Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille
Dans cet article, nous allons parler de la fracture de la vertèbre, de ses causes, de ses symptômes ainsi que des solutions pour la soigner. Nous parlerons également du temps de guérison, et comment l’optimiser pour reprendre ses activités le plus rapidement possible.
Définition et anatomie de la colonne vertébrale
Chez l’être humain, la colonne vertébrale est considérée comme l’axe du corps. Il s’agit d’un système à la fois solide et élastique qui sert à stabiliser les organes internes et à accomplir certaines fonctions statiques et permet également le mouvement. Elle est constituée de 24 vertèbres :
- Sept vertèbres cervicales,
- Douze vertèbres thoraciques,
- Cinq vertèbres lombaires,
- Sacrum (fusion de 5 vertèbres cruciformes),
- Quatre à cinq vertèbres coccygiennes.
Chaque vertèbre est constituée d’un corps vertébral à l’intérieur duquel se trouve la moelle épinière permettant de distribuer le flux nerveux, et d’un relief osseux appelé apophyse épineuse. Entre chaque vertèbre, un disque intervertébral est présent pour faciliter le glissement des unes contre les autres.
Qu’est-ce qu’une fracture de la vertèbre ?
La fracture de la vertèbre est une fracture qui survient sur une ou plusieurs vertèbres peu importe sa localisation : dorsale, lombaire ou cervicale. Une fracture de la vertèbre peut toucher l’apophyse transverse, l’apophyse épineuse, le corps ou l’arc vertébral. Elle est généralement la conséquence d’un choc ou d’un traumatisme qui déforme la vertèbre et réduit sa hauteur.
Si elle touche la première vertèbre cervicale (C1, ou atlas), on la qualifie de fracture de Jefferson. Si elle touche le prcoessus odontoïde de l’axis (deuxième vertèbre cervicale ou C2), on parle de fracture de l’odontoïde.
De manière générale, on peut distinguer deux types de fractures de la vertèbre selon si la moelle épinière est touchée ou pas :
- Fracture stable: ce type de fracture de la vertèbre n’affecte pas la moelle épinière ;
- Fracture instable: dans ce cas, chaque mouvement peut provoquer un déplacement de débris osseux qui peuvent endommager la moelle épinière. Le risque de lésion neurologique comme la paralysie est alors plus élevé.
Causes de la fracture vertébrale
Les causes d’une fracture de la vertèbre sont diverses. On peut distinguer :
- Les traumatismes: accident de la route, chute ou blessure par balle ;
- Ostéoporose: il s’agit d’une maladie caractérisée par une diminution de la résistance des os favorisant ainsi les fractures. Elle est causée par des déficits en certains minéraux comme le calcium et le phosphore. Dans ce cas, la vertèbre est incapable de résister à une grande pression sur la colonne, ce qui cause des fractures. Elle est plus fréquente chez les personnes âgées. Ce type de fracture pathologique surviennent généralement de façon spontanée après un effort, même minime. Dans ce cas, on parle de tassement vertébral ou fracture de compression.
- Cancers: les sarcomes ou les métastases de la colonne vertébrale peuvent fragiliser la vertèbre et causer des fractures. Ces types de cancers fragilisent la structure de la vertèbre en s’attaquant au corps vertébral.
Symptômes de la fracture de la vertèbre
La fracture de la vertèbre se manifeste par divers symptômes en fonction de sa position et de sa sévérité. En règle générale, les principaux symptômes de la fracture de la vertèbre sont :
- Douleur aigüe et continue au niveau du dos et en particulier au niveau de la vertèbre endommagée ainsi qu’au niveau des vertèbres adjacentes. En fonction de la sévérité de la fracture, elle peut empêcher tout mouvement du dos. La douleur peut être accentuée à l’effort et minimée au repos.
