Opération des hémorroïdes : procédure et récupération 

Article rédigé par le 22 mai 2024

Les hémorroïdes sont des veines dilatées dans la région anale qui peuvent causer des symptômes tels que des saignements, des démangeaisons, des douleurs et une sensation de pesanteur. Pour les cas sévères où les traitements conservateurs n’apportent pas de soulagement suffisant, l’opération des hémorroïdes devient une option à considérer. 

Cette opération est généralement efficace, avec un taux de succès élevé dans l’atténuation des symptômes. Néanmoins, comme toute intervention chirurgicale, elle comporte des risques et des considérations à prendre en compte. 

Cet article, rédigé par un médecin, explique en détail cette opération des hémorroïdes, à commencer par un petit rappel sur les hémorroïdes, les types d’opération possibles, le déroulement de l’intervention, les complications possibles et la récupération après l’opération

Petit rappel sur les hémorroïdes et la maladie hémorroïdaire

Pour comprendre le fonctionnement de l’intervention chirurgicale pour traiter les hémorroïdes, il est important de connaître un peu l’anatomie de la région anale. 

Anatomie des hémorroïdes

Les hémorroïdes sont des veines situées dans le canal anal, jouant un rôle essentiel dans la continence. Cependant, lorsqu’elles deviennent enflammées ou engorgées, elles peuvent provoquer des symptômes désagréables tels que des douleurs anales, des saignements et des démangeaisons

Les hémorroïdes sont divisées en deux groupes principaux :

  • Hémorroïdes internes : Elles se trouvent à l’intérieur du rectum et ne sont généralement pas visibles ou palpables.
  • Hémorroïdes externes : Elles se situent sous la peau autour de l’anus et peuvent être visibles et palpables.

Point important : les hémorroïdes sont normalement maintenues en place par des coussinets de tissu et des ligaments. Lorsque ces supports s’affaiblissent, les hémorroïdes peuvent se dilater et s’extérioriser.

Traitement des maladies hémorroïdaires

Les maladies hémorroïdaires, communément appelées hémorroïdes, sont généralement traitées par des changements de mode de vie (alimentation riche en fibres, activité physique régulière, boisson abondante) et des médicaments.

Cependant, lorsque ces traitements conservateurs ne sont pas efficaces, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

Types d’opération des hémorroïdes

Le choix du type d’intervention chirurgicale dépend de la gravité des hémorroïdes et de la préférence du patient. Les deux principaux types d’intervention chirurgicale sont :

Hémorroïdectomie

L’hémorroïdectomie (technique dite de Milligan et Morgan) est la technique classique qui consiste à retirer les hémorroïdes. Elle peut être réalisée avec ou sans anoplastie.

  • Avec anoplastie : La peau autour de l’anus est resserrée après le retrait des hémorroïdes. Cela peut aider à réduire le risque de récidive.
  • Sans anoplastie : La peau autour de l’anus n’est pas resserrée. Cette option est généralement choisie pour les personnes qui ont des hémorroïdes plus petites ou qui présentent des facteurs de risque de complications de la cicatrisation.

À souligner : l’hémorroïdectomie est plus efficace pour les hémorroïdes volumineuses ou compliquées, mais elle est également plus douloureuse et a un temps de récupération plus long.

Techniques mini-invasives

Les techniques mini-invasives ne retirent pas les hémorroïdes, mais les rétrécissent ou les repositionnent. Il existe plusieurs techniques mini-invasives différentes, notamment :

  • Procédure de Longo : Cette technique utilise un agrafeur pour couper le flux sanguin vers les hémorroïdes, ce qui les fait rétrécir ;
  • HAL Doppler : Cette technique utilise des ultrasons guidés par Doppler pour identifier les artères qui alimentent les hémorroïdes. Ces artères sont ensuite ligaturées pour couper le flux sanguin vers les hémorroïdes ;
  • Radiofréquence : Cette technique utilise des ondes radiofréquence pour chauffer et détruire les tissus des hémorroïdes.

À noter : les techniques mini-invasives sont moins douloureuses et ont un temps de récupération plus court, mais elles peuvent ne pas être aussi efficaces pour les hémorroïdes sévères.

Une étude menée par K.H. Ebert et H.J. Meyer a démontré que les patients avec agrafeuse avaient moins de complications, moins de douleur et une hospitalisation plus courte par rapport aux patients traités par hémorroïdectomie.

Déroulement de l’intervention

Le déroulement de l’opération des hémorroïdes est différent pour chaque type d’intervention, mais les étapes sont presque les mêmes :

Préparation à l’intervention

Avant l’intervention, votre médecin vous expliquera la procédure en détail et répondra à toutes vos questions. Vous devrez peut-être arrêter de prendre certains médicaments, tels que les anticoagulants, dans les jours précédant l’intervention. Vous devrez également organiser un transport pour rentrer chez vous après l’intervention.

