Déchirure du grand pectoral : Définition et prise en charge (tout savoir)

Article rédigé par le 28 décembre 2022

Si vous êtes sportif, il est important de connaître les signes qui peuvent indiquer une déchirure du grand pectoral. Cette blessure musculaire se caractérise par la rupture des fibres du muscle et peut avoir de graves conséquences si elle n’est pas prise en charge rapidement. Dans cet article, nous allons vous expliquer ce qu’est la déchirure du grand pectoral et comment elle est traitée.

Rappel anatomique du muscle grand pectoral

Le grand pectoral est un muscle large et triangulaire qui recouvre la poitrine. Il prend naissance au niveau de la clavicule et du sternum et s’insère au niveau de l’humérus. Ce muscle est responsable de la mise en place du bras en travers du corps et se compose de deux chefs :

  • Le chef sternocostal, qui naît du sternum ;
  • Et le chef claviculaire, qui naît de la clavicule.

Le grand pectoral est un muscle puissant qui nous permet d’effectuer des activités telles que la poussée, la traction et le soulèvement. Il joue également un rôle important dans la stabilisation de l’articulation de l’épaule. Le grand pectoral est entouré de plusieurs autres muscles, dont :

  • Le petit pectoral ;
  • Le serratus anterior ;
  • Le latissimus dorsi ;
  • Et le trapèze.

Ensemble, ces muscles constituent la musculature de la poitrine.

C’est quoi, une déchirure du muscle grand pectoral ?

Une déchirure du muscle grand pectoral est une blessure relativement rare qui se produit lorsque le muscle est soumis à une contraction soudaine et puissante. La déchirure qui en résulte peut aller d’une petite rupture partielle des fibres musculaires à une avulsion complète du muscle de son point d’attache sur l’humérus.

Dans la plupart des cas, la blessure se produit à l’insertion des faisceaux costaux sternaux du tendon du grand pectoral, là où la force de la contraction est la plus grande.

Les manifestations d’une déchirure du muscle grand pectoral dépendent de l’étendue de la lésion.

Causes de rupture du grand pectoral

La cause la plus fréquente de rupture des tendons du muscle grand pectoral est un étirement excessif lors du développé couché. Cela peut se produire soit au moment de l’abaissement, soit dans la phase initiale de l’élévation. Cela correspond à environ 80 % du total des cas signalés et étudiés. Des déchirures peuvent également se produire dans les sports de combat et les sports de contact (bras de fer, lutte libre, judo). Les sportifs qui s’entraînent mal ou qui se surmènent sont les plus à risque.

Un autre mécanisme de blessure fréquent est la tentative d’arrêter avec la main retirée un objet d’un poids important tombant à grande vitesse. La force générée par ce type de contraction peut être plus que suffisante pour provoquer une rupture des fibres musculaires.

Parmi les autres causes, citons :

Mouvements répétitifs

Une déchirure peut se produire lorsque le muscle est surmené ou étiré au-delà de ses limites. Les mouvements répétitifs, tels que ceux pratiqués dans les sports, peuvent solliciter les muscles et entraîner des déchirures du grand pectoral.

Traumatisme

Un coup direct sur la poitrine peut provoquer une déchirure du grand pectoral. Ce type de blessure est fréquent dans les sports de contact, comme le football et le hockey.

Activité physique excessive

Une déchirure du grand pectoral est une blessure grave qui peut survenir lors de la pratique d’une activité physique excessive, comme l’haltérophilie ou les sports de contact. Une déchirure peut se produire lorsque le muscle est soudainement étiré ou déchiré, généralement lors d’un mouvement brusque ou d’un impact.

Bon à savoir : La blessure résulte souvent d’une contraction excentrique violente du muscle grand pectoral, le plus souvent lors de l’exécution du mouvement de développé couché (Bench Press) pendant une séance de musculation.

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Déséquilibres musculaires

Le déséquilibre musculaire autour de l’épaule est une cause fréquente de déchirure du grand pectoral. Lorsque les muscles ne sont pas correctement alignés, ils peuvent exercer une pression excessive sur le grand pectoral, ce qui entraîne une inflammation, une douleur et finalement une déchirure.

Mauvaise alimentation et hydratation

Le tissu musculaire a besoin de certains nutriments, comme les protéines et les vitamines, pour fonctionner correctement. Si ces nutriments ne sont pas présents en quantité suffisante, le tissu musculaire peut être plus sensible aux blessures.

Une mauvaise alimentation ou hydratation peut entraîner une carence en ces nutriments essentiels, ce qui peut contribuer à une faiblesse musculaire et à un risque accru de blessure.

Mauvais conditionnement

On oublie souvent que l’emballage est un élément clé du processus de développement musculaire. Pourtant, un conditionnement approprié peut contribuer à prévenir les blessures et à garantir le bon développement des muscles. Un mauvais conditionnement peut entraîner des claquages et d’autres problèmes, en particulier chez les personnes sédentaires qui commencent un programme d’exercice intense sans augmenter progressivement leur niveau d’activité au préalable.

L’âge

En vieillissant, les gens perdent naturellement de la masse et de la force musculaires. Cette diminution de la masse et de la force musculaires liée à l’âge rend les personnes âgées plus vulnérables aux blessures, notamment à une déchirure du grand pectoral.

Prise de drogues améliorant les performances (stéroïdes)

L’utilisation de stéroïdes peut augmenter le risque de déchirures du muscle grand pectoral, notamment en raison de l’accroissement disproportionné de la force sans renforcement correspondant des tissus.

