Glandes de Bartholin et cancer : quel lien ?

Article rédigé par le 2 janvier 2024

Au niveau de l’appareil génital féminin, le cancer des glandes de Bartholin représente près de 5% des cancers de la vulve. Bien qu’il puisse frapper à tout âge, le cancer des glandes de Bartholin touche préférentiellement les femmes de plus de 40 ans.

Les cancers de la vulve sont généralement de bon pronostic : détectés et traités tôt, la guérison après 5 ans concerne 3 femmes sur 4. Dans cette perspective, à partir de la quarantaine, une détection d’un cancer de la vulve est systématiquement prescrite à une patiente ayant une pathologie des glandes de Bartholin (bartholinite, kyste de la glande de Bartholin).  

Trouvez dans cet article tout ce qu’il faut savoir sur les glandes de Bartholin et son cancer. Quel lien y a-t-il entre les deux ? Qu’en est-il du diagnostic et de la prise en charge ? Les réponses dans ce qui suit.

Les 3 points essentiels

  • 1. Une infection à papillomavirus et un affaiblissement important du système immunitaire favorisent l’apparition d’un cancer des glandes de Bartholin.
  • 2. Une biopsie et une recherche de ganglion sentinelle constituent les moyens de diagnostic d’un cancer de Bartholin.
  • 3. Quatre stades de cancer permettent d’évaluer l’étendue du cancer.

Glandes de Bartholin : la description

Les glandes de Bartholin, aussi appelées « glandes vestibulaires majeures » ou « glandes vestibulaires principales » sont une paire de glandes situées de part et d’autre de la vulve, à l’arrière des grandes lèvres. Elles sont nommées ainsi en hommage de celui qui les a découvertes : l’anatomiste danois Caspar Bartholin le Jeune.

À l’état normal, les glandes de Bartholin ne sont ni visibles ni palpables. Elles ont la forme d’un petit pois de 10 à 15 mm de longueur, 8 mm de hauteur et 5 mm d’épaisseur. Chacune des deux glandes comporte un canal excréteur, dit « canal de Bartholin », de 10 mm de longueur et 2 mm de largeur qui débouche sur des orifices situés entre l’hymen et la petite lèvre.

Bon à savoir :  la vulve est la partie externe de l’appareil génital féminin. Elle comprend entre autres les grandes lèvres, les petites lèvres, le clitoris, les glandes vestibulaires majeures (glandes de Bartholin) et les glandes vestibulaires mineures (glandes de Skene). La vulve s’ouvre sur le vagin. 

Les glandes de Bartholin sécrètent un mucus, un liquide incolore, appelé « cyprine ». Cette dernière est excrétée à travers le canal de Bartholin. La cyprine sert à la lubrification du vagin (particulièrement de l’orifice vaginal au moment des stimulations sexuelles).

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Les glandes de Bartholin sont hormono-dépendantes. De ce fait, elles sont dormantes pendant l’enfance, fonctionnent à partir de la puberté jusqu’à la ménopause puis s’atrophient. Ce qui explique la sécheresse vaginale chez les femmes ménopausées.

Glandes de Bartholin et cancer : le lien

De manière générale, le cancer se développe suite à une évolution anormale de cellules saines. Avant l’apparition du cancer, il y a une phase intermédiaire appelée “lésion précancéreuse”.

En ce qui concerne les glandes (dont celles de Bartholin), c’est l’évolution anormale des cellules constituants l’épithélium glandulaire qui est responsable. On parle alors d’un cancer de type “adénocarcinome”.

Le cancer des glandes de Bartholin évolue très lentement. Ce qui explique son apparition à la quarantaine. D’ailleurs, son incidence monte avec l’âge. Ceci étant, comme dit plutôt, c’est un cancer rare (5% des cancers de la vulve).