Anesthésie

L’intervention est généralement réalisée sous : 

  • Anesthésie générale : Vous serez endormi et inconscient pendant l’intervention ;
  • Rachianesthésie : Un médicament anesthésiant sera injecté dans le bas de votre dos, au niveau de votre colonne vertébrale, ce qui va insensibiliser la moitié inférieure de votre corps ;
  • Anesthésie locorégionale : Vous serez éveillé, mais la zone autour de l’anus sera engourdie.
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Le type d’anesthésie utilisé dépendra du type d’intervention chirurgicale et de votre préférence.

L’intervention proprement dite

Les techniques chirurgicales dépendent du type d’intervention à réaliser : 

Pour une hémorroïdectomie

Le chirurgien pratique d’abord une incision circulaire autour de l’anus. Puis, il identifie et lie les artères hémorroïdaires qui alimentent les hémorroïdes. Cela permet de couper le flux sanguin vers les hémorroïdes et de les faire rétrécir. 

Les hémorroïdes sont ensuite excisées, c’est-à-dire retirées chirurgicalement. L’incision peut être laissée ouverte pour guérir ou suturée

Pour les techniques mini-invasives

Les techniques mini-invasives pour les hémorroïdes ne nécessitent pas d’incision importante :

  • Procédure de Longo : Un agrafeur circulaire est inséré dans l’anus pour retirer l’excès de peau et de tissu autour des hémorroïdes. Cet appareil coupe et agrafe le tissu en même temps, ce qui diminue le flux sanguin vers les hémorroïdes et les fait rétrécir ;
  • HAL Doppler : Un proctoscope (tube creux doté d’une petite lumière à son extrémité qui permet un examen visuel direct des muqueuses) avec un Doppler intégré est inséré pour localiser les artères qui alimentent les hémorroïdes. Les artères identifiées sont ensuite ligaturées pour arrêter le flux sanguin vers les hémorroïdes ;
  • Radiofréquence : Une sonde de radiofréquence est appliquée sur les hémorroïdes. Les ondes de radiofréquence vont ensuite chauffer et détruire le tissu hémorroïdaire.

Fin de l’intervention

Une fois que les hémorroïdes ont été traitées, le chirurgien retire l’instrument et ferme l’incision, si nécessaire. Vous serez ensuite emmené en salle de réveil pour vous rétablir de l’anesthésie.

Bon à savoir : l’intervention chirurgicale elle-même dure généralement entre 30 et 60 minutes. 

Complications possibles après une opération des hémorroïdes

Comme toute intervention chirurgicale, l’opération des hémorroïdes comporte des risques de complications. La plupart de ces complications sont rares et peuvent être traitées efficacement. Cependant, il est important d’en être conscient avant de subir l’intervention.

Complications précoces 

Certaines complications peuvent survenir dans les 3 premières semaines après l’intervention, telles que :

  • Saignement : Il s’agit de la complication la plus fréquente. Le saignement peut survenir au niveau de la plaie chirurgicale ou à l’intérieur du rectum ;
  • Infection : Une infection de la plaie chirurgicale peut survenir et se manifester par des rougeurs, des gonflements, de la chaleur et du pus ;
  • Rétention urinaire : La douleur et l’inflammation après l’intervention peuvent parfois rendre la miction difficile ;
  • Douleur : La douleur est un symptôme fréquent après l’opération des hémorroïdes. Elle peut être gérée par des analgésiques ;
  • Spasme anal : Il s’agit d’une contraction involontaire des muscles du sphincter anal (ensemble de muscles qui contrôle la libération des selles). Il peut causer de la douleur et des difficultés à aller à la selle.

Complications tardives 

D’autres complications peuvent survenir plus tardivement, c’est-à-dire après plus de 3 semaines post-opératoire, telles que : 

  • Sténose anale : un rétrécissement de l’anus peut survenir, ce qui peut rendre la défécation difficile ;
  • Incontinence fécale : une perte de contrôle des intestins peut survenir, ce qui peut entraîner des fuites involontaires de selles ;
  • Fistule anale : une communication anormale peut se former entre le canal anal (ouverture musculaire à l’extrémité du tube digestif) et la peau ou d’autres organes. Les fistules anales peuvent causer de la douleur, des infections et des écoulements ;
  • Thrombose hémorroïdaire externe : un caillot sanguin peut se former dans une hémorroïde externe. Cela peut causer de la douleur, des rougeurs et un gonflement.

