Hystérectomie : tout ce que vous devez savoir

Article rédigé par le 28 mars 2024

L’hystérectomie est une intervention chirurgicale délicate qui consiste à enlever tout ou en partie l’utérus pour traiter certaines affections gynécologiques graves notamment les fibromes utérins, l’endométriose, le prolapsus utérin et surtout le cancer de l’utérus.

Elle offre un soulagement significatif des symptômes et une amélioration de la qualité de vie. Cependant, la procédure n’est pas sans risques et peut potentiellement entraîner des complications.

Dans cet article rédigé par un professionnel de santé, nous allons détailler les conditions nécessitant une hystérectomie, et explorer les procédures ainsi que les répercussions à savoir avant et après une hystérectomie.

Points importants à retenir

1)      L’hystérectomie est recommandée pour traiter diverses affections gynécologiques graves telles que les fibromes utérins, les saignements anormaux, le prolapsus utérin, et le cancer de l’utérus.

2)      Elle peut être totale, subtotale/partielle, ou radicale en fonction de la pathologie et de l’état général de la patiente.

3)      L‘hystérectomie peut être réalisée par voie abdominale, vaginale ou laparoscopique, selon l’indication, la taille de l’utérus et les antécédents de la patiente.

4)      L’hystérectomie présente non seulement des risques mais aussi des impacts sur la qualité de vie à long terme.

5)      Le rétablissement après une hystérectomie peut prendre plusieurs semaines. Suivi médical important.

Court rappel anatomique de l’utérus

L’utérus est un organe creux qui se situe dans le bassin de la femme entre le rectum et la vessie. Il est étroitement relié à ses deux extrémités aux ovaires par les trompes de Fallope.

Il est composé de trois parties :

  • La cavité utérine : qui comporte le fond utérin et les zones d’insertion des trompes, c’est l’espace creux où l’embryon va se développer pendant la grossesse.
  • Le col de l’utérus : c’est la partie inférieure qui s’ouvre dans le vagin par un canal étroit.
  • L’isthme : qui se situe à la jonction du corps et du col de l’utérus.

Les annexes de l’utérus sont constituées par les trompes de Fallope, les ovaires et les ligaments qui maintiennent en place toutes les structures.

Hystérectomie : pourquoi subir l’intervention ?

L’hystérectomie est envisagée chez les femmes qui souffrent de problèmes gynécologiques graves et chroniques qui ne répondent plus aux traitements médicaux ou conservateurs.

Les symptômes sont persistants et invalidants et peuvent altérer considérablement la qualité de vie.

Fibromes utérins

L’hystérectomie peut être proposée dans le cadre des fibromes utérins qui sont des tumeurs non cancéreuses pouvant se développer dans différents endroits de l’utérus.

Les fibromes sont responsables de saignements abondants, de douleurs intenses voire même des troubles urinaires et intestinaux quand la tumeur est volumineuse et exerce alors une pression contre la vessie et le rectum, dans ce cas, une hystérectomie est à envisager pour soulager ces symptômes.

Prolapsus utérin

C’est une situation pathologique dans laquelle l’utérus se détache de sa position normale, son importance varie en fonction de sa gravité allant d’une descente légère et asymptomatique à une protrusion sévère responsable de douleurs vives et de gêne au niveau du vagin.

Une hystérectomie est recommandée pour réduire un prolapsus utérin grave (dans le cas où l’utérus descend dans la cavité vaginale).

Endométriose

C’est une affection dans laquelle des tissus semblables à ceux de la muqueuse utérine se développent en dehors de l’utérus, et pendant le cycle menstruel ces tissus réagissent comme l’endomètre normal et provoquent des saignements.

Cependant, puisque le sang n’est pas extériorisé, il peut provoquer une inflammation, des douleurs voire des hémorragies internes graves.

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L’ablation de l’utérus permet également de traiter l’adénomyose qui est une forme d’endométriose mais dans laquelle le tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus va se développer dans sa paroi musculaire externe.

Cancers

Dans les cas des cancers de l’utérus, ou dans d’autres états cancéreux des organes avoisinant l’utérus, une hystérectomie est souvent nécessaire pour enlever la tumeur et prévenir sa propagation.

Important : toutes les affections gynécologiques sont à considérer et elles doivent être diagnostiquées de façon précoce, donc veuillez ne pas les négliger.

Processus de décision et examens pour une hystérectomie

L’ablation définitive de l’utérus est décidée conjointement par la patiente elle-même et son gynécologue. Cependant, elle peut revenir aux oncologues ou aux chirurgiens spécialistes des affections gynécologiques après un avis médical spécialisé.

La décision d’une hystérectomie est généralement prise après une évaluation approfondie de votre condition et en fonction des résultats de vos examens médicaux.

Les examens complémentaires tels que l’échographie pelvienne, l’IRM, les biopsies ou les examens sanguins sont utilisés pour déterminer si l’hystérectomie est un traitement approprié ou non.

Options de traitement alternatives à l’hystérectomie :

Avant de subir une hystérectomie, il est essentiel de discuter des autres options de traitement avec votre médecin et de comprendre les implications de la procédure sur votre état de santé lors de votre consultation.

Les alternatives à l’hystérectomie incluent parfois des traitements médicamenteux, des thérapies hormonales ou des procédures moins invasives (myomectomie, embolisation des fibromes utérins), qui peuvent être envisagées en fonction de la pathologie à traiter et de votre condition médicale.

Toutefois, quand une hystérectomie reste la dernière option de guérison proposée par votre médecin, il est primordial de connaître les procédures, et les complications éventuelles.

Bon à savoir : une hystérectomie n’est proposée qu’en cas de persistance des symptômes et après échec des autres alternatives. Toujours à discuter après un avis médical pertinent.

