Une douleur à l’épaule peut-elle provenir d’un cancer ? (étude révélatrice !)

Article rédigé par le 29 janvier 2024

L’épaule représente environ 15 % des sarcomes primaires, un type de tumeur maligne. Le problème, c’est qu’il existe un délai pouvant aller jusqu’à six mois avant qu’un diagnostic précis ne soit posé.

Évidemment, un retard ou mauvais diagnostic peut avoir des conséquences catastrophiques pour les patients. C’est pourquoi une évaluation initiale appropriée est cruciale pour assurer le meilleur pronostic possible.

L’article suivant est basé sur l’étude du médecin Donald Lee et collaborateurs, et vise à mettre de l’avant les éléments diagnostics, cliniques et radiographies permettant d’identifier une tumeur à l’épaule.

L’étude en question

L’étude est intitulée « Common Tumors and Tumor-like Lesions of the Shoulder« . Réalisée par une équipe d’experts composée de Donald H. Lee, MD, Jeffrey M. Hills, MD, Martin I. Jordanov, MD, et Kenneth A. Jaffe, MD, MBA, cette recherche approfondit les différentes pathologies tumorales de l’épaule, qu’elles soient malignes ou bénignes.

Cette étude scientifique, publiée dans le « Journal of the American Academy of Orthopaedic Surgeons » en 2018, offre un éclairage précis sur la présentation clinique et les modalités d’imagerie des tumeurs de l’épaule, enrichissant ainsi la littérature médicale et orientant le diagnostic et le traitement des patients affectés par ces affections.

Reconnaître les douleurs à l’épaule d’origine tumorale

Lorsqu’une personne présente une lésion non identifiée à l’épaule, elle consulte généralement pour l’une des quatre raisons suivantes :

  1. Elle ressent de la douleur, une raideur ou des troubles fonctionnels
  2. Elle a remarqué une masse ou un changement de coloration
  3. On a découvert une lésion lors d’une imagerie de routine
  4. Elle a subi un traumatisme (comme une fracture)

Si la douleur est légère, qu’elle diminue au repos, et peut être contrôlée avec des médicaments sans ordonnance, on estime généralement que la condition est « bénigne ».

Parmi les atteintes de l’épaule, on pense notamment aux diagnostics suivants :

Par contre, certains signes présupposent une lésion plus grave, et nécessitent une investigation plus poussée.

Les signes cliniques d’une atteinte sérieuse (comme un cancer)

Bien que l’absence de douleur ne permette pas d’exclure une tumeur maligne, il est plus fréquent que ces tumeurs se manifestent avec des douleurs intenses et des signes ainsi que des symptômes systémiques.

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Des exemples de symptômes systémiques sont :

  1. Fatigue extrême.
  2. Perte de poids inexpliquée.
  3. Fièvre.
  4. Douleurs persistantes, notamment dans la région de l’épaule.
  5. Changements de la peau.
  6. Problèmes gastro-intestinaux.
  7. Modifications des habitudes intestinales ou urinaires.
  8. Gonflements, particulièrement autour de l’épaule.
  9. Saignements ou ecchymoses anormaux.
  10. Symptômes neurologiques, en relation avec la compression nerveuse dans la région de l’épaule.
  11. Symptômes respiratoires, si la tumeur affecte les structures thoraciques voisines.
  12. Changements dans l’appétit.

Par ailleurs, une fracture qui survient dans un contexte de douleur croissante doit alerter sur la possibilité d’un processus pathologique.

En ce qui concerne les masses des tissus mous, certains caractéristiques suggèrent davantage un sarcome des tissus mous qu’un processus bénin.

En effet, une masse non douloureuse au toucher, de consistance ferme, située en profondeur, et de taille supérieure à 5 cm, doit être investiguée sans tarder.

En revanche, une masse superficielle qui se déplace facilement sous la peau et qui ne semble pas avoir envahi les tissus profonds a de fortes chances d’être bénigne.

Les signes radiologiques (et autres examens à prescrire)

La radiographie constitue l’imagerie de base pour identifier une anormalité au niveau de l’épaule.

Lorsqu’ils sont correctement analysés, la plupart des tumeurs osseuses primaires peuvent être diagnostiquées avec précision en se basant sur l’âge, les antécédents et les radiographies simples.

Certaines caractéristiques radiographiques clés des lésions osseuses peuvent aider à distinguer entre une lésion bénigne et maligne. Le radiologue est parfaitement outillé pour faire ces distinctions.

Si les lésions osseuses ou des tissus mous présentent des caractéristiques préoccupantes, le médecin pourra alors prescrire d’autres types d’examens :

  • IRM
  • Biopsie
  • Tomodensitométrie (TDM) ou CT-Scan
  • Tomographie par émission de positrons (PET)
  • Échographie
  • Tests de laboratoire

Les tumeurs possibles à l’épaule

En fonction des signes et symptômes présents, le médecin sera alors capable d’émettre un diagnostic et orienter la prise en charge.

Les tumeurs possibles dans la région de l’épaule sont :

Atteintes osseuses

Parmi les tumeurs bénignes associées à des atteintes osseuses, on compte :

  • Ostéochondromes (plus fréquentes)
  • Chondromes
  • Tumeurs à cellules géantes
  • Chondroblastomes
  • Ostéomes ostéoïdes

Les tumeurs malignes, quant à elles, comprennent :

  • Carcinomes métastatiques
  • Myélomes multiples
  • Ostéosarcomes
  • Chondrosarcomes
  • Sarcomes d’Ewing
  • Lymphomes

Atteintes des tissus mous

Parmi les tumeurs bénignes associées à des atteintes de tissus mous, on compte :

  • Lipomes
  • Fibromastoses

Pour les tumeurs malignes (sarcomes) reliées à l’épaule, les types identifiés étaient les Dermatofibrosarcome protuberans (DFSP), les histiocytomes fibreux malins, et les liposarcomes.

Implications cliniques et conclusion

Le diagnostic et la prise en charge des tumeurs et des lésions similaires aux tumeurs de l’épaule représentent un défi clinique notable. Les tumeurs bénignes, si correctement identifiées à l’aide de radiographies simples, peuvent souvent éviter aux patients des examens coûteux et des procédures invasives inutiles.

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Lorsque des caractéristiques préoccupantes sont observées lors de l’examen physique et radiographique, il est impératif d’obtenir des imageries avancées (telles que l’IRM) pour une évaluation plus détaillée.

Il est primordial, dans la mesure du possible, que les patients chez qui l’on suspecte des tumeurs malines soient orientés vers un centre spécialisé pour une biopsie et une prise en charge adaptée.

Cela garantit non seulement un diagnostic précis, mais aussi que les étapes suivantes de la gestion médicale ou chirurgicale sont fondées sur une compréhension approfondie de la pathologie en question.

Ressources

Article sur le liens entre les calcifications de l’épaule et le cancer

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Références

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30320728/

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