Ostéoporose et ménopause : Quel lien ?

Article rédigé par le 19 juin 2024

La ménopause est un phénomène physiologique caractérisé par une période de transition de la vie reproductive de la femme.

Elle engendre plusieurs désagréments sur le métabolisme de l’organisme touchant le système nerveux, cardio-vasculaire, endocrinien et bien d’autres encore.

Lors de la ménopause, le taux d’œstrogène diminue considérablement jusqu’à ne plus exister, entrainant par la suite des troubles du métabolisme périphérique, à savoir l’ostéoporose.

Mais comment expliquer ce phénomène ? Découvrez à travers les paragraphes de cet article rédigé par une professionnelle de santé, la réponse a la question.

Gros plan sur la ménopause

La ménopause marque l’arrêt du fonctionnement des ovaires lorsque le stock de follicules ovariens primordiaux est épuisé, un processus appelé atrésie folliculaire (dégénérescence naturelle des follicules ovariens).

Cette période inévitable survient vers l’âge de 50 ans, après des cycles ovulatoires irréguliers et la phase péri-ménopausique. L’arrêt des règles est rarement brutal, étant généralement précédé d’une phase d’irrégularité menstruelle.

Bon à savoir !
Parmi les facteurs influençant la survenue de la ménopause, on trouve la nulliparité (absence de grossesse), la malnutrition, le tabagisme, un régime végétarien, des facteurs génétiques et la chimiothérapie.

On distingue trois phases de la ménopause : la phase péri-ménopausique, la ménopause et la phase post-ménopausique.

  • La phase péri-ménopausique précède la ménopause et est marquée par des irrégularités menstruelles et de grandes fluctuations hormonales, pouvant durer plusieurs mois voire des années.
  • La ménopause, quant à elle, est définie comme l’arrêt définitif des menstruations et des sécrétions ovariennes, entraînant une baisse significative des taux d’œstrogène.
  • La phase post-ménopausique, également appelée « ménopause confirmée », suit l’arrêt définitif des menstruations.

La ménopause peut entraîner divers symptômes affectant plusieurs systèmes biologiques.

Parmi ceux-ci, on observe des troubles du sommeil, des modifications de la thermorégulation (régulation de la température corporelle), des changements cognitifs (l’œstradiol jouant un rôle crucial dans la performance cognitive), des migraines, un rétrécissement de la paroi vaginale, des troubles des fonctions sexuelles, une accumulation de tissu adipeux (graisse), une perte musculaire, le vieillissement cutané, la chute de cheveux et un déséquilibre du remodelage osseux.

La compréhension de ces différentes phases et troubles permet une meilleure gestion de la ménopause et de ses effets sur la santé des femmes.

Ostéoporose et ménopause : Quel lien ?

L’ostéoporose post-ménopausique

L’ostéoporose est une maladie diffuse du squelette caractérisée par une faible masse osseuse et une destruction de la microarchitecture du tissu osseux. Cette condition fragilise les os, les rendant plus susceptibles aux fractures.

L’ostéoporose peut être secondaire, résultant de la prise de médicaments ostéoporotiques tels que les corticoïdes, ou à la suite de maladies comme la maladie de Cushing (syndrome caractérisé par une surproduction de cortisol). Ces causes secondaires entraînent une déminéralisation accrue des os.

Cependant, l’ostéoporose peut aussi survenir progressivement avec l’âge. Un exemple concret est l’ostéoporose post-ménopausique, également appelée ostéoporose trabéculaire.

Cette forme d’ostéoporose est due à l’amincissement et à la perforation du tissu spongieux de l’os, résultant d’une déminéralisation. Ce processus réduit la dureté des os, les rendant particulièrement vulnérables aux fractures.

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Mécanisme de l’ostéoporose post-ménopausique

Au cours de la ménopause, le taux d’œstrogène plasmatique diminue progressivement jusqu’à disparaître complètement. Cette baisse hormonale prive les os de leur protection contre l’activité ostéoclastique (destruction osseuse).

Par ailleurs, avec l’âge, une carence en vitamine D se développe souvent, réduisant l’absorption intestinale du calcium.

Cette insuffisance de calcium entraîne une hyperparathyroïdie secondaire (augmentation de la production d’hormone parathyroïdienne), ce qui favorise encore davantage la résorption osseuse.

Ces phénomènes combinés conduisent finalement à l’ostéoporose.

Qu’en est-il des conséquences ?

La masse osseuse étant progressivement détruite, l’os devient de plus en plus fragile et présente un grand risque de fracture, même à des chocs minimes. Sachez que les fractures peuvent également survenir spontanément.

Les types de fractures que l’on peut rencontrer lors de l’ostéoporose sont les suivants :

  • Fracture vertébrale ou tassement vertébral : fracture survenant suite à des microtraumatismes. Une diminution de la taille de plus de 1 cm par an devrait faire suspecter la maladie. La patiente peut également présenter des déformations multiples et sévères, entraînant une attitude cyphotique, avec une douleur rachidienne aiguë non invalidante.
  • Fracture du col fémoral : fracture intéressant l’extrémité supérieure du fémur, présentant un taux de mortalité extrêmement élevé.
  • Autres fractures : fractures du bassin, du sacrum, des côtes et de l’humérus, dont la fréquence augmente avec l’âge.

