Fracture du pouce : Est-ce grave ? (Et que faire ?)

Article rédigé par le 10 octobre 2021

Une fracture du pouce est un problème qu’il faut prendre au sérieux, considérant la fonction importante de cette articulation. Cette fracture peut d’ailleurs augmenter le risque d’arthrose dans les années à venir.

Dans l’article présent, nous couvrons tout ce qu’il faut savoir sur la fracture du pouce (cause, symptômes, etc.), avec un accent particulier sur les modalités de traitement permettant un retour à la vie normale.

Définition et anatomie du pouce

Pour mieux comprendre la fracture du pouce et sa prise en charge, il convient de faire un court rappel anatomique de cette partie de la main.

Le pouce comporte deux os appelés « phalanges ». Plus précisément, la phalange distale constitue l’extrémité du pouce, et la phalange proximale se situe à la base du pouce. Celui-ci s’articule également avec le premier métacarpe, un os de la main.

Bien qu’une fracture puisse se produire dans n’importe lequel des os mentionnés, le pronostic est plus réservé lorsque la fracture se produit près d’une articulation. Ceci complique généralement le guérison, et augmente le risque de complications.

Dans ce cas, les fractures les plus graves se situent à la base du pouce, près du poignet. De par leur localisation, elles impliquent l’articulation métacarpo-phalangienne (entre le métacarpe et la phalange proximale). Elles constituent près de 80 % des fractures du pouce.

La classification des fractures du pouce se fait comme suit :

  • Fractures extra-articulaires : Qui n’implique pas l’articulation métacarpo-phalangienne ; elles peuvent être obliques ou transversales
  • Fractures intra-articulaires : Qui incluent l’articulation métacarpo-phalangienne ; elles incluent la fracture de Benett, la fracture de Rolando et les fractures communitives.

Causes de fractures du pouce

Une fracture du pouce est généralement causée par un traumatisme direct, par exemple suite à une chute sur la main.

Par ailleurs, la fracture peut survenir lorsqu’un objet provoque une hyperextension du pouce (comme un ballon).

Il arrive même que certaines fractures soient causées par un stress en torsion ou une contraction musculaire violente (comme au ski, football, dans les sports de combat, etc.).

Par ailleurs, des accidents domestiques, tels que se coincer le pouce dans une porte ou en utilisant des outils de bricolage, peuvent également causer des fractures au pouce. Il en est de même pour les activités professionnelles impliquant des gestes répétitifs ou mouvements vigoureux.

Outre l’origine traumatique, les personnes ayant des antécédents de maladie osseuse (ostéoporose), une carence en calcium, ou certaines maladies métaboliques sont plus à risque de fracture.

Pouce cassé, quels sont les symptômes ?

Évidemment, le symptôme principal suite à une fracture du pouce est la douleur intense au niveau du site de fracture.

La douleur est généralement vive et localisée au niveau du pouce. Elle peut être ressentie immédiatement après un traumatisme, ou apparaître progressivement.

Outre la douleur, on peut observer :

  • Gonflement du pouce : Le pouce peut devenir enflé autour de la zone de la fracture en raison de l’inflammation des tissus.
  • Changement de coloration : Des ecchymoses (bleus) peuvent apparaître autour du pouce en raison de la rupture de petits vaisseaux sanguins lors de la fracture.
  • Difficulté ou incapacité de bouger le pouce : Vous pourriez rencontrer une limitation de la mobilité du pouce en raison de la douleur et du gonflement. On peut également observer une perte de force dans la main, rendant difficile la saisie ou le maintien d’objets.
  • Sensibilité extrême : Le pouce peut être sensible au toucher, et certaines positions ou mouvements peuvent aggraver la douleur.
  • Déformation du pouce : Dans certains cas de fractures sévères, le pouce peut sembler déformé ou présenter une position anormale (luxation associée).
  • Engourdissement et paresthésies : Une atteinte de la circulation ou d’un nerf peut provoquer des paresthésies dans les doigts, incluant le pouce. Une froideur du pouce peut également être observée.
  • Sensation d’instabilité : Vous pourriez ressentir une sensation d’instabilité dans le pouce, en particulier lors des mouvements.

Il est important de consulter un professionnel de la santé si vous ressentez l’un de ces symptômes après un traumatisme ou une blessure au pouce.

Comment diagnostiquer une fracture du pouce ?

Suite à un trauma important du pouce, il convient de consulter un médecin le plus rapidement possible. En effet, un retard de prise en charge peut rendre plus difficile la guérison complète, et entraîner des séquelles.

Durant la consultation initiale, le médecin va examiner la blessure et prendre connaissance des antécédents médicaux. Il recherchera essentiellement des signes évidents de fracture, tels que ceux mentionnés ci-haut (douleur, enflure, ecchymoses, déformation ou sensibilité).

