Éternuement inversé (reverse sneezing) chez le chien : causes, traitements et conseils vétérinaires

Si vous êtes témoin de reniflements bruyants, saccadés et forcés chez votre chien, il est fort probable que vous ayez affaire à l’éternuement inversé (Reverse Sneezing). Ce phénomène, souvent spectaculaire et angoissant pour les propriétaires (il donne l’impression que l’animal s’étouffe), est en réalité un réflexe respiratoire bénin très courant chez les petites races et les brachycéphales. Contrairement à l’éternuement classique qui expulse l’air, l’éternuement inversé est un spasme qui aspire brusquement l’air suite à une irritation du pharynx.

Rédigé par une vétérinaire, cet article est votre guide complet pour comprendre et gérer cette situation. Nous allons démystifier les causes exactes du reverse sneezing, vous expliquer quand il faut s’inquiéter, et vous fournir les gestes simples et immédiats pour soulager votre compagnon durant une crise.

05 Points clés de cet article

  1. L’éternuement inversé est une réaction réflexe où le chien inhale brusquement de l’air par le nez.
  2. Certaines races de chiens, comme les brachycéphales, sont plus prédisposées à ce phénomène.
  3. Les éternuements inversés peuvent être déclenchés par des irritants environnementaux tels que le pollen, la poussière et les acariens.
  4. Les allergies, les corps étrangers dans les voies nasales et les infections peuvent également provoquer des éternuements inversés.
  5. Les éternuements inversés ne sont pas graves, mais si les crises sont fréquentes ou accompagnées d’autres symptômes, une consultation vétérinaire est recommandée.

Qu’est ce que le reverse sneezing ou l’éternuement inversé ?

Pour comprendre le reverse sneezing, il faut d’abord le différencier de l’éternuement classique. Lors d’un éternuement normal, le chien expulse rapidement l’air par le nez pour chasser un irritant, comme de la poussière ou du pollen. En revanche, l’éternuement inversé consiste en une inspiration répétée et forcée d’air, comme si le chien « aspirait » au lieu de souffler.

Ce phénomène est causé par une irritation d’une zone très sensible située juste derrière le voile du palais, dans la partie haute de la gorge appelée nasopharynx. Cette irritation provoque un spasme involontaire des muscles autour du pharynx et du larynx, rétrécissant temporairement l’entrée de la trachée, ce qui gêne la respiration normale.

Pour tenter de débloquer cette obstruction passagère, le chien effectue alors des inspirations bruyantes, rapides et saccadées, qui peuvent paraître impressionnantes, voire inquiétantes. C’est un peu comme lorsqu’un humain essaie de dégager une sensation désagréable ou un chatouillement au fond de la gorge.

Une crise d’éternuement inversé dure généralement entre quelques secondes et une trentaine de secondes. Elle s’arrête brutalement lorsque le chien parvient à déglutir ou à éliminer l’irritant, reprenant alors une respiration calme et normale.

Le point important à retenir est que, même si le chien semble avoir du mal à respirer durant ces épisodes, il ne perd pas connaissance et ne présente pas de signe de manque d’oxygène (comme une décoloration bleutée des muqueuses). Ce sont des indices rassurants qui confirment que l’éternuement inversé est un phénomène bénin et temporaire.

Quelles sont les principales causes d’irritation à l’origine de l’éternuement inversé ?

L’éternuement inversé apparaît le plus souvent lorsque quelque chose irrite le nez, les sinus ou l’arrière-gorge du chien. Plusieurs facteurs peuvent déclencher ce réflexe :

  • Irritants internes : acariens nasaux, sécrétions accumulées, mucus épais ou petits corps étrangers (comme des graines, poussières ou herbes fines) peuvent provoquer une stimulation du pharynx et déclencher le spasme.
  • Allergènes environnementaux : pollen, poussière de maison, herbes sèches, spores ou même certains produits ménagers peuvent augmenter la sensibilité des voies respiratoires.
  • Irritants chimiques ou atmosphériques : fumée de cigarette, parfums, encens, désodorisants, aérosols, solvants ou odeurs très fortes peuvent agresser les muqueuses et provoquer une crise.
  • Anomalies anatomiques : la présence de petites masses dans le nez ou la gorge, ou un palais mou trop long, particulièrement fréquent chez les races brachycéphales, peut favoriser le déclenchement d’éternuements inversés répétitifs.
  • Pression sur le cou : un collier trop serré ou des tractions répétées sur la laisse peuvent irriter la trachée et rendre les crises plus fréquentes.
  • Émotions ou comportements : une forte excitation, le jeu intense, mais aussi le fait de manger ou boire trop rapidement peuvent activer ce réflexe.