- Impression de perte de stabilité;
- Fourmillement et engourdissements qui peuvent irradier vers les jambes et les bras ;
- Si la moelle épinière est affectée, des troubles moteurs peuvent survenir (allant jusqu’à la paraplégie ou la tétraplégie) ;
- Des troubles digestifs peuvent apparaitre dans le cas de fracture récente ;
- Si les vertèbres dorsales sont touchées, des troubles respiratoires peuvent survenir,
- Perte de contrôle des sphincters dans le cas où la moelle épinière ou les terminaisons nerveuses de l’extrémité caudale sont touchées ;
Temps de consolidation et de guérison
Le temps de guérison d’une fracture de la vertèbre dépend généralement de la vertèbre touchée et de sa gravité. Par exemple, une fracture stable guérit et se consolide plus rapidement qu’une fracture instable.
Le temps de consolidation débute au bout de 2 à 3 semaines et met plusieurs mois à consolider entièrement. Celui-ci varie en fonction de plusieurs paramètres comme l’âge, l’état de santé et l’étendue de la blessure.
Les facteurs de pronostic favorables sont généralement les suivants :
- absence d’atteinte nerveuse
- patient jeune
- en bonne santé, avec une musculature du tronc assez forte
- absence de maladie systémique
- alimentation et hydratation adéquate durant le processus de guérison
- état psychologique favorable
- etc.
On estime que le temps de guérison d’une fracture instable de la vertèbre peut prendre jusqu’à 6 mois, voire plus. D’autres facteurs de pronostic défavorables sont les suivants :
- atteinte des structures nerveuses ou moelle épinière
- patient âgé
- en mauvaise santé (maladies systémique, cardiovasculaires, diabète, etc.)
- atteint d’ostéoporose
- mauvaise alimentation
- surpoids marqué
- absence de motivation, dépression
- etc.
Malheureusement, souvent, malgré un bon processus de guérison, la douleur et la diminution de la mobilité peuvent persister dans certains cas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est primordial de suivre les recommandations des professionnels traitants afin de reprendre ses activités quotidiennes de manière optimale.
Traitement et rééducation
Le traitement de la fracture de la vertèbre a un double objectif : traiter la douleur et améliorer la qualité de vie mais aussi traiter la cause, si celle-ci n’est pas traumatique. Parmi les options de traitement qui existent pour soigner la fracture de la vertèbre, on peut citer :
- Médicaments antalgiques: ils ont pour but de soulager la douleur ;
- Traitement conservateur : le repos est préconisé (alitement) au début, ainsi que le port de corset ou de ceinture lombaire.
- Kinésithérapie et rééducation: permet d’apprendre au patient de réaliser des gestes au quotidien et de renforcer les muscles, une fois la fracture consolidée.
- Chirurgie: elle est généralement appliquée lors de fractures instables de la vertèbre et consiste en l’emploi de vis et de tiges au niveau de la colonne vertébrale afin de stabiliser et de relier les vertèbres autour de celle fracturée.
D’autres solutions de traitement existent et sont utilisées en fonction de la sévérité de la fracture : vertébroplastie, cyphoplastie par ballonnets, etc.
Une fois la fracture consolidée, certaines personnes se plaignent tout de même de douleurs persistantes. Celles-ci peuvent être traitées par un praticiens (comme un kinésithérapeute ou ostéopathe) via des techniques de thérapie manuelle.
En plus de ces thérapies physiques, certaines personnes ont recours à des produits et accessoires anti mal de dos. Bien qu’ils ne soient pas supportés par des évidences scientifiques solides, ils offrent un soulagement temporaire et efficace dans la majorité des cas. Rappelez-vous simplement de les utiliser avec parcimonie, et en complément d’une approche proactive axée sur l’activité physique.
Parmi les produits recommandés, nous proposons :
- Tapis d’acupression (surtout ne pas utiliser si la fracture n’est pas totalement consolidée)
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- Pistolet de massage (surtout ne pas utiliser si la fracture n’est pas totalement consolidée)
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- Foam roller (rouleau de massage sport) (surtout ne pas utiliser si la fracture n’est pas totalement consolidée)
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Demandez l’avis d’un professionnel avant d’avoir recours aux accessoires ci-dessus.
Qu’en est-il des remèdes naturels ?
Bien qu’ils ne soient pas supportés d’évidences scientifiques solides, plusieurs produits naturels et remèdes de grand-mère sont utilisés pour traiter diverses douleurs corporelles, notamment pour leur pouvoir anti-inflammatoire.
