Épididymite : guide complet

Article rédigé par le 1 juin 2024

L’épididymite est une inflammation de l’épididyme, un conduit enroulé derrière chaque testicule qui est crucial dans le système reproducteur masculin

Cette affection peut être une condition douloureuse et gênante, mais elle est généralement traitable avec des soins médicaux appropriés. En revanche, si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner des complications graves, telles que des abcès du scrotum ou une infertilité. 

Dans cet article, rédigé par un médecin, explorons ensemble la définition, les causes et les facteurs de risques, les symptômes, le diagnostic et les traitements et préventions de l’épididymite.

Les 5 points importants à retenir 

  1. L’épididymite est une inflammation de l’épididyme souvent due à une infection touchant principalement les adultes entre 19 à 35 ans.
  2. Les causes sont principalement des infections bactériennes, y compris les IST comme la chlamydia et la gonorrhée, ainsi que des infections des voies urinaires et des problèmes anatomiques ou traumatismes.
  3. Les symptômes de l’épididymite comprennent des douleurs scrotales, rougeur, enflure, fièvre, troubles urinaires et écoulements anormaux.
  4. Le traitement de l’épididymite consiste généralement en des antibiotiques pendant 1 à 2 semaines et des analgésiques.
  5. La prévention implique des mesures telles que des rapports sexuels protégés, une bonne hygiène génitale, la vidange régulière de la vessie, le port de sous-vêtements confortables et la prévention des traumatismes.

Anatomie de l’appareil génital masculin

L’appareil génital masculin est un système complexe d’organes responsables de la production et de la libération des spermatozoïdes, ainsi que de l’élimination de l’urine. Les principaux organes de l’appareil génital masculin comprennent :

  • Testicules : Deux glandes ovoïdes dans le scrotum, responsables de la production de spermatozoïdes et de testostérone.
  • Épididyme : Un conduit enroulé derrière chaque testicule, stockant et transportant les spermatozoïdes vers les canaux déférents.
  • Canaux déférents : Tubes transportant les spermatozoïdes des épididymes aux vésicules séminales.
  • Vésicules séminales : Glandes produisant un liquide nourrissant et protégeant les spermatozoïdes.
  • Prostate : Glande sous la vessie, produisant un liquide facilitant le transport des spermatozoïdes.
  • Urètre : Tube transportant l’urine et le sperme hors du corps.
  • Pénis : Organe génital externe utilisé pour les rapports sexuels et la miction.

L’épididyme joue un rôle crucial dans le système reproducteur masculin en stockant, maturant et transportant les spermatozoïdes. Sans lui, un homme serait stérile. En effet, c’est au cours de ce passage que les spermatozoïdes acquièrent la capacité de se déplacer et de féconder un ovule. Cependant, il peut parfois s’enflammer, une condition connue sous le nom d’épididymite.

Qu’est-ce qu’une épididymite ?

L’épididymite est une inflammation de l’épididyme souvent causée par une infection bactérienne. Elle est parfois accompagnée d’une orchite (inflammation du testicule) formant ainsi ce que l’on appelle une orchi-épididymite (inflammations simultanées de l’épididyme et du testicule). 

Ces inflammations touchent principalement les adultes. Toutefois, elles peuvent aussi affecter les sujets jeunes en cas de problèmes anatomiques ou fonctionnels du système urinaire, ou à la suite d’une infection sexuellement transmissible (IST).

Dans la majorité des cas, l’épididymite est unilatérale (ne touche qu’un seul épididyme gauche ou droit).

Bon à savoir : les formes bilatérales (gauche et droite) ne représentent qu’environ 10 % des cas. 

Quelles sont les causes d’une épididymite ?

L’épididymite est le plus souvent causée par une infection bactérienne. Les bactéries peuvent pénétrer dans l’épididyme par les voies urinaires ou par le sang.

L’épididymite peut être causée par plusieurs facteurs :

  • Infections sexuellement transmissibles (IST) : Les infections comme la chlamydia et la gonorrhée sont des causes fréquentes chez les hommes sexuellement actifs.
  • Infections des voies urinaires : Les bactéries peuvent se propager de l’urètre (canal de sortie de la vessie) ou de la vessie vers l’épididyme.
  • Problèmes urinaires : Les anomalies structurelles comme une sténose de l’urètre ou une hypertrophie de la prostate, ou les interventions chirurgicales peuvent parfois entraîner une épididymite.
  • Traumatismes : Un coup ou une blessure au scrotum peut aussi provoquer une épididymite.

Point à souligner : même si les bactéries sont responsables de la majorité des cas d’épididymite, d’autres agents pathogènes peuvent également être en cause, notamment : des virus (cytomégalovirus, virus des oreillons) et plus rarement des parasites.

Existe-t-il des facteurs favorisant cette inflammation de l’épididyme ?

