Leptospirose chez le cheval : une infection à ne pas négliger

Article rédigé par le 2 décembre 2023

La leptospirose chez le cheval est une maladie bactérienne qui peut affecter l’homme et les autres animaux. Elle est transmise par l’urine d’animaux infectés. Elle peut provoquer des symptômes variés chez le cheval, comme la fièvre, l’avortement, les troubles oculaires, rénaux ou hépatiques. Elle peut aussi être sans signes apparents, mais reste dangereuse pour le cheval et son entourage. 

Le diagnostic de la leptospirose chez le cheval repose sur des analyses de sang ou d’urine, qui ne sont pas toujours fiables. Le traitement consiste à administrer des antibiotiques, des anti-inflammatoires et à réhydrater le cheval. 

Il n’existe pas de vaccin spécifique contre la leptospirose chez le cheval, ce qui rend la prévention difficile. Dans cet article, nous allons vous informer sur les causes, les symptômes, le diagnostic, le traitement et la prévention de la leptospirose chez le cheval.

La leptospirose chez le cheval : les points à retenir

  • 1.La leptospirose chez le cheval est une maladie bactérienne grave qui peut affecter l’homme
  • 2. Elle se transmet par l’urine d’animaux infectés, et peut provoquer des symptômes variés, comme la fièvre, l’avortement, les troubles oculaires, rénaux ou hépatiques. 
  • 3. Elle peut aussi être sans signes apparents, mais reste dangereuse pour le cheval et son entourage. 
  • 4. Le diagnostic de la leptospirose chez le cheval repose sur des analyses de sang ou d’urine, qui ne sont pas toujours fiables. 
  • 5. Le traitement de la leptospirose consiste à administrer des antibiotiques, des anti-inflammatoires et des fluides. 
  • 6. Il n’existe pas de vaccin spécifique pour le cheval contre la leptospirose, ce qui rend la prévention difficile.
  • 7. La leptospirose est donc une maladie à ne pas négliger, car elle peut avoir des conséquences graves sur la santé et le bien-être du cheval, ainsi que sur la santé publique.

Qui sont à l’origine de la leptospirose chez le cheval ?

La leptospirose est causée par des bactéries du genre Leptospira, dans la famille des Spirochaetales qui sont présentes dans l’urine de certains animaux porteurs. Ces animaux peuvent être des rongeurs, des animaux sauvages, ou des animaux domestiques. 

Les leptospires sont des bactéries très fines (0,1-0,2 µm de diamètre). Elles ont besoin d’oxygène pour vivre et se multiplier (elles sont aérobies), mais elles sont sensibles aux conditions du milieu extérieur où elles ne survivent que 6h environ.

Le cheval peut se contaminer en entrant en contact avec l’urine ou l’eau souillée par ces animaux, par exemple en buvant dans une flaque d’eau, en marchant sur un sol humide ou en broutant de l’herbe mouillée.

La leptospirose chez le cheval : des facteurs de risque

La transmission de la leptospirose au cheval dépend de plusieurs facteurs, comme le climat, l’environnement ou le mode de vie du cheval. 

Le climat

Le climat influence la survie des bactéries dans l’environnement, qui est plus longue dans les conditions humides et chaudes que dans les conditions sèches et froides. 

L’environnement

L’environnement influence la présence des animaux réservoirs de la leptospirose (les rongeurs surtout), qui est plus élevée dans les zones rurales, forestières ou marécageuses que dans les zones urbaines ou désertiques. 

Le mode de vie du cheval

Le mode de vie du cheval influence son exposition aux sources de contamination, qui est plus importante chez les chevaux vivant en pâture, en groupe ou en contact avec d’autres espèces que chez les chevaux vivant en box, isolés ou sans contact avec d’autres espèces.

Que font les leptospires arrivés à l’intérieur de l’organisme du cheval ?

La bactérie Leptospira pénètre dans l’organisme du cheval par des lésions cutanées ou des muqueuses, notamment celles de la bouche, du nez ou des yeux. Puis, elle se multiplie dans le sang et se dissémine dans tout le corps, atteignant principalement les reins, le foie, les yeux et l’utérus 

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Elle provoque une réaction inflammatoire locale et systémique, ainsi qu’une altération de la fonction des organes touchés. Où elle peut entraîner des complications graves, telles que l’insuffisance rénale, l’hémorragie, l’avortement, l’uvéite ou la fluxion périodique.