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Il pourra également réaliser des tests fonctionnels pour évaluer la mobilité, la force et la stabilité du pouce afin de mieux comprendre l’étendue de la blessure.

Typiquement, il se tournera ensuite vers l’imagerie médicale. Cette méthode permet le diagnostic définitif de la fracture du pouce, et permet d’avoir plus de détails.

Les imageries les plus utilisées sont les suivantes :

  1. Radiographie (radiographie) : C’est l’étape la plus courante pour diagnostiquer une fracture du pouce. Des radiographies seront prises sous différentes perspectives pour permettre au médecin d’identifier la présence de fractures, leur emplacement et leur gravité.
  2. Imagerie avancée (IRM ou scanner) : Dans certains cas, si la fracture est complexe ou si des lésions des tissus mous sont suspectées, le médecin peut commander une IRM ou un scanner pour obtenir des images plus détaillées.

Une fois le diagnostic confirmé, le médecin pourra alors recommander le traitement approprié.

Traitement et durée d’immobilisation

Le choix du traitement dépendra de plusieurs facteurs, tels que :

  • Type de fracture (simple, déplacée, etc.)
  • Emplacement de la fracture (près de l’articulation vs à la base du pouce)
  • Stabilité de la fracture (stable vs instable)
  • Santé générale du patient
  • Activités du patient (sports, métier, etc.)

Si la fracture n’a pas provoqué de déplacement osseux (ou si le déplacement est minime), il est possible que le médecin opte pour une réduction fermée et un plâtre spécialement conçu pour maintenir les fragments osseux en place.

Plâtre pour fracture du pouce : À quoi s’attendre ?

Le plâtre devra être porté pendant au moins 4 à 6 semaines suite à une fracture du pouce.

Dans le cas de fractures légères du pouce, un plâtre court peut être utilisé pour immobiliser uniquement le pouce. Ce type de plâtre laisse les autres doigts, le poignet et le coude libres, permettant ainsi une certaine mobilité.

Pour des fractures plus graves du pouce ou lorsque la stabilité du poignet est nécessaire, le plâtre peut être étendu pour inclure une partie du poignet. Cela permet de mieux immobiliser le pouce et de favoriser une guérison plus efficace.

Finalement, pour les fractures sévères ou complexes du pouce, le spécialiste pourrait recommander un plâtre qui recouvre tout le pouce, le poignet et une partie de l’avant-bras. Ce type de plâtre offre une immobilisation plus complète pour favoriser une guérison stable.

Pendant la convalescence, des radiographies régulières seront nécessaires pour vérifier que l’os ne s’est pas désaligné, et qu’il guérit correctement.

La rééducation suite à une fracture simple du pouce

La kinésithérapie (physiothérapie) devrait idéalement être prescrite suite à une fracture du pouce. En effet, la fracture en tant que telle, associée à l’immobilisation, provoque généralement des douleurs associées à des faiblesses et de la raideurs.

Les objectifs en kiné sont donc :

  • contrôler la douleur et l’inflammation résiduelle
  • retrouver des amplitudes de mouvement complètes du pouce
  • retrouver une force de préhension, et une dextérité et coordination optimale
  • reprendre ses activités quotidiennes, sportives et de loisir

Pour optimiser la guérison, le kinésithérapeute (physiothérapeute) utilisera initialement des modalités telles que les massages, la chaleur et la glace, et l’électrothérapie (ultrasons, TENS) pour soulager les symptômes.

Après le retrait du plâtre, il est normal de ressentir des raideurs et une perte de mouvement. Des techniques manuelles telles que des mobilisations, associés à des exercices d’étirement, permettront de gagner de l’amplitude.

Pour retrouver une fonction optimale, des exercices de renforcement et de coordinations seront réalisées. On peut espérer un retour complet aux activités au bout de 4 semaines de traitement, bien que chaque cas évolue différemment.

Il est conseillé de consulter un thérapeute pour une prise en charge adaptée.

Traitement chirurgical de la fracture du pouce

Malheureusement, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire suite à une fracture du pouce. Ceci s’avère le cas lorsque l’approche conservatrice ne serait pas suffisante pour assurer une guérison adéquate ou restaurer la fonction normale du pouce.