Certains facteurs augmentent le risque d’épididymite, notamment :

  • Âge : L’épididymite est plus fréquente chez les hommes âgés de 19 à 35 ans ;
  • Activité sexuelle : Vous êtes plus à risque de contracter d’IST, et donc de développer une épididymite, si vous avez des relations sexuelles non protégées ou plusieurs partenaires sexuels ;
  • Antécédents d’IST : Si vous avez déjà eu une IST, vous êtes plus à risque de développer une épididymite ;
  • Antécédents d’épididymite : Si vous avez déjà eu un épisode d’épididymite, vous êtes plus à risque de récidive ;
  • Affections sous-jacentes : Si vous êtes atteint de certaines affections sous-jacentes, telles que le diabète ou la mucoviscidose (une maladie génétique qui rend les fluides plus épais et plus collants), vous êtes plus à risque d’infections bactériennes.
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Quels sont les symptômes d’une épididymite ?

Les symptômes d’une épididymite peuvent apparaître soudainement ou se développer progressivement sur plusieurs jours. 

L’épididymite se manifeste principalement par des douleurs au niveau du scrotum, quelle que soit la cause de l’inflammation. Initialement localisée, la douleur peut s’étendre à l’aine, au bas de l’abdomen, et même à la région lombaire. Cette douleur peut être très intense, mais elle est généralement soulagée par le soulèvement du testicule

En fonction de la cause de l’inflammation, d’autres symptômes peuvent également apparaître :

  • Une fièvre élevée (au-delà de 38.5 °C) ou des frissons ;
  • Des nausées, un malaise ou une sensation de fatigue ;
  • Des signes d’inflammation locale (peau du scrotum luisante, gonflée, rouge et sensible) ;
  • Une augmentation du volume de l’épididyme ;
  • Des troubles urinaires : brûlures et/ou douleurs à la miction, envie fréquente d’uriner ;
  • Parfois, un écoulement au niveau de l’urètre.

Bon à savoir : une accumulation de liquide autour du testicule peut se produire secondairement à l’inflammation, entraînant un gonflement supplémentaire.

Quelles peuvent être les autres causes de douleurs scrotales ? (6 causes)

Le plus souvent, l’examen clinique permet d’éliminer les principaux diagnostics différentiels devant une « grosse bourse aiguë douloureuse » :

  • une torsion du cordon spermatique (structure cylindrique qui relie le canal inguinal de l’abdomen au testicule) : C’est une urgence chirurgicale ;
  • une orchite ou une inflammation isolée du testicule ;
  • un cancer du testicule se présentant sous une forme aiguë ;
  • un traumatisme scrotal ;
  • Une gangrène de Fournier : Une infection nécrosante du périnée qui peut s’étendre au scrotum, causant une douleur sévère ;
  • Une douleur testiculaire idiopathique : Douleur scrotale sans cause apparente.

Bon à savoir : le soulagement ou la persistance de la douleur lors du soulèvement du testicule permet de faire la distinction entre une épididymite et une torsion du cordon spermatique.

Quand et qui consulter ? 

Il est recommandé de consulter un médecin dès l’apparition des symptômes suivants :

  • Douleur et enflure scrotale ou testiculaire, unilatérale ou bilatérale ;
  • Rougeur et chaleur : La peau du scrotum peut devenir rouge et chaude ;
  • Fièvre (température ≥ 38.5 °C) : Une température élevée peut indiquer une infection plus grave ;
  • Sécrétions urétrales : Écoulement anormal du pénis ;
  • Douleur en urinant : Sensation de brûlure ou douleur lors de la miction.
  • Sang dans le sperme : La présence de sang dans le sperme est un signe alarmant.

Vous pouvez consulter un médecin généraliste pour une évaluation initiale et des tests de base. Il pourra ensuite vous orienter vers un urologue (spécialiste des affections urinaires et génitales masculines) si nécessaire, surtout si l’épididymite est récurrente, sévère ou si le traitement initial n’est pas efficace. 

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Très important : en cas de douleur intense, de fortes fièvres ou de symptômes soudains et sévères, rendez-vous aux urgences immédiatement.

Comment poser le diagnostic d’une épididymite ?

Le diagnostic de l’épididymite repose généralement sur les symptômes et un examen physique. Le médecin peut parfois demander des examens complémentaires, tels que :

  • Analyse d’urine : pour rechercher des signes d’infection urinaire et rechercher le germe en cause en cas de positivité ;
  • Écouvillonnage urétral : pour rechercher des infections sexuellement transmissibles (IST) ;
  • Test sanguin : pour rechercher des signes d’inflammation en faveur d’une infection ;
  • Échographie scrotale : pour visualiser l’épididyme et les testicules à la recherche d’anomalies.

Quels sont les traitements en cas d’épididymite ?

Habituellement, l’épididymite est traitée avec des antibiotiques pour éliminer l’infection. Le choix de l’antibiotique dépend de la cause présumée de l’infection. La plupart des cas d’épididymite s’améliorent avec un traitement antibiotique dans les 1 à 2 semaines.

