Maladies respiratoires chez le chien : Types et prises en charge

Votre chien tousse, respire bruyamment ou présente un écoulement nasal ? Ces signes ne sont jamais anodins. Comme chez l’humain, la respiration est un indicateur clé de santé chez le chien. Une toux persistante, une respiration saccadée, des yeux larmoyants ou un nez qui coule peuvent révéler une maladie respiratoire, parfois bénigne, mais aussi potentiellement grave si elle n’est pas traitée à temps.

Les maladies respiratoires chez le chien sont plus fréquentes qu’on ne le pense et peuvent toucher tous les âges, toutes les races. Elles peuvent être d’origine infectieuse (virus, bactéries), parasitaire, allergique ou encore tumorale. Une prise en charge rapide par un vétérinaire permet souvent de soulager efficacement votre compagnon. Dans cet article, découvrez comment reconnaître les symptômes, comprendre les causes possibles, et connaître les traitements disponibles pour protéger la santé respiratoire de votre chien.

Les 5 points essentiels à retenir

  1. Les maladies respiratoires chez le chien sont fréquentes et peuvent avoir des origines infectieuses, allergiques, parasitaires ou tumorales.
  2. Une toux persistante, une respiration bruyante ou rapide doivent alerter et justifient une consultation vétérinaire.
  3. Le traitement dépend de la cause : antibiotiques, anti-inflammatoires, bronchodilatateurs, voire chirurgie dans certains cas.
  4. La prévention est clé : vermifugation régulière, vaccination et dépistage précoce améliorent le pronostic.
  5. Plus le traitement est initié tôt, plus les chances de rétablissement complet sont élevées.

Comment fonctionne l’appareil respiratoire du chien ? Rappels essentiels

Le système respiratoire du chien, comme celui de tous les mammifères, se divise en deux grandes parties :

  • Les voies respiratoires supérieures, comprenant le nez, la bouche, le pharynx, le larynx et la gorge.
  • Les voies respiratoires inférieures, qui regroupent la trachée, les bronches, les bronchioles et les alvéoles pulmonaires, situés au niveau des poumons.

Chacun de ces éléments joue un rôle clé dans un processus vital : la respiration. Celle-ci permet d’apporter de l’oxygène à l’organisme à partir de l’air inspiré, et d’éliminer le dioxyde de carbone via l’air expiré. Les échanges gazeux se font d’abord entre l’air et le sang au niveau des poumons, puis entre le sang et les cellules dans tout le corps.

Mais l’appareil respiratoire du chien ne se limite pas à la simple ventilation. Il intervient aussi dans d’autres fonctions essentielles : la perception des odeurs (grâce à l’odorat très développé du chien) et la production de sons pour communiquer. Enfin, il est utile de savoir que la fréquence respiratoire normale d’un chien adulte au repos varie entre 10 et 30 respirations par minute.

Les types de maladies respiratoires chez le chien et leurs symptômes

Les maladies respiratoires chez le chien sont nombreuses et leurs origines variées. Infectieuses, parasitaires, allergiques, tumorales ou encore liées à une accumulation de liquide ou à une fibrose, ces affections peuvent toutes perturber gravement la respiration de votre compagnon. Voici un aperçu des principales causes et des symptômes à surveiller.

1. Les maladies respiratoires d’origine infectieuse

Comme chez l’humain, les voies respiratoires du chien peuvent être infectées par des virus et des bactéries. Les plus courantes sont :

  • La toux du chenil (trachéobronchite infectieuse canine) : Très fréquente dans les élevages, pensions ou refuges, cette affection est causée par une co-infection impliquant souvent la bactérie Bordetella bronchiseptica, le virus Parainfluenza et l’adénovirus canin. Les symptômes incluent une toux sèche et quinteuse, des éternuements, un écoulement nasal ou oculaire, une perte d’appétit, voire de la fièvre, de la fatigue et des difficultés respiratoires dans les cas graves.
  • La maladie de Carré : Causée par un virus de la famille des Paramyxoviridae, elle affecte plusieurs organes, dont les voies respiratoires. Elle se manifeste par une toux, un écoulement nasal purulent, des difficultés à respirer et un abattement général.

