Dent incluse : de quoi s’agit-il ?

Article rédigé par le 12 septembre 2023

Une dent incluse est, comme son l’indique, une dent retenue, invisible dans la bouche. C’est une dent qui n’a pas pris sa place sur l’arcade dentaire. Elle peut engendrer des conséquences malencontreuses.

Une dent incluse est ordinairement due à des facteurs loco-régionaux, au niveau bucco-dentaire. Néanmoins, elle peut également être causée par des troubles généraux de l’organisme. Une dent incluse nécessite un diagnostic précoce pour une meilleure prise en charge. 

Dans cet article, après un survol du processus de la dentition humaine, vous trouverez successivement les causes, les complications et le diagnostic d’une dent incluse. Découvrez, à la fin de l’article, les moyens de traitement. 

Dent incluse : rappel sur le processus de la dentition humaine

La dentition humaine commence par une dentition temporaire composée de 20 dents de lait. Par la suite, des dents définitives au nombre de 28 surgissent peu à peu. Plus tard, la dentition définitive est complétée par 4 “dents de sagesse” ; soit 32 dents pour un adulte.

Apparition des dents de lait

  • vers 6 mois : deux incisives centrales inférieures ;
  • 6 à 8 mois : deux incisives centrales supérieures ;
  • 8 à 12 mois : deux incisives latérales supérieures
  • 9 à 12 mois : deux incisives latérales inférieures ;
  • 12 à 18 mois : quatre premières molaires ;
  • 18 à 24 mois : quatre canines ;
  • 24 à 36 mois : quatre secondes molaires.

Éruption des dents définitives

La mise en place des dents définitives s’amorce à partir de l’âge de 6 ans avec la poussée de la première molaire définitive. Les premières molaires définitives arrivent en complément des 20 dents de lait. Elles ne sont donc pas précédées de chutes de dents de lait.

D’un autre côté, la poussée des dents définitives fait disparaître peu à peu les racines des dents de lait : c’est ce qu’on appelle “rhizalyse physiologique” ! Et quand la rhizalyse est totale, la dent de lait tombe et la dent définitive prend sa place. Cette dernière est moins blanche que la dent de lait mais elle est beaucoup plus grosse, plus solide avec un émail plus épais.

Le remplacement se fait de :

  • 6 à 8 ans : les incisives définitives remplacent les incisives de lait ;
  • 10 à 12 ans : les prémolaires définitives remplacent les molaires de lait ;
  • 10 à 13 ans : les canines définitives remplacent les canines de lait.

Par ailleurs, aux alentours de 12 ans surgissent les deuxièmes molaires définitives

Poussée des troisièmes molaires

Les troisièmes molaires sont communément appelés “dents de sagesse”. En général, elles apparaissent vers la fin de l’adolescence ou autour de la vingtaine.

Dans tous les cas, les dents se forment dans l’os des mâchoires. Au cours de leur croissance, elles percent la gencive et apparaissent dans la bouche.

Dent incluse : définition

Une dent incluse est une dent définitive qui est restée bloquée dans l’os de la mâchoire, sous la gencive. Elle est, de ce fait, invisible sur l’arcade dentaire. Toutefois, il se peut qu’une partie de la dent soit visible dans la bouche. Dans ce cas, on parle de “dent semi-incluse”.

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Selon les statistiques Grover et al, rapportés dans ce document, ce sont les dents de sagesse qui sont les plus incluses. Viennent ensuite les canines supérieures, les incisives centrales supérieures et les deuxièmes prémolaires inférieures. Et ce sont les premières molaires qui sont les moins touchées.

Par ailleurs, les femmes sont plus sujettes à avoir une dent incluse que les hommes. En effet, elles représentent les deux tiers des individus victimes d’inclusion dentaire.

Dent incluse : les causes

La plupart du temps, les causes d’une dent incluse sont locales. Néanmoins,quelques facteurs généraux sont identifiés comme à l’origine d’une dent incluse.

Les causes locales

  • une position anormale du germe de la dent définitive ;
  • un manque de place sur l’arcade dentaire, notamment pour les dents de sagesse ;
  • un obstacle à l’éruption de la dent par présence de dents surnuméraires ou encore dodontome ;
  • une macrodontie : volume exagérée de la dent ;
  • une ankylose : fusion de la racine d’une dent avec l’os qui l’entoure ;
  • une persistance de la dent de lait par retard ou absence de rhizalyse physiologique ;
  • un traumatisme sur la dent de lait qui a impacté sur le germe de la dent définitive.

Les causes générales

  • maladies congénitales : la trisomie 21, le syndrôme de Crouzon et les fentes labio-alvéolo-palatines.
  • troubles hormonaux ;
  • maladies infectieuses : syphilis, tuberculose ;
  • carences nutritionnelles.

Dent incluse : les complications

Une dent incluse n’est pas anodine. Elle est susceptible d’apporter des complications plus ou moins graves.

