IRM du pancréas : Guide complet

Article rédigé par le 13 novembre 2023

Actuellement considérée comme l’un des moyens d’exploration les plus fiables, l’IRM du pancréas permet une évaluation précise des affections pancréatiques en un laps de temps plus court par rapport à d’autres techniques d’imagerie telles que l’échographie pancréatique et/ou le scanner pancréatique.

Associée à l’angiographie pancréatique et/ou la pancréatographie IRM, elle optimise le rendu graphique des images et facilite donc l’établissement d’un diagnostic définitif d’une maladie pancréatique.

Dans cet article, vous obtiendrez des informations détaillées sur les principes et la procédure de l’examen, ses avantages et inconvénients, ses principales indications et contre-indications, ainsi que les risques associés à son exécution.

Les 5 points à retenir

  1. Bien que le scanner soit le gold standard pour explorer le pancréas, l’IRM apporte une fiabilité diagnostique et améliore la conduite à tenir devant les affections touchant le pancréas.
  2. Cet examen est indolore, rapide et non irradiant.
  3. Tenez toujours compte des contre-indications relatives et/ou absolues de l’IRM ainsi que des consignes à respecter avant l’examen.
  4. Des antécédents familiaux et personnels sont pris en compte comme renseignements cliniques motivant la prescription d’une IRM pancréatique.
  5. Informez votre médecin de toute notion d’allergie au produit de contraste ou de grossesse évolutive afin qu’il puisse prendre des dispositions conformément à votre état physiologique.

Rappel anatomique

Le pancréas est une glande à la fois endocrine et exocrine se trouvant au niveau de la région dite épigastrique. Elle est située entre la rate et le duodénum auquel il est accolé, et se loge sous l’estomac.

Elle joue un rôle crucial en tant que glande endocrine, régulant la glycémie grâce à la sécrétion des hormones clés, l’insuline et le glucagon. De plus, en tant que glande exocrine, elle libère des enzymes essentielles comme la lipase et l’amylase.

Par conséquent, tout dysfonctionnement du pancréas, qu’il soit d’origine fonctionnelle ou organique, congénitale ou acquise, peut entraîner une perturbation de la régulation des deux hormones antagonistes (insuline et glucagon) ainsi qu’une altération de la sécrétion enzymatique.

Comprendre l’IRM du pancréas

Cet examen repose sur l’utilisation d’un champ magnétique tridimensionnel puissant qui stimule les atomes d’hydrogène dans notre corps.

Cela permet au technicien de construire des images offrant une netteté proche de celle de notre anatomie.

Comme toute technique d’IRM, les clichés sont pris et étudiés en différentes séquences que nous avons déjà abordé dans notre précédent article sur l’IRM hépatique.

Procédure

Avant de subir une IRM pancréatique, il est essentiel de prendre en considération quelques points importants pour une préparation adéquate.

Avant que l’examen ne débute

Après avoir rassemblé votre dossier médical lié à l’examen, veuillez vous rendre au centre d’imagerie médicale après avoir jeûné d’eau et de nourriture pendant 4 à 6 heures avant le début de l’examen.

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Cependant, veuillez noter que ces consignes dépendent des recommandations spécifiques de votre médecin traitant et peuvent varier.

Veillez à ne pas avoir d’objets métalliques ou magnétiques sur vous, tels que des bijoux (colliers, boucles d’oreilles, bagues…), car ils ne seront pas autorisés dans la salle d’examen par mesure de précaution.

Il est également recommandé de porter des vêtements décontractés et légers pour faciliter leur retrait avant l’examen.

Un assistant du technicien ou parfois le technicien lui-même, vous expliquera que pendant l’examen, certaines images seront capturées lorsque vous retiendrez votre respiration pendant quelques brèves secondes.

Cela est fait pour améliorer la qualité de l’image principale à analyser. Il se peut qu’un bouchon d’oreille vous soit fourni au préalable, car la machine à IRM génère un bruit intense.

Rassurez-vous, un microphone sera mis à votre disposition pour communiquer avec le personnel situé de l’autre côté de la pièce en cas de malaise, d’anxiété ou de tout autre besoin. N’hésitez pas à les signaler au besoin.

Au cours de l’examen

L’examen dure généralement une vingtaine de minutes. Allongez-vous confortablement sur la table d’examen, sur le dos, et celle-ci se glissera dans la machine en forme de tunnel.

Lorsque nécessaire, le technicien vous demandera de retenir votre respiration, puis de la relâcher en fonction de ce qu’il observe sur l’ordinateur.

Parfois, un contraste à base de Gadolinium vous sera administré selon le choix de l’opérateur pour réaliser une cartographie des vaisseaux pancréatiques et approfondir l’exploration.

À la fin de l’examen, la table ressort de la machine et vous pourrez ainsi vous libérer.

