Infiltration pour sciatique : Tout savoir

Article rédigé par le 2 mars 2024

L’infiltration pour sciatique est une option thérapeutique pour les douleurs rebelles qui ne répondent pas aux autres traitements conservateurs. Elles consistent en l’injection de corticoïdes directement dans la région affectée pour réduire l’inflammation et soulager la douleur.

Dans cet article, nous allons vous présenter cette technique thérapeutique en détail, en fournissant les informations nécessaires pour mieux comprendre son fonctionnement et ses potentiels avantages.

Rappel anatomique

Chaque nerf émerge de la colonne vertébrale à travers des foramens intervertébraux. Le nom du nerf est déterminé en fonction de la vertèbre supérieure à laquelle il est associé. Par exemple, si le nerf sort entre la quatrième et la cinquième vertèbre lombaire, il est appelé nerf spinal L4.

Une fois qu’il quitte la colonne vertébrale, le nerf entre en contact avec d’autres nerfs spinaux pour former ce qu’on appelle un plexus. Au niveau lombaire, il existe un plexus qui donne naissance au nerf sciatique (plexus lombo-sacré). Le nerf sciatique est composé de fibres nerveuses provenant des nerfs spinaux L4, L5, S1 et S3, qui sont situés dans la région lombaire inférieure et sacrée.

également connu sous le nom de nerf ischiatique, c’est le nerf le plus volumineux dans le corps humain. Il descend le long de la cuisse, en passant par la fesse et se divise en deux branches – le nerf tibial et le nerf fibulaire commun – pour se rendre jusqu’aux jambes.

L’espace épidural est un espace situé entre la dure-mère (une membrane protectrice qui entoure la moelle épinière) et la paroi vertébrale. C’est dans cet espace que se déroulent certaines techniques d’infiltration en cas de sciatique.

Sciatique, vue d’ensemble

La sciatique est une condition médicale se manifestant par une douleur radiculaire qui se propage le long du nerf sciatique, présentant une irradiation localisée au niveau des muscles fessiers et de la face postérieure de la jambe, jusqu’au pied. Il ne faut pas la confondre avec la cruralgie qui touche généralement l’avant de la jambe.

Causes

La compression du nerf sciatique peut résulter de diverses causes, présentant un éventail de gravité. La sciatique peut être provoquée par des facteurs aussi simples que la mauvaise posture, une entorse ou un spasme musculaire, la grossesse, l’obésité, le port de chaussures à talon haut ou l’utilisation d’un matelas trop mou.

Parmi les causes plus sérieuses, il convient de mentionner la compression exercée sur le nerf sciatique ou ses racines nerveuses par une hernie discale.

Dans certaines occurrences, la sciatique peut être attribuée à une inflammation résultant d’une forme d’arthrite, ou bien à la compression du nerf sciatique engendrée par une tumeur qui entoure la moelle épinière dans la région lombaire.

Symptômes

La sciatique se caractérise par un symptôme principal consistant en une douleur irradiante qui se propage de la fesse le long de la cuisse et de la jambe. Parfois, la douleur s’arrête au niveau du genou, tandis que dans d’autres cas, elle atteint le pied.

Elle peut également concerner le rachis lombaire : On parle alors de lombosciatique.

Les caractéristiques de la douleur associée à la sciatique peuvent varier, allant de fulgurante à une sensation de brûlure, et d’aiguë à lancinante. Elle peut être constante ou apparaître de manière occasionnelle. Généralement, elle se manifeste uniquement d’un côté du corps.

Certains individus peuvent présenter une douleur aiguë et intense, tandis que d’autres décrivent une sensation d’engourdissement et de faiblesse dans la partie de la jambe affectée. Ces symptômes peuvent parfois indiquer des problèmes neurologiques plus graves.

Diagnostic

Les symptômes jouent un rôle essentiel dans le processus de diagnostic médical. Le médecin entreprend une démarche d’investigation afin de localiser les zones douloureuses le long de la colonne vertébrale, en utilisant des méthodes cliniques appropriées.

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En complément, d’autres examens diagnostiques peuvent être ajoutés. Il peut s’agir d’une radiographie, d’une tomodensitométrie (scanner) ou d’une imagerie par résonance magnétique (IRM).

