Maladie de cushing chez le cheval : tout savoir (explication vétérinaire)

Article rédigé par le 11 août 2023

L’amélioration des soins vétérinaires a considérablement allongé l’espérance de vie des chevaux, conduisant à une augmentation significative du nombre de chevaux âgés.

Toutefois, cette augmentation de la longévité a mis en lumière des affections spécifiques qui touchent particulièrement les chevaux vieillissants. Parmi elles, la maladie de Cushing chez le cheval se démarque en tant que maladie endocrinienne et neurodégénérative, caractérisée par une surproduction chronique de cortisol, l’hormone du stress.

 À travers cet article, nous allons explorer en détail la maladie de Cushing chez le cheval, en commençant par une compréhension anatomique fondamentale pour ensuite aborder la définition, les causes, les symptômes, les méthodes de diagnostic et les approches de traitement.

Maladie de cushing chez le cheval: tout savoir dans cet article

Compréhension anatomique pour appréhender la maladie

Pour appréhender la maladie de Cushing chez le cheval, il est crucial de comprendre l’anatomie et le fonctionnement du système endocrinien des chevaux. Le système endocrinien chez les chevaux est un réseau complexe de glandes et d’hormones qui régulent diverses fonctions corporelles, notamment la croissance, le métabolisme, la reproduction et la réponse au stress. 

Le rôle clé de l’hypothalamus et de l’hypophyse est à souligner, car ils régulent la production hormonale dans le corps. Il s’agit de deux petites glandes endocrines ( qui sécrètent des hormones dans le sang) situés à la base des crânes des chevaux. 

L’hypothalamus produit la dopamine, une neurohormone qui influence la sécrétion d’ACTH (Adréno-cortico trophic hormon) par l’hypophyse. 

L’ACTH va ensuite être libéré dans le sang puis va stimuler la production de glucocorticoïdes, notamment le cortisol, par les glandes surrénales (glandes situées au-dessus des reins des chevaux.)

L’axe hypothalamo-hypophysaire joue un rôle central dans la régulation hormonale. Toute perturbation de ce système peut entraîner des problèmes de santé tels que la maladie de Cushing chez les chevaux.

Maladie de Cushing chez le cheval: comprendre cet affection

La maladie de Cushing chez le cheval, également appelée « Dysfonctionnement de la Pars Intermedia Hypophysaire (DPIH)», est caractérisée par une surproduction anormale et chronique de cortisol. 

Chez les chevaux, cette affection est souvent liée au vieillissement et se manifeste par une neurodégénérescence au niveau de l’hypothalamus, ce dernier n’arrive plus à sécréter un taux suffisant de dopamine. 

La dopamine agit comme un neurotransmetteur inhibiteur, c’est-à-dire qu’elle exerce un effet de régulation négative sur certaines activités hormonales  de l’hypophyse. 

La diminution de la sécrétion de dopamine due à cette neurodégénérescence entraîne une surproduction d’ACTH, entraînant une hyperactivité de la Pars Intermedia de l’hypophyse et, par conséquent, une production excessive de cortisol par les glandes surrénales.

En résumé simplifié, voici ce qui se passe lors de la maladie de cushing chez le cheval: 

  • Dégénérescence de l’hypothalamus 
  • Insuffisance de sécrétion de dopamine par l’hypothalamus qui devait régler la production hormonale de l’hypophyse
  • L’hypophyse sécrète l’hormone ACTH en excès 
  • L’ACTH stimule excessivement les glandes surrénales 
  • Les glandes surrénales libère une quantité importante de l’hormone cortisol 
  • Le cortisol libéré en excès est responsable de la maladie de Cushing chez le cheval.  

Les causes de la maladie de cushing chez le cheval 

Le vieillissement 

Les causes de la maladie de Cushing chez le cheval sont multifactorielles. Le processus de vieillissement est un facteur majeur, car il contribue à la dégénérescence neuronale au niveau de l’hypothalamus. 

La dégénérescence de l’hypothalamus conduit ensuite à une diminution de la sécrétion de dopamine par celui-ci.

Cette insuffisance de sécrétion de dopamine conduit ensuite à une augmentation de la production d’ACTH par l’hypophyse, entraînant une production excessive de cortisol par les glandes surrénales. 

