Dépistage cancer du sein: méthodes et recommandations

Article rédigé par le 17 mai 2023

Le dépistage du cancer du sein est un enjeu majeur de santé publique, car ce type de cancer est le plus fréquent chez les femmes en France et constitue la principale cause de mortalité. Cependant, grâce aux avancées médicales et au dépistage précoce, les chances de guérison sont aujourd’hui réelles.

Le dépistage du cancer du sein concerne principalement les femmes âgées de 50 à 74 ans, sans symptômes et n’ayant pas de facteurs de risque particulier, autre que leur âge. Pour celles présentant un risque élevé ou très élevé, un suivi spécifique adapté à leur situation individuelle est recommandé.

La recherche d’un cancer du sein chez des femmes qui semblent en bonne santé, avant même qu’elles présentent des signes ou des symptômes, permet de détecter la maladie à un stade précoce. Ce dépistage augmente les chances d’un traitement efficace et, en fin de compte, d’une meilleure qualité de vie pour les patientes.

Cancer du sein : court rappel

Le cancer du sein est le cancer féminin le plus fréquent, touchant environ une femme sur huit au cours de sa vie. Il survient lorsque des cellules anormales se multiplient de manière incontrôlée dans les tissus mammaires.

Le cancer du sein peut toucher différents composants du sein, comme les canaux qui transportent le lait (carcinome canadair) ou les glandes productrices de lait (carcinome lobulaire). Il peut se propager dans d’autres parties du corps créant ainsi les métastases.

Il est essentiel de mettre en place des stratégies de dépistage organisé et de surveillance spécifique pour les femmes à haut risque dans la lutte contre le cancer du sein.

Dépistage du cancer du sein : pourquoi c’est important ?

Comme pour le cancer de la prostate chez l’homme, ou d’autres types de cancer (utérus, colorectal, peau, etc.), le dépistage du cancer du sein chez la femme présente plusieurs avantages.

Réduction du taux de mortalité lié au cancer du sein

La mortalité liée au cancer du sein reste élevée, même si elle a diminué au fil des années grâce aux avancées de la médecine et du traitement du cancer.

Les statistiques montrent que le dépistage précoce du cancer du sein permet d’augmenter significativement les chances de guérison. Ainsi, le dépistage organisé du cancer du sein a pour objectif de diminuer le nombre de décès causés par cette maladie.

Il faut savoir que le fait de se faire dépister n’empêche pas d’avoir un cancer du sein, mais permet de le détecter plus tôt, avant l’apparition de symptômes.

Prévention et meilleure efficacité du traitement

Le dépistage du cancer du sein permet de détecter les signes précoces de la maladie, et ce, avant l’apparition des premiers symptômes.

La prise en charge est facilitée, les chances de succès thérapeutiques et de guérison sont considérablement augmentées. De plus, dépister le cancer du sein de manière anticipée offre une plus vaste option de traitement.

Amélioration de la qualité de vie

Le dépistage des lésions précancéreuses permet également d’intervenir de manière préventive pour éviter leur évolution vers un cancer.

Le dépistage précoce offre la possibilité de traiter le cancer du sein de manière moins agressive. On aura principalement recours à des traitements moins lourds.

Cela permet ainsi de préserver la qualité de vie en limitant les complications potentielles

Dépistage du cancer du sein : pour qui ?

Le dépistage du cancer du sein vise à détecter la maladie chez les femmes présentant certains facteurs de risque. Les risques les plus courants de développer un cancer du sein augmentent avec :

  • L’âge
  • Le début des menstruations à un âge précoce
  • L’âge avancé lors de la naissance du premier enfant ou l’absence d’accouchement
  • La densité du tissu mammaire
  • L’utilisation de moyen de contraception contenant des hormones œstrogènes ou progestérones
  • l’obésité
  • La consommation régulière de boisson alcoolique
  • Les antécédents familiaux de la maladie :
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Un risque à vie de cancer du sein d’environ 20 à 25 % ou plus, selon les outils d’évaluation du risque basés principalement sur des antécédents familiaux, incluant les parents maternels et paternels

  • La mutation génétique :

La mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2 ( BReast CAncer) de la personne ou d’un parent de premier degré (mère, père, frère, sœur, enfant) constitue un facteur de risque du cancer du sein. Même si la personne concernée n’a pas subi de tests génétiques

Également, les femmes présentant un risque élevé de cancer du sein comprennent celles qui ont :

  • Des antécédents personnels de cancer du sein.