Infections bucco-dentaires

Même si la dent se trouve sous la gencive, elle peut être touchée par une carie et infecter les dents voisines.

Par ailleurs, si la dent est semi-incluse, une péricoronarite est assez fréquente. C’est une infection qui touche la couronne dentaire

Rhizalyse pathologique

C’est une destruction de la racine de la dent voisine. Elle peut entraîner un chevauchement des dents antérieures.

Kyste 

Un kyste pourrait se former à l’intérieur du sac dans l’os de la mâchoire où la dent est incluse. 

Tumeur

Les tissus avoisinants de la dent incluse peuvent être endommagés. Cela se solde par l’apparition d’une tumeur habituellement bénigne.

Destruction de l’os du mâchoire

C’est une complication très rare de la dent incluse.

Dent incluse : le diagnostic

Une dent incluse est le plus souvent asymptomatique, sauf quand il y a des complications. Généralement, l’inclusion dentaire est découverte fortuitement lors d’un examen endobuccal ou une radiographie buccale. D’où l’importance d’une visite régulière chez le dentiste.

Les signes d’appel

Une dent incluse peut être suspectée quand il y a : 

  • une absence d’une dent définitive après sa date normale d’éruption ;
  • une persistance de dents de lait.

Par ailleurs, la présence d’une fièvre ou d’une muqueuse inflammatoire rouge et douloureuse peut évoquer des complications infectieuses.

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Quoi qu’il en soit, le dentiste peut faire un certain nombre d’examens cliniques pour orienter son diagnostic. Il étudie entre autres la mobilité des dents de lait et des dents définitives adjacentes à la recherche d’une éventuelle rhizalyse (physiologique ou non).

Les examens radiologiques

Les examens radiographiques sont les seuls moyens de confirmer le diagnostic d’une dent incluse. Ils servent également à orienter la conduite à tenir pour un traitement optimal.

Radiographie panoramique 

 Appelée également “orthopantomogramme”, la radiographie panoramique est l’examen radiologique de première intention. Elle permet d’avoir une vue d’ensemble de l’arcade dentaire ainsi que les structures osseuses. Elle donne une idée sur la hauteur d’inclusion et l’axe général de la dent incluse.

Radiographie rétro-alvéolaire

Elle permet d’explorer une région précise de la mâchoire. Elle renseigne sur la morphologie de la dent incluse et de ses rapports anatomiques avec les structures avoisinantes.

Téléradiographie de profil

C’est une radiographie qui permet de constater la position, la direction et la hauteur d’inclusion de la dent incluse dans les plans vertical et sagittal.

Radiographie tangentielle de Deplagne

Elle est davantage indiquée pour repérer les canines maxillaires quand elles sont incluses dans l’extrémité des racines.

Scanner

Le scanner, ou tomodensitométrie (TDM), permet de : 

  • localiser avec précision la dent incluse ;
  • visualiser les rapports anatomiques des structures avoisinantes, notamment la présence éventuelle d’obstacle ou de complications (kyste ou tumeur) ;
  • connaître la morphologie de la dent incluse ;
  • établir un bilan osseux, entre autres pour diriger la prise en charge.

Dent incluse : le traitement

Plusieurs critères dictent le traitement d’une dent incluse. Ce sont entre autres l’âge du patient, la cause et la localisation de la dent incluse ou encore l’existence d’une complication. D’ailleurs, la prise en charge peut être multidisciplinaire, particulièrement quand il y a un facteur génétique associé à la dent incluse.

Abstinence thérapeutique

Lorsque la dent incluse n’entrave ni la mastication ni l’esthétique et qu’elle n’a aucun de risque de complication, aucun traitement n’est à instaurer. Toutefois, la dent incluse doit être soumise à une surveillance accrue.

Traction orthodontique

Elle consiste à dégager la dent incluse de la gencive pour y mettre une attache de traction. Un fil de traction est utilisé pour diriger la trajectoire de la dent incluse. Tandis qu’un boîtier orthodontique (bague) est posé pour assurer la position correcte de la dent une fois arrivée dans l’arcade dentaire.

Extraction dentaire

Il n’est pas rare d’enlever une dent incluse. C’est même courant pour les dents de sagesse.

 Pour finir, il convient de rappeler qu’il est recommandé de faire une visite régulière chez le dentiste, au moins une fois par an voire tous les six mois pour les enfants et les personnes âgées.

Références

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sante-du-quotidien/2826585-dent-incluse-definition-traitement-schema/

Exposition de dents incluses pour orthodontie

https://www.doctissimo.fr/html/dossiers/orthodontie/articles/16129-inclusion-dentaire.htm

https://hygiene-dentaire.ooreka.fr/astuce/voir/755253/dent-incluse

https://123dok.net/article/dents-incluses-retenues-anomalies-dentaires-position.yd2j9l1q

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