Entorse du coude : Définition et prise en charge (tout savoir)

Article rédigé par le 28 janvier 2023

L’entorse du coude est une blessure fréquente, surtout chez les athlètes et les personnes qui pratiquent des activités physiques.

Elle se produit lorsque les ligaments qui soutiennent l’articulation du coude sont étirés ou déchirés en raison d’une sollicitation excessive de l’articulation.

La gravité d’une entorse du coude peut aller de légère à grave, en fonction de l’importance des dommages subis par les ligaments.

Dans cet article, nous aborderons les causes des entorses du coude, leurs symptômes et leur diagnostic, ainsi que les options thérapeutiques disponibles pour les gérer.

Anatomie du coude

Le coude est une articulation complexe composée de trois os :

  • L’humérus ;
  • Le radius ;
  • Et le cubitus.

La zone où ces deux os se rencontrent s’appelle l’articulation radio-ulnaire. Cette articulation permet :

  • La rotation de l’avant-bras ;
  • Le mouvement de charnière au niveau du coude ;
  • Et le redressement ou la flexion du bras.

Les tendons, les ligaments, les muscles et les nerfs jouent tous un rôle essentiel dans la mobilité et la stabilité du coude.

Les ligaments autour du coude qui peuvent être sujets à une entorse du coude sont les suivants :

  1. Ligament collatéral ulnaire (LCU) : Ce ligament est situé du côté médial (intérieur) de l’articulation du coude et relie l’humérus à l’ulna (os de l’avant-bras).
  2. Ligament collatéral radial (LCR) : Ce ligament se trouve du côté latéral (extérieur) de l’articulation du coude et relie l’humérus au radius (os de l’avant-bras).
  3. Ligament annulaire : Ce ligament entoure la tête du radius et permet sa stabilité lors de la rotation du coude.

Ces ligaments jouent un rôle essentiel dans la stabilité de l’articulation du coude en limitant les mouvements excessifs et en maintenant les os de l’avant-bras et de l’humérus en place.

Entorse du coude : Définition

Une entorse du coude se produit lorsqu’un des ligaments qui relient les os de l’articulation du coude (tel que mentionné ci-dessus) est endommagé, étiré, déchiré ou blessé.

Ces entorses peuvent se produire simplement en pliant ou en tordant l’articulation au-delà de son amplitude de mouvement, et peuvent souvent résulter d’impacts directs, comme une chute et un atterrissage sur un bras tendu, ou de forces indirectes, comme une traction sur les muscles entourant l’articulation.

Les personnes souffrant d’une entorse du coude ressentent généralement une douleur plus ou moins forte, allant de légère à modérée, en fonction de la gravité de leur blessure (et de leur seuil de tolérance à la douleur).

Les entorses du coude peuvent être classées en trois catégories en fonction de leur gravité : grade 1 ou 2 et grade 3.

  1. Grade 1 : Une entorse de grade 1 est considérée comme légère. Dans ce cas, les ligaments autour du coude sont légèrement étirés, mais il n’y a pas de déchirure. Habituellement, la fonction du coude n’est pas significativement altérée.
  2. Grade 2 : Une entorse de grade 2 est de gravité modérée. Dans ce cas, il y a une déchirure partielle des ligaments du coude, entraînant un étirement plus important.
  3. Grade 3 : Une entorse de grade 3 est considérée comme grave. Dans ce cas, les ligaments du coude sont complètement déchirés, entraînant une instabilité significative de l’articulation, et une déformation dans certains cas.

En somme, les grades 1 ou 2 indiquent des dommages peu ou pas sévères, tandis que l’entorse de grade 3 est plus grave et implique généralement une rupture complète du ou des ligament(s) concerné(s).

Afin d’éviter tout dommage supplémentaire et minimiser la durée de guérison, un traitement approprié est nécessaire pour assurer une bonne guérison et restaurer la mobilité de la zone touchée.

Symptômes d’une entorse du coude

Bien que ses effets puissent varier considérablement (en fonction des grades), l’entorse du coude s’accompagne de symptômes communs. Il s’agit notamment de :

  • Gonflement et une sensibilité autour de l’articulation (bien qu’une entorse sans gonflement est fréquemment observée, surtout dans les grades 1) ;
  • Douleur aiguë lors de la flexion ou de l’extension du coude ;
  • Une raideur du coude (tous les grades) ;
  • Une amplitude de mouvement limitée dans la zone touchée ;
  • Et d’une difficulté à tenir ou à soulever des objets avec le bras blessé.

En outre, certaines personnes peuvent présenter :

  • Des ecchymoses ou une décoloration de la peau autour du site de la blessure (grade 2 et 3) ;
  • Un engourdissement des doigts ou du poignet (en présence d’irritation nerveuse ou de troubles circulatoires) ;
  • Démangeaisons ou picotements autour du site de la blessure ;
  • Une déformation visible si l’entorse est plus grave (grade 3).
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Parmi les autres signes, citons la sensation d’instabilité dans la zone lors de l’exécution de certaines tâches, comme les activités sportives.

