Infiltration sacro-iliaque : Guide complet

Article rédigé par le 20 août 2023

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

L’infiltration sacro-iliaque est utilisée lorsqu’on soupçonne que la douleur dans la région lombaire, la fesse ou la jambe provient de l’articulation sacro-iliaque. Elle est soit à visée diagnostique pour confirmer l’atteinte de la sacro-iliaque, soit thérapeutique dans le but de soulager les symptômes.

Dans cet article rédigé par un professionnel de santé, nous couvrons tout ce qu’il faut savoir avant de considérer ce type d’infiltration.

Définition et anatomie

Pour mieux comprendre l’infiltration sacro-iliaque, il convient d’expliquer l’articulation sacro-iliaque d’un point de vue anatomique et physiologique.

L’articulation sacro-iliaque relie les os du bassin (appelés iliaques) au sacrum, un os triangulaire situé sous les vertèbres lombaires. La fonction principale des articulations sacro-iliaques est d’absorber les chocs, et d’augmenter la stabilité du tronc.

On estime que l’articulation sacro-iliaque est responsable de 15 à 30% des cas de lombalgie. Parmi les causes principales de douleur sacro-iliaque, on compte les traumas, déformations anatomiques (comme une scoliose ou une différence de longueur des membres inférieurs), des pathologies inflammatoires, une infection, etc.

Si votre médecin estime que la cause de votre douleur provient de la sacro-iliaque, il va d’abord effectuer certains tests cliniques de provocation de douleur en stressant cette articulation de diverses façons. Toutefois, il faut comprendre que le diagnostic d’une atteinte de cette région est controversé, et difficile à prouver.

Voici des conditions qui peuvent reproduire une douleur sacro-iliaque :

Note : Pour tout savoir sur les douleurs sacro-iliaques (incluant les l’anatomie, les symptômes et les traitements disponibles), consultez l’article suivant.

Si ces tests reproduisent votre douleur habituelle, il se peut que votre médecin vous propose une infiltration sacro-iliaque à visée diagnostique. Ceci consiste essentiellement à injecter un anesthésique local et/ou un agent anti-inflammatoire dans l’articulation sacro-iliaque.

Plus précisément, il va injecter un agent anesthésiant local (comme la lidocaine ou bupivicaine) au niveau de la sacro-iliaque pour déterminer si vous ressentez un soulagement temporaire. Cette infiltration est généralement faite sous fluoroscopie, c’est-à-dire guidée par une imagerie médicale.

Après l’infiltration diagnostique, le médecin pourrait re-tester les mouvements qui étaient auparavant douloureux. Si vous ressentez moins de douleur en général, on pourra conclure que l’articulation sacro-iliaque était inflammée (et la cause de vos douleurs !).

On va alors concentrer le traitement autour de la sacro-iliaque, par exemple avec des infiltrations subséquentes. Le plus souvent, on utilisera des agents anti-inflammatoires (comme la cortisone) considérant leurs efficacités prolongées. Ces infiltrations seront alors thérapeutiques, et non diagnostiques.

Si, au contraire, il n’y a aucun effet thérapeutique, ceci voudrait dire que vos symptômes proviendrait d’une autre structure, ou d’une autre cause.

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Note : Pour connaître d’autres causes de douleurs pouvant irradier la dans jambe, consultez l’article suivant.

Ce que disent les études : Dans une étude publiée en 1996, Y. Maugars et ses collaborateurs ont évalué l’efficacité des infiltrations de corticostéroïdes dans les articulations sacro-iliaques chez les patients souffrant de spondylarthropathies douloureuses, en comparaison avec un placebo.

Les infiltrations ont été réalisé sur 13 articulations sacro-iliaques douloureuses. Un mois après le traitement, un soulagement de la douleur de plus de 70% a été constaté sur 5 des 6 articulations sacro-iliaques traitées avec des corticostéroïdes, contre aucune des 7 traitées dans le groupe placebo.

Par la suite, 6 articulations sacro-iliaques du groupe placebo ont subi une infiltration, avec un soulagement significatif de la douleur chez 85.7% des cas après un mois. De même, les résultats étaient encore concluants 3 et 6 mois post-infiltration, sans complications notables rapportées.

En somme, cette étude souligne l’importance de considérer davantage les injections de corticostéroïdes dans les articulations sacro-iliaques chez les patients présentant des contre-indications ou des complications avec les médicaments anti-inflammatoires, ou encore lorsque le traitement médical ne parvient pas à contrôler suffisamment la douleur.

