Ostéoporose : Guide Complet

Article rédigé par le 18 juin 2024

L’ostéoporose est une maladie qui progresse en silence au fil des ans. Elle touche principalement les femmes ménopausées et entraîne des fractures et des déformations osseuses.

Elle peut être primaire, liée à l’âge, ou secondaire, due à certains traitements ou maladies qui provoquent une déminéralisation osseuse importante.

Dans cet article, rédigé par une professionnelle de santé, nous allons explorer en détail cette pathologie et vous fournir des informations clés pour mieux la comprendre.

L’ostéoporose : Définition et généralités

L’ostéoporose est une maladie du squelette qui se caractérise par une faible masse osseuse avec détérioration de la microstructure du tissu osseux.

Cette pathologie aura ainsi comme conséquence une fragilité de l’os, augmentant de ce fait les risques de fractures.

Beaucoup de paramètres influencent grandement la survenue de l’ostéoporose. La génétique joue probablement un rôle prépondérant dans l’installation de la maladie, mais on parle également de carence nutritionnelle et de troubles hormonaux.

L’ostéoporose sera évoquée devant une déformation importante du rachis avec fractures pathologiques (fractures faciles) et une diminution de taille, puis, l’on confirmera par la mesure de la densité minérale osseuse (DMO) lors de l’osteodensitometrie.

Comprendre la variation de la masse osseuse au cours de la vie !
– La masse osseuse augmente rapidement jusqu’à atteindre un pic maximal vers l’âge de 20 ans, déterminant ainsi la qualité des os. Si ce pic est bas, le risque de développer l’ostéoporose est plus élevé.
– Chez les hommes, la masse osseuse diminue progressivement de 0,5 à 1 % par an après 20 ans. Chez les femmes, cette diminution commence quelques années avant la ménopause, à un rythme de 1 à 2 % par an pendant 8 à 10 ans, avant de ralentir pour atteindre un rythme similaire à celui des hommes.
– Ainsi, l’ostéoporose s’aggrave avec l’âge et est plus prononcée en présence de multiples facteurs de risque.

Les facteurs de risque de l’ostéoporose

De nombreux paramètres peuvent précipiter la survenue de l’ostéoporose, une affection caractérisée par une diminution de la densité osseuse et une fragilité accrue des os. Parmi les principaux facteurs de risque, on peut citer :

  • L’âge : avec l’avancée en âge, la masse osseuse tend à diminuer naturellement, augmentant ainsi le risque d’ostéoporose.
  • Le genre : les femmes sont plus susceptibles de développer l’ostéoporose que les hommes, en raison de la diminution rapide des niveaux d’œstrogènes après la ménopause, hormone essentielle au maintien de la densité osseuse.
  • La génétique : les antécédents familiaux d’ostéoporose jouent un rôle significatif. Si un parent proche a souffert de cette maladie, les chances de la développer sont accrues.
  • La sédentarité : le manque d’activité physique contribue à la perte de masse osseuse. L’exercice régulier, en particulier les activités portant du poids comme la marche ou la musculation, est crucial pour la santé osseuse.
  • La carence en vitamine D et en calcium : ces nutriments sont essentiels pour la formation et le maintien de la densité osseuse. Une insuffisance de calcium ou de vitamine D peut entraîner une fragilité osseuse accrue.
  • Le tabagisme : fumer affecte négativement la densité osseuse et interfère avec la capacité du corps à utiliser le calcium, augmentant ainsi le risque d’ostéoporose.
  • Le faible poids et le faible indice de masse corporelle (IMC) : les personnes avec un faible IMC ou un poids insuffisant ont moins de masse osseuse, ce qui peut augmenter leur vulnérabilité à l’ostéoporose.
  • La ménopause : comme mentionné, la diminution des niveaux d’œstrogènes après la ménopause est un facteur de risque majeur pour les femmes.
  • Les maladies et traitements médicaux : certaines conditions médicales et médicaments peuvent induire l’ostéoporose. Les corticoïdes, les anticonvulsivants, l’hyperthyroïdie et le syndrome de Cushing (hypercorticisme) sont quelques exemples notables.

Le saviez-vous ?
La maladie de Parkinson est également un facteur de risque de l’ostéoporose. Cela est dû au fait que les patients parkinsoniens ont un risque plus élevé de fracture résultant à la fois du risque important de chute et d’autres facteurs de risque tels qu’une faible DMO.

