Maladie coronarienne : espérance de vie 

Article rédigé par le 15 mars 2024

La maladie coronarienne, caractérisée par le rétrécissement des artères coronaires qui alimentent le cœur en sang oxygéné, est un défi majeur pour la santé cardiovasculaire. Cette condition peut entraîner des complications graves telles que l’angine de poitrine et la crise cardiaque, mettant ainsi en jeu la vie des individus qui en sont atteints.

Bien que la maladie coronarienne puisse avoir un impact significatif sur l’espérance de vie, une prise en charge appropriée peut considérablement améliorer vos perspectives à long terme. Dans cet article rédigé par un médecin, vous trouverez des détails sur cette maladie, ses traitements et surtout leurs impacts sur l’espérance de vie.

Les points importants à retenir

  1. La maladie coronarienne est causée par le rétrécissement des artères du cœur, principalement à cause de l’accumulation de plaques de cholestérol et de calcium.
  2. Les facteurs de risque incluent le tabagisme, le diabète, l’hypertension et l’obésité.
  3. Les symptômes comprennent la douleur thoracique, l’essoufflement et la fatigue.
  4. Les options de traitement comprennent les changements de mode de vie, les médicaments et les interventions médicales ou chirurgicales.
  5. L’espérance de vie est influencée par la gravité de la maladie et la réponse au traitement.
  6. Les changements de mode de vie, comme l’arrêt du tabac et l’exercice régulier, sont cruciaux pour maintenir un cœur en bonne santé.

La maladie coronarienne, c’est quoi ?

Définition

La maladie coronarienne est une maladie qui touche les principaux vaisseaux du cœur. Elle résulte du rétrécissement des artères coronaires, des vaisseaux sanguins de petit calibre fournissant oxygène et nutriments au cœur. 

Ce rétrécissement est généralement dû à l’accumulation de plaques de cholestérol et de calcium sur les parois des artères coronaires. Cela limite le flux sanguin vers le cœur, entraînant une souffrance des tissus, pouvant se manifester par une angine de poitrine ou une crise cardiaque.

Facteurs de risque 

Des facteurs génétiques et des facteurs de mode de vie contribuent au développement de la maladie. 

Les facteurs génétiques sont :

  • âge,
  • hérédité,
  • genre masculin.

Les facteurs modifiables liés au mode de vie sont :

Symptômes

La maladie coronarienne peut rester asymptomatique pendant de nombreuses années. Lorsqu’elle se manifeste, le maître symptôme est souvent la douleur thoracique. Il s’agit d’une douleur thoracique déclenchée par l’effort ou le stress et qui disparaît au repos. Elle peut irradier vers la mâchoire et le bras gauche ou parfois vers le dos.

Les symptômes incluent également : 

  • un essoufflement,
  • une fatigue inhabituelle
  • des palpitations
  • une transpiration excessive,
  • des étourdissements ou une perte de connaissance.

Parfois, elle peut se manifester sous d’autres formes, comme :

  • des douleurs au niveau de l’estomac
  • des troubles digestifs (indigestion ou nausées),
  • des troubles du sommeil (dûs à la gêne ou à la douleur).

Quand consulter ?

Devant tout signe suspect de maladie coronarienne, comme une douleur thoracique à répétition, un essoufflement, ou autres, il est conseillé de consulter votre médecin traitant. Ce dernier fera les bilans nécessaires et vous orientera vers le spécialiste adéquat. 

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Si vous ressentez une douleur très intense dans votre poitrine et qui ne se calme pas rapidement, il peut s’agir d’une crise cardiaque. Dans ce cas, veuillez contacter immédiatement le SAMU ou vous rendre ou service des urgences le plus proche.

Diagnostic

Plusieurs examens peuvent être utilisés pour diagnostiquer la maladie.

  • Électrocardiogramme (ECG) : détecte les anomalies cardiaques et les problèmes de rythme.
  • Épreuve d’effort : évalue la fonction cardiaque sous stress physique.
  • Échographie cardiaque : visualise le cœur et évalue son fonctionnement.
  • Coronarographie : visualise les blocages dans les artères coronaires.
  • Cathétérisme cardiaque : identifie les artères coronaires rétrécies ou obstruées.

