Dans le domaine du travail, l’ostéoporose constitue un facteur défavorable qui est responsable de la diminution de la productivité des employés, notamment à la suite d’une fracture.
Mais comment évaluer le taux d’invalidité lié a cette maladie ? Retrouvez la réponse à cette question dans cet article rédigé par une professionnelle de santé.
Les 4 points importants à retenir
Parlons brièvement de l’ostéoporose
Au décours de la vie, l’os subit des variations physiologiques sur le plan constitutionnel et morphologique.
La densité osseuse augmente rapidement jusqu’aux environs de 20-25 ans ou elle atteint le seuil maximal.
Ce pic est un grand déterminant de la prédisposition d’une personne à l’ostéoporose. Si faible, le sujet développera fort probablement l’ostéoporose ultérieurement.
Elle survient plus fréquemment à partir de la ménopause lorsque les taux d’hormones diminuent, et en particulier lorsque cette ménopause est précoce, c’est-à-dire avant l’âge de 40 ans.
Le saviez-vous ?
Il existe une étape intermédiaire entre l’os sain et l’os ostéoporotique, il s’agit de la phase ostéopénique. À la densitométrie osseuse, la densité minérale osseuse est comprise entre -1 et -2,5 DS, si lors de l’ostéoporose, elle est inférieure a -2,5 DS.
Comment se manifeste l’ostéoporose ?
Cette pathologie reste longtemps silencieuse, sans signes frappants évocateurs.
Le silence lève sa voile quand les fractures se présentent. L’os étant moins dense, donc plus fragile, le sujet sera en proie à des fractures pathologiques.
Ces fractures intéressent surtout le poignet, la hanche et la colonne vertébrale. Elles vont également être responsables de douleurs chroniques qui, au fur et à mesure que le temps avance, constitueront des facteurs d’invalidation dans la vie quotidienne.
Ostéoporose : Taux d’invalidité
Le taux d’invalidité de l’ostéoporose dépend de la sévérité de la maladie, de son impact sur la mobilité et l’autonomie du sujet, ainsi que des problèmes de santé associés.
Ostéoporose et invalidité
L’invalidité liée à l’ostéoporose est principalement due aux fractures de la colonne vertébrale, du poignet et de la hanche. Ces fractures provoquent des douleurs chroniques qui limitent la mobilité, entraînant une baisse de productivité et une perte d’autonomie.
Système d’invalidité
Le taux d’invalidité est déterminé par des médecins spécialistes (ostéopathes, rhumatologues, etc.). Ce taux, exprimé en pourcentage, indique le degré de réduction de la capacité de travail.
Plusieurs types de prestations d’invalidité sont disponibles en fonction du taux d’invalidité, parmi lesquelles on trouve la pension d’invalidité, l’allocation adulte handicapé (AAH) et l’allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP).
Prise en charge de l’ostéoporose
L’ostéoporose n’est pas systématiquement prise en charge à 100 %. Seule une ostéoporose évolutive et sévère, responsable de fractures et nécessitant des traitements coûteux et prolongés, peut justifier une prise en charge complète.
La demande de prise en charge à 100 % est établie par le médecin et accordée par le médecin conseil de la Sécurité sociale au titre des ALD HORS LISTE (affections longue durée hors liste, qui donne les mêmes droits que les ALD LISTE).
Même si vous n’êtes pas en ALD (affection longue durée), vous pouvez demander un temps partiel thérapeutique. Votre médecin vous le prescrit après un arrêt complet de 4 jours minimum, le médecin du travail indique le nombre d’heures à travailler, et l’employeur répartit la durée de travail.
Hors ALD, vos IJ (indemnités journalières) sont limitées à 360 IJ maximum sur 3 ans (date à date). En revanche, en ALD, vous pourrez bénéficier des IJ pendant 3 ans. Au-delà, une invalidité devra être envisagée.
Prévenir l’ostéoporose
Afin de prévenir cette maladie, bien que certains facteurs ne soient modifiables, l’amélioration de l’hygiène de vie reste la seule l’option. On peut, de ce fait :
- Pratiquer des activités physiques ;
- Avoir un apport suffisant de vitamine D et calcium ;
- Se sevrer du tabac et de l’alcool ;
- Limiter, voire éviter certains médicaments (corticostéroïdes, inhibiteurs de pompes a protons, quelques-uns des nouveaux antidépresseurs).
Avis du professionnel de santé
Les traitements contre l’ostéoporose sont souvent très efficaces et peuvent permettre de maintenir une vie professionnelle active. Il est donc tout à fait possible de vivre et de travailler avec cette maladie.
Voici quelques conseils pour continuer à travailler tout en étant atteint d’ostéoporose.
Conseils pour les employés atteints d’ostéoporose
- Confidentialité médicale : vous n’êtes pas obligé de divulguer votre état de santé à votre employeur.
- Visite médicale au travail : vous pouvez demander une visite occasionnelle chez votre médecin du travail si vous ressentez des problèmes liés à votre poste. Si la consultation a lieu pendant les heures de travail, vous devez en informer votre supérieur, mais l’employeur ne peut pas s’y opposer. Si vous préférez ne pas informer votre employeur, organisez la visite en dehors des heures de travail.
- Adaptation du poste de travail : il est recommandé de consulter votre médecin du travail ou d’en parler à votre employeur pour évaluer et adapter votre poste de travail selon vos besoins.
Conseils pour les employeurs
- Soutien et prévention : en cas de détresse d’un salarié, vous pouvez solliciter un rendez-vous auprès du service de prévention et de santé au travail. Le médecin du travail peut également décider de programmer un rendez-vous avec le salarié si nécessaire.
Références
Les articles et ressources ayant servi dans la rédaction de cet article
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