La ligamentoplastie du genou est une opération chirurgicale visant à reconstruire le ligament croisé antérieur (LCA) lors d’une entorse grave du genou. Elle se réalise sous différentes techniques.
Chaque année, la ligamentoplastie du genou (LCA) est réalisée chez plus de 50.000 patients, en France. C’est une intervention qui affiche de très bons résultats. Néanmoins, comme tout acte chirurgical, elle n’est pas sans risque.
C’est ce que nous allons détailler dans cet article rédigé par une médecin. Continuez votre lecture, vous allez tout savoir sur la ligamentoplastie du genou (LCA).
Les 3 points essentiels
- La ligamentoplastie du genou (LCA) consiste en une réparation d’un ligament croisé antérieur rompu en faisant une greffe.
- Selon le greffon (l’élément destiné à la greffe), il existe plusieurs techniques de ligamentoplastie du genou (LCA).
- Parmi les éventuelles complications post-opératoires de la ligamentoplastie du genou (LCA), il y a la raideur du genou. Cette dernière a fait l’objet d’une nouvelle recommandation en 2023.
Ligamentoplastie du genou (LCA) : quand est-ce qu’elle est indiquée ?
La ligamentoplastie du genou est indiquée dans le cadre d’une rupture du ligament croisé antérieur (LCA). Ce dernier est l’un des quatre ligaments (bandes de tissu conjonctif) qui assurent la stabilité du genou, à savoir : le ligament collatéral médial (LCM), le ligament collatéral latéral (LCL), le ligament croisé postérieur (LCP) et donc, le ligament croisé antérieur (LCA).
Bon à savoir : les deux ligaments croisés (antérieur et postérieur) sont situés au centre du genou. Ce sont le pivot central de l’articulation. Ils unissent le tibia au fémur.
Chacun des quatre ligaments est susceptible d’être atteinte par une lésion traumatique. C’est ce qu’on appelle « entorse du genou ». (Vous pouvez lire notre guide complet sur l’entorse du genou ici.)
Moins épais que le ligament croisé postérieur (LCP), le ligament croisé antérieur (LCA) est beaucoup plus exposée à la rupture. D’ailleurs, les statiques disent qu’en France, on rencontre cinq ruptures du ligament croisé antérieur (LCA) pour une rupture de ligament croisé postérieur (LCP).
Bon à savoir : généralement, la rupture du ligament croisé antérieur (LCA) survient après un faux-mouvement survenu au cours d’une pratique sportive : lorsque le genou amorce un mouvement de rotation alors que le pied est resté bloqué au sol.
Ligamentoplastie du genou (LCA) : en quoi consiste-t-elle ?
La ligamentoplastie du genou (LCA) consiste en une réparation du ligament (LCA) rompu en faisant une greffe. Elle se fait sous arthroscopie (le geste chirurgical est réalisé sans ouvrir le genou mais en utilisant un arthroscope, un tube flexible muni d’une petite caméra).
Dans la grande majorité des cas, le greffon (l’élément destiné à la greffe) est prélevé sur le patient lui-même (autogreffe). Une allogreffe (greffon venant d’un donneur) est possible. Toutefois, cette dernière est interdite dans certains pays.
Selon le greffon, plusieurs techniques de ligamentoplastie du genou (LCA) existent. Ce sont :
- la technique de Kenneth Jones (ou KJ) : le greffon provient du tendon patellaire (rotulien) ;
- la technique DIDT : greffon venant du tendon des muscles droit interne (DI) et demi-tendineux (DT) ;
- la technique de Mac Intosh (dite également Mac Intosh au Fascia Lata) : le greffon est une bandelette de la membrane fibreuse (aponévrose) située sur la face externe de la cuisse, le Fascia Lata ;
- la technique du greffon issu du tendon du quadriceps, muscle situé dans la partie antérieure de cuisse ;
- l’allogreffe : greffon provenant d’un donneur prélevé sur son tendon patellaire (rotulien), son tendon d’Achille, son demi-tendineux, son tendon postérieur du tibia, etc. ;
- le ligamentoplastie de Lemaire (ou ténodèse latérale au Fascia Lata) : un ajout de ligament à l’articulation.
Le choix opératoire dépend de l’activité et de l’état de santé global du patient. De manière générale, c’est la technique de Kenneth Jones qui est la plus employée. Elle est recommandée aux sportifs à forte sollicitation du genou et aux travailleurs qui n’ont pas besoin de s’agenouiller au travail.
La technique de DIDT arrive à la deuxième position. Elle permet une récupération rapide mais elle est inadaptée aux individus hyperactifs du genou.
Ligamentoplastie du genou (LCA) : comment se déroule l’opération ?
La ligamentoplastie du genou (LCA) peut être réalisée soit sous anesthésie générale soit sous rachianesthésie (anesthésie de la partie inférieure du corps). Le choix revient au médecin anesthésiste après votre visite pré-anesthésique faite avant l’opération chirurgicale.
Au bloc opératoire, après que votre médecin anesthésiste donne le feu vert à votre chirurgien, celui-ci commence l’intervention en faisant deux incisions sous la rotule. Il introduit l’arthroscope dans l’articulation du genou et évalue l’étendue de votre lésion avant de passer au geste chirurgical de la technique choisie à l’aide de plusieurs petits instruments.
