Opération de rhizarthrose : indications et procédure (guide complet) 

Article rédigé par le 7 janvier 2024

La rhizarthrose, l’arthrose de la base du pouce, peut être très douloureuse et entraver vos activités quotidiennes. Malgré les traitements médicaux et la rééducation, leurs effets sont limités.

Quand ces options échouent, la chirurgie peut être envisagée si la douleur persiste, le pouce se déforme ou devient plus raide.

Différentes interventions chirurgicales sont possibles, telles que la résection de structures (cartilage, gaine synoviale, os trapèze) ou la pose de prothèse, selon les besoins.

Dans cet article, rédigé par un professionnel de santé, nous vous présenterons en détail l’opération de la rhizarthrose. Vous découvrirez les indications chirurgicales, les diverses procédures et les types d’interventions possibles pour vous fournir les informations nécessaires à votre compréhension.

Les 4 points à retenir 

  • 1. Si malgré les traitements médicaux, vos symptômes de rhizarthrose persistent, une opération pourrait être envisagée. 
  • 2. Si votre première opération n’a pas été couronnée de succès, une nouvelle intervention chirurgicale pourrait être envisagée.
  • 3. Le choix de l’intervention chirurgicale dépend notamment du stade de votre affection et de votre âge.
  • 4. La mise en place d’une prothèse peut être envisagée, mais elle n’est pas nécessairement permanente

Rappel anatomique

Le pouce se distingue par sa structure osseuse comprenant :

  • Un métacarpien 
  • Deux phalanges

Ses mouvements de flexion et d’extension sont assurés par des muscles intrinsèques et extrinsèques, qui s’attachent par des tendons.

La face palmaire du pouce présente une zone arrondie appelée éminence thénar, abritant plusieurs muscles de cette région. La sensibilité du pouce est assurée par le nerf médian.

Quand envisager l’opération pour la rhizarthrose ?

Pour l’arthrose douloureuse et raide à la base du pouce, divers traitements sont disponibles, avec une approche initiale impliquant généralement un traitement médical.

La chirurgie moderne offre des options adaptées à différentes formes d’arthrose, la décision étant influencée par l’âge et le niveau d’activité du patient.

Le traitement chirurgical est envisagé en cas d’échec du traitement médical lorsque :

  • La douleur persiste ou s’aggrave malgré les traitements.
  • Le pouce se déforme, affectant sa fonctionnalité.
  • La mobilité du pouce diminue, entraînant une raideur.
  • Les impacts sur les activités quotidiennes deviennent significatifs, comme des difficultés de préhension ou d’écriture.

Il existait trois principaux types d’interventions pour traiter cette condition :

  • La trapézectomie totale, qui consiste en l’ablation du trapèze, l’os touché par l’arthrose à la base du pouce.
  • L’arthrodèse trapézo-métacarpienne, qui implique la fixation de la base du pouce.
  • L’utilisation d’implants en silicone pour remplacer le trapèze.
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Si ces deux dernières interventions ont conservé des indications précises aux tranches d’âges extrêmes. 

L’arthrodèse trapézométacarpienne, expliquée ci-dessous, est spécifique à certains cas :

  • Généralement chez les hommes,
  • Pour ceux nécessitant moins de mobilité du pouce mais une force de prise importante,
  • En cas d’échec de techniques précédentes.

La trapézectomie, ou ablation du trapèze, est effectuée lorsque cet os est de mauvaise qualité, souvent chez les personnes âgées, ou en cas d’échec d’une prothèse.

Quelles sont les procédures de l’opération de rhizarthrose ?

Le traitement chirurgical ne s’envisage qu’en cas d’échec du traitement médical ou en cas d’arthrose très évoluée et hyperalgique (très douloureux)  avec gêne fonctionnelle.

L’arthroscopie et la dénervation

Lorsque votre atteinte est modérée, un « nettoyage » de l’articulation sous arthroscopie peut être proposé, associé éventuellement à l’injection d’un « lubrifiant ». C’est un traitement d’attente avant une chirurgie plus conséquente. 

  • Le traitement par arthroscopie consiste à réséquer le cartilage et de réaliser une synovectomie (ablation des gaines synoviales) par la même occasion;
  • La dénervation consiste à sectionner les branches nerveuses qui transmettent la sensation (notamment la douleur) de l’articulation trapézo-métacarpienne. Elle permet de soulager votre douleur sans pour autant intervenir de manière invasive au niveau de l’articulation trapézo-métacarpienne. 

Ces techniques ont montré leur efficacité dans les stades débutants de rhizarthrose.

L’arthrodèse trapézo-métacarpienne

Cette intervention consiste à fusionner l’articulation trapézo-métacarpienne. Elle est surtout indiquée si vous êtes jeune avec des demandes fonctionnelles importantes, présentant une arthrose due à un traumatisme.

Les résultats obtenus avec cette technique sont hétérogènes en termes de récupération de force, stabilité et douleur.

La trapézectomie

La trapézectomie consiste en une résection totale de l’os trapèze. Avec cette technique s’y associent des gestes complémentaires, le plus souvent des plasties de suspension tendineuses

Le traitement le plus classique consiste à retirer l’os trapèze usé (trapézectomie), responsable des douleurs, et à le remplacer par un « coussinet amortisseur ».

Le chirurgien utilise alors un tendon enroulé sur lui-même ou confectionne un hamac tendineux pour la base du pouce.

Les avantages comprennent la simplicité et la fiabilité de la technique. La réaxation du 1er métacarpien est obtenue en retendant la capsule articulaire. 

Selon une étude de E. Camus et collaborateurs dans “Traitement chirurgical de la rhizarthrose par trapézectomie-interposition-ligamentoplastie” : 

Vous pouvez avoir recours à une intervention associant une trapézectomie, une ligamentoplastie tendineuse de la base du premier métacarpien et une interposition par anchois fibreux.

Les résultats fonctionnels étaient excellents ou bons dans 42 cas. 

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Comparée aux autres techniques, la trapézectomie-interposition-ligamentoplastie donne des résultats de bonne qualité, durables et avec un minimum de complications.

L’arthroplastie trapézométacarpienne

Lorsque l’atteinte est moins sévère et que l’utilisation du pouce est légère, une prothèse métallique peut être mise en place.

La récupération est souvent plus rapide, mais au prix de l’inconvénient d’un remplacement d’implant lorsqu’il sera usé, autour de 10 ans après la chirurgie initiale. 

L’hospitalisation est de 2 à 3 jours, l’intervention se déroulant sous anesthésie loco-régionale.

Une broche ou une orthèse est laissée en place pour 4 semaines afin de protéger les réparations, et de permettre la mobilisation précoce des autres doigts. 

Dans le but de :

  • Maintenir les amplitudes articulaires,
  • Prévenir le raccourcissement du premier rayon 
  • Améliorer la force de la pince pollici-digitale tout en limitant la période de revalidation post-opératoire, plusieurs implants trapézo-métacarpiens ont été développés.

Si vous avez une prothèse trapézo-métacarpienne, vous retrouverez plus rapidement l’usage de votre main par rapport à une trapézectomie.

En général, les taux d’échec de la trapézectomie sont plus bas que ceux de l’arthroplastie trapézo-métacarpienne.

Références

Articles et ressources utilisées dans la création de cet article
Infiltration pour rhizarthrose: types et procédure
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