Maladie de Kienböck : Définition et prise en charge (guide complet)

Article rédigé par le 10 octobre 2021

La maladie de Kienböck est une affection caractérisée par une interruption de l’irrigation sanguine de l’un des os du carpe, le lunatum.

Ce manque de vascularisation au niveau du lunatum provoque une nécrose avasculaire se manifestant par des douleurs et une raideur du poignet.

Cet article couvre les éléments essentiels à savoir pour bien prendre en charge la maladie de Kienböck (causes, symptômes, diagnostic et traitement).

Définition et anatomie

La maladie de Kienböck touche principalement les hommes entre 20 et 40 ans, et touche surtout la main dominante.

Causes

À ce jour, la cause exacte de la maladie de Kienböck n’est pas connue. Elle est souvent confondue avec l’entorse du poignet, surtout si la personne atteinte a subi une chute avant l’apparition des symptômes.

Certains facteurs peuvent influencer l’apparition de la maladie. On pense par exemple aux traumas répétés ou aux antécédents de chute.

Par ailleurs, le lunatum est normalement irrigué par 2 vaisseaux sanguins, mais certaines personnes possèdent uniquement un vaisseau permettant la vascularisation de cet os.

Comme cela peut ralentir la circulation sanguine, le lunatum aura alors un flux sanguin réduit, ce qui pourrait mener à une nécrose avasculaire avec le temps.

Finalement, une différence de longueur des os de l’avant-bras (radius et ulna) peut exercicer une pression supplémentaire sur le lunatum de par sa position anatomique.

Avec le temps et les mouvements répétés, cette pression excessive pourrait entraîner la maladie de Kienböck.

La maladie de Kienbock est-elle héréditaire ?

La maladie de Kienböck n’est généralement pas considérée comme héréditaire, mais certains facteurs anatomiques et génétiques peuvent augmenter le risque de développer cette affection (comme ceux mentionnés ci-haut).

Ainis, la plupart des cas surviennent de manière sporadique, sans antécédents familiaux clairs.

Symptômes

Les symptômes les plus courants de la maladie de Kienböck sont les suivants :

  • Un poignet douloureux et parfois gonflé
  • Une raideur et réduction de mouvements au niveau du poignet
  • Une diminution de la force de préhension
  • Sensibilité directement au-dessus de l’os lunatum (sur le dessus de la main, à peu près au milieu du poignet)
  • Difficulté lors de certaines activités (comme conduire, soulever des objets, etc.)

Diagnostic

La maladie de Kienböck évolue lentement, si bien que plusieurs personnes atteintes ne consultent leur médecin qu’après avoir vécu avec les symptômes pendant plusieurs mois.

Évidemment, un diagnostic précoce permettra une meilleure prise en charge de la maladie. Si jamais vous décidez de consulter, le médecin débutera par un examen clinique où il discutera de votre condition et historique médical. Il examinera ensuite votre poignet en quête des signes mentionnés précédemment.

Il est à noter qu’au stade initial, le diagnostic de maladie de Kienböck est très difficile à poser, car les symptômes sont très similaires à une entorse du poignet ou autre affection du poignet.

Imagerie médicale à la rescousse

Plusieurs examens d’imagerie médicale peuvent être utilisés pour diagnostiquer la maladie de Kienböck et évaluer son stade. Les principaux examens incluent :

  1. Radiographies : Les radiographies du poignet sont souvent le premier examen réalisé. Elles permettent de visualiser les changements dans l’os lunaire, tels que la fragmentation, l’effondrement ou la densité osseuse anormale.
  2. Tomodensitométrie (TDM) ou scanner : Cet examen peut fournir des images en coupe transversale du poignet, permettant d’obtenir des informations plus détaillées sur l’os lunaire, l’état des articulations et la vascularisation.
  3. Imagerie par résonance magnétique (IRM) : L’IRM offre des images détaillées des tissus mous et de la vascularisation. Elle peut aider à évaluer la nécrose osseuse, les lésions cartilagineuses, les troubles ligamentaires et les changements dans la vascularisation du poignet.
  4. Scintigraphie osseuse : Cet examen consiste à injecter une petite quantité de produit radioactif dans une veine. Les images scintigraphiques permettent de détecter les changements métaboliques et l’activité osseuse anormale dans le poignet.
  5. Arthroscopie : Bien qu’il s’agisse d’une procédure invasive, l’arthroscopie peut être utilisée pour visualiser directement l’intérieur de l’articulation du poignet, évaluer l’état de l’os lunaire et des autres structures articulaires, et obtenir des échantillons de tissus pour une biopsie si nécessaire.
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Un médecin spécialiste pourra déterminer quels examens d’imagerie sont les plus appropriés en fonction de votre situation clinique, et des symptômes présentés.