À l’heure actuelle, les causes du cancer des glandes de Bartholin sont encore inconnues. Toutefois, plusieurs facteurs de risque sont identifiés. Ce sont : 

  • une infection à papillomavirus (HPV) ;
  • des antécédents de lésion précancéreuse ou cancer du vagin, du col de l’utérus ou de l‘anus ;
  • un lichen scléreux vulvaire (modifications de la peau et de la muqueuse de la vulve) ;
  • un affaiblissement important du système immunitaire (notamment lors d’une infection au VIH ou suite à une chimiothérapie ) ;
  • un granulomatose septique chronique (maladie héréditaire se traduisant par un affaiblissement du système immunitaire.

Bon à savoir : les papillomavirus ou Human Papillomavirus (HPV)  appartiennent à une famille de virus comptant plus de 150 variétés et sont extrêmement contagieux. Ils peuvent se transmettre de plusieurs manières dont la voie orale, la voie cutanéo-muqueuse et principalement la voie sexuelle. Les papillomavirus de type 16 et 18 sont à haut risque de cancer. En France, depuis 2021, la vaccination contre les HPV est recommandée chez les adolescents et adolescentes âgés de 11 à 14 ans et en rattrapage chez ceux et celles âgés de 15 à 19 ans révolus. L’idéal est de se vacciner contre les HPV avant la première relation sexuelle.

Glandes de Bartholin et cancer : le diagnostic

Comment reconnaître un cancer des glandes de Bartholin ?

Il n’y a pas de symptômes spécifiques au cancer des glandes de Bartholin. Mais très souvent, les patientes se plaignent de

  • masse palpable dans sa partie intime ;
  • démangeaisons ;
  • douleur ou de brûlure pendant la miction ;
  • saignement particulièrement lors des rapports sexuels ;
  • pertes vaginales anormales parfois teintées de sang ;
  • des ganglions enflés dans l’aine.

Quels examens paracliniques pour le cancer des glandes de Bartholin ?. 

Biopsie

Un échantillon de la tumeur est prélevé (biopsie) en vue de faire un examen anatomopathologique. Si le cancer est confirmé, d’autres examens sont à effectuer afin de savoir si la lésion cancéreuse s’est propagée aux autres organes. Parmi eux, il y a la recherche du ganglion sentinelle.

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Recherche d’un ganglion sentinelle

Le ganglion sentinelle est le premier ganglion qui reçoit la lymphe drainée par le cancer. Il est à explorer au niveau inguinal ou pelvien en cas de cancer des glandes de Bartholin.

En 2014, selon le journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, le premier cas de recherche du ganglion sentinelle dans un adénocarcinome de la glande de Bartholin a été réalisé par une équipe conjointe du Service de Gynécologie, du Service d’Anatomo-pathologie et du Service de Médecine Nucléaire du CHU Brugmann, Bruxelles en Belgique. L’article est consultable ici.

Comment évaluer la propagation d’un cancer des glandes de Bartholin ?

Le FIGO (International Federation of Gynecology and Obstetrics) a émis un système de stadification des cancers de la vulve et du vagin. Il existe 4 stades : plus le stade est élevé, plus le cancer est avancé.

  • Stade I : le cancer est confiné à la vulve. ;
  • Stade II : le cancer s’est propagé aux tissus adjacents (partie inférieure de l’urètre et/ou du vagin, ou anus), mais pas aux ganglions lymphatiques adjacents ;
  • Stade III : le cancer s’est propagé à la partie supérieure des structures adjacentes ou aux ganglions lymphatiques ;
  • Stade IV : le cancer s’est propagé à des sites distants (par exemple, en dehors du pelvis) ou aux ganglions lymphatiques de l’aine, formant des ulcérations ou des agrégats, ou s’attachant à l’os.

Glandes de Bartholin et cancer : la prise en charge

Pour une prise en charge optimale du cancer des glandes de Bartholin, trois critères majeurs sont à prendre en compte. Il y a l’âge et l’état général de la patiente ainsi que le stade du cancer. 

Habituellement, une ablation de la glande de Bartholin est de mise. Il en est de même pour les ganglions lymphatiques touchés. Si le cancer est très avancé, les ablations doivent être associées à une radiothérapie et/ou une chimiothérapie.  À cela s’ajoute un éventuel accompagnement psychologique.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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