Traitement

Le traitement médical de la sciatique consiste à soulager les symptômes et à traiter la cause sous-jacente, telle qu’une hernie discale, le cas échéant.

Une approche courante implique l’utilisation d’infiltrations de corticoïdes. Ces infiltrations permettent de réduire la douleur et l’inflammation en administrant des corticostéroïdes directement dans la zone affectée.

En complément, le médecin peut prescrire des relaxants musculaires, des analgésiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour atténuer la douleur. Dans certains cas, l’administration de médicaments visant à diminuer la transmission des signaux douloureux par les nerfs peut également contribuer à atténuer les symptômes.

Toutefois, si la sciatique est sévère, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour corriger la cause sous-jacente.

Quand faut-il envisager une infiltration pour sciatique ?

L’infiltration pour sciatique est un traitement souvent proposé lorsque les traitements médicamenteux (paracétamol, aspirine, ibuprofène) ne suffisent pas à soulager la douleur et l’inconfort.

Voici quelques indications à considérer :

Sciatiques chroniques : les infiltrations sont généralement proposées pour les sciatiques rebelles et persistantes, lorsque les douleurs et l’inflammation ne s’améliorent pas avec d’autres traitements.

Limitations fonctionnelles : si la douleur a un impact significatif sur les activités quotidiennes, la mobilité ou la qualité de vie, une injection peut être envisagée pour soulager temporairement la douleur et améliorer la capacité à participer à la kinésithérapie ou à d’autres activités de rééducation

Quand faut-il l’éviter une infiltration pour sciatique ?

  • Grossesse : les infiltrations de corticoïdes sont généralement déconseillées pendant la grossesse en raison du risque potentiel pour le fœtus.
  • Infections: les personnes souffrant d’infections locales ou systémiques ne sont généralement pas éligibles pour les infiltrations en raison du risque d’aggraver l’infection.
  • Allergies: les personnes allergiques aux corticoïdes ou à tout autre médicament utilisé lors de l’infiltration ne doivent pas recevoir ce traitement.
  • Diabète non contrôlé : les patients atteints de diabète doivent être traités avec prudence, car les corticostéroïdes utilisés dans l’infiltration peuvent affecter l’équilibre glycémique et aggraver la maladie.

Il est important de consulter votre médecin pour discuter des indications et contre-indications spécifiques à votre situation, afin de déterminer si l’infiltration est un traitement approprié pour votre sciatique.

Comment se déroule une infiltration pour sciatique ?

Les injections lombaires épidurales sont l’une des options de traitement les plus courantes pour la gestion des douleurs lombaires, y compris la sciatique.

Avec ces injections, de la cortisone ou un autre corticostéroïde est injecté directement dans les tissus entourant le nerf sciatique à la rencontre de la colonne vertébrale lombaire, dans une région appelée l’espace épidural (infiltration épidurale).

La procédure d’infiltration pour sciatique peut être réalisée par un rhumatologue ou un autre spécialiste médical.

Voici les étapes clés de cette procédure :

  • Préparation du patient : le patient est mis en position adaptée selon la zone à traiter. On peut administrer une anesthésie locale pour réduire l’inconfort.
  • Guidage de l’aiguille : le médecin utilise un système de guidage, qui peut être radiologique ou échographique, pour repérer et atteindre précisément la zone d’inflammation. Un produit de contraste est souvent injecté afin d’améliorer la visualisation de la zone concernée sous radiographie.
  • Injection des médicaments : une fois l’aiguille en place, le médecin injecte une combinaison de médicaments, généralement un corticostéroïde et un anesthésiant. L’infiltration épidurale peut être réalisée dans certains cas pour cibler spécifiquement l’espace proche de la racine nerveuse affectée.
  • Surveillance post-procédure : après l’infiltration, le patient est surveillé pendant un certain temps pour détecter d’éventuelles complications ou réactions indésirables.

L’infiltration pour sciatique est une méthode de traitement qui peut offrir un soulagement rapide et efficace de la douleur. Cependant, il est important de consulter un professionnel de santé qualifié pour déterminer si cette procédure est appropriée pour votre situation spécifique.

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Quels sont les risques de l’infiltration pour sciatique ?