Ces causes sont souvent bénignes, mais lorsqu’un chien présente des épisodes fréquents ou inhabituels, il est important d’en rechercher l’origine pour éviter une irritation chronique.

  • Il est également possible que cela soit dû à une maladie plus grave, comme une parasitose (causée par Pneumonyssoides caninum).

Prédisposition raciale à l’éternuement inversé chez le chien

Si l’éternuement inversé peut toucher n’importe quel chien, certaines races et profils sont structurellement plus à risque. Identifier ces facteurs est essentiel pour mieux prévenir ce phénomène.

4.1. Les races prédisposées : focus sur l’anatomie

La principale cause de prédisposition est liée à l’anatomie des voies respiratoires supérieures.

Les brachycéphales (races à face plate)
Exemples : Carlins, Bouledogues français et anglais, Boxers, Shih Tzus, Pékinois, Cavalier King Charles.

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Mécanisme : Ces chiens souffrent souvent du Syndrome Obstructif des Voies Respiratoires Supérieures (BOAS). Leur caractéristique principale est un palais mou allongé (ou voile du palais trop long). Lors d’une inhalation vigoureuse ou d’une irritation, ce palais peut être temporairement aspiré dans la gorge, provoquant le spasme typique du reverse sneezing.

Les petites races : Exemples : Yorkshire Terriers, Chihuahuas, Beagles, Caniches nains, Bichons.

Mécanisme : Les chiens de petite taille sont plus sujets à ce réflexe, probablement à cause d’une gorge plus étroite et d’une conformation délicate du larynx et de la trachée.

2. Données scientifiques et profils à risque (étude Talavera, 2013)

Une étude importante a permis d’établir un profil précis des chiens les plus susceptibles de présenter un éternuement inversé.

Résultats clés :

  • Sur 779 chiens examinés, plus de la moitié (52,9 %) souffraient d’éternuement inversé.
  • Les chiens âgés de plus de 10 ans et les femelles castrées étaient particulièrement touchés.
  • Les petits chiens pesant moins de 5 kg présentaient une incidence plus élevée.
  • Outre les brachycéphales, le Yorkshire, le Chihuahua et le Bichon figuraient parmi les races à risque accru.
  • L’étude a aussi noté une corrélation chez les chiens vivant en zone urbaine et ceux sans autres animaux de compagnie dans la maison.

Ces données montrent que l’âge et la petite taille sont des facteurs aussi importants que la structure crânienne pour évaluer la prédisposition à l’éternuement inversé.

Comment reconnaître à coup sûr une crise de Reverse Sneezing ?

L’éternuement inversé est souvent spectaculaire, mais ses manifestations sont très caractéristiques. Si votre chien présente l’un ou plusieurs des signes suivants, il y a de fortes chances qu’il soit en pleine crise de reverse sneezing :

1. Les manifestations sonores caractéristiques

C’est le bruit qui alerte le plus souvent le propriétaire. Le son est unique et facilement reconnaissable :

  • Bruit de klaxon ou de ronflement Fort : Le son produit est intense, souvent décrit comme un halètement bruyant, un ronflement aigu, ou même un bruit de « klaxon » ou de « canard ».
  • Inspiration forcée et répétitive : Le chien effectue une série d’inspirations vigoureuses, rapides et répétées, sans pouvoir expirer correctement.
  • Son de gorge : On entend souvent un bruit similaire à un raclement de gorge ou à la remontée d’écoulements nasaux chez l’humain.

2. La posture et le comportement

Le comportement du chien pendant la crise est tout aussi révélateur que le bruit :

  • Tête tendue : Le chien adopte une posture caractéristique, tendant sa tête et son cou vers l’avant, comme s’il tentait d’étirer sa gorge ou de dégager quelque chose.
  • Immobilité spasmodique : Il s’agit d’une réaction réflexe brutale associée à un collapsus temporaire du pharynx. Le chien s’arrête de bouger ou de jouer.
  • Durée brève : La crise est spasmodique et rapide, durant généralement entre 5 secondes et 30 secondes. Des durées plus longues sont rares.
  • Retour à la normale immédiat : Une fois le spasme terminé, le chien reprend sa respiration normale et son comportement habituel instantanément, sans essoufflement prolongé ni signes de détresse.

