Ostéoporose chez les hommes : Quelles particularités ?

Il est rare d’entendre parler d’ostéoporose chez les hommes, pourtant, cette maladie peut aussi bien toucher les personnes du genre féminin que masculin. Par conséquent, le dépistage de l’ostéoporose chez l’homme est sous-estimé, entrainant alors de graves problèmes sur la qualité de vie du malade.

Dans cet article rédigé par une professionnelle de santé, nous vous proposons des informations détaillées sur cette maladie. Découvrez-y le nécessaire que vous devez savoir afin de changer vos habitudes du quotidien et tenir vos entourages au courant des risques potentiels de cette pathologie.

Les 5 points importants à retenir

  •  1. L’ostéoporose est une maladie du squelette caractérisée par une faible masse osseuse avec destruction de la microarchitecture du tissu osseux. Elle est responsable de la perte de la solidité de l’os et donc, de sa grande vulnérabilité aux traumatismes, même de faible énergie.
  • 2. Cette pathologie concerne le plus souvent les femmes ménopausées, mais cela n’épargne pas pour autant les hommes.
  • 3. Cependant, le dépistage de cette maladie chez les hommes d’âge avancé est un peu mis de côté or que le malade est en proie à des complications très redoutables, notamment des complications liées aux fractures.
  • 4. Les fractures de la hanche chez l’homme sont associées à une mortalité plus élevée que chez la femme, avec des taux de 37 % la première année suivant la fracture.
  • 5. Il est ainsi important de se faire dépister, surtout si le sujet présente des facteurs de risque et qu’à cela, il a déjà connu des notions de chutes à sa hauteur.

L’ostéoporose : Définition et généralités

Il s’agit d’une maladie générale des os qui entraine une grande fragilité du squelette. Cela est dû à une faible masse osseuse et à une destruction de la microstructure du tissu osseux.

Elle touche le plus souvent les femmes de plus de 60 ans, ménopausées. Toutefois, les hommes et les enfants ne font pas exception. L’ostéoporose ne fait pas de différence entre les genres.

C’est un problème de santé publique qui fait l’objet d’innovation de la prise en charge dans différents pays du monde. En effet, l’homme vieillissant plus rapidement, on a estimé que le nombre des sexagénaires atteindrait les 900 millions vers les années 2050.

Cette évolution démographique nous expose à des défis dont l’explosion des incidences des maladies chroniques touchant les hommes d’âge avancé. L’ostéoporose n’en est pas moins le dernier de cette liste, ses conséquences impactant grandement sur la qualité aussi bien que la quantité de vie du patient.

Le mécanisme

La masse osseuse augmente rapidement jusqu’à atteindre son pic, vers 20 a 30 ans environ, pour ensuite diminuer progressivement.

On ne note aucune différence significative au niveau de la masse osseuse chez les garçons et les filles de 10 à 12 ans. Cependant, une légère augmentation se fait remarquer chez les hommes de 60 ans, par rapport aux femmes de cette tranche d’âge.

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L’augmentation de la masse osseuse est sous la commande des hormones stéroïdiennes (les androgènes et l’œstrogène) et des hormones de croissance.

Ce pic est déterminé par la génétique et est sous l’influence de plusieurs facteurs, à savoir la nutrition et l’activité physique.

Ce seuil maximal étant un élément intéressant permettant déjà de déterminer la prédisposition d’un individu a l’ostéoporose, l’augmentation de cette masse osseuse maximale de 10% éloignerait l’ostéoporose de 13 ans.

L’ostéoporose est une maladie pédiatrique à conséquence gériatrique. En effet, le moment opportun pour booster la solidité de l’os, c’est l’enfance. Si négligée, la sante osseuse sera d’emblée mauvaise, et surviendra alors cette fameuse maladie dans les années à venir.

Quels sont les facteurs qui influencent la masse osseuse lors de l’enfance ?

Les exercices physiques

Le rapport publié en 2013 par Osteoporosis Australia, intitulé « Construction d’une stratégie pour des os sains tout au long de la vie » a précisé que l’enfance et l’adolescence sont les meilleurs créneaux d’opportunités ou les exercices physiques ont des effets notoires sur l’amélioration de la résistance osseuse et la protection contre l’ostéoporose.

L’apport en Calcium

Le Calcium est le principal minéral qui constitue l’os. Environ 40% de la masse osseuse maximale chez l’homme est acquise lors de la puberté, d’où l’intérêt d’un apport nutritionnel en Calcium suffisant.

 La vitamine D

En 2011, certains instituts de médecine ont émis la recommandation suivante sur les apports nutritionnels en vitamine D sont les suivants :

  • Petits enfants de 0 à 12 mois : 400 UI par jour ;
  • Enfants de 1 à 18 ans : 600 UI par jour.