Traitement 

La prise en charge de la maladie coronarienne consiste à traiter les symptômes et à prévenir les complications, ainsi que les récidives. Elle comprend :

  • Changements de mode de vie : C’est la base du traitement. Un traitement, aussi meilleur qu’il soit, ne sera efficace que si vous respectez les changements de mode de vie nécessaires. Ce sont surtout l’arrêt du tabac, les exercices physiques réguliers, et un régime alimentaire sain.
  • Médicaments : statine, bêta-bloquant, anti-agrégant, anti-angineux, etc. ;
  • Procédures médicales : pose de stent (un dispositif en forme de tube placé dans l’artère afin de la maintenir ouverte), angioplastie (insérer un ballonnet coulissant sur un guide métallique pour dilater l’artère) ;
  • Intervention chirurgicale : pontage aorto-coronarien (une intervention qui restaure l’afflux sanguin vers le cœur en court-circuitant le blocage artériel).
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Avis du professionnel : Il est fortement recommandé aux personnes atteintes de maladie coronarienne de rechercher un traitement médical approprié. Vous devriez suivre les conseils de votre professionnel de santé pour améliorer votre espérance de vie et votre qualité de vie.

Maladie coronarienne : quelle est l’espérance de vie ?

L’espérance de vie des patients souffrant de maladie coronarienne est étroitement liée à plusieurs facteurs, notamment la gravité de la maladie, la rapidité du diagnostic et de la prise en charge, ainsi que la réponse au traitement

En suivant un traitement médical approprié et en adoptant un mode de vie sain, il est possible de gérer efficacement la maladie et de réduire les risques de complications graves. 

Espérance de vie d’une personne atteinte de maladie coronarienne sans traitement

Il est difficile de fournir des chiffres précis sur l’espérance de vie d’une personne atteinte de maladie coronarienne sans traitement, car cela dépend de nombreux facteurs individuels.

Toutefois, on estime qu’une personne atteinte de maladie coronarienne non traitée peut voir son espérance de vie réduite de 5 à 15 ans par rapport à une personne en bonne santé. 

L’absence de traitement augmente fortement les risques de complications graves qui peuvent diminuer considérablement l’espérance de vie. Il peut s’agir d’une crise cardiaque ou d’une insuffisance cardiaque (incapacité du coeur à assurer sa fonction), 

Les personnes ayant une insuffisance cardiaque sévère vivent en moyenne 5 à 10 ans après le diagnostic et seulement 10% survivent à un infarctus.

Bon à savoir : il est important de noter que ces chiffres ne sont qu’une estimation générale et que chaque cas est unique.

Impact du traitement sur l’évolution de la maladie coronarienne

Les progrès dans les domaines de la médecine et de la cardiologie ont considérablement amélioré les options de traitement et les taux de survie pour les patients atteints de cette maladie. 

Les traitements de prévention secondaire, qui sont les anti-agrégants, les bêta-bloquants et les statines, ont largement amélioré l’évolution de la maladie coronarienne.

Concernant le pontage coronarien, durant les 10 premières années après cette intervention, vous pouvez espérer vivre aussi longtemps que ceux qui n’ont pas subi d’intervention. Dix ans car après, le greffon artériel peut s’abîmer ou d’autres artères coronaires peuvent se rétrécir, diminuant à nouveau l’espérance de vie.

Rapport entre changement de mode de vie et espérance de vie

Les changements de mode de vie, tels que l’arrêt du tabac, une alimentation saine et une activité physique régulière, jouent un rôle crucial dans l’amélioration de l’espérance de vie.

Selon une étude menée par Bâ Hamadou et ses collaborateurs, en 2013, publiée dans The Pan African Medical Journal, les patients tabagiques porteurs de maladie coronarienne sevrés ne présentent que 14% d’angine de poitrine résiduelle alors qu’il est de 77% chez ceux non sevrés.

Une autre étude menée par Dominique Monnin et Balz Winteler, en 2017, a démontré que comparé à une réadaptation sans exercices, l’entraînement physique réduit le risque de mortalité cardiovasculaire et améliore la qualité de vie des patients coronariens. 

