Grippe équine : une menace pour les chevaux

Article rédigé par le 29 août 2023

La grippe équine est une maladie respiratoire virale qui affecte les chevaux. Elle est la plus contagieuse des maladies respiratoires des chevaux.

La grippe équine n’est pas transmissible à l’homme, mais elle cause des épidémies dans les écuries et pose une grave menace pour le bien-être des chevaux suite aux symptômes généraux et respiratoires qu’elle apporte. De plus, elle peut être mortelle surtout chez les poulains si le cheval a une immunité affaiblie et/ou s’il n’est pas vacciné. 

Il est ainsi obligatoire de faire vacciner les chevaux contre la grippe équine, et la vaccination s’avère efficace. Cet article aide à bien comprendre et mieux prévenir la grippe équine.

Quelques descriptions de la grippe équine

La grippe équine, également appelée grippe du cheval, est une maladie respiratoire, quasi-ressemblante de la grippe humaine. En étant de la grippe, elle se présente par des signes généraux, qui se caractérise surtout par une forte fièvre, et des signes respiratoires.

Comme vu plus haut, c’est la plus contagieuse des maladies respiratoires virales du cheval. Cependant, elle ne se transmet pas à l’homme.

Les notions à connaître avant de parler de la grippe équine

D’abord, une maladie contagieuse est une maladie qui se transmet d’un cheval à un autre.

Il est mieux aussi de connaître la notion de « barrière d’espèce » quand on parle d’une maladie virale. Les virus ont, selon les sous-types, leur spécificité d’hôte.

Pour faire simple, les agents responsables de la grippe humaine et équine sont tous des Orthomyxoviridae, mais les sous-types humains sont différents des sous-types équins. C’est pourquoi, malgré la forte ressemblance, la grippe équine ne se transmet pas à l’homme.

 Quelle est la cause de la grippe équine ?

La grippe équine est causée par des virus de la famille des Orthomyxoviridae, plus spécifiquement le virus de la grippe équine ou virus influenza de type A. Il existe deux principaux sous-types de virus de la grippe équine, H7N7 et H3N8.

Ces virus peuvent muter rapidement, ce qui rend difficile le développement d’un vaccin efficace. Il faut donc une création de vaccin spécifique de chaque souche présente dans une région.

Comment se transmet la grippe équine d’un cheval à un autre ?

La grippe équine se propage principalement via les sécrétions et excrétions respiratoires. Et les chevaux se contaminent par contact avec ces sécrétions ou excrétions respiratoires.

Contact direct

Les chevaux infectés éternuent et toussent, libérant ainsi de grandes quantités de particules virales dans l’air sous forme d’aérosol. Les chevaux non infectés peuvent inhaler des particules virales et contracter eux-mêmes la maladie. 

Contact indirect

Les surfaces contaminées par les sécrétions respiratoires des chevaux infectés peuvent également constituer une source de contagion. Les matériels contaminés, les vêtements des maréchales peuvent ainsi contaminer les chevaux indirectement.

Comment peut-on reconnaître cliniquement la grippe équine ?

Les symptômes de la grippe équine peuvent varier de gravité en fonction du statut immunitaire du cheval vis-à-vis de la grippe équine. Elle peut donc être asymptomatique, discrète ou grave. 

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La période d’incubation dure environ 2 à 5 jours. Les symptômes observés sont presque similaires à ceux de la grippe humaine.

  • Signes généraux : forte fièvre allant jusqu’à 41°C, anorexie et abattement
  • Signes respiratoires :
  1.      Forte toux sèche, occasionnelle à quinteuse
  2.      Écoulement nasal séreux (translucide) dans le premier jour puis muco-purulents suite à des surinfections bactériennes

Remarques

  • Dans des formes légères, les chevaux sont sujets de diminution de performance, sans présenter aucun signe clinique.
  • Comme étant hautement contagieuse, la grippe équine atteint presque la quasi-totalité des chevaux dans une écurie en quelques heures.

Complication

Dans des cas de complication, la grippe équine est mortelle. Chez les chevaux adultes, c’est surtout suite à une surinfection bactérienne donnant des difficultés respiratoires plus graves. Quant aux poulains, ils meurent surtout suite à une pneumonie.

Comment diagnostiquer la grippe équine ?

Diagnostic clinique

La fièvre de la grippe équine est beaucoup plus intense que celle des autres maladies virales. De plus, la contagiosité de la grippe équine est beaucoup plus forte. C’est alors un moyen clinico-épidémiologique de la différencier de la rhinopneumonie équine.

Diagnostic de confirmation

Virologie 

Pour la confirmer, on peut mettre en évidence le virus. Pour ce faire, on fait un écouvillonnage naso-pharyngé et on fait un isolement viral, puis un test PCR (Polymerase Chain Reaction) pour détecter l’ADN du virus.

Sérologie

On peut également mettre en évidence la présence d’anticorps contre le virus de la grippe équine dans le sérum sanguin du cheval. Cependant, la sérologie ne peut pas distinguer les anticorps produits suite à une infection de ceux produits suite à la vaccination.

Il faut alors pratiquer deux prélèvements sanguins suivis de deux examens sérologiques à 15 jours d’intervalle pour avoir un diagnostic fiable. 

Quelles sont les mesures à prendre en cas de grippe équine ?

