Infiltration pour névralgie pudendale : Guide complet

Article rédigé par le 6 juillet 2023

L’objectif de l‘infiltration pour névralgie pudendale est de réduire les douleurs en apportant une action anti-inflammatoire ciblée et prolongée au contact du nerf pudendal.

Ce traitement présente l’avantage d’être peu invasif et de procurer un soulagement rapide des douleurs. Toutefois, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une solution temporaire et que, dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour traiter définitivement la pathologie.

Dans cet article rédigé par un médecin, nous allons vous présenter cette technique thérapeutique en détail, en fournissant les informations nécessaires pour mieux comprendre son fonctionnement et ses potentiels avantages.

Rappel anatomique

Le nerf pudendal (anciennement nerf honteux) est une composante essentielle du système nerveux qui innerve la région pelvienne, il est responsable de la transmission des sensations et du contrôle moteur du périnée.

Ce nerf provient des racines nerveuses S2, S3 et S4 au niveau du plexus sacral et traverse le canal d’Alcock.

Le canal d’Alcock, également appelé canal pudendal, est un passage anatomique situé entre le ligament sacroépineux et l’obturateur interne. Ce canal peut causer des compressions du nerf pudendal en raison de facteurs tels que les changements anatomiques, les traumatismes ou les inflammations.

Le périnée est la région située entre le pubis et le coccyx, comprenant les organes génitaux externes et l’anus. Cette zone est innervée par le nerf pudendal et peut être affectée par des douleurs ou des dysfonctionnements lorsqu’il y a une névralgie pudendale.

Il est important de comprendre ces structures anatomiques lorsqu’on aborde le sujet de l‘infiltration pour névralgie pudendale. Les infiltrations sont des injections ciblées d’anti-inflammatoires qui agissent directement sur les zones enflammées ou comprimées, permettant ainsi de soulager la douleur et d’améliorer la fonction du nerf atteint.

Névralgie pudendale, c’est quoi ?

La névralgie pudendale, également appelée algie pudendale ou syndrome du canal d’Alcock est une pathologie qui touche le nerf pudendal. Ce dernier joue un rôle important dans le mécanisme de l’érection ainsi que dans la continence urinaire et anale.

C’est une neuropathie chronique qui entraîne des douleurs périnéales chroniques, souvent aggravées par la position assise et soulagées au repos. Ces sensations douloureuse sont généralement décrites comme des décharges électriques, des pincements, des torsions, des brûlures ou des engourdissements.

Voici quelques caractéristiques générales de cette pathologie :

  • On observe une prédominance féminine avec un sex-ratio de 6:4.
  • Elle peut être causée par une compression, une irritation ou une inflammation du nerf pudendal.
  • Les critères diagnostiques, dits de Nantes, incluent la topographie des douleurs, le déclenchement ou l’aggravation par la position assise, l’absence de déficit sensitif ou moteur et la réponse positive à l’infiltration anesthésique (bloc pudendal à la lidocaïne à 1 %).

Le traitement de la névralgie pudendale comprend plusieurs approches :

  • Médicamenteux : utilisation d’antiépileptiques, d’antidépresseurs et de relaxants musculaires spécifiques pour les douleurs neuropathiques.
  • Infiltrations : injections ciblées d’anti-inflammatoires au contact du nerf pudendal pour diminuer les douleurs. Cette méthode est efficace dans 15 à 20% des cas pour une résolution définitive ou prolongée des symptômes, et dans 60% des cas pour une amélioration temporaire.
  • Rééducation périnéale : travail avec un kinésithérapeute pour renforcer les muscles du périnée et soulager la douleur.
  • Interventions chirurgicales : dans certains cas, la décompression du nerf pudendal peut être envisagée pour soulager les patients.
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Quand faut-il envisager une infiltration pour névralgie pudendale ?

L’infiltration pour névralgie pudendale est une procédure utilisée pour diagnostiquer et traiter les douleurs pelvi-périnéales.

Voici les indications de cette méthode :

  • Douleurs pelvi-périnéales: l’infiltration est souvent réalisée pour confirmer le diagnostic de névralgie pudendale. Si les douleurs disparaissent ou diminuent significativement après l’injection d’un anesthésique, cela confirme le diagnostic de névralgie pudendale.
  • Échec des autres traitements: L’infiltration est recommandée lorsque d’autres traitements, tels que kinésithérapie, médicaments et traitements plus conservateurs, n’ont pas apporté de soulagement sur une durée de plus de 6 mois.

Bon à savoir :
Les infiltrations du nerf pudendal sont également utilisés dans le diagnostic et le traitement de la vulvodynie, une condition de douleur chronique affectant la zone vulvaire. Pour info, le nerf pudendal est responsable de l’innervation sensorielle de la vulve. En ciblant le nerf pudendal, ces injections peuvent aider à identifier la source de la douleur, en plus de soulager les symptômes associés à la vulvodynie.

Quand faut-il l’éviter ?

