Injection intravitréenne : Guide complet

Article rédigé par le 18 juillet 2023

L’injection intravitréenne est une procédure médicale qui consiste à administrer un médicament directement dans la cavité vitréenne située à l’arrière de l’œil.

Cette technique a gagné en popularité ces dernières années et est devenue la norme chez les patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge, de rétinopathie diabétique, d’endophtalmie et de rétinite infectieuse, d’uvéites et d’occlusions veineuses rétiniennes.

Dans cet article, nous aborderons les aspects essentiels de cette approche, en vous fournissant les informations nécessaires pour comprendre son fonctionnement et ses bienfaits potentiels

Mise en contexte

Les injections intravitréennes d’un médicament offrent la possibilité d’atteindre rapidement des concentrations efficaces supérieures à celles obtenues par une injection péri-oculaire ou intraveineuse.

Ce mode d’administration est largement utilisé dans le traitement de nombreuses affections vitréo-rétiniennes. Citons :

  • DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge)
  • Myopie forte
  • Rétinopathie diabétique
  • Maculopathie diabétique
  • Occlusion veineuse rétinienne (OVR)

Cependant, il comporte certains risques, notamment l’endophtalmie, le décollement de rétine et la cataracte post-traumatique.

Bénéfices et risques

Bénéfices

Les injections intravitréennes sont utilisées pour traiter diverses affections oculaires. Ces injections permettent de:

  • Ralentir la progression de la maladie
  • Améliorer ou stabiliser l’acuité visuelle
  • Réduire l’enflure et les saignements rétiniens dans certaines conditions

Risques

Comme pour toute intervention médicale, il existe certains risques associés aux injections intravitréennes. Parmi eux :

  • Infection (endophtalmie) : Le risque d’infection est très faible, grâce à une bonne préparation et à des conditions d’asepsie en salle d’opération.
  • Détachement de la rétine
  • Augmentation de la pression intraoculaire.

Effets Secondaires

Les effets secondaires les plus courants de cette procédure incluent:

  • Yeux rouges ou petits saignements (hémorragie conjonctivale)
  • Douleur ou inconfort temporaire
  • Irritation ou gonflement au site d’injection

Il est important de discuter avec votre médecin des bénéfices et des risques associés à ce traitement et de suivre attentivement les recommandations post-procédure pour minimiser le risque de complications.

Pré-injection intravitréenne : recommandations

Il est impératif de fournir au patient une information complète sur les avantages et les risques potentiels associés à la procédure et au médicament administré. Une fiche explicative détaillée doit être remise au patient de manière claire et compréhensible.

  • Afin de réduire le risque d’infection oculaire, il sera demandé au patient de s’abstenir de se maquiller les yeux et le visage le jour de l’injection.
  • Il est nécessaire de dépister toute infection oculaire ou péri-oculaire qui pourrait contre-indiquer l’injection intravitréenne (IVT). De même, en cas d’infection extra-oculaire sans lien avec l’indication, l’IVT doit être différée, sauf en cas d’urgence.
  • Il est important de vérifier s’il existe une éventuelle allergie au produit utilisé avant d’effectuer l’injection.
  • Il n’est pas nécessaire d’interrompre un traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire avant l’IVT.
  • L’utilisation d’une prophylaxie antibiotique générale n’est pas recommandée. En ce qui concerne la prophylaxie antibiotique topique avant l’IVT, il convient de se référer à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du produit injecté.
  • Il est recommandé de ne pas injecter les deux yeux simultanément le même jour. Cependant, dans des cas exceptionnels, une injection des deux yeux peut être réalisée le même jour, à condition de renouveler l’ensemble du matériel utilisé pour chaque œil.
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Où pratiquer l’injection intravitréenne ?

L‘IVT peut être effectuée soit en milieu hospitalier, au sein d’un établissement de santé, soit dans un cabinet médical par un ophtalmologue. Le praticien procédera à une évaluation médicale exhaustive, comprenant une batterie d’examens, avant de recommander cette approche thérapeutique.

Afin de garantir un niveau d’asepsie optimal, cette procédure est réalisée soit dans un bloc opératoire, soit dans une salle spécifiquement dédiée à cet effet.

Comment se déroule une injection intravitréenne ?

Préparation et administration de l’injection intravitréenne (IVT) :

  • Instillation de l’anesthésie topique : utiliser un collyre unidose de type oxybuprocaïne ou tétracaïne pour l’anesthésie topique.
  • Détersion initiale de la surface de la peau péri-oculaire du patient : nettoyer la zone avec de la povidone iodée scrub. Rincer abondamment avec du sérum physiologique et sécher délicatement avec des compresses stériles.
  • Badigeon des paupières et des cils avec de la povidone iodée : appliquer une solution ophtalmique à 5 % de povidone iodée sur les paupières et les cils, puis instiller sur la conjonctive. Après 2 minutes de contact, rincer avec du sérum physiologique stérile.
  • Préparation stérile de la seringue contenant le produit à injecter : assurer une préparation stérile de la seringue près de l’injection, en changeant d’aiguille si nécessaire.
  • Mise en place d’un champ stérile isolant l’œil du patient : placer un champ stérile autour de l’œil et utiliser un blépharostat pour limiter les risques de contact entre l’aiguille et le bord libre des paupières ou des cils
  • Injection intravitréenne : l’injection doit être réalisée entre 3,5 et 4 mm du limbe. Injecter lentement le produit, puis retirer l’aiguille lentement tout en évitant un reflux. Appliquer un coton-tige après l’injection.
  • Administration d’un antibiotique topique en post-injection immédiat : prescrire un antibiotique topique à utiliser après l’injection intravitréenne.

Surveillance post-injection intravitréenne

Il est crucial de fournir au patient les instructions adéquates concernant l’hygiène et les contacts en cas d’urgence, afin de garantir une prise en charge optimale en cas de complication oculaire éventuelle.

  • Vérifier la conservation de la perception de la lumière dans l’œil injecté.
  • Surveiller cliniquement le patient en raison du risque de rares réactions anaphylactiques dans les minutes suivant l‘IVT.
  • Prescrire une antibiothérapie topique post-IVT.
  • Expliquer au patient l’importance de désinfecter ses mains avant chaque manipulation de ses paupières pour instiller un collyre.
  • Revoir systématiquement le patient en consultation la première semaine suivant l’IVT n’est pas nécessaire.
  • Remettre au patient une liste de numéros de téléphone à appeler en cas d’urgence pour contacter l’opérateur ou un autre ophtalmologue en cas de signes ou symptômes évoquant des complications oculaires.
  • En cas de survenue d’une endophtalmie, faire un signalement externe à la structure sanitaire compétente (CCLIN, ARS de la région d’exercice) selon les modalités arrêtées par l’établissement.
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Référence

Injections intravitréennes : mise au point de l’AFSSAPS – ScienceDirect

Injections intravitréennes. Qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ? | ICR (icrcat.com)

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