2. Les causes parasitaires

Les vers pulmonaires comme Angiostrongylus vasorum (strongles) ou Crenosoma vulpis peuvent provoquer de la toux chronique, un essoufflement, des nausées, voire des saignements internes. L’infection se produit généralement par ingestion d’escargots ou de limaces contaminés.

3. Les infections fongiques

Moins fréquentes mais graves, les infections fongiques des voies respiratoires surviennent généralement après l’inhalation de spores. On retrouve notamment :

  • L’histoplasmose
  • L’aspergillose
  • La blastomycose
  • La coccidioïdomycose

Ces affections peuvent provoquer des éternuements, une douleur nasale, des saignements de nez, une perte d’appétit, un nez gonflé et des lésions cutanées.

4. Les maladies respiratoires d’origine cancéreuse

Bien que plus rares, les tumeurs pulmonaires peuvent être :

  • Primitives, comme le carcinome pulmonaire.
  • Métastatiques, provenant d’un autre organe.
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Elles se manifestent par de la toux persistante, un essoufflement, une perte d’appétit, un amaigrissement progressif et une baisse générale de forme.

5. La bronchite chronique et l’asthme allergique

Chez certains chiens, une inflammation chronique des bronches peut conduire à une forme d’asthme. L’exposition à des allergènes (poussières, pollens, acariens…) provoque une production excessive de mucus, entraînant :

  • Une toux sèche et persistante
  • Un essoufflement, même sans effort
  • Une respiration sifflante
  • Une posture anormale : le chien écarte les pattes avant pour mieux respirer
  • Une fatigue générale, parfois accompagnée de vomissements après l’effort

6. L’œdème pulmonaire

L’accumulation de liquide dans les poumons peut résulter d’une intoxication, d’une insuffisance cardiaque, ou de l’inhalation de fumée ou de gaz. Le chien présente alors une respiration très difficile, une toux humide, des vomissements (mousse blanche ou rose) et peut même perdre connaissance.

7. La fibrose pulmonaire

La fibrose pulmonaire idiopathique est une maladie chronique où les poumons deviennent rigides. Souvent rencontrée chez les chiens âgés ou certaines races prédisposées, elle provoque :

  • Une intolérance à l’effort
  • Une respiration courte et saccadée
  • Une toux persistante
  • Une baisse progressive de l’endurance

Comment diagnostiquer les maladies respiratoires chez le chien

Tout changement dans la respiration de votre chien — toux persistante, essoufflement, respiration bruyante ou saccadée, écoulement nasal — doit être pris au sérieux. Certaines affections respiratoires, comme l’œdème pulmonaire, peuvent constituer une urgence vétérinaire mettant en jeu la vie de l’animal. Un examen rapide par un vétérinaire est donc essentiel dès l’apparition des premiers signes.

Le diagnostic des maladies respiratoires chez le chien repose d’abord sur un examen clinique approfondi : le vétérinaire observe la fréquence et la qualité de la respiration, vérifie l’état général, et ausculte les poumons à l’aide d’un stéthoscope. En fonction des observations, plusieurs examens complémentaires peuvent être recommandés pour identifier précisément l’origine du trouble :

  • Radiographie thoracique : permet de visualiser les poumons, la trachée, le cœur et de détecter des anomalies (tumeurs, œdème, fibrose…).
  • Échographie pulmonaire : utile pour évaluer la présence de liquide ou de masses dans les poumons.
  • Coprologie (analyse des selles) : détecte la présence de parasites pulmonaires comme les strongles.
  • Lavage broncho-alvéolaire : consiste à recueillir des cellules des voies respiratoires pour les analyser au microscope (utile en cas de suspicion de cancer, d’infection ou d’allergie).
  • Scanner thoracique (CT-scan) : fournit des images détaillées de la cavité thoracique, souvent utilisé pour les diagnostics complexes.
  • Biopsie pulmonaire : prélèvement de tissu pulmonaire pour analyse histologique, notamment en cas de suspicion de cancer ou de fibrose.