·         Reçues une radiothérapie thoracique entre 10 et 30 ans

·         Une maladie génétique telle que le syndrome de Li-Fraumeni, le syndrome de Cowden ou le cancer gastrique diffus héréditaire, ou ayant un parent au premier degré atteint de l’une de ces maladies

Bien sûr, il s’agit d’une liste non exhaustive sur qui doit effectuer un dépistage du cancer du sein. Toutes les femmes peuvent faire un dépistage du cancer du sein, même en l’absence des facteurs de risque cité ci-dessus.  Surtout les femmes âgées qui devraient entamer un dépistage de manière régulière.

Comme on l’a dit précédemment, le dépistage c’est également un moyen de prévention.

Aperçu des différentes méthodes de dépistage du cancer du sein

Plusieurs méthodes de dépistage sont disponibles actuellement. Chacune présente ses propres particularités :

L’examen clinique

L’examen clinique des seins est réalisé par un médecin lors des visites médicales régulières.

Celui-ci examine visuellement et manuellement les seins, les mamelons et les aisselles pour détecter d’éventuelles anomalies, comme :

  • une masse
  • des lésions cutanées ( croûtes ou desquamations)
  • une asymétrie des deux seins (enflure d’un des seins)
  • une inversion des mamelons ou écoulement anormal
  • des adénopathies ( ganglions)
  • une rougeur ou chaleur anormale

Ce type d’examen est souvent recommandé en complément d’autres méthodes de dépistage.

La mammographie

C’est. Il consiste en une radiographie des seins et permet de détecter des anomalies ou des tumeurs avant qu’elles ne soient palpables.

La mammographie est l’examen de référence pour le dépistage du cancer du sein. Il s’agit de la méthode la plus courante pour dépister le cancer du sein chez les femmes.

Comparé à une radiographie conventionnelle, la mammographie fait usage de rayon de basse tension (20-25 kV) et de à faible dose sur les seins.

Les incidences de face cranio-caudal et oblique sont obligatoires lors du dépistage du cancer du sein. Ces clichés permettent d’observer le maximum de masse mammaire. On peut également faire une incidence de profil de façon complémentaire.

La mammographie permet d’objectiver des lésions en faveur d’un cancer du sein, tels que :

  • Des calcifications correspondant à une masse
  • Des distorsions architecturales
  • Des dilatations des canaux galactophores
  • Une asymétrie de densité des deux seins

Le dépistage mammographique est recommandé tous les deux ans pour les femmes de 50 à 74 ans, dans le cadre du programme de prévention national. Les femmes sont invitées à réaliser cet examen auprès d’un radiologue agréé, selon une liste fournie par le programme.

Remarque : Même en utilisant des rayons de faible de dose, la mammographie n’est pas recommandée chez les femmes de moins de 30 ans. Mieux vaut opter pour une échographie ou une IRM.

L’échographie

L’échographie du sein peut être utilisée en complément de la mammographie ou en remplacement de la mammographie chez les femmes jeunes de moins de 30 ans.   

Il est surtout recommandé chez les femmes ayant des seins denses, où la mammographie est moins efficace pour détecter des anomalies.

L’échographie ne fait pas usage de rayon X mais d’ondes sonores à haute fréquence pour obtenir des images de la structure interne des seins. Cette imagerie est très efficace pour différencier les masses solides des kystes liquidiens.

L’autopalpation

Les femmes sont encouragées à examiner régulièrement leurs seins à la recherche de modifications ou de masses suspectes. Une autopalpation ne remplace pas les techniques d’imagerie, mais peut aider à détecter des problèmes avant un dépistage régulier.