Quelques conseils pour un cœur en bonne santé

En prenant en compte les facteurs de risque et les impacts du changement de mode de vie sur l’évolution de la maladie coronarienne, voici quelques conseils pour préserver votre cœur.

Identifiez vos facteurs de risque

Pour pouvoir les changer, il est important que vous sachiez quels sont vos facteurs de risques. Vous pouvez regarder la liste ci-dessus pour les identifier. De plus, votre cardiologue vous les avez sûrement déjà précisés.

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Prenez-les en compte tout au long de votre traitement, tout au long de votre vie. C’est la base pour améliorer la santé de votre cœur.

Arrêtez de fumer

C’est la première cause de mortalité cardio-vasculaire évitable. Tabac et maladie cardiovasculaire sont des ennemis jurés. Le tabac favorise l’inflammation des vaisseaux du cœur. De plus, il contribue à l’accumulation de plaques le long de la paroi des artères, les faisant rétrécir.

Bon à savoir : fumer 3 à 4 cigarettes par jour multiplie par 3 le risque de survenu d’accident cardiovasculaire grave. 

Surveillez votre poids et votre tour de taille

Le tour de taille est plus pertinent que le poids pour évaluer le risque cardio-vasculaire. En effet, un tour de taille supérieur à 102 cm chez l’homme et 88 cm chez la femme indique une obésité abdominale.

Soyez vigilant, l’obésité, que ce soit dans le ventre ou dans tout le corps, est un facteur de risque pour votre cœur et vos vaisseaux sanguins. 

Bougez plus

L’étude de Dominique Monnin et Balz Winteler l’a prouvé, faire de l’exercice est bon pour votre cœur. Mais, il ne suffit pas de juste faire une activité physique, il faut qu’elle soit régulière. La méthode la plus recommandée est de faire 30 min à 1h d’exercice en continu par jour et au moins 5j par semaine.

Point important : il ne s’agit pas nécessairement de courir, saisissez toutes les opportunités de bouger : marchez, faites du vélo, prenez les escaliers…

Adoptez un régime alimentaire sain

Le régime méditerranéen est le meilleur pour réduire votre risque de maladie cardio-vasculaire.

  • Peu de viande rouge, de beurre, de charcuterie, mais beaucoup de fruits, de légumes, de poissons, de céréales, d’huile d’olive ou de colza ;
  • Évitez les aliments gras et les sodas ;
  • Limitez votre consommation d’alcool et de sel.

Vérifiez votre tension artérielle et votre taux de cholestérol régulièrement

En excès dans le sang, le mauvais cholestérol est délétère, car il détériore les artères et favorise les caillots. L’hypertension artérielle quant-à elle fatigue le cœur parce que cela lui impose une surcharge de travail pour arriver à pomper le sang correctement.

Pour les surveiller, votre médecin traitant ou votre cardiologue vous proposera de faire des contrôles réguliers. Il est conseillé de les suivre à la lettre.

Réduisez votre stress

Le stress fait partie des facteurs de risque de presque toutes les maladies, mais surtout des maladies cardio-vasculaires. Il est l’une des principales causes de crise cardiaque après le tabac et l’excès de cholestérol dans le sang.

Point important : à lui seul, le stress représente déjà un facteur de risque mais en plus, il incite à fumer, à boire de l’alcool, à manger plus gras et plus sucré. 

Alors, riez, soyez positif et dormez entre 6 à 8 heures par nuit.

Références 

Les ressources utilisées dans la création de cet article
  • Haute Autorité de Santé – Guide affection de longue durée : La prise en charge de votre maladie coronarienne 
  • Fréquence Médicale : Maladie coronaire stable
  • Hamadou B, Thuaire C, Range G, Demicheli T, Kane A, Albert F. Syndrome coronaire aigu du sujet jeune caucasien: à propos de 62 cas [Acute coronary syndrome in young Caucasian: about 62 cases]. Pan Afr Med J. 2013 Mar 27;14:116. French. doi: 10.11604/pamj.2013.14.116.2466. PMID: 23717729; PMCID: PMC3664882.
  • Dominique Monnin, Balz Winteler. Activité physique et maladie coronarienne : un couple dont les relations pourraient être plus claires. Kinésithérapie, la Revue. 2017;17:192.doi: 10.1016/j.kine.2017.09.004
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