Si vous pensez avoir une entorse du coude, il est important de consulter immédiatement un médecin pour déterminer les options de traitement et réduire les complications possibles.

Causes d’une entorse du coude

Les causes les plus fréquentes des entorses du coude sont reliées à une chute sur le bras tendu ou un événement accidentel. Par exemple, il peut s’agir d’un traumatisme direct mettant en tension excessive les ligaments de l’articulation du coude.

Par ailleurs, une compétence ou une action mal exécutée, comme frapper, lancer, soulever des poids, peut créer des forces de frottement qui exercent une contrainte structurelle excessive sur l’articulation, entraînant une entorse.

Outre les causes traumatiques, on peut développer une entorse dû à :

  • Les activités répétitives peuvent également provoquer une entorse du coude lorsque le même mouvement est répété de façon excessive (golf, tennis, baseball, volley, etc.) ;
  • Le surmenage, qu’il résulte d’un soulèvement unique de charges lourdes ou d’une utilisation prolongée de l’articulation du coude dans le cadre d’un travail physique, peut également entraîner une entorse du coude ;

Parmi les autres facteurs qui peuvent augmenter le risque de développer une entorse du coude, citons :

  • Le mauvais conditionnement du tissu conjonctif et de la musculature au niveau de l’articulation ;
  • La dégénérescence due à l’âge et à la maladie ;
  • Les réactions allergiques graves ou les maladies inflammatoires qui affaiblissent les structures ligamentaires ;
  • Enfin, un équipement mal adapté, utilisé lors de la pratique de sports d’impact, peut augmenter le risque d’entorse du coude.

Diagnostic d’une entorse du coude

Un professionnel de santé (tel qu’un médecin, kinésithérapeute ou chirurgien) est la personne la mieux placée pour diagnostiquer la gravité d’une entorse.

Une anamnèse permettra de comprendre le contexte dans lequel l’entorse du coude est survenue. Elle est accompagnée d’un examen clinique où le médecin évaluera la mobilité articulaire du coude, la force des muscles entourant l’articulation, la sensibilité, l’intégrité des nerfs, etc.

Des tests de stabilité permettront d’évaluer l’intégrité des ligaments du coude (en particulier le ligament collatéral ulnaire et radial), par exemple en réalisant des forces en varus et valgus.

À la lumière de l’évaluation clinique, on a déjà une idée assez précise du diagnostic.

Pour les entorses de grade 1 ou 2, un diagnostic plus poussé n’est généralement pas nécessaire.

En revanche, une entorse de grade 3 implique des complications complexes telles que des déchirures ligamentaires, des luxations et des fractures qui méritent une évaluation plus approfondie.

Imagerie médicale et entorse du coude

C’est lorsque le médecin désire clarifier le diagnostic qu’il opte pour des tests complémentaires, principalement des examens d’imagerie médicale.

En effet, pour évaluer avec précision l’étendue des lésions, certains équipements peuvent être utilisés :

  • Radiographies du pli du coude et d’autres zones du bras (utiles pour exclure une fracture associée à l’entorse) ;
  • Échographie (utilisée pour évaluer les ligaments et les tendons, ainsi que pour détecter un épanchement articulaire ou une inflammation) ;
  • IRM (très utile pour évaluer l’étendue des lésions ligamentaires et détecter d’autres pathologies associées) ;
  • Arthroscanner (utilisation d’un produit de contraste pour identifier précisément les lésions ligamentaires et les déchirures du cartilage).

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Traitement de l’entorse du coude

Lorsqu’il s’agit de traiter une entorse du coude, la première étape consiste à consulter un médecin.

En fonction de la gravité de l’entorse, votre médecin peut décider de prescrire des traitements appropriés (conservateurs ou chirurgicaux).

Traitement conservateur

Les principaux objectifs du traitement conservateur sont de réduire la douleur, d’améliorer la mobilité des articulations et d’augmenter la force.

Quelle immobilisation pour une entorse du coude ?

L’immobilisation du coude suite à une entorse dépendra du stade de la blessure et de la gravité de celle-ci. Elle est souvent associée à un repos complet et un arrêt de travail (si indiqué).

Dans les cas d’entorses légères à modérées, une période d’immobilisation peut être recommandée pour permettre à l’articulation de guérir correctement.

Généralement, pour les entorses du coude, on peut envisager une immobilisation d’environ 1 à 3 semaines. Cette période peut s’allonger si on suspecte une instabilité du coude.

Pendant l’immobilisation, un dispositif tel qu’une attelle, un strapping ou une orthèse peuvent être utilisés pour restreindre les mouvements de l’articulation, maintenir le coude dans une position stable, et favoriser la guérison. Le plâtre est rarement indiqué.

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La position exacte du coude lors de l’immobilisation (en flexion) du coude dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la gravité de l’entorse et des recommandations du professionnel de santé.

Dans certains cas, l’immobilisation peut être réalisée avec le coude légèrement plié (entre 30 et 90 degrés de flexion) pour éviter les tensions excessives sur les ligaments endommagés et favoriser la guérison.