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Les autres causes possibles 

En plus du vieillissement, des tumeurs ou une hyperplasie ( multiplication des nombres de cellules) des glandes surrénales peuvent également conduire à une surproduction de cortisol, ce qui explique pourquoi la maladie de Cushing peut affecter même les jeunes chevaux.

Symptômes caractéristiques: comment se manifeste la maladie de Cushing chez le cheval? 

Les symptômes de la maladie de Cushing chez le cheval se développent progressivement et sont souvent discrets au début. 

Hypertrichose

Parmi  les signes caractéristiques de la maladie de cushing chez le cheval, il y a l’hypertrichose, se traduisant par une croissance excessive et bouclée des poils, surtout pendant la mue du cheval.

Fourbure

Lors de la maladie de Cushing, l’excès de cortisol contribue au développement de la fourbure chez les chevaux. La fourbure est une affection douloureuse des pieds chez les chevaux, caractérisée par une inflammation et une congestion chronique des structures internes du pied du cheval. 

L’amyotrophie

L’amyotrophie fait référence à la fonte musculaire et à la diminution de la masse musculaire. En excès, le cortisol peut induire une dégradation excessive des protéines musculaires, ce qui entraîne la perte de masse musculaire. 

L’amyotrophie s’observe généralement au niveau du dos et des membres postérieurs, accompagnée de dépôts de graisse, principalement au niveau de l’encolure et de l’abdomen. 

Les autres symptômes 

La léthargie 

La léthargie est un symptôme fréquent chez les chevaux atteints de la maladie de Cushing. Elle se manifeste par une diminution significative de l’énergie, de l’enthousiasme et de l’activité. Les chevaux affectés peuvent sembler fatigués, déprimés et moins réactifs que d’habitude.. 

Une polyuro-polydipsie

La polyuro-polydipsie chez le cheval se réfère à un syndrome caractérisé par une augmentation anormale de la production d’urine (polyurie) et de la consommation excessive d’eau (polydipsie).

L’excès de cortisol peut influencer la capacité des reins à concentrer l’urine, ce qui conduit à une augmentation de la production d’urine. En réponse à cette perte d’eau, le cheval ressent une soif excessive et boit plus d’eau pour compenser. 

Des signes neurologiques 

Chez les chevaux atteints de la maladie de Cushing, l’ataxie peut se manifester comme un symptôme neurologique, affectant leur capacité à se déplacer de manière fluide et coordonnée.

Les chevaux atteints de la maladie de Cushing peuvent également développer une cécité partielle (perte de la vue) en raison des effets néfastes du déséquilibre hormonal sur les structures oculaires et le système nerveux visuel.

Une sensibilité accrue aux infections

La sensibilité accrue aux infections chez les chevaux atteints de la maladie de Cushing est due à l’effet immunosuppresseur du cortisol en excès. 

Cela peut se traduire par une augmentation de l’incidence des infections dentaires, sinusales, urinaires, respiratoires et des pieds chez ces animaux.

 Le système immunitaire affaibli a du mal à combattre efficacement les agents pathogènes, ce qui rend les chevaux plus susceptibles de contracter des infections et peut également rendre la guérison plus difficile.

Maladie de Cushing chez le cheval: diagnostic de la maladie

Nombreuses sont les méthodes qui peuvent être utilisées pour faire le diagnostic de la maladie de Cushing chez le cheval. 

Inspection des symptômes par un vétérinaire: 

Le diagnostic de la maladie de Cushing repose sur l’identification des symptômes caractéristiques par un vétérinaire.

 Cependant, en raison de la progression lente de la maladie, ce moyen de diagnostic peut être difficile.

Dosage du taux d’ACTH 

 Les tests sanguins mesurant les taux d’ACTH dans le sang du cheval sont essentiels pour confirmer le diagnostic. Des seuils spécifiques sont utilisés pour différencier les cas normaux des cas de DPIP. 

 En général, chez un cheval en bonne santé, le taux d’ACTH est généralement inférieur à 35 pg/mL (picogrammes par millilitre). 

Tests de suppression à la dexaméthasone

Ce test consiste à administrer une dose de dexaméthasone, une corticostéroïde synthétique, au cheval et à surveiller les niveaux de cortisol dans le sang avant et après l’administration.