L’apport protéique

Les protéines sont un des composants de base qui assurent la solidité de l’os. Un faible apport de ce composant entrainera donc un  ralentissement de la croissance du squelette et une densité minérale osseuse basse.

Entre 20 et 60 ans

Durant cette période, la masse osseuse suit un chemin descendant, elle diminue petit à petit. Par conséquent, il faut à tout prix éviter les pertes osseuses prématurées et viser à préserver une bonne santé du squelette.

Pour cela, l’Osteoporosis Austalia recommande la pratique d’activités physiques et des exercices régulières sollicitant les articulations portantes, outre celles renforçant les muscles.

Pour ce qui est des apports vitamino-calcique, il est conseillé de suivre les recommandations nationales émises par les agences de leur pays respectif.

Les causes de l’ostéoporose chez l’homme

Les causes les plus fréquentes sont :

  • Le syndrome de Cushing ou l’utilisation chronique de corticostéroïdes (> 5 mg par jour pendant plus de 3 mois),
  • Une consommation excessive d’alcool (plus de deux doses par jour),
  • L’hypogonadisme primaire ou secondaire (concentrations sériques en testostérone < 300 ng/dL),
  • Un apport en calcium insuffisant (< 600 mg par jour),
  • Une carence / une insuffisance en vitamine D,
  • Le tabagisme,
  • Des antécédents familiaux (héritage génétique).

Rarement, l’ostéoporose survient après :

  • Un indice de masse corporelle bas (IMC <20),
  • Le manque d’exercice physique ou la pratique excessive d’exercices physiques conduisant à un IMC bas,
  • La prise de médicaments antiépileptiques (phénytoïne, phénobarbitone, primidone, carbamazépine),
  • La thyrotoxicose,
  • L’hyperparathyroïdie primaire,
  • Les diabètes de type 1 et de type 2,
  • Les insuffisances rénales ou hépatiques chroniques,
  • La malabsorption, notamment la maladie cœliaque,
  • L’hyper calciurie,
  • L’arthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite ankylosante,
  • Les maladies intestinales inflammatoires.
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Cancer de la prostate et fractures

La fracture est une des complications des plus redoutables de l’ostéoporose.

Le traitement du cancer de la prostate métastatique repose sur le traitement antiandrogénique, qui constitue un facteur de risque important d’ostéoporose chez l’homme âgé.

La perte osseuse est rapide chez les hommes bénéficiant d’un traitement anti-androgénique, de l’ordre de 2 à 4 % au niveau du rachis lombaire et de la hanche au cours de la première année de traitement.

Qu’en est-il du dépistage ?

L’ostéoporose, chez les hommes, n’est découverte que seulement lors des complications. Dans de nombreux pays, les directives médicales n’abordent pas suffisamment la question sur le dépistage et le traitement de cette maladie.

Mais qui devrait faire l’objet de ce dépistage ?

L’ostéoporose souffre toujours d’un manque de prise en charge thérapeutique des patients les plus à risques (ceux qui ont déjà eu une fracture) et cela tout particulièrement chez les hommes.

Ceux à partir de la cinquantaine ayant subit une fracture suite à une chute à leur hauteur devrait faire un dépistage sur les risques de fractures et l’ostéoporose.

Mais surtout, d’après les recommandations de la Société Américaine d’Endocrinologie, l’ostéoporose est à dépister chez les hommes présentant des facteurs de risque courant de l’ostéoporose, à savoir :

  • L’hypogonadisme,
  • La prise de glucocorticoïdes,
  • La consommation excessive d’alcool,
  • Le tabagisme.

Le saviez-vous ? Les fractures de la hanche chez l’homme sont associées à une mortalité plus élevée que chez la femme, propos soutenus par Drs Emmanuel Biveret et Brigitte Uebelhart dans une revue médicale se rapportant sur l’ostéoporose chez l’homme.

Quelques mots sur le traitement

Le traitement aura pour buts de soulager la douleur au cours de l’ostéoporose, et, éviter les complications fracturaires.

Il consistera alors en :

  • L’amélioration de l’hygiène de vie. Le patient sera invité à pratiquer davantage d’activités physiques, comme le jogging, la natation ou tout simplement la marche, cela afin de ne pas être trop sédentaire.
  • L’arrêt de la prise d’alcool et de tabac, et assurer un apport vitamino-calcique suffisant de par la consommation de produits laitiers.
  • La palliation de le manque vitamino-calcique par la prise de médicaments au long court, et ce à raison de 1000mg/j pour le calcium, et 800 UI/j pour la vitamine D.
  • La prise d’anti-ostéoporotique : bisphosphonate (aledronate, ibandronate, l’acide zoledronique…), contre-indiqué lors des œsophagites (inflammation de l’œsophage).

Références

Les articles et ressources ayant servi dans la rédaction de cet article
Le processus d’élaboration d’articles chez le groupe SANTEPOURTOUS

Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

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