Toutefois, comme pour toute intervention médicale, il existe des risques et des effets indésirables associés à l’infiltration pour sciatique.

Voici quelques-uns des risques potentiels :

  • Infection : bien que rare, il est possible qu’une infection survienne au niveau du site d’injection. Pour minimiser ce risque, les médecins respectent des protocoles d’asepsie stricts lors de l’infiltration.
  • Hématome : un hématome peut se former suite à l’infiltration, entraînant des douleurs et un gonflement au niveau du site d’injection. Dans la plupart des cas, ces hématomes sont temporaires et disparaissent avec le temps.
  • Réaction allergique : certaines personnes peuvent être allergiques à l’un des médicaments utilisés lors de l’infiltration (corticoïdes). Il est important de signaler à votre médecin toute allergie connue avant la procédure.
  • Complications rares : certaines complications plus rares peuvent survenir, comme une lésion du nerf sciatique ou des structures environnantes. Cependant, ces complications sont exceptionnelles et les médecins prennent toutes les précautions nécessaires pour les éviter.

Il est essentiel de discuter avec votre médecin des bénéfices et des risques associés à l’infiltration pour sciatique, afin de prendre une décision éclairée sur le traitement le plus approprié pour vous.

Que dit la science ?

Les recherches sur les injections de corticoïdes dans le contexte de la sciatique sont limitées.

Une étude a été menée afin d’évaluer l’effet de trois modalités d’injections distinctes au niveau de la colonne vertébrale. Environ 80 sujets souffrant de sciatique ont été assignés de manière aléatoire pour recevoir soit des injections de corticoïdes, soit un agent pharmacologique antirhumatismal, soit des injections d’eau salée (considérées comme un placebo ou un traitement simulé). Chaque sujet a été soumis à deux injections, espacées de deux semaines.

Les résultats, obtenus un mois après la dernière infiltration, ont démontré une amélioration plus significative des symptômes chez les individus ayant reçu des corticoïdes épiduraux, par rapport aux autres traitements. Cependant, cette amélioration n’a pas atteint un niveau de significativité statistique en comparaison avec l’agent pharmacologique antirhumatismal ou l’injection d’eau salée.

Une autre étude a relevé ce qui suit :

Les injections de corticoïdes épiduraux administrées aux individus souffrant de sciatique aiguë, soit une apparition récente des symptômes, ont permis de réduire l’inflammation associée aux premiers stades de cette affection.

Les sujets ayant bénéficié de ces injections durant la phase initiale de la sciatique ont manifesté un soulagement de la douleur plus prononcé et une amélioration de leur fonctionnalité, en comparaison avec les sujets ayant simplement reçu un traitement analgésique.

Traitements alternatifs

Il existe plusieurs traitements alternatifs pour soulager les douleurs sciatiques. Outre les médicaments, il est possible d’explorer d’autres méthodes pour atténuer la douleur et l’inflammation.

Voici quelques traitements alternatifs pouvant être envisagés :

Médicaments

  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ces médicaments, tels que l’ibuprofène, réduisent l’inflammation et la douleur. Ils sont généralement prescrits en début de traitement
  • Antalgiques : le paracétamol est un médicament couramment utilisé pour soulager les douleurs légères à modérées. Il peut être utilisé en association avec des AINS.

Autres traitements

  • Chaleur et glace : l’application alternée de chaleur et de glace peut aider à soulager la douleur et l’inflammation causées par la sciatique.
  • Exercices et étirements : des mouvements spécifiques et des étirements peuvent aider à renforcer les muscles du dos et réduire la douleur sciatique.
  • Thérapies physiques : un kinésithérapeute peut proposer des exercices et des traitements pour aider à réduire la douleur et améliorer la mobilité.

Chirurgie

La plupart des sciatiques guérissent spontanément en 6 à 8 semaines. Cependant, dans certains cas, la chirurgie peut être nécessaire pour soulager la douleur et les symptômes.

Références

Epidural Corticosteroid Injections for Sciatica (verywellhealth.com)

Sciatique – Causes, Symptômes, Traitement, Diagnostic – salutbonjour.ca

Infiltration épidurale : efficace pour le mal de dos ? | (lombafit.com)

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