Incontinence anale : Exercices à faire à la maison (conseils kiné)

Article rédigé par le 15 décembre 2023

L’incontinence anale est l’émission involontaire des gaz et/ou des selles par l’anus. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), neuf personnes sur cent au monde seraient touchées par l’incontinence anale. Mais ce chiffre est largement en dessous de la réalité : l’incontinence anale étant encore tabou, ceux qui en souffrent en parlent rarement.

Vivre avec une incontinence anale impacte largement sur la qualité de vie et les relations sociales. Si vous en souffrez, n’ayez pas peur d’en parler avec votre médecin. Et sachez que de nombreuses solutions existent pour vous venir en aide. Parmi eux, il y a la rééducation anorectale.

Pour en savoir plus, lisez dans ce qui suit ce qu’est une incontinence anale et ses causes. Vous apprendrez, ensuite, les exercices à faire à la maison pour y remédier. À la fin de l’article, vous trouverez les réponses aux questions récurrentes sur le sujet.

Les 5 points essentiels

  • 1. L’incontinence anale peut être passive ou active.
  • 2. L’incontinence anale est due à une atteinte du rectum, des sphincters anaux ou des transmissions nerveuses.
  • 3. Les exercices de rééducation anorectale permettent de renforcer les muscles du plancher pelvien.
  • 4. Certaines situations requièrent un avis médical avant d’effectuer les exercices.
  • 5. Le biofeedback contre l’incontinence peut être fait en individuel.

Incontinence anale : d’où vient-elle ?

L’incontinence anale, c’est…

Les gastro-entérologues définissent l’incontinence anale comme l’impossibilité de retarder volontairement le passage du contenu intestinal à travers l’anus. L’incontinence anale concerne aussi bien les gaz que les selles. Quand elle ne touche que les selles : on parle “d’incontinence fécale”.

L’incontinence anale peut être passive ou active. Elle est dite : 

  • passive quand le besoin de déféquer ne se fait pas ressentir (le malade ne se rend pas compte de la perte de selles) ;
  • active lorsqu’elle provoque des besoins impérieux d’aller aux toilettes et d’une incapacité à se retenir.

Rappel anatomique des organes incriminés à l’incontinence anale 

Le côlon

Le côlon, la plus grande partie du gros intestin, absorbe l’eau des aliments presque totalement digérés et façonne les déchets sous forme de selles. 

Le rectum

Partie terminale du gros intestin, le rectum reçoit les matières fécales du côlon. Il les stocke jusqu’à leur évacuation par l’anus. 

L’anus et les sphincters anaux

L’anus est l’orifice terminal du tube digestif. Il fait suite au rectum. C’est par l’anus que les selles et les gaz sont évacués de l’organisme.

L’anus est fermé par deux muscles. Ce sont : 

  • le sphincter anal externe : il répond à la  commande volontaire du cerveau ;
  • le sphincter anal interne : il répond aux réflexes digestifs non volontaires.

En temps normal, l’anus constitue une barrière à l’évacuation incontrôlée des gaz et des selles. Tant que le cerveau n’en donne pas l’ordre, les sphincters, interne et externe, sont fermés. Dès que la sensation de besoin se fait ressentir : le sphincter anal interne se relâche de façon autonome ; ce qui permet l’avancée des selles dans le conduit anal. Immédiatement après, le sphincter anal externe se contracte par réflexe.

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Incontinence anale : les causes

Les différentes causes d’une incontinence anale sont : 

  • une défaillance des sphincters anaux : ils ne se contractent plus assez ;
  • une défaillance du rectum : il ne se distend plus assez pour contenir les selles ;
  • une mauvaise transmission de la sensation d’avoir envie d’aller à la selle au cerveau.

Ces situations peuvent apparaître suite à

  • une faiblesse des muscles du plancher pelvien ;
  • une constipation chronique ;
  • des hémorroïdes internes ;
  • des affections intestinales comme le syndrome de l’intestin irritable ;
  • une descente d’organe (prolapsus) ;
  • une opération gynécologique ou une intervention sur la prostate, le rectum ou l’anus ;
  • un traitement radiothérapique sur le bassin ;
  • un accouchement difficile (à ce propos, le Journal de Gynécologie Obstétrique et la Biologie de Reproduction a publié un article écrit par X. Deffieux du Service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction de l’hôpital Antoine-Béclère, Clamart, France sur les recommandations de Rééducation périnéale et abdominale dans le post-partum) ;
  • des affections touchant le système nerveux notamment l’accident vasculaire cérébral (AVC), la sclérose en plaques ou encore le diabète.

