Dépistage IST : prevention et information essentielle

Article rédigé par le 1 décembre 2023
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Jusqu’à aujourd’hui, le dépistage reste le seul moyen efficace pour diagnostiquer et traiter précocement les infections sexuellement transmissibles.

Les IST se transmettent principalement lors des rapports sexuels ou par contact sang à sang avec une personne infectée. Certains engendrent des symptômes, tandis que d’autres peuvent rester complètement asymptomatiques.

Cependant, toutes les IST causent des complications graves et irréversibles en absence de prise en charge. Il est donc primordial d’adopter une démarche proactive pour préserver sa santé et celle de ses partenaires.

Pour effectuer un dépistage des IST, il convient de réaliser une prise de sang, un test urinaire, des frottis et/ou un examen visuel des parties génitales. En cas de diagnostic positif à une IST, le traitement est souvent simple et efficace, permettant de prévenir d’éventuelles complications.

Cet article a pour but de vous fournir une information complète concernant le dépistage des IST.

IST: court Rappel

Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont des maladies provoquées par des agents pathogènes (virus, bactéries, parasites) qui se transmettent lors de rapports sexuels (vaginal, anal ou oral) sans protection.

Il existe plus d’une trentaine d’IST qui peuvent avoir des symptômes très différents, des complications potentielles et des traitements disponibles variés.

Parmi les IST les plus courantes, on peut citer :

Qui devrait se faire dépister (et pourquoi) ?

Toutes personnes sexuellement actives devraient envisager de se faire dépister des IST, et ce, indépendamment de l’âge, du genre ou de l’orientation sexuelle.

La plupart des IST, comme la gonorrhée, le chlamydia ou l’hépatite C restent longtemps asymptomatiques, mais engendrent de graves complications. Raison de plus pour effectuer un dépistage régulier, surtout les personnes à risque.

 Les principaux facteurs de risques de transmission des IST sont:  

Les rapports sexuels non-protégés

Les rapports sexuels sans préservatifs (masculin ou féminin) augmentent considérablement le risque de contracter une IST. Si vous avez eu un rapport sexuel non protégé, surtout avec une personne dont le statut sérologique vous est inconnu, il est conseillé d’effectuer rapidement un dépistage d’IST.

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Les partenaires multiples

Une personne avec plusieurs partenaires sexuels est plus exposée aux IST. En effet, la polygamie augmente les chances d’être en contact avec une personne infectée.

Les personnes avec antécédent d’IST

Il est conseillé d’effectuer un dépistage des IST de façon régulière si vous avez des antécédents d’IST. En effet, les risques de réinfections ou d’échec de traitement ne sont pas rares. Dans ce cas, le dépistage fréquent des IST est considéré comme un test de suivi.

L’injection de drogue

L’injection de drogue accroît également le risque d’entrer en contact avec une IST. Surtout pour les groupes des personnes qui se partagent les matériels d’injection entre eux. Du sang infecté reste sur l’aiguille et s’inocule dans votre organisme lors de l’injection.

Un partenaire infecté

Si votre partenaire a ou a été infectée par une quelconque IST, il serait judicieux d’effectuer un dépistage pour voir s’il y a eu transmission ou non. Cela est également valable en cas de nouveau partenaire sexuel ou de pratique sexuelle avec une personne dont le statut en matière d’IST vous est inconnu

La grossesse

La grossesse ne constitue pas véritablement un facteur de risque, mais elle figure tout de même dans cette liste. La majorité des agents infectieux responsable d’une IST peuvent franchir la barrière placentaire et infecter le fœtus.

Un dépistage régulier est conseillé pour les femmes enceintes afin de protéger leurs bébés d’un quelconque contage.

Pratique sexuelle à risque

Il a été démontré que certaines pratiques sexuelles à risque, comme le sexe anal ou le sexe sans lubrification, augmentent considérablement le risque de transmission des IST. Surtout la syphilis qui se transmet par contact peau à peau ou par contact des muqueuses avec un site infecté.

Les relations sexuelles homosexuelles

Statistiquement, les IST sont surtout fréquentes chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Un dépistage régulier est de mise pour établir un diagnostic précoce d’IST.