D’autres traitements peuvent inclure :

  • Prise d’analgésiques en vente libre, tels que le paracétamol ou l’ibuprofène ;
  • Élévation du scrotum : suspensoir ou slip serré pour un effet antalgique rapide ;
  • Repos au lit : les premiers jours ;
  • Application de glace sur le scrotum pour réduire l’enflure.

Point important : abstinence sexuelle ou utilisation de préservatifs jusqu’à la fin du traitement.

Le recours à la chirurgie est rare, mais peut se voir en cas de nécessité de drainage d’un abcès ou d’exérèse d’une zone de nécrose (mort tissulaire). 

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Plus rarement, on réalise une épididymectomie (ablation de tout ou partie de l’épididyme), voire une orchi-épididymectomie (excision du testicule et de l’épididyme) en cas de lésions chroniques mal contrôlées par le traitement médical.

Quelle est l’évolution d’une épididymite et quelles sont les complications possibles ?

En règle générale, une épididymite correctement traitée évolue favorablement, bien que parfois un petit nodule séquellaire persiste. Selon une étude menée par Kbirou A. et ses collaborateurs, en 2022, l’évolution est favorable dans près de 84,5 % des cas.

Normalement, les symptômes s’améliorent rapidement dans les 48 heures avec un traitement antibiotique approprié. Toutefois, si elle n’est pas traitée ou si le diagnostic est tardif, l’épididymite peut entraîner des complications graves.

Complications locales

Les complications d’une épididymite peuvent être sérieuses et nécessitent une attention particulière. Si l’infection n’est pas correctement traitée, plusieurs complications locales peuvent survenir : 

  • Orchite : une inflammation du testicule pouvant entraîner une douleur intense et un risque d’infertilité.
  • Abcès épididymaire : une accumulation de pus dans l’épididyme, parfois nécessitant une intervention chirurgicale pour être drainé.
  • Ischémie du testicule : pouvant évoluer vers des complications graves telles que l’infarctus, la nécrose ou l’atrophie testiculaire.

Complications chroniques

Même après que l’épisode aigu a été résolu, des complications chroniques peuvent persister :

  • Épididymite chronique : une inflammation persistante de l’épididyme qui dure plus de six semaines ;
  • Infertilité : une inflammation prolongée ou répétée peut endommager les structures responsables du transport des spermatozoïdes, pouvant affecter la fertilité ;
  • Atrophie du testicule : une diminution de la taille et de la fonction du testicule ce qui peut compromettre la production de spermatozoïdes et la fonction reproductive ;
  • Douleur chronique : la douleur scrotale peut persister même après le traitement de l’infection, affectant considérablement la qualité de vie

Comment prévenir cette affection ? Avis du médecin

La prévention de l’épididymite implique généralement des mesures visant à réduire le risque d’infections génitales et urinaires, qui sont souvent à l’origine de cette condition. Voici quelques conseils pour aider à prévenir l’épididymite :

  • Pratiquer des rapports sexuels protégés : Utilisez des préservatifs lors des rapports sexuels pour réduire le risque d’IST ;
  • Éviter les comportements à risque : Limitez le nombre de partenaires sexuels ;
  • Hygiène génitale appropriée : Maintenez une bonne hygiène génitale en vous lavant régulièrement avec de l’eau tiède et un savon doux. Cependant, évitez les nettoyants agressifs qui pourraient irriter la peau délicate du scrotum ;
  • Vider la vessie régulièrement : Urinez régulièrement et complètement pour éviter la stagnation de l’urine dans l’urètre, ce qui pourrait favoriser la croissance bactérienne ;
  • Porter des sous-vêtements confortables et respirants : Choisissez des sous-vêtements en coton qui permettent à la peau de respirer et réduisent l’accumulation de chaleur et d’humidité ;
  • Éviter les blessures et les traumatismes : Protégez vos organes génitaux contre les blessures en portant un équipement de protection approprié pendant les activités sportives ou les travaux potentiellement dangereux.

En suivant ces conseils et en adoptant des comportements sains, vous pouvez réduire votre risque de développer une épididymite et d’autres infections génitales et urinaires.

Témoignages

Bonjour. J’ai souffert d’une épididymite il y a environ deux ans, suivie d’une infection urinaire. J’avais très mal au testicule, mais cela a été soigné. Cependant, depuis quelques jours, je ressens de nouveau des douleurs testiculaires, parfois aux deux testicules, parfois à un seul, puis à l’autre. J’ai surtout peur de refaire une épididymite car j’ai lu que cela pouvait entraîner la stérilité. J’ai rendez-vous chez un médecin vendredi, mais j’ai peur d’attendre trop longtemps avant de me soigner et que cela ait un risque sur ma stérilité. Pensez-vous qu’attendre une semaine peut être grave ? Et au bout de combien de temps risque-t-on de devenir stérile ?

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Références

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