Point à souligner : la thrombose hémorroïdaire externe est généralement traitée par des compresses froides, des médicaments anti-inflammatoires et, parfois, une incision pour drainer le caillot.

Quand consulter ? 

Il est important de consulter un médecin après une opération des hémorroïdes :

  • Si vous avez une fièvre supérieure à 38 °C dans les premiers jours suivant l’opération, car cela pourrait être le signe d’une infection ;
  • Si la douleur est intense et ne s’améliore pas avec les analgésiques prescrits par votre médecin ;
  • Si vous saignez plus que quelques gouttes après être allé à la selle, ou si le saignement est abondant et ne s’arrête pas ;
  • Si vous avez des difficultés à uriner ou à aller à la selle, car cela pourrait être le signe d’un problème grave ;
  • Si vos hémorroïdes réapparaissent ou si les symptômes reviennent après quelques semaines ou quelques mois.

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Récupération après une opération des hémorroïdes

La durée de la récupération varie en fonction du type d’intervention chirurgicale. 

  • Hémorroïdectomie : La récupération prend généralement 3 à 4 semaines. Vous pourriez ressentir de la douleur, des démangeaisons et des difficultés à vous asseoir pendant quelques semaines ;
  • Techniques minimales invasives : La récupération est généralement plus rapide, avec un retour aux activités normales en 1 à 2 semaines. Vous pourriez ressentir une certaine douleur et des démangeaisons, mais généralement moins que l’hémorroïdectomie.

Conseils pour une bonne récupération après une opération des hémorroïdes

Voici quelques conseils pour favoriser une bonne récupération après une opération des hémorroïdes :

Repos

Il est important de se reposer pendant les premiers jours suivant l’intervention. Évitez les activités intenses et la levée de charges lourdes. Vous pourrez progressivement reprendre vos activités normales au cours des semaines suivantes.

Alimentation

Il est recommandé de modifier vos habitudes alimentaires jusqu’à la guérison complète : 

  • Consommez des aliments riches en fibres pour ramollir les selles et faciliter le passage à la selle ;
  • Buvez beaucoup de liquides pour rester hydraté et prévenir la constipation.
  • Évitez les aliments épicés, gras ou irritants, qui peuvent aggraver la douleur et l’inflammation.

À préciser : les fibres se trouvent dans les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes.

Soins de la plaie

Concernant la plaie : 

  • Gardez la zone propre et sèche. Lavez-la doucement avec de l’eau tiède et du savon après chaque passage à la selle.
  • Appliquez des compresses froides sur la zone pour réduire la douleur et l’inflammation.
  • Prenez des bains de siège tièdes plusieurs fois par jour.
  • Votre médecin peut vous prescrire des analgésiques ou d’autres médicaments pour soulager la douleur et l’inflammation.

Prévention de la constipation

La constipation peut être douloureuse après une opération des hémorroïdes. Il est important de la prévenir : 

  • en ayant une alimentation riche en fibres
  • en buvant beaucoup de liquides
  • et en faisant de l’exercice physique régulièrement.

Si vous êtes constipé, votre médecin peut vous prescrire un laxatif pour ramollir les selles.

Point important : il est essentiel de suivre les instructions de votre médecin de près pendant votre convalescence. Il pourra vous donner des conseils personnalisés en fonction de votre cas et de l’intervention chirurgicale que vous avez subie.

Avis du médecin 

La douleur peut être importante dans les premiers jours suivant l’intervention, mais elle devrait s’atténuer progressivement. Il est également normal d’observer de légers saignements pendant les premières semaines suivant l’intervention. 

Portez des vêtements amples et confortables qui ne frotteront pas sur la zone opérée et évitez de vous asseoir pendant de longues périodes. Levez-vous et bougez régulièrement.

Vous pourrez reprendre votre activité sexuelle une fois que la douleur et l’inflammation auront disparu

Témoignages 

Je viens de subir, il y a 6 jours, une hémorroïdectomie à la Milligan et Morgan. Comme prévu, les douleurs sont atroces après chaque selle. Je prends un laxatif (Duphalac) trois fois par jour et les selles ne sont pas très dures. J’y vais trois fois par jour. Est-ce normal ?
J’ai des suintements sanguinolents. Est-ce normal ?
Peut-on me dire si je dois impérativement me faire un toucher rectal pour éviter la sténose de l’anus, et ce malgré que les selles passent normalement ?
Sur les quatre paquets d’hémorroïdes, le chirurgien m’a dit qu’il n’a enlevé que les trois qui étaient malades.
Est-ce que les risques d’incontinence des gaz et des solides sont réels même après cicatrisation ?
Merci de m’éclairer.
Lire la suite de la conversation sur Le journal des femmes Santé.

Références

Les ressources utilisées dans la création de cet article
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