IRM cervicale : guide complet pour les patients

Article rédigé par le 20 août 2023

L’IRM cervicale est une technique d’imagerie non invasive qui se distingue par sa capacité à diagnostiquer précisément diverses pathologies du cou qui pourraient rester non détectées par des méthodes d’imagerie plus traditionnelles (comme le scanner ou la radiographie).

Comme se passe une IRM cervicale, exactement ? Dans quels cas faut-il le prescrire ? Comment se préparer pour cette intervention ?

Cet article rédigé par un professionnel de santé vous explique tout ce qu’il faut savoir sur l’IRM cervical pour expliquer vos douleurs au cou irradiant parfois au membre supérieur. Ceci sera particulièrement utile si jamais votre médecin envisage cette imagerie, ou si vos symptômes persistent.

Les 4 points à retenir

  1. L’IRM est une technique d’imagerie sûre, non invasive, sans radiation, et plus précise que la radiographie ou le scanner.
  2. L’IRM cervicale est idéale pour diagnostiquer les problèmes du cou, les atteintes des nerfs ou de la moelle épinière, etc.
  3. Bien qu’elle est considérée sans risque, des précautions sont nécessaires en présence d’implants métalliques ou lors de l’utilisation de produit de contraste, pour éviter des réactions ou complications.
  4. L’examen dure entre 30 et 60 minutes, mais peut varier selon les cas. Les préparations avant l’examen et la gestion de la claustrophobie sont essentielles pour le confort du patient.

C’est quoi, une IRM cervicale ?

L’imagerie par résonance magnétique (ou IRM) est un type d’imagerie médicale sûr et non invasif qui utilise des ondes radio et un champ magnétique pour produire des images détaillées du corps humain.

Contrairement au scanner et la radiographie, il n’utilise pas de rayons X potentiellement radioactifs. Ceci est particulièrement utile pour les femmes enceintes ou les jeunes en pleine croissance.

De plus, contrairement à la radiographie et au scanner où on observe davantage les os et articulations, l’IRM cervicale offre plus d’information sur l’intégrité des tissus mous comme :

  • les disques intervertébraux,
  • les nerfs et racines nerveuses,
  • la moelle épinière,
  • les muscles et ligaments vertébraux,
  • etc.

Pour produire une image encore plus détaillée, il est possible d’utiliser un produit de contraste comme le gadolinium. Ces produits sont injectés dans une veine de la main ou du bras par intraveineuse.

L’IRM cervicale, comme son nom l’indique, est utilisée lorsqu’on veut clarifier le diagnostic d’une atteinte du cou (qui irradie souvent dans le bras).

Indications

Que voit-on exactement à l’IRM cervicale ? Qu’est-ce qui différencie une IRM normale ou anormale ? Cet examen permet-il de cerner automatique la cause de la cervicalgie ?

Pas forcément.

Ce que disent les études : Dans une étude publiée en 1998, Matsumoto et ses collègues ont examiné par IRM les changements dégénératifs des disques intervertébraux cervicaux chez 497 sujets asymptomatiques (n’ayant aucune douleur cervicale).

L’étude a révélé que la fréquence de toutes les observations dégénératives augmentait linéairement avec l’âge. La dégénérescence discale était l’observation la plus courante, présente dans 17% des disques chez les hommes et 12% chez les femmes dans la vingtaine, et atteignant 86% et 89% respectivement chez les sujets de plus de 60 ans !

Ces résultats mettent ainsi en lumière la prévalence élevée de changements dégénératifs, et ce même chez les individus sans symptômes.

Ainsi, il faut savoir que l’IRM n’est pas recommandé d’emblée lorsqu’un patient souffre de trouble musculo-squelettique. Tel que mentionné, ceci vient du fait que les trouvailles à l’IRM cervicale ne sont pas toujours reliées aux symptômes observés.

Voici des situations où le médecin va prescrire une IRM :

  • Lorsque la douleur apparaît soudainement après certains traumatismes ;
  • Lorsque les modalités de traitements tentées ne sont pas concluantes et que les douleurs persistent ;
  • Lorsqu’il soupçonne une hernie discale, protrusion discale ou autre discopathie symptomatique au niveau cervical ;
  • Lorsque les symptômes irradient dans le bras, et provoquent des engourdissements, picotements, ou faiblesse du membre supérieur ;
  • Pour éliminer une atteinte sérieuse, ou évaluer l’étendue des conséquences (comme une tumeur, la sclérose en plaque, une infection, une myélopathie, une maladie inflammatoire, etc.) ;
  • Pour évaluer les progrès après une chirurgie, et s’assurer d’une convalescence optimale ;
  • Lorsque les modalités de traitements tentées ne sont pas concluantes et que les douleurs persistent ;
  • Pour examiner des anomalies de la colonne cervicale présentes depuis la naissance.
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L’IRM cervicale comporte-t-elle des risques ?