Pour prévenir la propagation de la grippe équine, il est essentiel de prendre des mesures de biosécurité strictes

  • Les chevaux infectés doivent être isolés et les installations telles que les mangeoires, les abreuvoirs et les équipements d’équitation doivent être régulièrement désinfectés
  • Il est également recommandé de limiter les déplacements des chevaux pendant une épidémie de grippe équine afin de réduire le risque de propagation.

Comment traiter la grippe équine ?

Toutes les maladies virales, y compris la grippe équine, n’ont pas de traitement curatif spécifique. Cependant, l’utilisation d’antiviraux non spécifiques est pratiquée parfois mais s’avère peu efficace. De plus, c’est moins pratique vu son coût élevé.

On met donc en place des traitements symptomatiques pour soulager le cheval et pour lui redonner le confort de vie, ainsi pour limiter l’évolution de la maladie.

  • Anti-inflammatoire ou antipyrétique (contre la fièvre) pour faire diminuer la température du cheval. Un antipyrétique courant est le paracétamol à une dose de 20mg/kg (exemple : 10000 mg ou 10 g pour un cheval de 500 kg) 2 fois par jour.
  • Antitussif : 
  1. Acétylcystéine par voie orale à une dose de 7 mg/kg de poids vif du cheval (soit, 3500mg ou 35 g pour un cheval de 500kg)
  2. Codéine à une dose de 60 mg/kg par jour (soit, 30000 mg ou 30 g pour un cheval de 500 kg)
  3. Huiles essentielles
  4. Thé d’eucalyptus
  5. Sirop expectorant
  • Mettre le cheval au repos total jusqu’à 3 semaines après l’arrêt des signes cliniques pour aider à la cicatrisation des poumons
  • Antibiothérapie (traitement par des antibiotiques) à base de triméthoprime et de sulfamide pour prévenir les infections bactériennes secondaires qui peuvent aggraver la maladie
  • On peut également administrer les vitamines B et de la cyproheptadine pour stimuler l’appétit si le cheval perd l’appétit, et pour l’aider à surmonter la fatigue. 
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Mais il est à noter qu’on doit immédiatement contacter un vétérinaire dès qu’on suspecte la grippe équine car on sait déjà que c’est une maladie très contagieuse. De plus, vu que les symptômes peuvent varier d’un cheval à un autre, il est mieux que ce soit le vétérinaire qui mette en place les traitements convenables à chaque cheval. 

Comment prévenir la grippe équine?

La meilleure prévention est la vaccination.

Protocole de vaccination

Il est à rappeler que la vaccination contre la grippe équine est obligatoire.

  • Primo-vaccination : 2 injections à intervalle de 21 à 92 jours, Première injection à l’âge de 6 mois si la mère est vaccinée, dès 4 mois dans le cas contraire

Troisième injection entre 5 et 6 mois après la deuxième injection. L’immunité s’installe environ 2 semaines après la deuxième injection et persiste 6 mois à 1 an.

  • Pour les poulinières : un rappel avant la saillie, puis un rappel 4 à 6 semaines avant le poulinage (pour que le colostrum soit riche en anticorps).
  • Rappel annuel voire tous les 6 mois pour les chevaux à risque 

Il est à noter que le cheval peut être légèrement fiévreux 2 ou 3 jours après la vaccination.

Les vaccins sont disponibles pour protéger les chevaux contre la grippe équine. Cependant, en raison des mutations rapides du virus, il est nécessaire de mettre à jour régulièrement les souches vaccinales pour garantir leur efficacité. Ce sont donc les vétérinaires de chaque région qui doivent être au courant des mises à jour des souches vaccinales selon les souches circulantes. 

Prévention sanitaire

C’est surtout pour limiter la propagation de la maladie 

  • Mise en quarantaine des nouveaux chevaux
  • Isolement des chevaux qui se déplacent souvent
  • Isolement immédiat des chevaux ayant été en contact d’autres chevaux provenant d’un foyer suspecté ou confirmé héberger ou avoir hébergé (dans les 3 ou 4 dernières semaines) de la grippe équine.

Quelles sont les mesures à prendre en cas de grippe équine confirmée ou suspectée dans un foyer ?

  • Isoler les animaux positifs ou suspectés
  • Prise quotidienne de la température de ces animaux pendant 1 semaine (période d’incubation)
  • Mise en place des pédiluves devant les zones infectées 
  • Désinfection des écuries, des matériels de transports et tous matériels utilisés par des désinfectants virucides usuels
  • Vide sanitaire
  • Limiter le contact au cheval infecté
  • Mise en place de circuit de marche en avant lors des soins (des chevaux sains aux malades)
  • Prélèvements réguliers si faisable pour suivre l’excrétion du virus au sein d’un effectif 

Il est à noter que l’application de ces mesures de prévention doit continuer pendant 30 jours après arrêt de symptôme de la grippe équine.

En conclusion, la grippe équine est une maladie grave et hautement contagieuse qui peut causer des épidémies dans les écuries. Il est essentiel de prendre des mesures de biosécurité strictes et de vacciner régulièrement les chevaux pour prévenir la propagation de la maladie. De plus, contactez immédiatement un vétérinaire en cas de suspicion et déclarez auprès des autorités si des cas sont confirmés, sont des responsabilités à accomplir vite pour prévenir une grande épidémie.

Références

 www.respe.net

www.woah.org

www.vetcompendium.be

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