Infiltration de hanche : Procédure et risques (tout savoir)

Article rédigé par le 22 août 2023

La gestion de la douleur à la hanche peut se faire grâce à une infiltration au niveau de cette articulation. Elle est indiquée lorsque les modalités conservatrices n’ont pas apporté de résultats concluants, et se veut dans le but d’éviter la chirurgie.

Dans cet article rédigé par un professionnel de santé, nous discutons de la procédure à suivre pour mener à bien une infiltration de la hanche. Nous ferons également la lumière sur les risques encourus lors de ce traitement, et comment les éviter.

Définition

L’infiltration de la hanche consiste à introduire par injection, généralement des corticoïdes, dans l’articulation de la hanche. Elle peut se faire dans la cavité articulaire elle-même, dans la bourse séreuse, dans une gaine synoviale, à la périphérie d’un tendon ou à son insertion.

L’infiltration est en règle générale guidée par une radiographie ou une échographie. Cette précaution permet de vérifier le cheminement de l’aiguille en temps réel. Le médecin s’assure ainsi que la trajectoire est précise pour éviter de toucher des zones sensibles.

L’échographie semble être l’imagerie la plus adaptée car elle permet une meilleure accessibilité sans irradiation. Elle permet aussi de mieux visualiser les structures vasculaires et nerveuses ainsi que les autres tissus mous autour de l’articulation de la hanche.

Les corticoïdes ne sont pas les seuls produits administrés lors d’une infiltration de la hanche. On peut aussi faire une infiltration d’acide hyaluronique appelée viscosupplémentation. Elle a pour objectif de diminuer la douleur articulaire et d’améliorer l’état fonctionnel de l’articulation de la hanche.

L’acide hyaluronique est une substance qui est normalement fabriquée par l’articulation, et qui compose le liquide synovial. Cet acide confère au liquide synovial la capacité de lubrifier les surfaces cartilagineuses par ses propriétés visqueuses et de les protéger des chocs par ses propriétés élastiques.

Au cours de l’arthrose de la hanche  par exemple, le liquide synovial est appauvri en acide hyaluronique, ce qui rend le cartilage plus vulnérable aux forces de friction et de compression.

Les injections d’acide hyaluronique agissent plus lentement que les infiltrations de corticoïde mais leur effet est plus durable, pouvant atteindre 8 mois à 1 an.

Indications

Arthrose de hanche

Une infiltration de corticoïdes est prescrite par le médecin dans les poussées d’arthrose qui résistent aux médicaments anti-douleur et aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) par voie orale. On remarque que l’infiltration est plus efficace quand il y a un épanchement intra articulaire.

La viscosupplémentation de la hanche est aussi une alternative de traitement en cas d’arthrose modérée et symptomatique, principalement en cas d’inefficacité des médicaments antalgiques habituels (ou alors lorsque ceux-ci sont mal tolérés ou contre indiqués chez un patient).

L’infiltration de la hanche par de l’acide hyaluronique peut être aussi préconisée en cas d’arthrose sévère, surtout s’il y a une destruction rapide du cartilage ou quand une intervention chirurgicale est impossible à réaliser.

Inflammations

Les tendinites de la hanche représentent des pathologies inflammatoires indiquées dans les infiltrations de hanche. Elles peuvent se manifester de différentes manières :

  • La tendinite du moyen fessier qui se caractérise par des douleurs localisées à la face externe de la fesse. Les douleurs se manifestent surtout lorsque les fessiers sont sollicités.
  • La tendinite du tenseur du fascia lata qui touche la face externe de la cuisse. A ce niveau, la tendinite entraîne des douleurs sur la région touchée mais aussi au niveau de la hanche et au niveau du genou.
  • La bursite trochantérienne ou bursite de la hanche  qui engendre des douleurs au niveau de la hanche.
  • Les enthésites de la hanche : Il s’agit de l’inflammation de l’enthèse, c’est-à-dire la zone qui rattache aux os les tendons, les ligaments et autres structures fibreuses de l’articulation.

Lésions Chondrales

Les lésions chondrales de la hanche réfèrent à des dommages du cartilage articulair, une couche qui recouvre les os et permet aux os de glisser facilement les uns contre les autres. Ces lésions peuvent résulter de blessures aiguës, d’une utilisation excessive ou de conditions dégénératives (comme l’arthrose).

Les infiltrations de hanche peuvent être indiquées pour soulager la douleur et l’inflammation associées à ces lésions, en particulier lorsque les traitements conservateurs n’ont pas apporté de soulagement suffisant.