  • Absence de déficits sphinctériens: l’infiltration n’est généralement pas recommandée si des déficits sphinctériens ne sont pas présents.
  • Allergies ou intolérances: les patients présentant des allergies ou intolérances aux anesthésiques ou autres médicaments utilisés lors de l’infiltration ne sont pas de bons candidats pour cette procédure.
  • Infection: en cas d’infection active dans la région pelvienne, l’infiltration n’est pas recommandée pour éviter la propagation de l’infection.
  • Traitement anti-coagulant  (ex : Plavix, Kardégic, héparine, AVK type Sintrom,…)

Une attention particulière est accordée à la prise en charge du patient diabétique en raison de son risque accru de complications infectieuses et de la possibilité potentielle d’une décompensation transitoire du diabète.

Comment se déroule une infiltration pour névralgie pudendale ?

L’infiltration pour névralgie pudendale est un traitement symptomatique utilisé pour soulager les douleurs causées par cette condition.

Voici les étapes clés de la procédure:

  • Préparation : avant de commencer, le médecin examinera l’état de santé du patient et lui fournira des informations sur la procédure, la préparation nécessaire et les risques potentiels. Il demandera éventuellement un bilan biologique comportant : numération plaquettaire et bilan d’hémostase.
  • Repérage radiographique : le patient est installé en décubitus ventral sur la table de scanner et doit rester immobile pendant environ quinze minutes. Des images de repérage sont réalisées sur la zone d’intérêt.
  • Anesthésiants: des anesthésiants locaux seront appliqués sur la zone à traiter pour minimiser la douleur pendant la procédure.
  • Insertion de l’aiguille et infiltration : une aiguille très fine est minutieusement positionnée à proximité de la zone de conflit. Après avoir vérifié son bon positionnement à l’aide de l’injection d’une petite quantité de produit de contraste, une dose d’anesthésiant et d’anti-inflammatoire (cortisone) est administrée.
  • Pansement : après une dernière désinfection, un pansement sec est appliqué sur le site de ponction.

La procédure est réalisée en ambulatoire, impliquant le retour du patient à son domicile après une surveillance de courte durée (15 minutes) au sein du service médical.

Il est important de noter que l’infiltration pour névralgie pudendale n’est pas un traitement définitif, mais elle peut offrir un soulagement temporaire des symptômes.

Les résultats varient d’un patient à l’autre, et certains peuvent nécessiter des traitements supplémentaires ou d’autres approches thérapeutiques pour gérer leur douleur de manière efficace.

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Quels sont les risques de l’infiltration pour névralgie pudendale?

L’infiltration pour la névralgie pudendale, bien qu’elle soit généralement sûre, comporte certains risques et effets secondaires potentiels qui doivent être pris en compte :

  • Inconfort temporaire : les patients peuvent ressentir un inconfort ou une douleur légère au niveau du site d’injection, qui disparaît généralement après quelques heures ou quelques jours.
  • Réactions allergiques : Certaines personnes peuvent développer une réaction allergique aux médicaments utilisés pendant l’infiltration. Les symptômes de l’allergie comprennent généralement des rougeurs, des démangeaisons ou des gonflements au niveau du site d’injection.
  • Infection : bien que rare, il existe un risque d’infection au niveau du site d’injection. Les signes d’une infection comprennent une rougeur croissante, un gonflement, de la chaleur et une douleur intense.
  • Dysfonctionnement temporaire du sphincter vésical : qui peut entraîner une incontinence rapidement réversible. Il est donc nécessaire de procéder à une vidange complète de la vessie juste avant l’intervention.
  • Déficit temporaire d’un membre inférieur : c’est le résultat d’une diffusion de l’anesthésique local au niveau du nerf sciatique.

Malgré ces risques, l’infiltration pour névralgie pudendale est une option de traitement efficace pour de nombreux patients souffrant de douleurs chroniques liée à cette condition.

Il est important de discuter avec votre médecin de ces risques et de déterminer si cette procédure est la meilleure option pour vous.

Si ça ne fonctionne pas, chirurgie ?

L’intervention chirurgicale sur le nerf pudendal ne devrait être envisagée qu’en dernier recours. Son objectif consiste à décomprimer le nerf pudendal dans le canal d’Alcock et de réaligner son trajet afin de prévenir de futures compressions.

La chirurgie est recommandée lorsque les douleurs persistent pendant plus de six mois malgré un traitement médicamenteux. Cette option est également appropriée dans les cas de récidive.

Ce que disent les études :
D’après une étude du Dr. Filler sur 200 patients, l’application de nouvelles techniques chirurgicales ciblées pour la névralgie pudendale a conduit à des résultats encourageants.

Plus précisément, l’auteur a noté une amélioration de 50 à 100% d’un score reflétant le soulagement de la douleur ou l’amélioration de la fonction chez 87% des patients. La majorité des patients ont vu leurs symptômes s’améliorer dans les 4 semaines suivant la chirurgie, et d’autres ont même noté une amélioration jusqu’à 12 mois après l’opération.

Références

Les articles et ressources utilisés dans la rédaction de cet article
Processus de création d’articles chez le Groupe SANTEPOURTOUS

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