Cystectomie : guide complet sur l’ablation de la vessie

Article rédigé par le 12 avril 2024

La cystectomie est une intervention chirurgicale qui permet de retirer tout ou en partie la vessie. C’est une procédure assez complexe vu les risques à affronter après la procédure.

Cependant, l’ opération est essentielle pour espérer une chance de guérison au cours de certaines affections vésicales graves comme les cancers de la vessie.

Que vous soyez directement impliqué, ou cherchiez tout simplement à comprendre, dans cet article, rédigé par un professionnel de santé, nous allons détailler ce qu’implique une cystectomie, expliquer les indications et décrire les complications éventuelles.

Les 6 points essentiels à retenir

1.       La cystectomie est généralement réalisée pour traiter le cancer de la vessie au stade avancé.

2.       L’ablation de la vessie peut être totale ou partielle.

3.       L’intervention est réalisée soit par chirurgie ouverte, soit par chirurgie robot assistée.

4.       Après une cystectomie totale, une nouvelle voie urinaire doit être mise en place pour évacuer l’urine.

5.       La récupération après une cystectomie peut être longue et implique souvent des ajustements de mode de vie.

Petit rappel anatomique  

La vessie est un organe creux situé dans la partie inférieure de l’abdomen. Elle sert de poche pour stocker l’urine avant son évacuation à l’extérieur du corps.

La vessie est composée de trois couches de tissus :

  • Une muqueuse qui tapisse l’intérieur de la vessie et qui sécrète un mucus protecteur.
  • Une couche musculaire, appelée détrusor, est responsable de la contraction de la vessie pour l’expulsion de l’urine.
  • Une membrane séreuse externe qui recouvre la vessie.

Le col de la vessie est sa partie inférieure qui se connecte à l’urètre, le canal par lequel l’urine est évacuée.

L’urètre est un tube musculaire qui transporte l’urine lors de la miction. Chez les hommes, il traverse la prostate et le pénis. Chez les femmes, il est plus court et s’ouvre directement dans le vestibule vaginal.

À qui propose-t-on le retrait de la vessie ?

Les personnes qui devraient bénéficier d’une cystectomie sont souvent celles qui présentent des affections graves de la vessie. Les symptômes au cours de ces pathologies incluent généralement : 

  • La présence de sang dans les urines (hématurie)
  • Des douleurs au niveau du bas-ventre
  • Des sensations de brûlures ou de douleurs pendant la miction
  • Des besoins fréquents d’uriner qui récidivent

Ce sont des signes urinaires, mais ils peuvent s’associer à une altération de votre état général qui se manifeste par une fatigue chronique inexpliquée, une fièvre persistante, voire un amaigrissement.

Cystectomie : indications de la chirurgie

Les principales indications sont : les cancers, les inflammations chroniques de la vessie ou les malformations congénitales graves. Dans ces situations, les symptômes ne sont plus soulagés par les traitements médicamenteux.

Cancer de la vessie

La présence de sang visible dans les urines (hématurie) est le premier signe faisant suspecter un cancer vésical. Pour confirmer le diagnostic, vous devez impérativement consulter un oncologue.

Un cancer diagnostiqué, particulièrement à un stade avancé, justifie une cystectomie. Quand la tumeur s’est étendue en profondeur au niveau du muscle vésical, les traitements conservateurs ne sont plus efficaces.

Cystites

Les maladies inflammatoires de la vessie qui pourraient nécessiter une cystectomie comprennent principalement la cystite interstitielle et la cystite hémorragique. Ces affections sont responsables de douleurs récidivantes et de saignements importants.

Dans ces conditions, une cystectomie pourrait être envisagée pour améliorer les symptômes, mais l’intervention ne sera décidée qu’après toute autre tentative de guérison.

Autres pathologies

Des troubles tels que des malformations congénitales sévères, des infections récurrentes graves ou des complications liées à des interventions chirurgicales antérieures de la vessie peuvent également nécessiter une cystectomie dans certains cas.