Leptospira peut aussi rester latente ou inapparente chez certains chevaux, qui deviennent alors des porteurs asymptomatiques et excréteurs de la bactérie dans leur urine.

Comment se manifeste la leptospirose chez le cheval ?

Les symptômes de la leptospirose chez le cheval peuvent être variés et non spécifiques. Ils dépendent de la souche bactérienne, de la dose infectieuse, de la réponse immunitaire et de l’organe cible. On peut distinguer trois formes de la maladie, selon la durée et la sévérité des symptômes.

La forme aiguë 

Elle se caractérise par une : 

  • fièvre élevée, 
  • anorexie
  • dépression,
  • diarrhée et troubles digestifs 
  • déshydratation, 
  • jaunisse
  • hémorragie, 
  • insuffisance rénale ou hépatique, 
  • méningite 
  •  mort subite. 

Elle survient généralement quelques jours après la contamination, et peut être fatale si elle n’est pas traitée à temps.

La forme subaiguë 

Elle se manifeste par une :

  • fièvre modérée, 
  • perte d’appétit, 
  • léthargie
  • anémie
  • polyurie, 
  • polydipsie, 
  • ictère
  • hépatite 
  • néphrite. 

Elle apparaît généralement quelques semaines après la contamination, et peut évoluer vers la forme chronique si elle n’est pas traitée correctement.

La forme chronique  

Elle se traduit par :

  • une absence de fièvre, 
  • une perte de poids,
  • une baisse de performance
  • une infertilité
  • un avortement
  • une uvéite
  • une kératite, 
  • une cataracte, 
  • une glaucome 
  • ou une cécité. 

Elle se développe généralement plusieurs mois après la contamination, et peut persister pendant des années si elle n’est pas traitée efficacement.

Bon à savoir : La leptospirose peut être asymptomatique chez certains chevaux, c’est-à-dire qu’ils ne présentent aucun signe clinique, mais qu’ils restent porteurs et excréteurs des bactéries. Ces chevaux peuvent être une source de contamination pour d’autres animaux ou pour l’homme, et peuvent développer des complications tardives de la leptospirose.

La leptospirose chez le cheval : un grand danger 

Les complications de la leptospirose chez le cheval sont :

  • L’insuffisance rénale, qui se manifeste par une diminution ou une absence de production d’urine, une déshydratation, une accumulation de toxines dans le sang et une altération de l’état général.

Selon une étude réalisée sur 100 cas d’insuffisance rénale chez le cheval, la leptospirose était la cause la plus fréquente (30 %).

  • L’hémorragie, qui se traduit par une coloration foncée des urines, des saignements au niveau des muqueuses, de la peau ou des organes internes, une anémie et un choc hypovolémique.
  • L’avortement, qui survient généralement au cours du dernier trimestre de gestation, et qui peut être accompagné d’une infection de l’utérus, d’une rétention placentaire ou d’une métrite.

Selon une étude réalisée en 2020 sur 500 cas d’avortement chez la jument, la leptospirose était la cause la plus fréquente (25 %).

  • L’uvéite, qui est une inflammation de l’uvée, la couche intermédiaire de l’œil, et qui se caractérise par une rougeur, une douleur, une photophobie, une baisse de la vision et parfois une cécité.

Selon une étude réalisée en 2019 sur 1 000 cas d’uvéite récurrente chez le cheval, la leptospirose était la cause la plus fréquente (39 %).

  • La fluxion périodique, qui est une complication chronique de l’uvéite, et qui se manifeste par des crises récurrentes d’inflammation oculaire, pouvant entraîner des lésions irréversibles de l’œil, comme le glaucome, la cataracte, le décollement de la rétine ou l’atrophie du globe oculaire.

Comment diagnostiquer la leptospirose chez le cheval ?

Le diagnostic de la leptospirose chez le cheval repose sur des analyses de sang ou d’urine, qui permettent de détecter la présence des bactéries ou des anticorps. 

La culture bactérienne 

Elle consiste à mettre en culture les bactéries Leptospira à partir d’un échantillon de sang ou d’urine. Elle permet d’identifier le sérovar (sous-groupe) responsable de l’infection et de tester sa sensibilité aux antibiotiques. 

La culture bactérienne est considérée comme la méthode de référence, mais elle présente des limites : elle est longue (plusieurs semaines), coûteuse, difficile à réaliser et peu sensible

La sérologie 

Elle consiste à mesurer le taux d’anticorps spécifiques contre les bactéries Leptospira dans le sang. Elle permet de confirmer l’exposition du cheval à l’infection et de suivre son évolution. Elle est rapide, simple et peu coûteuse, mais elle n’est pas fiable.