Procédure

Avant même la procédure, le médecin va généralement prescrire au patient l’abstention d’aliments solides ou liquides quelques heures avant l’intervention. Les médicaments usuels devront être pris avec une quantité minime d’eau, et les patients diabétiques devraient retarder la prise de médication pour ne pas perturber la glycémie. Il en est de même pour ceux qui prennent des anti-coagulants. Quoiqu’il en soit, le médecin traitant devrait faire le point avec vous avant l’intervention.

En ce qui concerne l’infiltration sacro-iliaque en tant que telle, elle se fait généralement sur le ventre. Le site d’infiltration sera d’abord nettoyé, puis on injectera un anesthésiant local dans le but de soulager la douleur. Tel que mentionné, un guidade radiologique sera régulièrement utilisé pour mieux visualiser les structures anatomiques.

Une fois l’infiltration terminée, le site d’injection sera lavé et un pansement sera appliqué. Le médecin va alors poursuivre son évaluation si l’infiltration était à visée diagnostic (par exemple en reporduisant des mouvements douloureux).

Si l’infiltration était à visée thérapeutique, le patient est alors mis sous surveillance pendant une courte période (20-30 minutes) afin d’évaluer son état post-infiltration. On recommande ensuite de se faire accompagner d’un chauffeur pour le retour à domicile la journée même.

Bien que le médecin prescrira des recommandations individuelles en fonction de la condition du patient, voici les éléments à garder en tête suite à une infiltration sacro-iliaque :

  • La conduite automobile est à proscrire pour le reste de la journée
  • Éviter temporairement les applications de chaleurs, bains chauds, saunas (prioriser la glace en cas de douleur)
  • Attendre les instructions du médecin avant de reprendre sa diète et médication normale.
  • Boire beaucoup d’eau après l’intervention, surtout si l’on désire éliminer les effets de la fluoroscopie
  • Éviter les activités physiques intenses jusqu’à obtenir l’autorisation du médecin (un kinésithérapeute peut vous aider à reprendre vos loisirs de manière progressive et sûre)
  • Il est possible que l’effet thérapeutique ne se fasse pas ressentir tout de suite après. Parfois, cela peut prendre jusqu’à 5-10 jours avant de ressentir un soulagement des symptômes.
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Contre-indications

L’infiltration sacro-iliaque n’est indiquée pour tout le monde. Voici des situations où il est préférable de ne pas recourir à l’infiltration sacro-iliaque :

  • infection active
  • grippe
  • rhume
  • fièvre
  • pression artérielle très élevée
  • sous anticoagulants
  • diabète non contrôlé
  • grossesse

Risques et complications

Comme pour la plupart des infiltrations, il existe des potentielles complications pouvant être délétères pour le corps. Bien que faibles, voici les risques possibles reliés à l’infiltration sacro-iliaque :

  • irritation de la peau au site d’infiltration
  • risque de saignement
  • infection
  • diminution brusque de la tension artérielle
  • réaction allergique aux médicaments utilisés.
  • engourdissement ou une faiblesse temporaire des membres inférieurs
  • douleur post-infiltration
  • élévation de la glycémie (chez les diabétiques)

Combien de temps fait effet une infiltration sacro-iliaque ?

La durée du soulagement que procure l’infiltration sacro-iliaque varie d’une personne à l’autre. Tel que mentionné, il se peut qu’une infiltration à visée diagnostique ne procure aucun effet au niveau de la douleur. On saura alors que cette articulation n’est pas la source du problème.

Dans d’autres cas, la réduction de douleur peut durer des semaines, voire des mois. Si on observe des résultats positifs, il n’est pas rare que le médecin prescrive des infiltrations subséquentes, tant qu’on ne dépasse pas 3-4 infiltrations par année.

Idéalement, l’infiltration permet à la douleur de disparaître en offrant au corps un environnement idéal pour guérir. Ceci vient du fait que l’inflammation au niveau de l’articulation sacro-iliaque sera résorbée post-infiltration, permettant une guérison optimale. Par contre, il faut comprendre que la douleur est multi-factorielle, et que la réduction de l’inflammation ne constitue pas la seule solution.

Lorsque l’infiltration ne soulage pas les symptômes, le médecin pourra alors recourir à une intervention chirurgicale comme dernier recours. Le plus souvent, on réalise une arthrodèse sacro-iliaque qui implique une fusion de l’articulation visant à réduire la douleur et l’instabilité.

Vidéos

Vidéo sur les douleurs sacro-iliaques :

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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