Les éventualités d’une hystérectomie

Il existe plusieurs types d’hystérectomie, chacun se différenciant par l’approche chirurgicale utilisée pour retirer l’utérus et l’affection à traiter :

  • Hystérectomie totale : l’utérus et le col de l’utérus sont retirés. C’est la forme la plus courante d’hystérectomie.

L’ablation totale de l’utérus est indiquée en cas de fibromes volumineux, de saignements persistants et d’endométriose.

  • Hystérectomie subtotale ou partielle : seule une partie de l’utérus est retirée, laissant généralement le col de l’utérus en place.

L’intervention est choisie lorsque la conservation du col de l’utérus est possible et souhaitée dans le cadre des anomalies utérines congénitales ou les adénomyoses dans la partie supérieure de l’utérus.

  • Hystérectomie radicale : en plus de l’utérus, le col de l’utérus, les tissus environnants, les annexes et parfois les ganglions lymphatiques et les tissus adjacents sont également retirés.

 Cette procédure est souvent réalisée dans le traitement du cancer de l’utérus ou d’autres cancers gynécologiques.

Hystérectomie : préparations à l’intervention

La préparation nécessite généralement quelques étapes :

Consultation médicale

Vous rencontrerez votre chirurgien pour discuter des raisons de l’opération, ainsi que les risques et les bénéfices. Notez qu’une hystérectomie se décide seulement après une décision médicale.

Préparations physique, mentale, émotionnelle

L’hystérectomie est une intervention délicate et elle demande une attention particulière, vous pouvez discuter de vos craintes à vos proches pour les alléger.

Vous pouvez également envisager un soutien psychologique bien que ce ne soit pas obligatoirement nécessaire.

L’important c’est que vous soyez sereine avant, durant et après l’opération.

Examens préopératoires

Vous devez faire quelques analyses de sang et des tests d’imagerie pour évaluer votre état de santé avant la chirurgie.

Analyses sanguines

  • NFS (numération globulaire) permet de détecter d’éventuelles insuffisances de taux de globules rouges, et de dépister des infections sous-diagnostiquées.
  • Bilan hépatique qui va évaluer la fonction du foie, à sa tolérance à l’anesthésie ainsi qu’à sa capacité de récupération après la chirurgie.
  • Bilan rénal pour détecter d’éventuels problèmes rénaux qui pourraient influencer la gestion des fluides et des médicaments au cours d’une hystérectomie.
  • Analyses électrolytiques et test de coagulation : pour éviter les complications liées à un déséquilibre électrolytique et anticiper un bon fonctionnement de coagulation.
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Imagerie

Les examens d’imagerie sont indispensables pour diriger le chirurgien pendant son intervention, vous devez pratiquer une échographie pelvienne voire une IRM (imagerie par résonance magnétique) afin d’examiner non seulement l’utérus, mais aussi les annexes et les organes du voisinage.

Comment se déroule l’intervention d’une hystérectomie ?

Selon votre cas et après décision de votre chirurgien et de l’anesthésiste en charge, l’opération peut être réalisée sous anesthésie générale ou péridurale.

Les types d’hystérectomie possible

  • Hystérectomie par voie abdominale : réalisée après ouverture de l’abdomen, l’intervention nécessite une hospitalisation de quelques jours et un temps de récupération de quelques semaines.
  • Hystérectomie vaginale : quand l’indication est un prolapsus utérin, l’intervention se fait par voie naturelle et ne nécessite pas d’incision abdominale.
  • Hystérectomie cœlioscopie : à l’aide d’un appareil optique de quelques millimètres de diamètre appelé cœlioscope, elle est moins invasive et moins douloureuse avec un temps de récupération plus rapide.  

Audrey Chevrot et ses collaborateurs ont dirigé une étude sur l’évolution des pratiques d’hystérectomie entre 2009 et 2019 en France, et les résultats ont démontré que l’évolution du nombre d’hystérectomies est corrélée au développement d’alternatives thérapeutiques et que l’intervention la plus utilisée est désormais la cœlioscopie.

Avis du professionnel

La récupération après une hystérectomie varie en fonction de l’intervention réalisée et va dépendre de votre état général après l’opération.

Il peut y avoir des implications sur la fertilité, la ménopause et votre santé sur le long terme, et vous devriez faire un suivi médical régulier.

Les règles vont définitivement cesser si vous n’êtes pas encore en ménopause, toutefois, afin de gérer ce changement brusque, vous pouvez bénéficier d’un accompagnement psychologique ou rejoindre des groupes de soutien et discuter avec des personnes dans une situation similaire.

Les risques et les complications d’une hystérectomie :

Comme pour toute intervention chirurgicale, il existe des risques associés à l’anesthésie, à l’infection postopératoire, ou à la formation de caillots sanguins.

Ces informations vous seront rapportées oralement par votre chirurgien avant l’intervention.

Vous devriez surveiller de près l’évolution de votre état de santé les jours suivant l’opération et notifier votre médecin au moindre inconfort afin de réduire la survenue d’autres complications plus graves.

Quand consulter ?

Après une hystérectomie, certaines situations devraient faire objet d’une consultation adéquate, en effet, si vous présentez :

  • Une fièvre persistante,
  • Des douleurs intenses et spontanées,
  • Des saignements anormaux, et abondants
  • Des affections urinaires à type d’incontinence ou de miction impérieuse,

Ou si vous manifestez des épisodes d’anxiété ou de dépression persistants, vous devriez informer immédiatement votre médecin.

Si vous cherchez un médecin dans votre région, consultez notre répertoire.

Important : l’hystérectomie n’empêche pas d’avoir des relations sexuelles, toutefois, vous devriez attendre un recouvrement optimal de votre état de santé, notamment une convalescence d’environ 6 à 8 semaines.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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