Infiltration pour maladie de Morton : Tout savoir

Article rédigé par le 26 juin 2023

L’infiltration pour maladie de Morton est une technique thérapeutique consistant à injecter un médicament, généralement un mélange de cortisone et d’anesthésie locale, au niveau du nerf plantaire médial.

En bloquant la transmission des signaux douloureux, cette procédure offre un soulagement significatif aux patients qui n’avaient plus d’autres options thérapeutique.

Dans cet article, nous explorerons le rôle essentiel d’une infiltration pour maladie de Morton dans le soulagement des patients, mettant en avant cette solution prometteuse pour ceux qui se retrouvent sans alternatives efficaces.

Maladie de Morton, c’est quoi ?

La maladie de Morton ou syndrome de Morton, est une condition pathologique caractérisée par des douleurs considérables localisées à la base du pied et entre les orteils. Cette affection résulte de la compression d’un nerf interdigital situé entre deux têtes métatarsiennes.

Elle est généralement observée chez les individus adultes, et présente une prévalence plus élevée chez les femmes âgées de plus de 50 ans.

Explication de la condition

Il s’agit d’une pathologie caractérisée par l‘irritation du nerf plantaire médial entre les 2ème, 3ème ou 4ème espaces inter-métatarsiens.

En raison de l’espace limité dans cette zone (ligament peu extensible), la compression du nerf se produit, entraînant la formation de fibrose et provoquant ainsi la douleur. Cette douleur peut se propager dans toute la partie antérieure du pied.

Le terme « névrome » fait référence à une tumeur bénigne du nerf, mais en réalité, il s’agit d’une fibrose qui se développe suite à l’irritation du nerf, entraînant sa dilacération. Ainsi, la fibrose péri-neurale constitue le névrome de Morton.

Diagnostic

Le diagnostic du syndrome de Morton est principalement clinique lorsqu’il présente des caractéristiques typiques. On peut utiliser l’imagerie pour la différencier d’autres pathologies du pied (comme l’arthrose ou l’algodystrophie, atteintes du talon, etc.).

Le traitement initial est généralement médical, surtout en cas de symptômes récents. Cependant, si le traitement médical échoue ou si le nerf est devenu volumineux (formant un « névrome de Morton« ), une intervention chirurgicale est envisagée.

En cas d’échec des traitements conservateurs, des infiltrations de corticoïdes pourraient être envisagées. Cependant, ces injections ne doivent pas être répétées fréquemment, et leur efficacité peut être limitée.

Quand faut-il envisager une infiltration pour maladie de Morton ?

L’infiltration est souvent utilisée dans le traitement de la maladie de Morton pour soulager les douleurs associées.

Les infiltrations de corticoïdes, à base de cortisone, sont généralement proposées lorsque les douleurs persistent malgré les traitements médicaux classiques.

Voici les principales indications pour les infiltrations :

  • Douleurs persistantes malgré le traitement médical
  • Fonction limitée en raison de la douleur
  • Réduction de l’inflammation de l’articulation ou du nerf

Quand faut-il l’éviter ?

Cependant, il est important de noter que certains patients peuvent présenter des contre-indications aux infiltrations de corticoïdes.

Les situations suivantes peuvent être considérées comme des contre-indications relatives :

  • Infection active de l’articulation
  • Diabète non équilibré

Il est essentiel que vous informiez votre médecin rhumatologue si vous présentez l’une de ces contre-indications. Dans ces cas, le médecin décidera si l’infiltration est appropriée ou si des précautions supplémentaires sont nécessaires.

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Comment se déroule une infiltration pour maladie de Morton ?

La procédure d’infiltration pour maladie de Morton est une intervention ambulatoire réalisée en cabinet médical ou en clinique.

Voici quelques étapes clés de sa réalisation :

  • Préparation du patient : le patient est allongé sur une table d’examen, et la zone d’infiltration est soigneusement nettoyée et désinfectée. Une anesthésie locale peut être administrée pour réduire la douleur pendant l’injection.

Ce que disent les études : Une revue systématique réalisée par Peter Morgan et collaborateurs en 2014 a comparé l’efficacité des infiltrations échoguidée en comparaison avec des infiltrations réalisées sans imagerie médicale chez des patients souffrant de névrome de Morton.

Les résultats ont montré que l’utilisation de l’échographie pour guider les infiltrations de corticostéroïdes peut améliorer le soulagement de la douleur à court et à long terme, réduire le besoin de procédures supplémentaires, diminuer le besoin de recourir à la chirurgie, et augmenter l’efficacité de l’intervention.

  • Infiltration de cortisone : le médecin utilise une aiguille fine pour injecter une combinaison de corticostéroïdes et d’anesthésiques locaux directement à l’emplacement du névrome de Morton.
  • Période de repos : après l’infiltration, le patient doit se reposer brièvement à la clinique. Un pansement est appliqué sur la zone d’injection pour éviter l’infection.
  • Suivi : l’effet anti-inflammatoire de la cortisone peut prendre plusieurs jours à se manifester. Un suivi avec le médecin est généralement nécessaire pour évaluer l’efficacité du traitement et décider d’éventuelles interventions supplémentaires.