RECOMMANDÉ :  Réparation de la fistule anale : tout savoir

Important : La décision d’effectuer une cystectomie est prise après une évaluation approfondie de votre condition spécifique ainsi que de vos besoins médicaux, et elle est discutée en réunion de concertation multidisciplinaire.

Cystectomie : comment ça se passe ?

L’intervention peut se faire de plusieurs façons. Le choix de la voie d’abord pour l’intervention revient à votre chirurgien.

  • Cystectomie ouverte (laparotomie) : une incision est faite au bas de l’abdomen pour accéder à la vessie.
  • Cystectomie laparoscopique : des instruments munis de petites caméras sont insérés à travers de petites incisions, permettant une intervention moins invasive.
  • Cystectomie robot-assistée : des robots chirurgicaux peuvent être utilisés pour aider le chirurgien à effectuer l’opération avec plus de précision.

Une étude réalisée par V. Tostivint est ses collègues a montré qu’à long terme, les patients avec une cystectomie laparoscopique robot-assistée peuvent présenter un risque plus important de sténose d’anastomose urétéro-iléale et d’éventration.

Se préparer pour une cystectomie

Pendant la consultation avec votre chirurgien, vous serez notifié de l’importance de la chirurgie, des modalités opératoires et de ce qui pourrait survenir après le retrait de la vessie.

La cystectomie est une intervention très délicate. Pour le succès de l’opération, il est indispensable que votre chirurgien maîtrise parfaitement les conditions de vos organes.

Pour évaluer l’état de la vessie, et des organes adjacents, des examens complémentaires s’imposent :

Échographie abdominale et pelvienne 

Elle peut être utilisée pour évaluer la taille et la structure de la vessie, détecter la présence de masses ou d’autres tumeurs. L’échographie examine les organes adjacents comme les reins, le foie et les organes reproducteurs.

Scanner et IRM (imagerie par résonance magnétique)

Ces examens fournissent des informations précises sur l’anatomie, et peuvent être utilisés pour évaluer l’étendue et la localisation des tumeurs dans la vessie. Le scanner permet de détecter d’éventuelles métastases dans les autres organes. L’IRM est également essentielle pour planifier la chirurgie. 

Cystoscopie 

C’est un examen endoscopique direct de l’intérieur de la vessie, elle peut fournir des informations importantes sur l’étendue des lésions internes et guider la planification chirurgicale en identifiant les zones cibles pour l’intervention.

Bon à savoir : La cystectomie pourrait nécessiter une préparation mentale pour le succès de l’opération et afin de gérer les changements postopératoires. Vous pouvez demander un accompagnement psychologique à titre de soutien.

Cystectomie : chirurgie proprement dite 

Comme pour toute intervention chirurgicale, une consultation préopératoire est importante avant d’entamer la procédure. C’est une étape cruciale pour évaluer votre état de santé

Ensuite, vous serez admis à l’hôpital un jour avant l’opération. Vous serez correctement pris en charge afin d’assurer une bonne intégrité physique et mentale.

Vous devez également vous préparer à rester à jeûn au moins 8 heures avant l’intervention.

Consultation préanesthésique 

L’entretien a pour but d’informer vos antécédents médicaux, et chirurgicaux, ou si vous avez d’autres maladies ou des allergies éventuelles. Des analyses sanguines vous seront également demandées. 

D’abord, un test de coagulation qui va permettre d’évaluer la capacité du sang à coaguler correctement. L’analyse détermine également si vous présentez un risque accru de saignement pendant ou après la chirurgie.

Et ensuite, des bilans hépatique et rénal qui vont permettre de vérifier si ces organes fonctionnent normalement pour supporter l’intervention. 

Déroulement de l’intervention

La chirurgie pour retirer la vessie est réalisée sous anesthésie générale. Il existe plusieurs types de cystectomies en fonction de l’indication et des structures anatomiques à enlever :

Cystectomie partielle 

Une cystectomie partielle peut être une alternative pour éviter une dérivation urinaire. Il est possible de ne retirer qu’une partie de la vessie dans certains cas.