Voici des situations où le médecin pourrait opter pour une intervention invasive :

  1. Fractures déplacées ou instables: Si les fragments osseux sont déplacés de manière significative et ne peuvent pas être bien réalignés par des méthodes non chirurgicales, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour réduire (remettre en place) les fragments et les fixer en place.
  2. Fractures ouvertes: Les fractures ouvertes, en plus d’endommager les tissus mous, présentent un risque accru d’infection. Dans ces cas, une chirurgie peut être réalisée pour nettoyer la zone, réparer les tissus endommagés, et stabiliser les os déplacés.
  3. Fractures complexes : Certaines fractures du pouce peuvent être complexes, impliquant plusieurs fragments osseux ou des lésions concomitantes des ligaments et des tendons. Dans de tels cas, la chirurgie peut être nécessaire pour rétablir l’anatomie normale et la stabilité de l’articulation.
  4. Échec de la guérison non chirurgicale: Dans certains cas, une approche non chirurgicale peut ne pas aboutir à une guérison adéquate, entraînant une guérison retardée ou une union non solide des os. Dans ces situations, une chirurgie peut être considérée pour stimuler la guérison et assurer une consolidation osseuse correcte.
  5. Blessures chez les sportifs professionnels ou les personnes très actives: Les personnes qui ont besoin d’une récupération rapide et optimale de leur pouce pour reprendre leur activité professionnelle ou sportive peuvent opter pour une chirurgie pour accélérer le processus de guérison.
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Ultimement, le choix d’une intervention chirurgicale dépendra de l’évaluation clinique et radiologique, et sera fait par un spécialiste (généralement un orthopédiste).

Le chirurgien peut recourir à l’une des nombreuses techniques de fixation opératoire pour réaligner les fragments osseux :

  • Fixation interne
  • Fixation externe
  • Utilisation de broches et vis

Peu importe la technique chirurgicale utilisée, un plâtre (ou une attelle) sera généralement porté pendant 2 à 6 semaines suite à l’opération.

Une fois le plâtre enlevé, le patient sera référé vers un thérapeute de la main (comme un kinésithérapeute ou un ostéopathe) pour restaurer les mouvements du pouce et reprendre ses activités.

une thérapie manuelle peut être recommandée afin de restaurer le mouvement. Il faut parfois 3 mois ou plus pour retrouver l’usage complet de la main, selon la gravité de la blessure.

Pronostic et guérison : À quoi s’attendre ?

Comme toute blessure, le pronostic est lié à plusieurs facteurs. Outre la fracture, une personne plus jeune et en santé aura plus de chance de guérir de façon optimale.

Si les os restent dans une position stable (fracture non déplacée et extra-articulaire), les fractures du pouce guérissent également favorablement.

En outre, une prise en charge rapide améliore grandement le pronostic. C’est pour cela qu’il est primordial de consulter rapidement après un accident significatif impliquant le pouce.

Certains types de fractures complexes rendent la guérison plus difficile et augmentent les complications. On pense notamment aux fractures intra-articulaires (fracture de Benett et Rolando), ou encore communitives (os fragmenté en plusieurs morceaux).

Les risques à considérer incluent (surtout s’il y a eu un délai de prise en charge) :

  • Mal-union
  • Non-union
  • Infection
  • Arthrose du pouce (rhizarthrose)
  • Arthrite post-traumatique
  • Raideur résiduelle

Pour éviter les complications, le patient doit suivre les recommandations de l’équipe médicale. Ceci concerne le port du plâtre et sa durée, les soins postopératoires ou les séances de kinésithérapie (physiothérapie).

Le respect du plan de traitement est crucial pour la guérison et la prévention de complications, et directement relié au pronostic de guérison.

Prévention : Peut-on réduire les risques de se blesser ?

Bien qu’une fracture du pouce est souvent un événement malheureux, le risque de blessure peut être réduit en suivant des précautions simples, notamment lors de la pratiques d’activités sportives à risque.

Voici quelques conseils pour prévenir les fractures du pouce :

  1. Portez des équipements de protection: Lorsque vous pratiquez des sports ou des activités à risque élevé de blessures, portez des équipements de protection appropriés (gants, attelles, kinésiotape, etc.
  2. Échauffez-vous correctement: Avant de participer à des activités physiques ou sportives intenses, assurez-vous de vous échauffer correctement. Cela peut aider à préparer vos muscles et vos articulations pour l’effort physique et réduire le risque de blessures.
  3. Pratiquez des techniques appropriées: Apprenez et pratiquez les bonnes techniques pour les sports et les activités que vous pratiquez. Une technique appropriée peut aider à réduire le stress sur le pouce, et minimiser les risques de blessures.
  4. Renforcez les muscles : Le renforcement des muscles du membre supérieur (notamment la force de préhension) peut contribuer à améliorer la stabilité et à prévenir les blessures.
  5. Évitez la surcharge: Évitez de trop solliciter vos pouces ou vos mains pour des tâches répétitives. Prenez des pauses fréquentes pour permettre à vos mains de se reposer.
  6. Aménagez votre environnement: Veillez à ce que votre environnement soit sûr et évitez les objets ou les situations susceptibles de provoquer des blessures au pouce.
  7. Consommez une alimentation équilibrée: Une alimentation équilibrée, riche en calcium et en vitamine D, peut contribuer à la santé des os et des articulations.

En adoptant ces mesures préventives, vous pouvez réduire les risques de fracture du pouce et améliorer la santé globale de vos mains et de vos articulations.

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