Comment agir face aux maladies respiratoires chez le chien

Le traitement des maladies respiratoires chez le chien varie en fonction de la cause identifiée, de la gravité des symptômes et de l’état général de l’animal. Une prise en charge rapide augmente considérablement les chances de guérison, surtout dans les cas graves comme l’œdème pulmonaire ou les infections virales.

Les traitements disponibles

Selon le diagnostic, le vétérinaire peut prescrire plusieurs types de traitements, administrés par voie orale, injectable ou en aérosol (nébulisation) pour une action rapide sur les voies respiratoires :

  • Antibiotiques : en cas d’infections bactériennes (ex. : toux du chenil).
  • Anti-inflammatoires : pour soulager les inflammations bronchiques ou pulmonaires.
  • Bronchodilatateurs : pour élargir les voies respiratoires et faciliter la respiration.
  • Antitussifs : pour calmer une toux sèche et persistante.
  • Expectorants et mucolytiques : pour fluidifier et éliminer les sécrétions de mucus.
  • Glucocorticoïdes (corticoïdes) : utiles en cas d’allergies ou d’asthme.
  • Antifongiques : contre les infections respiratoires d’origine fongique.
  • Vermifuges : lors d’infestations par des vers pulmonaires.
  • Chirurgie : dans certains cas avancés de tumeurs ou de malformations des voies respiratoires.

Prévenir les maladies respiratoires chez le chien

Si le traitement est essentiel, la prévention reste la meilleure protection contre les maladies respiratoires. Voici les mesures à adopter :

  • Vermifuger régulièrement votre chien pour éviter les infestations parasitaires pulmonaires.
  • Respecter le calendrier de vaccination, notamment contre la toux du chenil et la maladie de Carré.
  • Éviter les environnements poussiéreux ou enfumés, qui peuvent aggraver les symptômes respiratoires.
  • Surveiller les signes précoces (toux, essoufflement, écoulement nasal) et consulter rapidement.
  • Identifier les allergènes potentiels (pollens, acariens, fumée) pour adapter le mode de vie de votre chien.

Maladies respiratoires chez le chien : les chiffres qui interpellent

Les troubles respiratoires sont fréquents chez nos compagnons à quatre pattes. Une étude rétrospective japonaise menée entre 2005 et 2020 sur 1 050 chiens symptomatiques révèle que 32,8 % des cas concernaient la trachée ou les bronches (collapsus trachéal, bronchite chronique). Les atteintes du nez représentaient 29,6 % des cas, suivies par le pharynx (13,5 %), le larynx (10,7 %) et les poumons (9,3 %).

En Suède, une vaste enquête portant sur 450 000 chiens assurés (2011–2014) a mis en évidence une incidence de 50,6 cas de troubles respiratoires pour 10 000 chiens-années, avec une vulnérabilité accrue chez les races brachycéphales comme le bouledogue français, le carlin ou encore le poméranien.

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Autre fait marquant : des recherches menées dans un refuge américain ont montré que près d’un chien sur deux (47,7 %), bien que cliniquement sain, était porteur d’un ou plusieurs agents de la maladie respiratoire infectieuse canine (CIRD), dont Mycoplasma cynos (29,2 %), Bordetella bronchiseptica (19,5 %) et l’adénovirus CAV-2 (12,5 %). Ces données rappellent que des chiens sans symptômes peuvent être de véritables réservoirs silencieux.

Concernant les virus émergents, une étude menée en 2024 sur des chiens atteints de CIRD a révélé que 48 % des cas ne présentaient aucun agent identifiable.