Dans le cas d’un cancer non infiltrant, et bien localisé par exemple, seule la partie atteinte est retirée, cela pourrait être le trigone vésical ou le col vésical.

RECOMMANDÉ :  Anesthésie générale : tout savoir (guide complet)

L’urètre est généralement préservé autant que possible pour maintenir la continence urinaire

Cystectomie totale  

La vessie entière est enlevée. Cela peut également impliquer l’ablation d’une partie de l’urètre, de la prostate chez les hommes, et de l’utérus chez les femmes. Cette procédure est souvent réalisée pour traiter un cancer de la vessie avancé ou invasif.

L’ablation radicale de la vessie doit s’accompagner d’une nouvelle voie urinaire pour évacuer les urines.

Il existe plusieurs techniques pour réaliser cette procédure : 

Néo-vessie 

Une section de l’intestin grêle est utilisée pour créer une nouvelle vessie. Les uretères sont reliés à cette néo-vessie, qui est ensuite connectée à l’urètre pour l’évacuation de l’urine.

Dérivation urinaire 

Également appelée cystectomie de Bricker, où une section courte de l’intestin grêle est prélevée et utilisée pour créer une dérivation urinaire.

Les uretères sont attachés à cette dérivation, qui est reliée à un orifice dans la peau appelé stomie. Une poche urinaire est fixée à l’ouverture urinaire (le plus souvent près du nombril) pour recueillir l’urine.

Urétérostomies cutanées 

Techniques qui consistent à suturer directement les uretères à la peau, créant ainsi deux ouvertures dans l‘abdomen (stomies). Des sondes sont implantées dans chaque uretère pour éviter les obstructions.

Une poche urinaire recueille les urines via ces sondes, qui doivent être remplacées régulièrement.

Avis du professionnel 

La cystectomie peut avoir un impact sur divers aspects de votre vie quotidienne, notamment la gestion de l‘hygiène personnelle, les activités physiques, et les relations sociales. 

Vous devez essayer de trouver un équilibre pour vous adapter au mieux à ce nouveau mode de vie. Vous pouvez bénéficier d’un accompagnement psychologique pour vous adapter à cette nouvelle vie.

La cystectomie n’empêche pas d’avoir des rapports sexuels, cependant, il serait préférable que votre partenaire ne soit pas en contact direct avec la poche urinaire.

Suites opératoires et complications 

Après une cystectomie, il est normal de ressentir des douleurs et des inconforts surtout au niveau du site opératoire. Vous serez hospitalisé pendant quelques jours voire quelques semaines pour un suivi médical régulier.

Les complications possibles incluent souvent des infections de la plaie, ou des voies urinaires. Cependant, vous pouvez espérer une amélioration significative de vos symptômes malgré le gêne occasionné par le port permanent de la poche urinaire.

Important : La convalescence après une cystectomie totale peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois. Vous devez respecter les rendez-vous postopératoires selon les directives de votre chirurgien.

Quand consulter ? 

Après une cystectomie, vous devez reconnaître ces signes alarmants de complications postopératoires : 

  • Fièvre, frisson, malaise général
  • Douleur persistante et rougeur au niveau du site chirurgical
  • Fuites urinaires fréquentes au niveau de l’ouverture urinaire.
  • Sensation de douleur ou de difficulté qui accompagnent l’émission d’urine le long de son nouveau trajet.
  • Changements dans l’apparence ou la quantité d’urine : présence de sang ou de pus.
  • Symptômes gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements, douleurs abdominales.
  • D’éventuels changements émotionnels ou psychologiques.

Vous devez consulter dès l’apparition de l’un de ces symptômes pour une évaluation médicale appropriée. Si vous cherchez un spécialiste dans votre région, consultez notre répertoire.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
Notre processus de création d’articles chez Groupe SANTÉPOURTOUS

Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes. 

Cet article vous-a-t-il été utile?

Indiquez votre appréciation de l'article

Note des lecteurs 0 / 5. Nombre de votes 0

Si vous avez bénéficié de cet article

Merci de le partager avec vos proches

Merci de votre retour

Comment pouvons-nous améliorer l'article ?

Retour en haut