L’objectif est alors de réduire l’inflammation autour du cartilage endommagé et de ralentir la progression de la dégradation.

Conflit Fémoro-Acétabulaire

Le conflit fémoro-acétabulaire (CFA) est une condition où il existe un contact anormal entre l’os fémoral et le bord de la cavité acétabulaire de l’articulation de la hanche, ce qui peut entraîner des douleurs et limiter le mouvement. Cette pathologie peut être causée par des anomalies morphologiques de l’os fémoral ou de l’acétabulum.

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Les infiltrations de hanche peuvent parfois aider à réduire l’inflammation et la douleur, offrant ainsi un soulagement temporaire et permettant au patient de participer plus efficacement à la rééducation.

Ce que disent les études :
Une étude publiée par T. Sean Lynch et collaborateurs a examiné les effets d’infiltrations diagnostiques de hanche. Plus précisément, l’objectif était d’évaluer le soulagement de la douleur suite à une infiltration d’anesthésiques locaux (combiné ou non avec des corticostéroïdes). Parmi les résultats marquants :

– Les infiltrations diagnostiques de la hanche (anesthésiques locaux avec ou sans cortisone) fournissent un soulagement temporaire significatif de la douleur pour les patients souffrant de diverses pathologies de la hanche.
– Le plus grand soulagement a été atteint pour les lésions chondrales de l’acétabulum (93,3 %)
– Les résultats étaient les moins favorables pour le conflit fémoro-acétabulaire (81,6 %).
– Pour les gens qui ont par la suite subi une opération, il semble que l’absence de réponse à infiltration soit un prédicteur négatif du résultat chirurgical.
– Il est difficile de prédire les résultats à l’infiltration uniquement en observant le portrait clinique, ou les résultats d’imagerie médicale

Contre-indications

  • L’infection constitue une contre indication absolue de l’infiltration de la hanche.  A cause de l’effet immunosuppresseur des corticoïdes, un état infectieux doit être écarté avant l’administration des corticoïdes. Son administration dans un état septique augmente la morbidité en favorisant la diffusion de l’infection.
  • La présence d’une prothèse de hanche ou d’un matériel d’ostéosynthèse est également contre indiquée pour les infiltrations compte tenu du risque d’inoculer des germes suite au geste. Si une indication de prothèse a été posée, il faut garder un intervalle minimum de 2 mois après l’infiltration.
  • Présence d’une fracture : Les corticoïdes peuvent retarder la consolidation du foyer de fracture.
  • Compte tenu du risque hémorragique lié au geste, les patients porteurs de coagulopathies (défaut de coagulation du sang) ne doivent pas subir une infiltration de la hanche.
  • De même, un patient atteint de la neuropathie de Charcot ne doit pas subir une infiltration de corticoïdes car elles favorisent la progression de la maladie.

Contre-indications relatives

  • Diabète : Des valeurs de glycémie supérieures à 2,5 g/l nécessitent de différer l’infiltration et renforcer le traitement antidiabétique en attendant. Étant donné le risque accru d’infection chez les diabétiques, la vigilance concernant la recherche des foyers infectieux potentiels doit être augmentée.   En ce qui concerne le choix du produit, on va préférer le cortivazol à la dexamethasone et la bétaméthasone à l’acétate de prednisolone.
  • Utilisation d’un traitement anticoagulant : Le risque hémorragique lors de la réalisation des infiltrations coxo-fémorales est jugé moyen. Il en est de même pour le traitement antiagrégant (aspirine, anti vitamine K). Les lésions hémorragiques à type d’hématome sont difficiles à être contrôlées au niveau de la hanche. Pour limiter le risque hémorragique, il est très important d’avoir une bonne technique et d’utiliser des aiguilles plus fines.
  • La tuberculose active, l’herpès oculaire, la psychose aiguë ainsi que l’ulcère gastroduodénal sévère nécessitent de temporiser le geste. L’infiltration pourrait être réalisée une fois la maladie contrôlée, et après l’avis du spécialiste concerné.
  • L’hémodialyse et le curage ganglionnaire contre-indiquent les infiltrations pour le risque accru d’infection chez ces patients immunodéprimés.
  • A cause de l’effet immunosuppresseur des corticoïdes, la réalisation d’une infiltration dans les suites d’un vaccin vivant atténué (comme le vaccin antigrippal), doit être différée de plus de 3 semaines pour éviter le risque de maladie généralisée potentiellement mortelle.