Quelles sont les différentes méthodes de dépistage des IST ?

Le dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) est réalisé par différents professionnels de santé. La plupart des dépistages sont disponibles sous prescription médicale, d’autres sont facilement accessibles en pharmacie ou dans les centres de dépistage.

Quel prélèvement pour le dépistage ?

Prélèvement d’échantillon

Pour certaines IST (gonorrhée, chlamydia), des prélèvements locaux sont nécessaires pour pouvoir analyser directement le site infecté. Il existe ainsi plusieurs types de sites de prélèvement :

  • Prélèvement urétral chez l’homme.
  • Prélèvement vaginal chez la femme.
  • Prélèvement anal en cas de rapports anaux.
  • Prélèvement pharyngé en cas de rapports oraux.

Le prélèvement d’échantillon consiste à faire un léger frottis sur le site à l’aide d’un écouvillon (sorte de coton-tige avec un bout en mousse). Ces prélèvements sont rapides et non douloureux.

Prélèvement d’urine

Actuellement, certaines IST peuvent également être détectées par une analyse des urines. Pour ce faire, il faut collectionner l’urine matinale de milieu de jet dans un récipient fourni par le centre médical.

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Prélèvement de sang

Une prise de sang peut également être réalisée pour détecter certaines IST. Par exemple, pour le VIH, on procède à un prélèvement de sang capillaire en piquant le bout du doigt.

Le sang prélevé est ensuite mis dans un tube et emmené au laboratoire d’analyse.

Quelles sont les méthodes de dépistage utilisées en laboratoire ?

Les techniques varient en fonction de l’échantillon amené :

Pour un échantillon de sang, on utilise généralement la technique ELISA. Cette dernière consiste à rechercher les anticorps produits par l’organisme en réponse à l’infection dans le sérum du sang. Un test de confirmation par WESTERN BLOT peut ensuite être utilisé, ou pas.

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Pour un échantillon d’urine, la technique s’appelle ECBU ou Examen cytobactériologique des Urines. C’est-à-dire rechercher la présence de germe dans les urines.

Pour un prélèvement local, on procède à un examen direct en observant l’échantillon au microscope. On fait ensuite une culture de la bactérie.

Les bénéfices et les risques liés au dépistage des IST

Bénéfices du dépistage des IST

Diagnostic et prise en charge précoces : Le dépistage régulier permet d’identifier les IST et d’accéder rapidement au traitement, réduisant ainsi la durée de l’infection et les complications potentielles.

Prévenir la stérilité : il contribue à prévenir la stérilité qui peut être causée par certaines IST non traitées (surtout chlamydia et gonorrhée). Les germes en cause de ces infectieux créent des dommages au niveau des organes génitaux s’ils ne sont pas éliminés, et ce, autant pour les hommes que pour les femmes.

Limite la transmission : Le fait de connaître son statut sérologique peut encourager l’utilisation de préservatifs, limitant la propagation de ces infections.

Risques du dépistage des IST

Faux résultats : Le dépistage n’est pas toujours précis à 100%, et il y a un risque de faux positifs ou négatif, pouvant entraîner du stress chez la personne dépistée.

Stigmatisation :  Un des risques du dépistage est la stigmatisation ou les préjugés de la société.

Problèmes financiers: Le traitement de certaines IST est parfois plus coûteux que d’autres. Cela est à l’origine de problème financier chez certaines personnes. 

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Que faire en cas de dépistage positif ?

Entamer un traitement

Si le résultat du dépistage s’avère être positif, le médecin prescrira un traitement adapté en fonction de l’infection détectée. Par exemple :

  • Pour les infections bactériennes, telles que la chlamydia et la gonococcie, un traitement antibiotique est prescrit.
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  • Pour les infections virales, comme l’hépatite B, l’hépatite C et l’herpès, un traitement antiviral est recommandé.
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  • Pour les infections causées par le papillomavirus, le traitement dépendra de la gravité et du type de lésion. Dans certains cas, une surveillance régulière sera nécessaire pour prévenir le cancer du col de l’utérus.

