Infiltration pour épitrochléite : L’essentiel à savoir

Article rédigé par le 4 juillet 2023

L’infiltration pour épitrochléite consiste à injecter un anti-inflammatoire au plus près de la zone située au niveau du coude appelée épitrochlée, avec pour objectif de soulager la douleur associée.

Ce traitement présente l’avantage d’être peu invasif et de procurer un soulagement rapide des douleurs. Toutefois, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une solution temporaire et que, dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour traiter définitivement la pathologie.

Dans cet article, nous allons vous présenter cette technique thérapeutique en détail, en fournissant les informations nécessaires pour mieux comprendre son fonctionnement et ses potentiels avantages.

Rappel Anatomique

Pour appréhender l’infiltration pour épitrochléite de manière approfondie il est essentiel de jeter un coup d’œil à l’anatomie de l’articulation du coude.

Cette dernière est constituée de trois os essentiels, à savoir l’humérus (os du bras), le cubitus (os de l’avant-bras situé du côté opposé au pouce) et le radius (os de l’avant-bras situé du même côté que le pouce).

Ces os sont reliés par plusieurs ligaments qui assurent la stabilité de nos bras tout en nous permettant de les déplacer librement d’un côté à l’autre. En outre, tout autour de nos coudes, il y a des muscles et des tendons qui nous aident à bouger nos bras de haut en bas ainsi qu’en cercle.

Au niveau du coude, on distingue deux zones importantes pour les tendinopathies : l’épicondyle et l’épitrochlée. L’épicondyle se situe à l’extérieur du coude, tandis que l’épitrochlée est à l’intérieur.

Le groupe de muscles le plus important pour comprendre l’épitrochléite est les fléchisseurs du poignet. Ce groupe de muscles aide à stabiliser nos poignets lorsque nous les utilisons dans des activités quotidiennes comme la frappe ou l’utilisation d’une souris.

Épitrochléite, c’est quoi ?

L’épitrochléite (à ne pas confondre avec l’épicondylite) est une inflammation des muscles pronateurs fléchisseurs insérés au niveau de l’épitrochlée du coude. Elle est souvent appelée « épicondylite médiale » et est caractérisée par une douleur et une raideur au niveau du coude, qui s’empirent avec l’effort, pouvant affecter la qualité de vie des personnes atteintes.

La prise en charge de l’épitrochléite doit être adaptée à chaque cas, car les symptômes et les causes peuvent varier.

Le symptôme le plus courant de l’épitrochléite est une sensibilité localisée à l’intérieur du coude, au point d’insertion des muscles fléchisseurs/pronateurs. Elle apparaît initialement de façon aiguë et peut s’aggraver avec le temps si elle n’est pas traitée.

En général, cette pathologie fait suite à une activité avec gestes répétitifs et stressants de courbure du poignet vers la paume.

Un traitement peut inclure le repos, l’application de glace, des exercices de kinésithérapie et un retour progressif à l’activité. Dans certains cas, une infiltration de corticoïdes peut être réalisée pour réduire l’inflammation et soulager la douleur.

Quand faut-il envisager une infiltration pour épitrochléite ?

L’infiltration pour épitrochléite est une procédure médicale visant à soulager la douleur et l’inflammation provoquées par cette affection.

Voici des informations sur les indications ce traitement :

  • Douleur persistante: l’épitrochléite, aussi appelée « tennis elbow », provoque une douleur au niveau du coude. Si la douleur persiste malgré le repos et l’utilisation d’antalgiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), l’infiltration peut être envisagée.
  • Amélioration de la mobilité: les infiltrations peuvent aider à réduire la douleur et l’inflammation, favorisant ainsi une meilleure mobilité du coude.
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Quand faut-il l’éviter ?

  • Infection locale ou générale: en présence d’une infection au niveau du coude ou dans l’organisme, l’infiltration est contre-indiquée, car elle pourrait propager l’infection.
  • Allergie aux corticoïdes: si le patient est allergique aux corticoïdes (la classe d’anti-inflammatoires utilisés dans les infiltrations), il ne pourra pas bénéficier de ce traitement.
  • Fracture ou instabilité articulaire: si une fracture ou une instabilité est présente au niveau du coude, l’infiltration ne serait pas appropriée.

Comment se déroule l’infiltration pour épitrochléite ?

L’infiltration pour épitrochléite constitue une intervention médicale destinée à atténuer les symptômes douloureux liés à cette pathologie

Le concept fondamental de l’infiltration est de délivrer directement un médicament, généralement un corticoïde au niveau de la zone douloureuse.

Voici les étapes clés de la procédure :

  • Préparation du patient : le patient doit être confortablement installé, en décubitus ventral, avec le bras en rotation interne derrière le dos et la main coincée au niveau de l’aine. Cette position permet au médecin d’avoir un accès pratique pour effectuer l’injection.
  • Nettoyage de la zone : la peau autour du coude est nettoyée avec un antiseptique pour créer un environnement stérile.
  • Anesthésie locale : une petite quantité d’anesthésique local est injectée près de la zone d’infiltration pour engourdir la région et réduire l’inconfort pendant la procédure.
  • Insertion de l’aiguille : le médecin insère une aiguille de gros calibre (0,8 mm) dans la zone douloureuse de l’épitrochlée, en utilisant éventuellement des techniques d’imagerie (comme l’échographie) pour guider l’aiguille avec précision.
  • Injection du médicament : le médecin injecte lentement une solution contenant des corticoïdes (cortisone) dans la zone affectée pour réduire l’inflammation et la douleur.
  • Retrait de l’aiguille : une fois l’injection terminée, l’aiguille est retirée.
  • Application d’un pansement : après l’injection, un simple pansement sans compression est appliqué, suivi ultérieurement par l’apprentissage de mouvements d’étirements systématiques des épitrochléens.