Classification

La maladie de Kienböck évolue selon quatre stades de gravité. Le traitement médical sera fortement influencé par le stade dans lequel se trouve le patient atteint.

Stade 1

Au premier stade de la maladie, les symptômes sont similaires à ceux d’une entorse du poignet. Bien que l’irrigation sanguine du lunatum soit perturbée, la radiographie est souvent normale, ou confondre la condition avec une fracture.

De manière générale, une IRM permet de mieux détecter le flux sanguin, et est la modalité de choix pour poser le diagnostic à ce stade précoce de la maladie.

Stade 2

Le lunatum commence à durcir en raison du manque d’apport sanguin au cours du stade 2. Ce processus de durcissement pathologique est appelé sclérose.

Sur la radiographie, on commence à voir apparaître des signes que l’os lunatum est en train de se nécroser. Ces signes seront plus clairs au scanner ou à l’IRM.

Les symptômes les plus courants à ce stade sont la douleur, le gonflement et la sensibilité du poignet.

Stade 3

Au stade 3, l’os lunaire commence à s’effriter et à se briser en morceaux. En raison de ces changements, les os du carpe environnants peuvent commencer à changer de position.

À ce stade, les patients ressentent généralement une douleur aggravée, une faiblesse au niveau de la préhension d’objets, ainsi qu’une limitation des mouvements du poignet.

Stade 4

Si la maladie évolue vers le stade 4, les surfaces des os entourant le lunatum se détériorent également, et le poignet peut alors devenir le site d’arthrose.

Traitement

Bien qu’il n’existe pas de traitement curarif de la maladie de Kienböck, il existe plusieurs options pour soulager les symptômes et ralentir sa progression.

Plus spécifiquement, les objectifs du traitement sont de réduire les contraintes exercées sur l’os lunatum, et essayer de rétablir la circulation sanguine vers cet os du carpe. Pour ce faire, on peut recourir à des méthodes conservatrices ou chirurgicales.

Traitement non chirurgical

Au stade très précoce de la maladie, la douleur et le gonflement peuvent être pris en charge par des médicaments anti-inflammatoires. Dans certains cas, l’immobilisation temporaire du poignet peut aider à soulager la douleur, de même qu’un arrêt de travail.

Votre médecin pourrait ainsi recommander de porter une attelle ou un plâtre pendant 2 à 3 semaines, puis réévaluer la condition passé ce délai.

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Il est important de surveiller toute modification des symptômes au cours du stade précoce de la maladie de Kienböck. Si la douleur n’est pas soulagée par des traitements simples, votre médecin pourrait recommander une intervention chirurgicale.

Traitement chirurgical : Opération

Heureusement, il existe plusieurs options chirurgicales pour traiter la maladie de Kienböck. Le choix de l’intervention dépendra de plusieurs facteurs, en particulier du stade de la maladie.

Outre le stade, certains facteurs seront considérés dans l’élaboration du plan chirurgical. On pense notamment au niveau d’activité du patient, de ses objectifs, ou expérience de l’expérience du chirurgien.

Voici les interventions possibles qu’il convient de discuter avec son chirurgien pour les patients atteints de maladie de Kienböck :

  • Revascularisation et greffe osseuse (aux stades précoces pour rétablir le flux sanguin vers le lunatum)
  • Chirurgie visant à rétablir une longueur similaire des os de l’avant-bras (radius et ulna)
  • Carpectomie (ablation d’un ou des os du carpe, incluant le lunatum)
  • Arthrodèse (fusion partielle ou totale du lunatum avec les os environnants)

Pronostic

La maladie de Kienböck varie considérablement dans sa sévérité, ainsi que dans sa vitesse de progression. La réponse de chaque patient au traitement dépend du degré d’atteinte du lunatum et des os qui l’entourent.

Malheureusement, plusieurs patients devront se résoudre à l’opération, et il arrive parfois qu’il faille plus d’une intervention si la maladie continue de progresser.

En somme, les patients atteints de la maladie de Kienböck ne doivent pas s’attendre à retrouver un jour une fonction normale du poignet après un traitement. Toutefois, le traitement offre les meilleures chances de préserver la fonction et de soulager la douleur à long terme.

Le diagnostic précoce est essentiel à une prise en charge optimale, donc n’hésitez pas à consulter si vous avez des douleurs au poignet qui ne partent pas avec le temps.

Bonne guérison !

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