Symptômes d’une déchirure du grand pectoral

Les symptômes d’une déchirure du grand pectoral dépendent de l’étendue de la blessure. Une petite déchirure partielle peut n’entraîner qu’une légère douleur et une sensibilité dans la zone, tandis qu’une avulsion complète peut s’accompagner d’une douleur et d’un handicap importants.

Les autres signes sont les suivants :

  • Faiblesse et sensation de brûlure ;
  • Mobilité réduite de la ceinture scapulaire ;
  • Des gonflements, des œdèmes et des hématomes apparaissent ;
  • Lorsque le muscle se déchire, un bruit de « clic » ou de claquement (au moment de la blessure) se fait entendre ;
  • Le muscle se déforme et ses contours naturels sont affectés au niveau de la fosse axillaire (s’il est complètement déchiré) ;
  • Une amplitude de mouvement limitée dans l’épaule.

Diagnostic d’une déchirure du grand pectoral

Lorsqu’on soupçonne une déchirure du grand pectoral, la première étape du diagnostic consiste à recueillir les antécédents médicaux et à effectuer un examen physique.

Important : Lors de l’examen physique du médecin, la comparaison avec le côté sain est impérative pour obtenir un diagnostic plus précis.

Votre médecin vous interrogera sur vos symptômes et leur origine, et recherchera une sensibilité et un gonflement dans la zone de la blessure. Des radiographies peuvent être demandées pour éliminer les autres causes de votre douleur.

Une IRM ou un scanner peuvent également être réalisés pour confirmer le diagnostic et évaluer l’étendue de la blessure. Une fois la déchirure du grand pectoral diagnostiquée, le traitement peut commencer.

Traitement d’une déchirure du grand pectoral

Le traitement d’une déchirure du grand pectoral dépend de l’ampleur de la blessure. Une déchirure partielle légère peut être traitée par des mesures conservatrices, tandis que les déchirures modérées à graves nécessitent un traitement plus intensif.

Ce que disent les études :
Dans une étude réalisée par Dr. Pochini et collaborateurs, 10 athlètes ayant subi une rupture du muscle grand pectoral ont bénéficié d’un traitement conservateur. Les résultats ont été jugés bons chez 2 patients (20% des cas), moyens chez 5 (50%), et mauvais chez 4 (40%). Les chercheurs ont noté une une diminution de la force de 53.8 % dans ce groupe traité sans chirurgie. Pour information, les résultats étaient clairement supérieurs dans un autre groupe de 10 patients traités chirurgicalement.

Le traitement peut comprendre les mesures suivantes :

Traitement conservateur

Le traitement conservateur d’une déchirure du grand pectoral peut inclure :

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Repos et glace  

Lorsque vous vous blessez à un muscle, la première chose à faire est de vous reposer. Cela donnera au muscle le temps de guérir et de réduire l’inflammation. Cependant, vous ne devez pas vous reposer pendant une période excessive, car cela peut entraîner une raideur et une nouvelle blessure.

Par ailleurs, la glace est un moyen simple et efficace de réduire la douleur et le gonflement. Elle agit en resserrant les vaisseaux sanguins, ce qui réduit l’inflammation.

Bandage compressif

Lorsque vous vous blessez, il est important de prendre des mesures pour limiter le gonflement de la zone. L’un des moyens d’y parvenir est d’appliquer un bandage ou un enveloppement compressif. Ce type de bandage est conçu pour réduire le flux sanguin vers la zone concernée, ce qui contribue à réduire le gonflement.

Anti-inflammatoire non stéroïdiens (AINS)

Pour les personnes souffrant d’une déchirure du grand pectoral, les AINS peuvent aider à réduire la douleur et le gonflement. Cependant, il est important de prendre les AINS selon les indications d’un professionnel de la santé. Une prise excessive d’AINS peut entraîner des effets secondaires.

Kinésithérapie (physiothérapie)

La kinésithérapie (physiothérapie) peut être un traitement efficace pour une déchirure du grand pectoral. L’objectif de la kinésithérapie (physiothérapie) est d’améliorer l’amplitude des mouvements, la souplesse, la force et la stabilité.

Un kinésithérapeute (physiothérapeute) travaillera avec vous pour élaborer un plan de traitement personnalisé. Le traitement peut comprendre des exercices, une thérapie manuelle, des ultrasons et une stimulation électrique.

Traitement chirurgical

Dans certains cas, une déchirure du grand pectoral peut nécessiter une réparation chirurgicale. L’intervention chirurgicale visant à réparer cette rupture est généralement réalisée en ambulatoire, sous anesthésie générale ou locale

Bon à savoir : Le traitement chirurgical, de préférence dans les 8 semaines suivant la blessure initiale, présente un meilleur résultat que le traitement conservateur ou une chirurgie tardive.

Une petite incision (5-7 cm) est pratiquée dans la région delto-pectorale, et le muscle et le tendon rompus sont localisés. Ils sont ensuite rattachés à leur attache d’origine sur l’humérus à l’aide de points et de sutures. Les douleurs postopératoires sont généralement mineures et contrôlées par des analgésiques

Après l’opération, l’immobilisation est cruciale pour la guérison. Le coude doit être maintenu près du corps pendant 4 semaines, suivies de 3 à 6 mois de rééducation. Au final, l’opération aboutit généralement à une guérison satisfaisante, et à une récupération importante de la force.

Par contre, en dépit des progrès dans les techniques chirurgicales, il existe des risques tels que :

  • la rerupture du tendon
  • la douleur persistante
  • l’infection de la plaie.

À retenir : Dans les cas chroniques de déchirure du grand pectoral, la reconstruction par autogreffe et allogreffe devrait être envisagée si la chirurgie conventionnelle n’est pas envisageable.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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