Voici une liste non exhaustive de plantes et d’huiles essentielles efficaces pour contrôler la douleur et l’inflammation :
- Le curcuma : Grâce à ses pouvoirs anti-oxydants et anti-inflammatoires très puissants, le curcuma est l’une des plantes les plus utilisées dans un cadre culinaire et thérapeutique. La composition du curcuma est essentiellement faite d’huiles essentielles, de vitamines (B1, B2,B6,C,E,K) et d’oligo-éléments. Mais c’est à sa composition riche en curcumine et curcuminoides que l’on doit les propriétés anti-inflammatoires de cette épice.
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- Le gingembre : Outre la saveur particulière qu’il apporte en cuisine et ses vertus aphrodisiaques, le gingembre est une racine très connue pour ses pouvoirs anti-inflammatoires. Le gingérol lui confère son action anti-inflammatoire. Il s’agit un composant actif agissant sur les douleurs inflammatoires liées aux maladies inflammatoires articulaires chroniques, notamment la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, les maladies rhumatismales, etc. Il a été prouvé que cet élément actif est aussi efficace pour agir sur l’inflammation liée aux arthrites et à la sciatique. Le gingembre possède également d’autres bienfaits grâce à sa haute teneur en potassium et à sa richesse en oligo-éléments (calcium, magnésium, phosphore, sodium) et en vitamines (provitamine et vitamine B9).
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- Les oméga-3 : Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés qui jouent un rôle très important dans le fonctionnement de notre organisme. Ils sont apportés par l’alimentation sous trois formes naturelles : l’acide docosahexaénoique (DHA), l’acide alpha linolénique (ALA) et l’acide éicosapentaénoique (EPA). Au-delà de leur action sur le cerveau et le système cardiovasculaire, les oméga-3 s’avèrent très efficaces contre l’inflammation. En effet, ils ont la capacité d’agir sur les mécanismes inflammatoires dans l’arthrose en freinant la destruction cartilagineuse, ainsi ils réduisent l’intensité des douleurs arthrosiques. La sciatique, étant le plus souvent liée à une inflammation secondaire à une hernie discale, elle peut aussi répondre aux oméga-3 à condition d’en consommer régulièrement.
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- L’eucalyptus citronné : L’eucalyptus est une plante utilisée le plus souvent sous forme de tisane ou d’huile essentielle. Elle aurait des effets anti-inflammatoires qui lui conférent la capacité d’agir sur les douleurs ostéoarticulaires en générale et les douleurs de la sciatique en particulier.
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- La gaulthérie : La gaulthérie est un arbuste dont on extrait une huile essentielle très intéressante. C’est l’une des huiles essentielles les plus utilisées en aromathérapie. Cette huile extraite de l’arbuste portant le même nom, est utilisée en massage pour soulager la sciatique et agit comme un antalgique. En effet, elle procure un effet chauffant grâce à sa capacité d’activer localement la circulation sanguine.
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Reprise du sport
Dans le cas de fracture de la vertèbre, il est important de ne reprendre le sport qu’une fois la fracture consolidée et les muscles renforcées. Sinon, le risque de nouvelles fractures est élevé. On estime que le temps de consolidation est de 3 mois, si la fracture est sévère et instable, on l’estime à 6 mois. Il est donc conseillé de ne reprendre le sport, après une fracture vertébrale, qu’une fois le feu vert du chirurgien acquis.
Il est également important de reprendre progressivement le temps de renforcer votre masse musculaire, notamment des membres inférieurs. Tout ceci doit être sous le contrôle d’un rééducateur ou d’un kinésithérapeute.
Arrêt de travail
La fracture de la vertèbre est une fracture qui nécessite une immobilisation dont la durée varie en fonction de sa sévérité et de son étendue. Ainsi, toutes les activités sportives et professionnelles risquent d’être stoppées pendant une longue période, le temps de consolidation et de guérison.
Votre médecin ou professionnel traitant vous prescrira un arrêt de travail selon votre état, et décidera des modalités de reprise en fonction de votre évolution.
Bonne guérison !