Après la procédure, il est conseillé au patient de suivre ces recommandations :

  • Repos relatif du coude pendant quelques jours.
  • Étirements réguliers des muscles épitrochléens pour prévenir l’apparition de nouvelles douleurs et favoriser la guérison.
  • Surveillance de la zone d’infiltration pour détecter d’éventuelles réactions ou infections.
  • Un contrôle technique doit être effectué entre le 10e et le 20e jour. En fonction de l’examen, une deuxième injection peut être réalisée dans les mêmes conditions, environ 3 semaines plus tard.

Quels sont les risques d’une infiltration pour épitrochléite ?

Comme toute intervention médicale, l’infiltration pour épitrochléite présentent certains risques..

  • Infection : bien que rare, il existe un risque d’infection au niveau du site d’injection.
  • Atrophie de la peau et des tissus : une infiltration répétée dans la même zone peut entraîner une atrophie (diminution de l’épaisseur) de la peau et des tissus environnants, avec une altération de l’apparence de la zone concernée.
  • Lésions des nerfs : le nerf cubital, qui passe près de l’épitrochlée, peut être lésé lors de l’infiltration si l’aiguille est mal placée.

Pour limiter les risques associés à l’infiltration pour épitrochléite, il est essentiel de consulter un médecin expérimenté et de suivre scrupuleusement les instructions données pour les soins post-injection.

De plus, les patients doivent informer leur médecin de tout problème ou effet secondaire potentiel rencontré après l’infiltration.

Quels sont les résultats attendus ?

Après une infiltration pour épitrochléite, voici à quoi vous pouvez vous attendre en termes de guérison et de récidive.

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Guérison :

  • Dans les premiers jours suivant l’infiltration, il est normal de ressentir une amélioration de la douleur.
  • Le processus de guérison peut varier en fonction de l’individu et de la gravité de l’épitrochléite.

Récidive :

  • Les infiltrations peuvent présenter une efficacité limitée en raison de la fréquence de récidive associée à cette condition pathologique, qui tend généralement à se résoudre spontanément dans un délai de 12 à 18 mois.
  • Pour prévenir une récidive, il est essentiel de bien suivre le programme de rééducation et d’éviter les mouvements ou les activités qui ont causé la condition initiale.
  • Si la douleur persiste ou s’aggrave malgré les traitements et la rééducation, consultez votre médecin pour discuter d’autres options de traitement.

Traitements alternatifs

Lorsque vous souffrez d’une épitrochléite au coude, il existe plusieurs traitements alternatifs à l’infiltration qui peuvent vous aider à guérir et à retrouver une meilleure fonction de votre bras.

Parmi ces traitements, on peut citer:

  • Repos : Il est important de laisser votre coude au repos pour permettre aux structures inflammées de cicatriser. Évitez les activités qui aggravent la douleur, et prenez le temps nécessaire pour une guérison complète.
  • Glace: l’application de glace sur la zone enflammée peut aider à réduire l’inflammation et la douleur. Appliquez la glace pendant 15-20 minutes, plusieurs fois par jour, surtout après les activités.
  • Kinésithérapie: un kiné peut vous recommander des exercices spécifiques pour aider à renforcer et étirer les muscles et les tendons concernés, tout en améliorant la mobilité de votre coude. Ils peuvent également utiliser des techniques de thérapie manuelle, tels que des massages ou des mobilisations, pour soulager la douleur et améliorer la fonction.
  • Chirurgie : la chirurgie est généralement recommandée en présence de lésions structurales significatives au niveau de l’articulation du coude, ou en cas d’instabilité persistante malgré l’utilisation de mesures conservatrices.

Nos conseils

Gestes et travail

Au travail, il est important de surveiller les gestes et postures pour éviter d’aggraver l’épitrochléite. Adoptez une posture correcte lors des activités impliquant votre coude, et prenez des pauses régulières pour permettre à vos muscles et tendons de récupérer.

Exercices et massages

Intégrez des exercices d’étirement et de renforcement dans votre routine quotidienne pour renforcer les muscles pronateurs fléchisseurs et contribuer à la prévention de l’épitrochléite. Un massage doux et des automassages peuvent aussi aider à soulager la tension accumulée et favoriser la guérison.

Posture et poste de travail

Ajustez votre poste de travail en fonction de vos besoins et prenez en compte les critères ergonomiques pour assurer une sollicitation minimale des tendons affectés. N’hésitez pas à consulter un professionnel pour vous conseiller sur les ajustements nécessaires.

Charges et activités sportives

Évitez de soulever des charges lourdes ou de solliciter exagérément votre coude pendant une période prolongée. Pour les activités sportives, choisissez des sports qui sollicitent moins le coude, ou demandez conseil à un professionnel pour adapter votre pratique sportive.

Références

Épitrochléite : Définition et prise en charge (tout savoir) – TMS Membres Supérieurs (tms-membre-superieur.com)

Epitrochléite : Comment j’infiltre ? – La médecine du sport (lamedecinedusport.com)

Épitrochléite – Lésions et intoxications – Manuels MSD pour le grand public (msdmanuals.com)

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