, qu’il s’agisse des fourrages ou des concentrés.

Chaque cheval doit avoir une activité physique régulière, surtout pour les chevaux au box, qui restent relativement statiques. Aménager des sorties quotidiennes pour un cheval vivant en box.

Il est aussi important d’evitez toutes les situations stressantes (changement de lieu de vie, de niveau d’activité, transport…) qui pourraient perturber un cheval un peu trop sensible.

 L’entretien du cheval

Afin de pallier le risque de colique pouvant toucher le cheval, il est nécessaire de le faire suivre par des professionnels de santé, qui vérifieront que le cheval est en parfait état de santé. Pour cela, le dentiste pourra par exemple procurer des soins dentaires au cheval et lui assurer une bonne mastication.

Il est également important de vermifuger votre cheval de façon adaptée. Vermifugez votre cheval régulièrement, avec des produits ciblés sur les parasites gastro-intestinaux effectivement présents chez votre cheval, mis en évidence par coproscopie.

Références

https://cheval.ooreka.fr/comprendre/colique-cheval

https://www.cliniqueveterinairesaintromain.fr/publication/show.aspx?item=1846&code=pub_hesan

https://respe.net/maladie-equine/autre/coliques/


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