Suivre le traitement

Le traitement prescrit doit être suivi à la lettre et bien effectué. Le suivi du traitement ne doit pas être pris à la légère, car les complications engendrées par les IST sont grave : infertilité, douleur, altération de l’état général, lésions dermatologiques, douleur articulaire, cirrhose, cancer du foie et même mort dans les cas extrêmes)

Informer son ou ses partenaires sexuels

Si vous avez été diagnostiqué d’une IST, il serait juste d’informer votre partenaire sexuel pour qu’il fasse également un dépistage. Il est conseillé d’entrer en période d’abstinence à partir de la confirmation diagnostique jusqu’à la fin  du traitement.

Se protéger et adopter les mesures préventives

Pour éviter tout risque de réinfection, l’adoption de mesures préventives est essentielle. Tels que :

  • L’utilisation de préservatifs lors du rapport sexuel, qu’il soit anal, buccale ou vaginale.
  • Parler ouvertement avec les partenaires sexuels des antécédents médicaux et du statut IST.
  • Consulter un professionnel de la santé pour des examens et des tests de dépistage, en particulier en cas de relations sexuelles avec de nouveaux partenaires ou sans protection.
  • Éviter de se partager les aiguilles d’injection

Ressources complémentaires (en France)

Centres Gratuits d’Information de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) : Ils offrent des dépistages anonymes et gratuits des IST. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de dépistage pour un dépistage précoce et un suivi médical adapté.

Sida Info Service : Il s’agit d’un service d’information, de soutien et d’orientation, y compris pour les questions liées aux IST. Vous pouvez contacter le contre pour obtenir des informations approfondies sur les modes de transmission, la prise en charge médicale,etc.

Centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) : Ces centres sont également impliqués dans la prévention et le dépistage des IST. Ils proposent notamment des conseils pour l’utilisation du préservatif et la prévention de la contamination.

Parcours d’Accès aux Soins spécialisés (PASS) : Il est destiné aux personnes sans couverture médicale. Il permet l’accès aux dépistages des IST, ainsi qu’à la prise en charge médicale et au suivi en cas de besoin.

Enfin, notez que le coût du dépistage est pris en charge par la Sécurité sociale et éventuellement votre mutuelle, en fonction de votre contrat.

Les CeGIDD et PASS proposent des dépistages gratuits pour ceux qui en ont besoin.

Conclusion

Le dépistage des IST est essentiel pour prévenir leur propagation, protéger votre santé et celui de vos partenaires sexuels. Les tests de dépistage sont généralement réalisés dans un laboratoire d’analyses médicales, en utilisant des prélèvements de sang, d’urine, ou de sécrétions génitales.

En vous faisant dépister, vous pouvez identifier une éventuelle infection et la traiter à temps pour prévenir les complications et éviter de transmettre l’infection à d’autres personnes.

Il est important de consulter un médecin dès que vous présentez des symptômes ou des signes d’infection, ou si vous pensez avoir été exposé(e) à une IST. Les traitements adaptés varieront en fonction de l’IST diagnostiquée, et il est crucial de les suivre rigoureusement pour éviter des complications

Références

Dépistage de la Chlamydia : L’importance des tests réguliers
Dépistage de la gonorrhée : Guide pour prévenir et traiter
Dépistage du VIH/SIDA : Le pouvoir de la prévention

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/mst-ist/maladies-infections-sexuellement-transmissibles

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Auteur / autrice

  • Joanna R

    Passionnée par la médecine et l'écriture, je trouve l'équilibre en tant que rédactrice Web santé depuis plus d'une année maintenant. Rédiger des articles sur le thème de la santé me permet d'approfondir mes connaissances mais aussi de les partager. J'ai effectué des stages en neurologie et réanimation chirurgicale à l'hôpital universitaire d'Antananarivo, ainsi que des bénévolats en centres de santé de base. Mes expériences incluent également des stages pratiques en biologie, hématologie, biochimie, parasitologie et anatomie pathologique, en parallèle de mes cours à la faculté de médecine d'Antananarivo. Je suis Joanna Ray RAMAMONJIARISELINA et je prends fierté dans mon rôle de rédactrice santé.

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