L’avis du vétérinaire : L’éternuement inversé peut sembler effrayant. Cependant, s’il se termine rapidement et que le chien se remet à son activité sans autre symptôme, il n’y a généralement pas de danger. Le calme du propriétaire est essentiel pour éviter de stresser davantage l’animal.

Diagnostic et options de traitement

Le diagnostic de l’éternuement inversé chez le chien est généralement basé sur les symptômes observés, tels que les épisodes récurrents de respiration bruyante et les postures caractéristiques adoptées par le chien pendant ces épisodes.

Le vétérinaire exclura d’autres causes de respiration anormale et de reniflement, telles qu’une infection des voies respiratoires supérieures, des polypes nasaux, des corps étrangers dans les voies nasales ou la bouche, etc.

  • Des analyses de sang, des tests d’allergie ou des radiographies peuvent être réalisés pour éliminer d’autres affections pouvant provoquer des symptômes similaires.

En ce qui concerne le traitement, les options dépendent de la cause sous-jacente de l’éternuement inversé. Par exemple, si un corps étranger est trouvé, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour le retirer.

Les médicaments anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour réduire l’inflammation dans les cas où elle est présente. De plus, des antiparasitaires peuvent être utilisés pour lutter contre les acariens.

En effet, si votre chien présente fréquemment des éternuements inversés, le vétérinaire pourrait envisager de lui administrer des antihistaminiques.

Cependant, ce n’est pas toujours le cas, donc si le vétérinaire ne prescrit pas de médicaments, ne vous inquiétez pas, cela indique simplement que les éternuements inversés ne sont pas considérés comme graves.

Si vous avez des interrogations ou des préoccupations concernant l’utilisation de ces médicaments, il est conseillé de consulter votre vétérinaire.

Bon à savoir : Les antihistaminiques peuvent être bénéfiques si les allergies sont la principale cause des éternuements inversés de votre chien. De même, un décongestionnant pourrait être recommandé pour la même raison. 

Quand consulter un vétérinaire ?

Si les crises d’éternuement inversé surviennent fréquemment ou s’accompagnent d’autres symptômes tels que fièvre, halètement ou abattement, il est recommandé de consulter votre vétérinaire.

Il pourrait y avoir des causes sous-jacentes telles qu’une déformation de la cloison nasale ou une allergie qui nécessitent une évaluation et un traitement appropriés.

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Comment aider mon chien lors d’un épisode d’éternuement inversé ?

Si l’éternuement inversé de votre chien semble être déclenché par quelque chose dans son environnement, comme de la fumée, la première étape consiste à le déplacer vers un endroit sûr et bien ventilé, sans risques ni sources d’irritation inhalée.

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Offrir quelque chose à lécher ou à boire peut encourager la déglutition et aider à éliminer tout irritant potentiel. Généralement, une fois que le chien expire par le nez, la crise se termine.

De plus, si votre chien présente un épisode d’éternuement inversé, vous pouvez le calmer en lui caressant doucement le cou ou la tête, tout en lui parlant doucement et en adoptant une attitude calme pour l’aider à se détendre et à faire passer sa crise.

  • Si l’éternuement inversé se produit en raison d’une excitation récurrente, vous pouvez essayer de désensibiliser votre chien pour réduire sa sensibilité à cette source d’excitation ou trouver des moyens de l’aider à se détendre plus facilement.

Les complications sont très rares et la plupart des épisodes durent moins d’une minute, bien que des durées plus longues aient été observées.

Témoignages

Mon Berger Australien de 5 ans a commencé à faire des éternuements inversés jeudi. Je l’ai emmené immédiatement chez le vétérinaire car il avait du sang dans la gorge (j’ai cru qu’il s’étouffait, donc j’ai passé un doigt dans sa bouche pour vérifier si quelque chose bloquait ses voies respiratoires, et mon doigt est ressorti avec du sang).
Une fois chez le vétérinaire, du sang est également sorti de son nez. Ils ont examiné sa gorge, fait une prise de sang et il est resté hospitalisé pour la nuit.