Le coronavirus respiratoire canin (CRCoV) était néanmoins détecté dans 14,4 % des cas, en lien avec des symptômes souvent modérés à sévères. Les jeunes chiens et les cas enregistrés en été semblaient plus à risque.

En juillet 2025, la FDA américaine a approuvé le vaccin TruCan Ultra CIV, destiné à protéger contre les souches H3N2 et H3N8 de la grippe canine. Les essais montrent une nette réduction de la transmission virale et des atteintes pulmonaires.

En parallèle, un nouveau variant CIRD, non détecté par les tests habituels, est apparu aux États-Unis et au Royaume-Uni, provoquant des formes graves et parfois mortelles évoluant en pneumonie en 24 à 36 heures.

Enfin, en Inde, une étude portant sur 1 447 cas suspects de maladie de Carré (2011–2019) a confirmé 82 % de résultats positifs, avec une recrudescence marquée pendant les saisons humides et hivernales.

Témoignages

J’ai une chienne croisée pitbull de 17 ans qui souffre de bronchite. Elle a subi une intervention chirurgicale majeure pour retirer un mastocytome, et a ensuite contracté la toux du chenil (je pense que le cabinet vétérinaire a été négligent, peut-être en utilisant une gamelle d’eau mal nettoyée). Elle tousse tous les soirs depuis plus d’un an. Cela l’épuise et réveille toute la maison.
Nous avons essayé le carprofène, l’hydrocodone ainsi que plusieurs antitussifs, mais aucun n’a semblé efficace.
Nous sommes vraiment à bout et avons désespérément besoin d’aide.

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FAQ – Questions fréquentes sur les maladies respiratoires chez le chien

Quels sont les premiers signes d’une affection respiratoire chez le chien ?
Des éternuements répétés, une toux sèche, un léger essoufflement, voire un changement dans l’aboiement peuvent indiquer un début de trouble respiratoire. Une fatigue inhabituelle ou une respiration plus rapide au repos sont aussi des signaux à surveiller.

Mon chien peut-il attraper un virus en promenade ?
Oui, notamment s’il croise d’autres chiens infectés. Les virus respiratoires comme celui de la toux du chenil se transmettent facilement dans les lieux publics ou les pensions canines.

Les maladies respiratoires sont-elles contagieuses entre chiens ?
Certaines le sont, notamment les infections virales ou bactériennes comme la Bordetella bronchiseptica. Il est donc recommandé d’isoler un chien malade et de désinfecter son environnement.

Dois-je m’inquiéter si mon chien respire fort pendant son sommeil ?
Pas toujours. Une respiration bruyante peut être normale chez certaines races brachycéphales. En revanche, si cela s’accompagne de pauses respiratoires, de ronflements soudains ou de toux nocturne, une consultation vétérinaire s’impose.

Mon chien est vacciné, peut-il quand même tomber malade ?
Oui, mais les vaccins réduisent fortement la gravité des symptômes. Un chien vacciné contre la toux du chenil ou la grippe canine peut encore être contaminé, mais il aura généralement une forme bénigne de la maladie.

Quels gestes puis-je adopter à la maison pour l’aider à mieux respirer ?
Maintenir un air non poussiéreux, éviter les produits irritants (encens, sprays, tabac), humidifier l’air ambiant et proposer un environnement calme peuvent soulager la gêne respiratoire. Il est important de suivre les conseils du vétérinaire pour les soins.

Les troubles respiratoires peuvent-ils être liés à une allergie ?
Oui, comme chez l’humain. Certains chiens développent des sensibilités aux pollens, à la poussière ou aux acariens, ce qui provoque toux, éternuements ou respiration sifflante.

Puis-je promener mon chien s’il est enrhumé ?
Il est préférable de limiter les sorties, surtout par temps froid ou humide, car cela peut aggraver l’infection. Des balades très courtes à l’abri du vent sont parfois tolérées selon les cas.

Références

Articles et ressources utilisés dans la création de cet article
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Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes. 

  • Article révisé par Raaf Melissa le 24-07-2025

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