L’objectif primordial de l’infiltration consiste à atténuer la douleur et l’inflammation liées à la maladie de Morton afin d’améliorer la qualité de vie du patient.

Toutefois, il est conseillé de limiter les infiltrations à un maximum de trois par an, conformément aux recommandations générales.

Bien que la procédure soit généralement considérée comme sûre, il existe un risque de complications. Il est donc essentiel d’aborder toutes vos préoccupations et de poser des questions à votre professionnel de santé pour obtenir des éclaircissements.

Quels sont les risques d’une infiltration pour maladie de Morton ?

L’infiltration pour maladie Morton présente certains risques et effets secondaires.

En tant que patient, il est important d’être informé des complications possibles :

  • Effets secondaires: après l’infiltration, vous pourriez ressentir une augmentation de la douleur, un gonflement, voire un léger engourdissement dans la zone traitée. Ces effets sont généralement temporaires et se résorbent rapidement.
  • Infection: comme pour toute procédure médicale, il y a un risque d’infection, bien que faible. Pour minimiser ce risque, le médecin s’assure de respecter scrupuleusement les règles d’hygiène et d’asepsie lors de la réalisation de l’infiltration.

Lors de votre consultation avec le médecin, il est important de discuter de ces risques et complications pour prendre une décision éclairée sur l’opportunité de recourir à une infiltration pour traiter votre névrome de Morton.

Quels sont les résultats attendus ?

Après le traitement par infiltration pour la maladie de Morton, la majorité des patients ressentent une amélioration significative de leurs symptômes.

Voici quelques points clés à connaître concernant les résultats suite à une infiltration :

  • Soulagement: 90% à 95% des patients rapportent de bons à très bons résultats avec un soulagement de la douleur après le traitement.
  • Convalescence: la période de convalescence varie d’un patient à l’autre. Certains peuvent reprendre leurs activités quotidiennes rapidement, tandis que d’autres pourraient nécessiter une période de repos plus longue. Il est important de suivre les recommandations de votre médecin.
  • Rééducation: bien qu’il ne s’agisse pas d’une chirurgie, la rééducation peut être bénéfique pour certains patients. Le renforcement des muscles du pied et l’étirement des nerfs et des tendons peuvent aider à prévenir les récidives et à maintenir une bonne santé du pied.
  • Améliorations à long terme: la majorité des patients ressentent un soulagement durable après une ou plusieurs infiltrations. Cependant, il est essentiel de continuer à prendre soin de ses pieds et d’adopter de bonnes habitudes pour minimiser le risque de réapparition de la maladie.
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Il est important de garder à l’esprit que chaque individu est différent et que les résultats peuvent varier en fonction de la gravité de la maladie de Morton et des autres facteurs individuels.

Traitements alternatifs

Les traitements médicaux pour la maladie de Morton sont dits « conservateurs » car ils ne font pas intervenir la chirurgie. Ils sont d’autant plus efficaces s’ils sont mis en place précocement après le diagnostic.

Chaussures et semelles

Le choix des chaussures et des semelles est essentiel pour prévenir et soulager les douleurs liées à la maladie de Morton.

Voici quelques conseils :

  • Chaussures : privilégiez des chaussures souples, avec un talon bas et une largeur suffisante pour le pied.
  • Semelles orthopédiques : des semelles sur mesure, spécifiquement conçues pour répartir la pression et soulager le névrome, peuvent être prescrites par votre médecin.

Orthèses et kinésithérapie

D’autres méthodes peuvent également être utilisées pour aider à traiter la maladie de Morton :

  • Orthèses : des dispositifs spécifiques, tels que des coussinets métatarsiens ou des écarteurs d’orteils, peuvent être utilisés pour soulager la pression sur le nerf.
  • Kinésithérapie (physiothérapie) : un kinésithérapeute peut vous aider à renforcer les muscles de votre pied et à améliorer sa mobilité, réduisant ainsi les douleurs causées par le névrome.

Il est important de discuter avec votre médecin des différentes options de traitement afin de déterminer laquelle est la mieux adaptée à votre situation.

Si ça ne fonctionne pas : chirurgie ?

Dans les cas où l’infiltration de cortisone ne soulage pas suffisamment la douleur, une intervention chirurgicale peut être envisagée.

L’intervention chirurgicale pour le névrome de Morton peut être réalisée sous anesthésie générale ou locale, et elle peut inclure :

  • Libération du nerf irrité pour lui donner plus d’espace
  • Ablation du névrome de Morton si nécessaire

Après l’opération, il est courant de recourir à des orthèses plantaires post-opératoires pour corriger les déséquilibres biomécaniques qui peuvent avoir contribué au développement du névrome et pour prévenir l’apparition de problèmes similaires sur l’autre pied.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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