Le lendemain, on m’a dit qu’il avait été parfaitement bien toute la nuit et que je pouvais le ramener à la maison. Selon eux, il aurait peut-être joué un peu trop brutalement avec mon autre chien, ce qui aurait provoqué un saignement de nez et une irritation de la gorge.

Une fois rentré à la maison, il a recommencé à faire des éternuements inversés, mais sans présence de sang.
J’ai rappelé le vétérinaire, qui m’a expliqué que si du sang réapparaissait, ils exploreraient alors la piste d’un problème dans le nez (ils n’ont pas vérifié son nez pendant l’hospitalisation car il avait arrêté d’éternuer, et l’examen est très coûteux — environ 1000 $, sachant que j’ai déjà payé 2000 $).

Il est castré et pèse 25 kg.

Quelqu’un a-t-il déjà vécu une situation similaire ou sait si un traumatisme nasal peut provoquer une irritation persistante ?

Il respire normalement, se comporte tout à fait bien, mais il a ces épisodes d’éternuement inversé plusieurs fois par jour.

Mes deux chiens sont tout pour moi.

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FAQ — Éternuement inversé chez le chien

1. Qu’est-ce qui provoque un éternuement inversé chez mon chien ?
L’éternuement inversé est généralement déclenché par une irritation temporaire du pharynx ou des voies respiratoires supérieures, due à des allergènes, des poussières, des corps étrangers, ou parfois à une anomalie anatomique.

2. Est-ce que l’éternuement inversé est dangereux pour mon chien ?
Dans la plupart des cas, ce réflexe est bénin et ne met pas la vie de votre chien en danger. Cependant, si les épisodes sont fréquents, longs ou accompagnés d’autres symptômes (fièvre, abattement, saignements), une consultation vétérinaire est recommandée.

3. Comment aider mon chien pendant une crise d’éternuement inversé ?
Vous pouvez essayer de masser doucement sa gorge ou de couvrir brièvement ses narines pour encourager une respiration normale. Calmez-le en parlant doucement et évitez de le stresser davantage.

4. Pourquoi mon chien fait-il plus d’éternuements inversés en période d’allergies ?
Les allergies provoquent une inflammation des muqueuses nasales et pharyngées, ce qui augmente la sensibilité des voies respiratoires et favorise les spasmes à l’origine de l’éternuement inversé.

5. Mon chien est un brachycéphale, est-il plus à risque ?
Oui, les races à face plate ont souvent un voile du palais allongé et des voies respiratoires étroites, ce qui augmente la fréquence et l’intensité des épisodes d’éternuement inversé.

6. Mon chien éternue à l’envers depuis longtemps, que faire ?
Si cela devient chronique, il est important de consulter un vétérinaire pour rechercher une cause sous-jacente et discuter d’éventuels traitements adaptés.

7. Peut-on prévenir l’éternuement inversé ?
Limiter l’exposition aux irritants (fumée, poussière, parfums forts) et éviter les colliers trop serrés peut réduire la fréquence des crises. Maintenir une bonne hygiène respiratoire est aussi conseillé.

8. L’éternuement inversé peut-il être un signe d’autres maladies ?
Oui, il peut parfois révéler des infections, la présence de corps étrangers, des polypes, ou des troubles anatomiques. D’où l’importance d’un diagnostic vétérinaire précis si les symptômes persistent.

Références

Articles et ressources dans la création de cet article

https://veterinaire-tournamy-mougins.fr/eternuements-chez-le-chien/

https://ouci.dntb.gov.ua/en/works/lRd5OoM7/

https://www.santevet.com/articles/eternuement-inverse-le-reverse-sneezing-chez-le-chien

https://www.zooplus.fr/magazine/chien/sante-et-bien-etre-du-chien/reverse-sneezing-chien#1693412809867-0250dae6-50e7-FR

https://vcahospitals.com/know-your-pet/reverse-sneeze-in-dogs#:~:text=Some%20dogs%20have%20a%20condition,trying%20to%20inhale%20while%20sneezing.

 Jesús Talavera, Patricia Sebastián, Giorgia Santarelli, Ignacio Barrales, María Josefa Fernández del Palacio (2023). Enquête sur l’éternuement inversé chez 779 chiens dans le sud-est de l’Espagne : Prévalence et facteurs associés possibles. PMID: 37270940 DOI: 10.1016/j.rvsc.2023.05.010

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Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

Article révisé par Raaf Melissa le 23-11-2025

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