Quelques mots sur le traitement

Prévention primaire

Dès l’enfance et l’adolescence, la prévention primaire vise à maximiser le capital osseux pendant la phase de croissance.

Cela inclut des apports quotidiens suffisants en vitamines et en calcium, ainsi que la pratique régulière d’exercices physiques avec port de charge.

Règles hygiéno-diététiques

Chez les sujets âgés, le traitement médicamenteux de l’ostéoporose doit systématiquement être associé à des mesures hygiéno-diététiques. Ces mesures comprennent l’éviction du tabac et de l’alcool, une activité physique régulière, et des apports vitamino-calciques adaptés aux besoins :

  • 1000 mg de calcium/jour (1500 mg chez la femme > 65 ans)
  • 400 à 800 UI/jour de vitamine D

Bon à savoir : L’association calcium-vitamine D diminue l’hyperparathyroïdie secondaire et le risque de fracture du col fémoral chez les personnes âgées institutionnalisées.

Traitement hormonal substitutif (THS)

Le traitement hormonal substitutif, ou traitement hormonal de la ménopause (THM), consiste en l’administration d’hormones féminines (œstrogènes et progestatifs) aux femmes ménopausées. Le progestatif est ajouté pour éviter le risque de cancer de l’endomètre lié au traitement œstrogénique.

Traitement anti-ostéoporotique

Un traitement curatif peut être proposé en l’absence de fracture et est remboursé sous certaines conditions : T-score < -3 DS ou T-score < -2.5 DS avec présence de facteurs de risque de fracture.

Prévention des chutes

La prévention des chutes est indispensable chez les sujets âgés :

  • Exercice physique régulier pour lutter contre l’amyotrophie (perte de masse musculaire)
  • Correction des troubles visuels et de l’équilibre
  • Arrêt des traitements favorisant les chutes (sédatifs, diurétiques, hypotenseurs, somnifères)
  • Aménagement de l’environnement

Traitement curatif

Le traitement curatif est recommandé après la survenue des fractures.

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Modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes (SERMs)

Les SERMs, comme le raloxifène, représentent une alternative de choix au THM.

Bisphosphonates (BPs)

Les bisphosphonates sont les plus utilisés dans le monde pour leur efficacité anti-fracturaire et leur faible nombre de contre-indications.

Ce que disent les études !
Une étude menée par Black DM, Delmas PD, Eastell R, et al montre qu’une administration intraveineuse annuelle de 5 mg d’acide zolédronique pendant trois années consécutives chez des femmes en post-ménopause présentant une ostéoporose réduit le risque de fractures, principalement des vertèbres.

Denosumab

Denosumab est un autre traitement anti-ostéoporotique efficace, souvent utilisé chez les patients qui ne tolèrent pas les bisphosphonates ou qui ne répondent pas à ces derniers.

Avis du professionnel de santé

L’ostéoporose et la ménopause sont étroitement liées, et cela peut être inquiétant. Mais sachez qu’il y a des moyens de prendre soin de votre santé osseuse.

D’abord, je vous conseille de parler à votre médecin de la densitométrie osseuse. Cet examen simple peut vous aider à savoir où vous en êtes et à prendre des mesures précoces si nécessaire.

Ensuite, pensez à votre alimentation. Assurez-vous de consommer suffisamment de calcium et de vitamine D. Les produits laitiers, les légumes verts et le poisson sont vos alliés. L’exercice est également primordial. Des activités comme la marche, la danse ou le yoga peuvent vraiment aider à renforcer vos os.

Enfin, si vous fumez ou consommez beaucoup d’alcool, essayer de réduire ou d’arrêter. Ces habitudes peuvent affaiblir vos os et augmenter votre risque de fractures.

N’oubliez pas, le suivi médical régulier est essentiel. Votre médecin peut vous aider à ajuster votre traitement en fonction de vos besoins spécifiques et vous donner des conseils personnalisés.

Les 5 points clefs à retenir

  • 1. L’ostéoporose est une maladie diffuse du squelette caractérisée par une faible masse osseuse avec destruction de la microarchitecture du tissu osseux. Un des facteurs de risque de cette maladie : la ménopause.
  • 2. La ménopause est, quant à elle, l’arrêt du fonctionnement ovarien. Elle correspond à la période d’épuisement de stock de follicules primordiaux de l’ovaire.
  • 3. Cette période est marquée par une nette diminution du taux d’œstrogène avec un arrêt complet de la menstruation.
  • 4. Secondairement s’ensuivent des problèmes métaboliques divers dont l’ostéoporose ne fait pas exception.
  • 5. Secondairement s’ensuivent des problèmes métaboliques divers dont l’ostéoporose ne fait pas exception.

Références

Les articles et ressources ayant servi dans la rédaction de cet article
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