Bon à savoir : 31% des patients atteints d’accident vasculaire cérébral (AVC) mortel ont fait une incontinence anale dans la semaine précédant l’accident. Soyez vigilant. Consultez si vous faîtes une continence anale sans cause apparente.

Incontinence anale : les exercices de rééducation anorectale

La kinésithérapie participe activement à la prise en charge de l’incontinence anale. Le but est de renforcer les muscles du plancher pelvien pour éviter les défaillances musculaires. 

Voici 3 exercices que vous pouvez faire à la maison.

Pour les exécuter, commencez par une position couchée sur le dos, les genoux pliés. Quand vous êtes habitué à l’exercice, vous pouvez les faire en position assise ou débout, les jambes légèrement écartées.

La grande contraction

  1. Contractez au maximum les muscles du plancher pelvien, comme si vous vouliez retenir un gaz.
  2. Tenez la contraction de 5 à 10 secondes, tout en respirant.
  3. Relâchez complètement durant 10 secondes et recommencez. 

Réalisez 3 séries de 10 contractions en prenant 1 minute de repos entre les séries.

Le clin d’œil

  1. Contractez au maximum et le plus vite possible les muscles du plancher pelvien, comme si vous vouliez retenir un gaz.
  2. Dès que les muscles sont bien contractés, relâchez-les complètement et subitement.
  3. Recommencez. 

Réalisez 3 séries de 10 contractions en prenant 1 minute de repos entre les séries.

La minute d’endurance

  1. Contractez à environ 50 % de votre maximum les muscles du plancher pelvien jusqu’à 1 minute si vous pouvez, comme si vous vouliez retenir un gaz.
  2. Relâchez complètement.
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Réalisez 3 séries de 10 contractions en prenant 1 minute de repos entre les séries.

Quid de la fréquence ?

Ces exercices devraient être faits 2 fois par jour, 5 jours par semaine.

Maintenez ce rythme pendant 8 semaines. Par la suite, si votre état vous satisfait, vous pouvez les faire seulement 3 jours par semaine. Sinon, poursuivez au rythme de 5 jours par semaine jusqu’à un résultat qui vous convient.

Exercices pour incontinence anale : les précautions à prendre

  1. Les exercices sont à faire en dehors des fuites des selles ;
  2. Ne serrez pas les fesses, le ventre ou l’intérieur des cuisses ;
  3. Ne bloquez pas votre respiration ;
  4. Respectez vos limites : quand vous vous sentez fatigué, effectuez une pause.
  5. Avant d’effectuer les exercices, prenez un avis médical si
  • vous avez subi une opération ;
  • vous êtes sous traitement radiothérapique sur le bassin ;
  • vous avez une douleur au vagin ou une fermeture trop grande du vagin (vaginisme).

Incontinence anale : FAQ

Qu’est-ce que le biofeedback contre l’incontinence  ?

Le biofeedback, aussi appelé “biorétroaction” ou “rétroaction biologique” est une technique de rééducation qui consiste à apprendre à contrôler les sphincters. Il peut être fait avec un kinésithérapeute ou en individuel.

Quand le biofeedback est réalisé avec un kinésithérapeute, il utilise un appareillage qui permet de visualiser les muscles du plancher pelvien. Cela lui permet d’évaluer l’efficacité des exercices sur les contractions musculaires. 

Pour ce qui est de la pratique en individuel, le biofeedback se tourne vers la méditation de pleine conscience. Cette dernière consiste à se concentrer sur le temps présent et à ouvrir sa conscience à toutes les sensations (respiration, tensions musculaires, tensions internes, sensations nerveuses, etc.). Ceci permet de “reprogrammer” le cerveau permettant ainsi de maîtriser l’incontinence.

Comment savoir si on a une incontinence anale ?

On reconnaît une incontinence anale par : 

  • une émission involontaire de gaz pendant au moins trois mois ;
  • une perte incontrôlée des selles (solides ou liquides) ;
  • une apparition de résidus de matières fécales dans les sous-vêtements. 

Qui soigne l’incontinence anale ?

La prise en charge de l’incontinence anale est multifactorielle. Habituellement, ce sont les gastro-entérologues, les kinésithérapeutes et les nutritionnistes sont en première ligne. S’il y a une maladie causale (AVC, diabète ou autres), d’autres spécialistes (neurologues, endocrinologue, etc.) doivent être appelés en renfort. Du reste, un soutien psychologique est fortement recommandé.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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