Responsable du soutien et de la mobilité de la tête, la base de la région cervicale subit constamment de nombreuses contraintes. Elle présente plus de risque de développer des troubles musculosquelettiques comme la hernie discale, l’arthrose zygapophysaire. Ces derniers engendrent parfois une douleur locale intense, mais qui peut aussi se propager au niveau des membres supérieurs ce qui nécessite parfois un traitement par infiltration.
Découvrez dans cet article l’avis d’un professionnel de santé sur l’infiltration cervicale C6-C7.
Définition et anatomie
Anatomie de la colonne cervicale basse
La colonne cervicale se situe juste en bas du crâne. Elle est composée de 7 vertèbres (C1, C2, C3, C4, C5, C6, C7).
La vertèbre C1 ou atlas permet à la tête de faire un mouvement en avant et en arrière, puis le C2 ou axis lui permet de tourner. Les cinq autres vertèbres jouent un rôle capital dans le support du poids. Elles constituent la base de la nuque et s’entourent des muscles, des ligaments, des vaisseaux sanguins et des nerfs.
Des disques forment une jonction entre deux vertèbres (C4-C5 ou C5-C6 ou C6-C7). Elles permettent d’amortir les chocs et les pressions qui se créent au niveau de la zone.
Chaque disque est constitué par une structure périphérique fibrocartilagineuse (annulus) et une zone centrale molle (nucleus pulposus).
Dans la face postérieure de la colonne vertébrale, la moelle épinière parcourt le canal rachidien et possède des ramifications appelées plexus cervical. Ce dernier est constitué par des fibres nerveuses (nerfs spinaux) qui innervent les muscles antérieurs et la peau du cou.
Pathologie de la colonne cervicale basse (notamment les disques C6-C7)
Les contraintes subies par la colonne cervicale basse peuvent impacter les structures qui l’entourent et surtout, la jonction cervico-dorsale (entre les dernières vertèbres cervicales et les premières vertèbres thoraciques).
Différents types d’affection peuvent se former.
Le syndrome discal ou discopathie
En raison du stress additionnel que subissent les vertèbres cervicales ou à cause de l’âge, les cartilages des disques s’usent. Cela provoque des frottements entre les vertèbres et entraîne leur déformation (en bec-de-perroquet ou ostéophyte).
Les ostéophytes peuvent frotter les racines nerveuses qui vont à leur tour subir une inflammation. Le phénomène engendre des douleurs qui irradient parfois jusqu’à la main, ainsi que des faiblesses allant même jusqu’à la paralysie dans les cas sévères.
La hernie discale du rachis cervical
Il s’agit d’une protrusion des disques intervertébraux, situés au niveau de la partie basse de la nuque.
La hernie cervicale concerne généralement l’espace C5-C6 et C6-C7. Cela arrive lorsque le disque se dégrade à cause d’un traumatisme pouvant fragmenter l’annulus et le nucleus. Ces derniers forment une saillie dans le canal rachidien et compriment les racines nerveuses d’où l’apparition d’une inflammation.
Une hernie située au niveau C6-C7 engendre une faiblesse des muscles (les triceps et les fléchisseurs du poignet). Cela provoque un engourdissement ainsi que des picotements douloureux qui irradient jusqu’au pouce et sur le côté de la main.
Une infiltration cervicale, c’est quoi ?
L’inflammation des nerfs rachidiens au niveau de la base de la nuque est la principale cause des douleurs cervico-brachiales.
Pour y remédier, on procède parfois à une infiltration cervicale qui intervient directement sur la source de la cervicalgie ou de la névralgie cervico-brachiale. On utilise cette solution généralement lorsque les traitements conservateurs (comme les médicaments ou la kinésithérapie) n’ont pas porté fruit.
La procédure médicale consiste à injecter sur la zone ciblée, un principe actif anti-inflammatoire (des corticoïdes). Bien entendu, avant cela, le médecin injecte une anesthésie.
L’infiltration est appliquée selon une mesure d’asepsie stricte qui se fait au sein de l’espace graisseux épidural du canal rachidien. L’injection est pratiquée après un scanner qui permet une bonne précision de l’aiguille.
La procédure dure 15 à 20 minutes et sera suivie d’un repos médical de 48 heures. Ce type d’intervention est rapide et efficace, puis elle évite le recours à la chirurgie.
Pour plus de détails concernant les indications, les contre-indications et les risques de l’infiltration cervicale, cliquez ici.
Avis d’un professionnel de santé sur l’infiltration C6-C7
Chaque cas des patients diffère les uns après les autres, donc le traitement via une infiltration va en dépendre.
De manière générale, il convient de suivre initialement des traitements conservateurs pour soigner la douleur cervicale et névralgie cervico-brachiale.
Afin de soulager éventuellement les symptômes, la prise d’analgésique et décontractant musculaire est recommandée. En cas d’inflammation, la prise d’anti-inflammatoires est recommandée.
Par contre, comme plusieurs personnes n’aiment pas consommer des médicaments, il est possible de recourir à des traitements alternatifs, remèdes de grand-mère ou méthodes naturelles. Ceux-ci incluent les coussins cervicaux, appareils de massage, produits naturels, etc.
Note : Mieux vaut consulter l’avis du médecin traitant pour une prise en charge afin d’éviter les interactions potentielles avec d’autres médicaments.
Sinon, la pratique d’exercices thérapeutiques en kinésithérapie (physiothérapie) ainsi que l’ostéopathie constituent aussi une aide favorable dans la guérison de la douleur cervicale. Cela va contribuer au renforcement des muscles cervicaux, à la mobilité cervicale et au relâchement des tensions musculaires.
Pour connaître diverses stratégies visant à soulager les douleurs cervicales, consulter l’article suivant.
Lorsque la douleur devient chronique, il s’avère que les traitements conservateurs n’arrivent plus à fonctionner. Souvent, c’est parce que la douleur demeure intolérable malgré un traitement conservateur bien conduit d’une durée de 3 mois minimum. De plus, elle affecte les activités quotidiennes (comme les loisirs ou le travail).
Il arrive également que les symptômes irradient dans le membre supérieur et provoquent des paresthésies importantes (comme des picotements ou engourdissements).
C’est à ce moment-là qu’il faut envisager l’infiltration. Elle permet idéalement d’éviter l’opération chirurgicale, qui doit être considérée comme dernier recours ou en présence d’une atteinte sérieuse (comme une myélopathie symptomatique ou discopathie significative).
Rappelons qu’en fonction du degré des symptômes, il est possible qu’une seule infiltration ne soit pas suffisante. Certains recommandent au plus 3 infiltrations par an.
Lorsque le résultat est déjà encourageant au bout de la première injection, on peut dire que l’intervention est efficace.
Dans le cas contraire, on considère souvent qu’il n’y a pas avantage à faire une seconde infiltration.
Idéalement, toute infiltration devrait être écho-guidée, c’est-à-dire qu’elle devrait être réalisée avec l’aide de l’imagerie médicale pour être plus précis et augmenter les chances de guérison.
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