L’IRM cervicale est largement considéré comme un examen sûr et qui ne provoque pas de douleur. Bien qu’il n’existe pas d’exposition aux radiations ionisantes, il faut tout de même garder certaines précautions en tête. Ceci est d’autant plus vrai si un produit contraste a été utilisé lors de l’IRM.

D’une part, le champ magnétique utilisé par la machine IRM attire les objets métalliques (comme les bijoux). Ceci peut les faire déplacer à grande vitesse s’ils se retrouvent trop proche de la machine, et ainsi potentiellement blesser le patient.

L’autre élément concerne les implants métalliques (comme le stimulateur cardiaque, les vis et tiges, prothèses, etc.). Si le champ magnétique est assez puissant, il peut causer un déplacement de ces objets métalliques dans le corps.

Par contre, tout implant métallique ne constitue pas forcément une contre-indication à l’IRM. Un médecin pourra juger de la pertinence de recourir à l’imagerie médicale malgré la présence de ces implants.

Il en est de même pour les cas de grossesse, surtout durant le premier trimestre. Bien qu’il n’y ait pas de preuve claire que l’IRM nuise au fœtus, la prudence est de mise par manque de données à long terme.

Bon à savoir : Avant de prescrire une IRM cervicale, le médecin évalue minutieusement chaque cas pour peser les avantages et les potentiels inconvénients. Cette décision est fondée sur la nécessité de clarifier le diagnostic, et d’orienter efficacement la prise en charge du patient.

En outre, bien que très rares, on a pu observer ces effets secondaires suite à l’IRM cervicale :

  • Blessure thermique
  • Blessure causée par la présence d’objets métalliques
  • Acouphène et perte d’audition
  • Douleur au site d’injection (si un produit contraste a été utilisé)
  • Nausées, vomissements et goût métallique dans la bouche en raison du produit contraste
  • Réaction allergique au gadolinium
  • Fibrose systémique néphrogénique chez les patients souffrant d’insuffisance rénale
  • Mal de tête
  • Douleur cervicale en raison de la position statique prolongée
  • Urticaire

Dans une moindre mesure, il faut savoir que la machine IRM peut être bruyante, avec des niveaux de bruit atteignant parfois 100 décibels. Des protections auditives sont généralement fournies pour réduire le risque de dommages auditifs durant l’examen.

IRM cervicale et claustrauphobie

Étant donné que l’IRM implique de s’allonger dans un environnement exigu et sans fenêtre pendant une période donnée, les personnes souffrant de claustrophobie peuvent trouver la procédure inconfortable, voire effrayante.

Si c’est le cas, le médecin peut prescrire un anxiolytique ou un sédatif pour aider la personne à se détendre pendant l’examen. Il existe également des IRM à champ ouvert qui permettent de réaliser l’examen dans un environnement ouvert.

Bon à savoir : Un microphone sera toujours à proximité pour maintenir le contact avec le technicien, et même cesser l’examen en cas de besoin.

En somme, les professionnels de santé sont habitués à accompagner les patients à travers cette expérience, et mettront tout en œuvre pour assurer leur confort.

Comment se passe une IRM cervicale ?

L’IRM cervicale se déroule en plusieurs étapes pour obtenir des images détaillées de la colonne cervicale. Un technicien en imagerie médicale accompagne le plus souvent le patient durant la procédure. Voici comment cela se passe généralement :

1. Préparation avant l’examen :

Avant de commencer l’IRM, il est important de retirer tous les objets métalliques (bijoux, montres, lunettes, prothèses auditives, etc.). Vous pourriez être invité à enfiler une blouse d’hôpital. Si un agent de contraste est nécessaire, il sera administré par voie intraveineuse juste avant ou pendant l’examen. Il n’est généralement pas nécessaire de jeûner avant une IRM de la colonne cervicale.

