L’ostéoporose est une maladie du squelette qui touche principalement les femmes d’âge avancé. Toutefois, cette pathologie peut également affecter les hommes et les enfants, bien que cela soit rarement mentionné.
En effet, les enfants, tout comme les adultes, peuvent être sujets à l’ostéoporose et risquent de subir des fractures ostéoporotiques.
Dans cet article rédigé par une professionnelle de santé, nous explorerons en détail l’ostéoporose chez l’enfant, et vous y trouverez toutes les informations nécessaires pour mieux comprendre cette maladie.
Les 4 points importants à retenir
Croissance osseuse et ostéoporose
La croissance de la masse osseuse débute dès l’enfance, s’accélère à l’adolescence, et atteint son pic généralement entre 20 et 25 ans. Après ce pic, la masse osseuse diminue progressivement.
Cette croissance est régulée par les hormones stéroïdiennes (androgènes et œstrogènes) ainsi que les hormones de croissance. Le niveau maximal de masse osseuse est déterminé par la génétique et influencé par plusieurs facteurs.
L’ostéoporose est souvent décrite comme une maladie pédiatrique aux conséquences gériatriques. Une faible acquisition de masse osseuse maximale durant la jeunesse prédispose à l’ostéoporose plus tard dans la vie.
Les exercices physiques sont vivement encouragés pendant l’enfance et l’adolescence, car ils renforcent la résistance osseuse et protègent contre l’ostéoporose.
Facteurs augmentant la masse osseuse chez les jeunes
- Exercices Physiques : selon un rapport publié en 2013 par Osteoporosis Australia, l’enfance et l’adolescence représentent des périodes clés où les exercices physiques ont un impact significatif sur l’amélioration de la résistance osseuse et la protection contre l’ostéoporose.
- Apport en Calcium : le calcium est le minéral principal constituant de l’os. Environ 40 % de la masse osseuse maximale est acquise durant la puberté, soulignant l’importance d’un apport nutritionnel suffisant en calcium.
- Vitamine D : en 2011, des recommandations ont été émises concernant les apports en vitamine D :
- 0 à 12 mois : 400 UI par jour
- 01 à 18 ans : 600 UI par jour
- Apport Protéique : les protéines sont essentielles pour la solidité de l’os. Un faible apport en protéines peut ralentir la croissance du squelette et entraîner une densité minérale osseuse basse.
En combinant ces éléments, il est possible d’améliorer la santé osseuse dès le plus jeune âge et de réduire les risques d’ostéoporose à l’âge adulte.
Le saviez-vous ?
Une augmentation de la densité minérale osseuse maximale de 10% éloignerait l’ostéoporose de 13 ans.
Les facteurs de risque réduisant la masse osseuse
La compréhension des facteurs de risque est essentielle pour déterminer les mesures appropriées visant à augmenter la densité minérale osseuse.
Parmi ces facteurs de risque, on retrouve :
- Inflammation chronique : comme les rhumatismes ou certaines affections malignes.
- Activité physique réduite ou faible masse musculaire : conditions telles que la myopathie de Duchenne, la paralysie cérébrale, ou l’immobilisation prolongée.
- Retard pubertaire : par exemple, dans le syndrome de Turner.
- Mauvais état nutritionnel : y compris un apport insuffisant en nutriments, une absorption inappropriée (comme dans l’anorexie mentale ou la malabsorption).
- Médicaments : l’utilisation prolongée de glucocorticoïdes ou d’anticonvulsivants courants.
La prise en compte de ces facteurs permet d’adopter une approche proactive pour améliorer la santé osseuse et prévenir l’ostéoporose.
Le saviez-vous ?
Dr F. Mellouli et son équipe, dans leur étude, ont souligné que l’ostéoporose constitue une complication fréquente chez les β-thalassémiques. Son diagnostic repose sur l’ostéodensitométrie.
Ostéoporose pédiatrique
D’après la Société Internationale de Densitometrie Clinique, l’ostéoporose pédiatrique se définit comme suivant :
- La présence d’au moins une fracture vertébrale en l’absence de maladie locale ou de traumatisme à fort impact témoigne d’une ostéoporose.