Normalement, chez un cheval en bonne santé, l’administration de dexaméthasone entraîne une diminution des taux de cortisol dans le sang.Ce qui n’est pas le cas  chez un cheval atteint de la maladie de Cushing. 

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Ainsi, si les niveaux de cortisol ne diminuent pas de manière significative après le test de suppression à la dexaméthasone, cela peut indiquer la présence de la maladie de Cushing chez le cheval

Test de stimulation à la TRH 

La TRH est également une hormone produite par l’hypothalamus ( comme  la dopamine). 

Lors du test de stimulation à la TRH, une dose de TRH est administrée au cheval et les niveaux d’hormones spécifiques, comme l’ACTH, sont surveillés avant et après l’administration. 

Chez un cheval en bonne santé, l’administration de TRH entraîne une augmentation des niveaux d’ACTH. Dans le cas contraire, le diagnostic de maladie de cushing chez le cheval est établi. 

Les tests en cours de développement: 

De plus, la recherche continue dans le domaine vétérinaire vise à améliorer les diagnostics et les traitements de la maladie de Cushing chez les chevaux.

 De nouvelles technologies de diagnostic, telles que l’imagerie avancée et les marqueurs biologiques spécifiques, peuvent offrir des moyens plus précis pour identifier la maladie à un stade précoce

Maladie de cushing chez le cheval: prise en charge et traitement

Traitement conservateur 

Un traitement hormonal à vie est essentiel avec la mésylate de pergolide comme médicament couramment utilisé.

Le mésylate de pergolide agit comme agoniste du récepteur dopaminergique, ce qui signifie qu’il imite l’action de la dopamine, insuffisamment sécrétée par l’hypothalamus. 

En réduisant la production d’ACTH par l’hypophyse, le médicament contribue à atténuer les effets néfastes de l’excès de cortisol dans l’organisme. Cela peut aider à soulager les symptômes associés à la maladie de Cushing, mais non à les traiter. 

Les comprimés de pergolide sont prescrit par un vétérinaire en fonction du poids du cheval et de la gravité de la maladie. Un suivi régulier et des ajustements de dosage peuvent être nécessaires pour assurer l’efficacité et minimiser les effets secondaires potentiels.

D’autres options de traitement, telles que la Trilostane et la phytothérapie, peuvent également être envisagées.

Les scientifiques explorent encore les options thérapeutiques novatrices pour mieux réguler la production de cortisol et atténuer les symptômes associés.

Autres mesures et conseils  en cas de la maladie de cushing chez le cheval 

La prise en charge de la maladie de Cushing vise également à améliorer le confort et la qualité de vie du cheval.

Pour le cheval 

Les mesures à prendre implique un soutien nutritionnel, avec des compléments en oligo éléments et en vitamines, en mettant l’accent sur la vitamine C pour renforcer le système immunitaire et la vitamine B12 pour le système nerveux central. 

L’hygiène alimentaire est cruciale, il faut éviter les aliments riches en amidon pour réduire les symptômes, notamment la fourbure.

Les vaccinations ( surtout du tétanos), les déparasitages et une alimentation de qualité contribuent à protéger le cheval des infections. 

Pour le propriétaire du cheval 

Il est important de considérer l’impact psychologique et émotionnel sur les propriétaires de chevaux atteints de la maladie de Cushing. 

La gestion de cette affection chronique exige une collaboration étroite entre les propriétaires, les vétérinaires et les soignants. Comme il s’agit d’une maladie dégénérative, les traitements et les soins doivent se faire jusqu’à la fin de la vie du cheval. 

 Il est essentiel de fournir un soutien émotionnel aux propriétaires alors qu’ils font face aux défis de la prise en charge quotidienne de leur animal de compagnie bien-aimé.

Conclusion

La maladie de Cushing chez le cheval, caractérisée par une surproduction de cortisol en raison d’une neurodégénérescence hypothalamique, représente un défi pour les chevaux vieillissants. 

Une compréhension approfondie de l’anatomie et des mécanismes sous-jacents de cette maladie est essentielle pour le diagnostic et la gestion efficace.

 Les propriétaires et les vétérinaires doivent travailler ensemble pour identifier les symptômes, mettre en place une prise en charge adaptée et fournir un traitement continu afin d’améliorer la qualité de vie des chevaux atteints de cette affection complexe.

Références

La maladie de Cushing chez le cheval
La fourbure chez le cheval

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