Procédure

La durée de la procédure est d’environ 15 à 20 minutes. On utilise une aiguille verte de 0,8 mm de diamètre et de 50 mm de longueur. Lorsque le patient a une forte corpulence, l’aiguille jaune à ponction lombaire est plus adaptée. Il ne faut jamais injecter directement le corticoïde dans les tendons car cela peut provoquer une rupture tendineuse. Celui-ci est infiltré dans la gaine synoviale ou dans la zone péri-tendineuse.

L’infiltration est réalisée en regard de la facette latérale du grand trochanter car le relief du grand trochanter à la face externe de la cuisse représente le lieu d’insertion du muscle moyen fessier.

  • Le patient est en décubitus latéral (couché sur le côté non douloureux). Le point d’injection est situé à la face externe du grand trochanter au niveau du point où la douleur est maximale.
  • Après avoir désinfecté la peau, une anesthésie locale est pratiquée au besoin. Une très petite quantité de colorant est injectée pour s’assurer du bon positionnement de l’aiguille.
  • L’aiguille est placée perpendiculairement aux plans cutanés et pénètre jusqu’au périoste (membrane conjonctive et fibreuse qui constitue l’enveloppe des os) puis elle est retirée légèrement.
  • La zone est infiltrée « en étoile » en retirant l’aiguille et en changeant de direction sans ressortir de la peau pour avoir une meilleure diffusion.
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Parfois, une bursite péritrochantérienne peut être associée à la tendinite et donc en retirant le piston de l’aiguille, du liquide peut ressortir. Chez les patients obèses, il peut être difficile de repérer le grand trochanter. Dans ce cas, on utilise comme repère anatomique la crête iliaque et on descend environ de 20 cm. Le médecin peut aussi s’aider des mouvements de rotation passive de la hanche.

A cause des douleurs assez importantes après l’infiltration, la plupart des médecins associent un anesthésique local au corticoïde. À la fin de la procédure, l’aiguille est retirée et le patient retourne en salle d’attente pour environ 20 minutes afin de s’assurer qu’il n’y a pas de réaction allergique aux produits injectés.

Risques

Les effets indésirables pendant et après l’infiltration de la hanche sont des effets locaux à type de douleurs (pendant et après la procédure), des changements de pigmentation de la peau, une atrophie de la graisse péri articulaire et une hémorragie ou un hématome.

Les patients sont également exposés à des effets systémiques comme la perturbation du diabète et de l’hypertension artérielle, les bouffées vasomotrices, l’inhibition de l’axe hypothalamo hypophyso surrénalien, la septicémie (infection généralisée de l’organisme) et même le décès.

Convalescence

Après l’infiltration de la hanche, une exacerbation transitoire de la douleur peut survenir. Un glaçage de la région après le geste peut être effectué. Le patient doit éviter de se coucher sur le côté infiltré.

L’infiltration permet d’obtenir en général un bon résultat car la majorité du produit injecté reste dans l’articulation. Il agit sur la douleur et le gonflement en quelques heures ou quelques jours. Son effet se prolonge suivant les cas, de quelques jours à un ou deux mois.

Conclusion

L’infiltration de la hanche est un geste simple qui consiste à introduire par injection, des corticoïdes ou de l’acide hialuronique dans l’articulation de la hanche sous contrôle radiographique ou échographique. L’injection du produit peut se faire soit dans la cavité articulaire, dans la bourse séreuse, dans une gaine synoviale, à la périphérie d’un tendon ou à son insertion.

Les arthroses, les tendinites, les bursites et les enthésites sont les principales pathologies douloureuses de la hanche pour lesquelles ce traitement peut être indiqué.

Avant la procédure, le médecin est tenu de prendre différentes précautions car il s’agit d’un geste qui comporte certains risques surtout septique.

Généralement la convalescence est marquée par un bon résultat si le patient observe toutes les règles post infiltration.

Témoignages

Salut,

Il y a 5 jours, j’ai eu une infiltration dans la hanche. D’un côté, ça va mieux, mais de l’autre, une douleur est apparue ailleurs et ça me gêne toujours autant pour marcher finalement. C’est étrange, parfois je n’ai plus mal du tout et d’un coup ça revient, et ça repart aussi vite.

La douleur a disparu dans l’aine et elle est passée devant. J’ai lu qu’il en faut parfois 2 ou 3 infiltrations pour que ça marche bien.

Bref, la question est : qui peut prescrire une 2e infiltration ? Le généraliste peut-il le faire ?

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Références

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