Ligamentoplastie du genou (LCA) selon la technique de Kenneth Jones (KJ)
- le chirurgien prélève un tiers (1/3) de votre tendon patellaire (rotulien) ;
- il perce le tibia et le fémur pour réaliser deux tunnels osseux ;
- il fait monter le greffon à travers les tunnels ;
- il fixe le tendon en lieu et place du LCA en utilisant deux vis d’interférences qui sont résorbables.
Ligamentoplastie du genou (LCA) selon la technique DIDT
- le chirurgien prélève les tendons de vos muscles droit interne (DI) et demi-tendineux (DT) sur la face interne de votre genou (parfois, seul le tendon du DT est prélevé si son calibre est estimé suffisant pour la greffe) ;
- il plie les tendons prélevés en deux ou quatre brins ;
- il réalise deux tunnels osseux en perçant le tibia et le fémur ;
- il fait monter le greffon à travers les tunnels ;
- il fixe le tendon DIDT (ou DT) en lieu et place du LCA par un bouton métallique au fémur et un vis d’interférence au tibia.
Le principe des autres techniques est à peu près les mêmes que les deux citées c’est-à-dire prélèvement du greffon, réalisation des tunnels osseux, montée du greffon et fixation en lieu et place du LCA. A l’exception de la ligamentoplastie de Lemaire où un ligament est placé à la périphérie de l’articulation pour contrer l’instabilité du genou due à la rupture du LCA.
Précisions du médecin : toute l’intervention se fait sous contrôle de l’arthroscope. Les résidus du LCA rompu sont conservés pour favoriser la vascularisation de votre greffon. Selon la technique utilisée, la ligamentoplastie du genou (LCA) dure entre 30 à 60 minutes. Concernant la zone prélevée, le tendon cicatrise rapidement : le prélèvement n’aura aucune incidence sur votre genou.
Ligamentoplastie du genou (LCA) : comment se passe les suites opératoires ?
La ligamentoplastie du genou (LCA) nécessite en moyenne un à deux jours d’hospitalisation. Dans des cas rares, elle est réalisée en ambulatoire (retour à domicile le jour même de l’opération). Dans les deux cas, il est important de suivre les directives de votre chirurgien.
Vous serez sous traitements antalgiques pour soulager les douleurs post-opératoires. Pour votre confort, vous pouvez appliquer du froid (glaçage) sur la zone douloureuse.
Vous serez également sous traitements anticoagulants pour éviter la formation d’un caillot dans les veines de votre jambe (phlébite). Aussi, un traitement antibiotique vous sera prescrit pour prévenir une infection.
Par ailleurs, vous devez commencer rapidement des séances de kinésithérapie pour stimuler la mobilité de votre genou. Vous pouvez appuyer sur votre jambe opérée. Toutefois, vous devez porter des béquilles pendant les trois premières semaines qui suivent votre opération pour ne pas risquer une nouvelle rupture du LCA.
La reprise des activités sportives douces est possible vers la sixième semaine post-opératoire. Par contre, pour les sports intenses, vous devez attendre 6 mois à 8 mois.
Ligamentoplastie du genou (LCA) : quelles sont les éventuelles complications ?
Comme dit plutôt, la ligamentoplastie du genou (LCA) n’est pas sans risque. Des complications post-opératoires peuvent survenir après une ligamentoplastie du genou (LCA). Il s’agit de :
- un saignement post-opératoire à l’intérieur de l’articulation (hématome) ;
- une raideur articulaire ;
- une formation d’un caillot dans une veine de la jambe (phlébite) ;
- une infection ;
- une douleur récurrente du genou (notamment pour la technique de Kenneth Jones où l’agenouillement peut être douloureux) ;
- une nouvelle rupture du LCA.
En 2023, en prévention de la raideur articulaire après une ligamentoplastie du genou (LCA), la Revue de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique publie une recommandation de Bertrand Sonnery-Cottet et ses collaborateurs suggérant de ne pas opérer tant que le mécanisme d’AMI n’est pas levé.
Bon à savoir : le mécanisme d’AMI (arthrogenic muscle inhibition) est un trouble d’extension active du genou dû à un réflexe central après un traumatisme.
Ligamentoplastie du genou (LCA) : quand consulter ?
Si vous venez de subir une ligamentoplastie du genou (LCA), consultez si :
- vous présentez un gonflement persistant au niveau de la zone opéré ;
- vous avez la jambe gonflée (œdème des membres inférieures) ;
- votre genou est raide ;
- votre genou est instable ;
- vous avez une douleur récurrente au genou ;
- vous avez de la fièvre ou des frissons ;
- vous avez du mal à respirer ou vous toussez du sang.
Si vous cherchez un spécialiste dans votre région, consultez notre répertoire.
Témoignages
Références
Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
Bertrand Sonnery-Cottet, Thomas Ripoll, Étienne Cavaignac. Prévention des raideurs du genou après ligamentoplastie : qu’est-ce que l’arthrogenic muscle inhibition (AMI) ? Revue de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique. doi: 10.1016/j.rcot.2023.07.003.
Notre processus de création d’articles chez Groupe SANTÉPOURTOUS
Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