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Il est conseillé de se palper les seins après les menstruations, car les seins seront moins sensibles.

Pour faire un auto-dépistage du cancer du sein :

  • Levez le bras du côté du sein à examiner
  • Les doigts de l’autre bras vont venir palper le sein ( de préférence la pulpe des trois doigts du milieu)
  • Commencez du côté externe du sein en effectuant des mouvements circulaires
  • Observer ensuite l’ensemble de votre poitrine, sans oublier les mamelons.

L’IRM (Imagerie par Résonance magnétique)

L’IRM mammaire est une technique d’imagerie utilisée dans certains cas spécifique, notamment pour les femmes présentant des facteurs de risque élevés, des antécédents familiaux de cancer du sein ou des mutations génétiques.

L’IRM utilise des ondes radio et un champ magnétique pour obtenir des images détaillées des tissus mammaires, permettant ainsi de détecter de potentielles tumeurs.

L’IRM fait partie des techniques d’imagerie les plus performantes. Ils permettent d’objectiver une lésion de façon fiable et sûre.

Quelle méthode choisir ?

Le choix de la méthode dépend des facteurs de risque individuels et de l’âge de la femme. Il est important de consulter régulièrement un médecin et de suivre les recommandations de dépistage pour une détection précoce et une prise en charge adéquate du cancer du sein.

Les risques liés au dépistage du cancer du sein

Quelques risques sont associés au dépistage du cancer du sein, parmi lesquels:

  • Une faible probabilité de cancer liée à l’exposition excessive aux radiations au cours de la vie. Néanmoins, la quantité de radiation émise lors d’une mammographie est très faible et les avantages d’un diagnostic précis l’emportent sur les risques.
  • Les faux positifs sont possibles lors des mammographies. Entre 5 et 15%, des mammographies nécessitent des examens complémentaires, tels que des mammographies supplémentaires ou des échographies.

La plupart de ces tests s’avèrent normaux. En cas de résultat anormal, un suivi ou, plus rarement, une biopsie peut être nécessaire. La majorité des biopsies sont réalisées par ponction et confirment l’absence de cancer.

  • Certains chercheurs, se basant sur des études statistiques portant sur l’incidence du cancer dans le temps, estiment que le dépistage identifie à la fois des maladies potentiellement mortelles et des maladies qui n’auraient jamais causé de symptômes au cours de la vie du patient, un phénomène connu sous le nom de surdiagnostic.
  • Les femmes doivent toujours informer leur médecin ou leur technologue en radiologie si elles pensent être enceintes, surtout si elles prévoient la mammographie.

Le dépistage peut présenter des risques, mais les bénéfices en termes de détection précoce et de meilleures chances de guérison sont considérables.

Programme de dépistage organisé en France

En France, le dépistage organisé des cancers du sein a été généralisé en 2004. Il s’adresse aux femmes âgées de 50 à 74 ans, sans symptômes et sans facteurs de risque particulier, autre que leur âge.

Toutes les deux années, ces femmes reçoivent une invitation à effectuer une mammographie de dépistage, accompagnée d’un examen clinique des seins.

Résultats ?

La participation des femmes au programme de dépistage organisé en France est un indicateur clé de son efficacité. Santé publique France a publié les nouvelles données de participation pour la période 2020-2021.

L’objectif de la stratégie décennale de lutte contre le cancer, annoncée par le Président de la République en février 2021, est d’augmenter la participation aux dépistages des cancers, avec un million de dépistages supplémentaires à l’horizon 2025.

Il est important de noter que certaines situations spécifiques nécessitent des stratégies de dépistage adaptées, tel que les femmes ayant un antécédent personnel de cancer du sein, de carcinome canadair in situ, ou d’irradiation thoracique médicale à haute dose.

En conclusion, le programme de dépistage organisé du cancer du sein en France joue un rôle essentiel dans la prévention et la lutte contre cette maladie. La participation des femmes est cruciale pour atteindre les objectifs fixés par les autorités sanitaires, et les efforts continuent d’être déployés pour sensibiliser davantage de personnes à l’importance de ce dépistage.

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