Après l’examen

Il n’y a pas de consignes spécifiques à la suite de l’examen, sauf si un agent de contraste vous a été administré. Dans ce cas, il est recommandé de boire beaucoup d’eau pour faciliter son élimination.

Le radiologue pourra vous fournir un résumé global des résultats, tandis que votre médecin prescripteur les détaillera point par point.

Les résultats de l’examen vous seront transmis dans un délai de quelques minutes à quelques heures, selon les centres d’imagerie.

Pourquoi faire une IRM du pancréas ?

Nombreuses sont les situations où cet examen est indiqué, bien que sa prescription ne soit pas toujours en première intention.

En effet, l’exploration du pancréas par l’IRM fait généralement suite à l’échographie pancréatique et/ou à une anomalie des résultats biologiques des enzymes pancréatiques post-prélèvement sanguin.

Le but de cet examen est d’analyser le parenchyme pancréatique ainsi que ses canaux en cas de lésions organiques suspectées :

  • Au cours d’une douleur épigastrique très intense faisant suspecter un calcul biliaire ou une pancréatite aiguë
  • En cas d’antécédent personnel toxique tel l’alcoolisme
  • En cas d’antécédent personnel médical et/ou familial de diabète
  • Pour réaliser un bilan d’extension d’une tumeur maligne du pancréas

Quels sont les contre-indications d’une IRM du pancréas ?

Les principales contre-indications reposent sur l’IRM elle-même, c’est-à-dire :

  • Objets métalliques post-chirurgie cardiaques(pacemaker)
  • Objets métalliques neuro-encéphaliques (clip intracrânien non fait de titane)
  • Objets métalliques ORL (implant cochléaire) (balle d’une arme à feu, bijoux)
  • Grossesse au cours du premier trimestre
  • Balle d’une arme à feu, port de bijoux
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Tout objet à forte capacité magnétique placé dans un champ magnétique assez puissant augmente le risque d’incidents au cours de l’examen, parfois gravissime.

Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Cet examen, bien qu’il offre des avantages indéniables en termes de diagnostic sans invasivité ni radiation, présente également des aspects à considérer.

Avantages

  • Non invasif, non irradiant, non douloureux
  • Rassurant pour le diagnostic
  • Permet une exploration précise du pancréas
  • Faibles effets secondaires

Inconvénients

  • Coût élevé (environ 300 euros)
  • Accessibilité limitée pour certains en raison du coût
  • Sensations gênantes possibles (chaleur, goût métallique) après administration de contraste
  • Risques liés au non-respect des contre-indications

Affections pancréatiques diagnostiqués par l’IRM du pancréas

Avec une valeur diagnostique comparable à celle du scanner, l’IRM peut diagnostiquer :

  • La pancréatite aiguë, qui se manifeste sous forme d’hyposignal graisseux autour du pancréas en T1 et hypersignal en T2 du fait de la réaction inflammatoire. Le canal pancréatique principal n’est pas dilaté.
  • La pancréatite chronique lorsque le technicien objective une dila­tation des canaux pancréatiques, avec dystrophie diffuse du parenchyme (hypertrophie ou atrophie). En cas d’existence de calculs associés, ces derniers apparaissent sous forme de lacunes cernés par un hypersignal des canaux, une sténose et l’existence ou non de pseudokystes.
  • Au cours d’un adénocarcinome pancréatique, le pancréas est hypo­vascularisé, en hyposignal T1 avec saturation de graisse avant injection de Gadolinium.

Ceci dit, différencier un pancréas normal d’un ADK pancréatique reste un véritable défi pour les radiologues dans certains cas d’où l’importance des examens biologiques ainsi que des autres examens complémentaires morphologiques.

Quelles sont les alternatives ?

Le scanner est considéré comme l’examen de référence pour explorer le pancréas surtout au cours d’une pancréatite aiguë.

Il est plus sensible et plus spécifique selon une étude effectuée. Il est plus accessible par rapport à l’IRM, moins coûteux que celle-ci, et offre une meilleure exploration des cancers du pancréas.

De plus, il est parfois difficile de différencier un pancréas normal d’un pancréas cancéreux à l’IRM, ce qui souligne l’intérêt du scanner pancréatique.

L’échographie du pancréas permet également une analyse ciblée du parenchyme pancréatique, notamment en cas d’invasions tumorales minuscules, et présente une valeur diagnostique chirurgicale en guidant la ponction-biopsie de ces lésions.

Faire une IRM du pancréas près de chez moi

Si vous présentez des signes évoquant une affection pancréatique, consultez rapidement un médecin afin qu’il puisse vous examiner et vous orienter vers un centre d’imagerie (en cas de nécessité d’un examen radiologique).

Voici justement un site qui pourra vous aider à trouver un centre de radiologie près de chez vous.

Références

Articles et ressources utilisées dans la rédaction de cet article

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