- Des antécédents de fractures importants sur le plan clinique (au moins deux fractures des os longs chez un enfant de dix ans OU au moins trois à tout âge jusqu’à 19 ans) ET un score Z de densité minérale osseuse ≤ –2,0 témoignent d’une ostéoporose.
Bon à savoir !
T-score est le paramètre utilisé pour classifier les anomalies de la densité minérale osseuse. Une ostéoporose correspond à un T-score inférieur à -2,5 mais pour le cas des enfants, des adolescents et des personnes âgées, on usera du Z-score.
Quelle démarche adopter ?
1. Interrogatoire
Le public cible concerne principalement les enfants victimes d’une fracture à faible impact (chute à sa hauteur) ou de fractures multiples.
La première étape consiste à collecter des informations sur les facteurs de risque et les antécédents personnels et familiaux de fractures, en insistant sur le nombre, le siège, et l’étiologie des fractures.
Ensuite, une enquête sur le mode de vie de l’enfant et son régime alimentaire est nécessaire. Il est crucial d’informer les parents sur le régime diététique idéal pour des os solides et en bonne santé (voir section Préventions).
Un point essentiel à vérifier est le début et la fin de la puberté, ainsi que l’histoire détaillée des menstruations.
Les hormones sexuelles jouent un rôle fondamental dans l’acquisition de la masse osseuse, et une puberté tardive peut être un signe précurseur d’une ostéoporose symptomatique à l’âge adulte.
2. Examen physique
Lors de l’examen physique, il est essentiel de ne pas négliger les signes de carence nutritionnelle et d’examiner attentivement la courbe de croissance de l’enfant, en plus d’évaluer les douleurs et déformations des membres ou du dos.
- Puberté : Vérifiez le début et la fin de la puberté et consignez l’historique des menstruations.
- IMC : Un indice de masse corporelle (IMC) insuffisant ou excédentaire constitue un facteur de risque pour une masse osseuse réduite.
- Rachitisme : Chez les enfants de moins de sept ans, recherchez des signes de carence nutritionnelle, tels que les symptômes de rachitisme (élargissement des métaphyses, douleurs aux membres, déformations des membres comme le genou valgus ou varum).
L’évaluation de la puberté doit inclure la classification de Tanner pour le développement mammaire chez les filles (début à 10 ans, plage de 6,5 à 13 ans) et l’augmentation du volume des testicules chez les garçons (début entre 11 et 12 ans, plage de 9 à 14 ans).
Enfin, l’examen physique peut révéler des signes moins courants comme la sclère bleu-gris en cas d’ostéogenèse imparfaite ou la laxité articulaire due à des troubles du collagène.
3. Examens complémentaires
La majorité des enfants ne nécessitent pas d’examens para-cliniques sans diagnostic confirmé d’ostéoporose pédiatrique. Cependant, la mesure de la 25-hydroxyvitamine D (25-OH-D) peut être indiquée en cas de rachitisme suspecté ou de fractures récurrentes à faible impact.
Selon un comité d’experts des National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine (NASEM) en 2011, des concentrations d’au moins 50 nmol/L suffisent dans la plupart des cas de maladies aiguës.
D’après les lignes directrices de la Société internationale de densitométrie clinique publiées en 2019, une ostéodensitométrie peut être indiquée lorsqu’une intervention est envisagée pour limiter le risque de fracture chez un enfant.
Cet examen doit inclure le rachis postéro-antérieur et le corps entier (sauf la tête) pour mesurer le contenu minéral osseux et la densité minérale osseuse.
Prévenir l’ostéoporose chez l’enfant
Pour les enfants présentant des facteurs de risque importants d’ostéoporose, un dépistage rapide et un traitement approprié sont cruciaux pour prévenir les complications susceptibles de nuire à leur croissance et à leur quotidien.
La prévention de l’ostéoporose repose principalement sur l’éducation des parents concernant le régime alimentaire, l’exercice physique, et la puberté. Ces initiatives, prises en charge en cabinet, sont essentielles pour protéger la santé osseuse des enfants.
La Société Canadienne de Pédiatrie propose les outils suivants pour cela :
- La santé des os chez les enfants et les adolescents,
- Une vie saine et active,
- L’activité physique chez les enfants et les adolescents ,
- L’exposition au soleil
Références
Les articles et ressources ayant servi dans la rédaction de cet article
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