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La PCR 

C’est une amplification et détection de l’ADN des bactéries Leptospira dans un échantillon de sang ou d’urine. Elle permet de diagnostiquer précocement l’infection et d’identifier le sérovar responsable. Elle est rapide, sensible et spécifique.

La microscopie à fond noir 

C’est l’observation directe des bactéries Leptospira dans un échantillon d’urine, grâce à un microscope spécial qui éclaire les bactéries par réflexion. Elle permet de détecter rapidement l’infection, mais elle est peu sensible, peu spécifique.

Remarque : La leptospirose chez le cheval peut être confondue avec d’autres maladies qui présentent des symptômes similaires, comme la piroplasmose, l’anémie infectieuse équine, la rhodococcose, ou la salmonellose. Il faut donc réaliser des analyses de sang ou d’urine pour confirmer le diagnostic et adapter le traitement.

Comment prendre en charge un cheval atteint de la leptospirose ?

Le traitement de la leptospirose chez le cheval vise à éliminer les bactéries Leptospira, à soulager les symptômes et à prévenir les complications. 

Des antibiotiques

Ils permettent d’éliminer les bactéries Leptospira et de réduire le risque de transmission à d’autres animaux ou à l’homme. Les antibiotiques les plus efficaces sont la pénicilline, la doxycycline et l’érythromycine. 

Des anti-inflammatoires 

Ils ont comme rôle de réduire la douleur, la fièvre et l’inflammation du cheval. Il faut respecter la posologie et la durée du traitement prescrites par le vétérinaire, car ils peuvent avoir des effets secondaires indésirables, comme des ulcères gastriques, des troubles rénaux ou des fourbures.

De la fluidothérapie

 Elle a comme but de réhydrater le cheval et de soutenir sa fonction rénale. Ils peuvent être administrés par voie intraveineuse ou sous-cutanée, selon l’état d’hydratation du cheval. Ils peuvent être associés à des électrolytes, du bicarbonate ou du glucose, selon les besoins du cheval.

Comment prévenir la leptospirose chez votre cheval ? Nos avis vétérinaires

La prévention de la leptospirose chez le cheval est essentielle pour éviter les conséquences graves de cette maladie sur la santé et le bien-être du cheval, ainsi que sur la santé publique. 

  • Limitez l’exposition de votre cheval aux sources de contamination, comme l’urine ou l’eau souillée par des animaux infectés. 
  1. évitez que le cheval boit dans des flaques d’eau, des mares ou des rivières
  2. fournissez lui de l’ eau propre et fraîche
  3. évitez que le cheval marche sur des sols humides, boueux ou caillouteux
  4. offrez lui un sol sec et confortable
  5. évitez que le cheval broute de l’herbe mouillée, 
  6. donnez-lui un fourrage de bonne qualité .
  • Respectez les mesures d’hygiène et de biosécurité, pour réduire le risque de transmission de la leptospirose à d’autres animaux ou à l’homme. 
  1.  nettoyez et désinfectez régulièrement les locaux, les abreuvoirs, les mangeoires et le matériel. 
  2. contrôlez les rongeurs, qui sont les principaux réservoirs de la leptospirose, en utilisant des pièges, des répulsifs ou des rodenticides. 
  3. isolez les chevaux suspects ou confirmés, et traitez-les rapidement. 
  4. portez des gants, des bottes et des lunettes de protection, et lavez-vous les mains après avoir manipulé les chevaux 
  • Faites vacciner votre cheval contre la leptospirose si votre vétérinaire vous le conseille

Puisqu’il n’y a pas de vaccin spécifique contre la leptospirose pour le cheval, certains vétérinaires peuvent utiliser des vaccins conçus pour les chiens, les bovins ou les porcs. 

Ces vaccins peuvent protéger contre certaines souches de la leptospirose, mais pas contre toutes. Ils peuvent aussi provoquer des effets indésirables, comme des réactions locales, des abcès ou des fourbures .

Souvenez-vous : La leptospirose est une zoonose, c’est-à-dire une maladie qui peut se transmettre entre les animaux et l’homme. Elle peut provoquer chez l’homme des symptômes similaires à ceux du cheval, comme la fièvre, les troubles rénaux ou hépatiques, ou les troubles oculaires. Elle peut aussi être mortelle dans les cas les plus graves. Il faut ainsi vous protéger et limiter la propagation de la maladie.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
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