Cependant, il est important de souligner que chaque blessure est unique, et la durée précise de l’immobilisation peut varier en fonction de la nature et de la gravité de l’entorse, ainsi que des recommandations spécifiques du professionnel de la santé.

Quels traitements suite à l’immobilisation ?

Les traitements suivants peuvent vous aider suite à une entorse du coude :

  • Les AINS, comme l’ibuprofène, peuvent réduire l’inflammation ;
  • La thérapie par le froid peut aider à soulager la douleur ;
  • La kinésithérapie (physiothérapie) est l’une des interventions les plus courantes, impliquant une combinaison de modalités permettant de réduire l’inflammation et la douleur, et retrouver une fonction optimale ;
  • Dans les cas plus avancés, un spécialiste orthopédique peut administrer une injection de corticostéroïdes qui peut soulager la douleur et gérer toute limitation fonctionnelle causée par l’entorse.

Comment se déroule la rééducation ?

La rééducation suite à une entorse du coude en kinésithérapie (physiothérapie) se fait en plusieurs étapes :

  1. Évaluation initiale : Le kinésithérapeute effectue une évaluation initiale pour évaluer la gravité de l’entorse, mettre en évidence les déséquilibres articulaires et musculaires, et déterminer les limitations fonctionnelles. Il pourra alors établir un plan de traitement individualisé.
  2. Réduction de la douleur et l’inflammation : Les modalités de traitement, telles que l’utilisation de glace, d’électrothérapie ou de techniques manuelles (massage), peuvent être utilisées pour réduire l’inflammation et la douleur.
  3. Mobilité articulaire et flexibilité : Des techniques et thérapie manuelles (mobilisations) ainsi que des exercices d’étirement sont effectués pour restaurer progressivement l’amplitude de mouvement du coude, ainsi que la flexibilité des muscles entourant l’articulation.
  4. Renforcement musculaire : Des exercices de renforcement ciblant les muscles du membre supérieur sont progressivement introduits pour restaurer la force et la stabilité de l’articulation du coude. Évidemment, les exercices sont ajustés et réalisés de manière progressive.
  5. Rééducation fonctionnelle : Des activités fonctionnelles et des mouvements spécifiques liés aux besoins individuels du patient (travail, loisir, sports) sont intégrés pour favoriser la reprise des activités quotidiennes.
  6. Prévention des rechutes : Des conseils sur les modifications ergonomiques, les techniques de prévention des blessures et les exercices d’auto-rééducation sont fournis pour aider à prévenir les rechutes et favoriser une récupération à long terme.

La rééducation est une étape très importante après l’entorse du coude, notamment car elle permet de reprendre plus rapidement ses activités et prévient le risque de récidive.

Traitement chirurgical

L’intervention chirurgicale pour réparer une entorse du coude consiste à retirer tout tissu endommagé avant de rattacher les extrémités du ligament déchiré (grade 3), et de stabiliser l’articulation à l’aide d’un dispositif de fixation externe spécialisé.

En fonction de la gravité de la blessure, plusieurs types d’interventions chirurgicales peuvent être nécessaires pour garantir un résultat satisfaisant :

  • Arthroscopie – une procédure peu invasive qui utilise des outils spécialisés pour examiner et réparer les ligaments ;
  • Fixation interne par réduction ouverte – une intervention plus invasive qui consiste à pratiquer une incision afin de repositionner les os et de les fixer à l’aide de vis ;
  • Reconstruction des ligaments – une technique utilisée pour les entorses graves, qui consiste à remplacer les tissus endommagés par de nouveaux tissus provenant d’une autre partie du corps.

Des exercices de kinésithérapie (physiothérapie) post-chirurgicaux peuvent également être prescrits par votre médecin afin d’augmenter l’amplitude de mouvement et la souplesse des articulations.

Comme pour toute intervention chirurgicale, il est sage de parler avec votre médecin des risques potentiels associés à la procédure avant de subir un traitement chirurgical pour une entorse du coude.

Bien que rares, les risques et complications incluent :

  • Complications liées à l’anesthésie
  • Infections postopératoires
  • Troubles cardiovasculaires (hématome, thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire)
  • Douleur chronique et raideur
  • Perte de mobilité articulaire
  • Récidive de l’instabilité
  • Lésion nerveuse ou vasculaire durant l’opération
  • Formation de cicatrices adhérentes

Références

https://www.sfmu.org/upload/70_formation/02_eformation/02_congres/Urgences/urgences2007/donnees/pdf/91_attard.pdf

https://oer.uclouvain.be/jspui/bitstream/20.500.12279/155/1/Olivier%20Barbier_Entorses%20et%20luxations%20du%20coude.pdf

https://groupesantepourtous.com/combien-arret-de-travail-epicondylite-du-coude/

https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/entorse.html

https://www.hug.ch/sites/hde/files/structures/pluriprofessionnels_de_sante/procedurefractcoude091127.pdf

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