2. Positionnement :

Vous serez allongé sur le dos sur une table mobile qui glissera à l’intérieur du tunnel de l’IRM. Des supports ou des coussins peuvent être utilisés pour vous aider à rester immobile et à être confortable pendant l’examen.

3. Déroulement de l’examen :

Une fois positionné, la table glisse à l’intérieur du tunnel de l’IRM. L’appareil est bruyant pendant l’examen, avec des bruits de claquements ou de bourdonnements.

Vous serez seul dans la salle d’examen, mais le technicien pourra vous voir, vous entendre et communiquer avec vous grâce à un interphone à tout moment via un interphone.

Durant l’examen, des instructions pourront vous être données, comme retenir votre souffle brièvement.

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Important : Pour produire des images de haute qualité, la personne doit rester complètement immobile pendant tout le processus, sans quoi il faudra possiblement recommencer l’IRM cervicale.

4. La fin du test et les résultats

Après l’IRM cervicale, le patient est généralement libre de rentrer chez lui. Si un produit contraste a été utilisé, on peut le garder un peu plus. On recommande généralement à la personne d’être accompagnée à sa sortie de la clinique.

Le radiologue va étudier l’IRM cervicale, et rédiger un rapport d’imagerie où il explique ses trouvailles. Ce rapport (ainsi que le CD de l’IRM) sera alors acheminé au médecin traitant.

Environ une semaine après l’IRM cervicale, un rendez-vous de suivi sera organisé avec le médecin pour vous expliquer les résultats, et la prise en charge conséquente. Parfois, un appel téléphonique par le médecin traitant sera suffisant.

Avis du professionnel : L’IRM cervicale est une imagerie de choix pour expliquer les douleurs cervicales. Par contre, elle doit toujours être accompagnée d’un examen clinique pour déterminer si les trouvailles radiologiques peuvent expliquer les symptômes ressentis.

Combien de temps dure une IRM cervicale ?

Une IRM cervicale est une procédure assez courte, et la personne est généralement libre de rentrer chez elle après l’examen. En tout, l’examen dure 30 à 60 minutes, mais la procédure peut durer plus longtemps en fonction des facteurs suivants :

Plusieurs facteurs peuvent influencer la durée d’une IRM cervicale, rendant certains examens plus longs que d’autres. Voici les principaux éléments qui peuvent affecter le temps nécessaire pour réaliser cet examen :

  • Complexité du cas
  • Utilisation d’un agent de contraste
  • Positionnement du patient
  • Protocoles d’imagerie spécifiques
  • Technologie de l’IRM
  • Préparation avant l’examen
  • Mouvements du patient
  • Claustrophobie ou anxiété du patient

En général, les professionnels de santé font de leur mieux pour minimiser la durée de l’examen, tout en s’assurant d’obtenir des images de haute qualité nécessaires pour un diagnostic précis.

Combien coûte une IRM cervicale ?

Le prix d’une IRM varie en fonction des pays. En France, la Sécurité sociale propose un remboursement des IRM. Celui-ci se décompose en deux parties. On parle initialement du forfait technique, dont le montant est variable.

  • 244,68€ pour un forfait technique à taux plein
  • 85,68€ pour un forfait technique à taux réduit

Par contre, les frais varient énormément, par exemple si un produit contraste a été utilisé. Tout dépassement d’honoraire (allant de 300 euros à plus de 500 euros) peut généralement être pris en charge si le patient détient une mutuelle.

En complément du forfait technique, les honoraires médicaux sont pris en charge par la Sécurité sociale à 70 %. Ils coûtent 69 euros.

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Témoignages

Bonsoir,

J’ai effectué un IRM cervical le 27 novembre 2013 et j’aimerais que vous m’expliquiez un peu le résultat… Je sais juste que je dois effectuer un autre IRM de la colonne, car le radiologue veut un examen complémentaire… J’espère que ce n’est pas grave. Voilà la conclusion de l’examen :

Discopathies dégénératives et remaniements unco-discarthrosiques pluri-étagés prédominant en C5-C6. En C5-C6, on retrouve une protrusion discale foraminale droite à l’origine d’une sténose foraminale droite laissant peu de place pour la racine C6 droite. Incidemment, hypersignal liquidien centro-médullaire à hauteur de C7 compatible avec une dilatation focale du canal de l’épendyme (variante de la normale) : intérêt toutefois d’une IRM médullaire avec injection de produit de contraste pour compléter le bilan.

Je vous remercie de vos explications suite à ce résultat.

Cordialement.

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Références

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