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Les différents types d’ostéoporose

Les ostéoporoses peuvent être classées en 2 groupes.

  • Les ostéoporoses primaires, liées a l’âge, forme la plus fréquente également ;
  • Les ostéoporoses secondaires, survenant à la suite de pathologies ou de traitements ostéoporotiques.

Ostéoporoses primaires

Liées à l’âge, ces affections sont notamment plus fréquentes chez la femme (deux à trois fois plus) que chez l’homme, en raison de la privation hormonale post-ménopausique.

Ainsi, 8 à 18 % des femmes de plus de 50 ans sont susceptibles d’être atteintes d’ostéoporose, contre 5 à 6 % des hommes de la même tranche d’âge.

L’incidence des fractures augmente avec l’âge, car la masse osseuse diminue continuellement chaque année. Ces fractures touchent principalement les vertèbres, la hanche et le poignet.

On distingue notamment :

  • L’ostéoporose post-ménopausique (la plus fréquente)
  • L’ostéoporose liée à l’ostéogenèse imparfaite héréditaire : causée par une maladie génétique rare appelée ostéogenèse imparfaite, caractérisée par des os fragiles et une propension aux fractures dès la naissance.
  • L’ostéoporose juvénile idiopathique : cette forme rare d’ostéoporose se développe chez les enfants et les adolescents sans cause apparente, entraînant une fragilité osseuse anormale à un jeune âge.

Ostéoporoses secondaires

Comme mentionné précédemment, ces affections surviennent à la suite d’une maladie ou d’un traitement induisant l’ostéoporose, entraînant ainsi une déminéralisation accrue des os.

Ainsi, un traitement prolongé aux corticoïdes ou aux anticonvulsivants, la polyarthrite rhumatoïde, les grossesses répétées et les maladies digestives chroniques peuvent tous être à l’origine d’une ostéoporose

À quoi reconnait-on l’ostéoporose ?

Dans ce qui suit, nous allons traiter de l’ostéoporose post-ménopausique.

Les femmes atteintes de cette maladie ne présentent que rarement des symptômes de déminéralisation osseuse, ce qui fait que la pathologie est souvent découverte fortuitement.

Généralement, les patientes consultent uniquement lors de la phase de complication de la maladie.

Les malades se plaignent souvent de douleurs rachidiennes (dorsales) survenant à l’effort et évoluant depuis plus de trois mois, avec des facteurs de risque d’ostéoporose tels que la ménopause, la prise prolongée de corticoïdes et l’alcoolo-tabagisme.

À l’examen clinique, le médecin peut constater une diminution de la taille de la patiente pouvant aller jusqu’à 12 cm, un signe très caractéristique de la maladie.

La patiente peut également présenter une importante déformation du dos, dite cyphoscoliose, avec possibilité de contact entre les dernières côtes et les crêtes iliaques, ce qui est responsable d’une douleur à la marche.

Évolution et complication

L’ostéoporose provoque une grande fragilité des os du squelette, rendant les fractures possibles au moindre choc.

Ces fractures se situent principalement :

  • Au poignet, appelées fractures de Pouteaux-Colles, survenant généralement autour de 60 ans.
  • À la colonne vertébrale, fréquentes chez les patientes autour de 70 ans.
  • À l’extrémité supérieure du fémur, touchant les patientes vers 80 ans.

Il est primordial de faire très attention à ces personnes, car même un choc minime peut entraîner des fractures handicapantes.

La fracture de la colonne vertébrale est la plus fréquente, se manifestant par des douleurs aiguës ou chroniques à l’effort, une perte de taille et une déformation en cyphose du rachis.

À la radiographie standard, on peut voir des zones plus sombres sur les images, ce qui montre que les os ont perdu une partie de leurs minéraux et sont devenus plus fragiles.

Comment se fait le diagnostic ?

L’ostéoporose est généralement suspectée devant des douleurs au niveau de la colonne vertébrale, aiguës ou chroniques, accompagnées d’une diminution de la taille (particulièrement notable si elle est supérieure ou égale à 10 cm) et d’une cyphoscoliose.

Le diagnostic est confirmé par un examen paraclinique mesurant la densité osseuse, appelé ostéodensitométrie.

Cette mesure est effectuée au niveau du rachis lombaire et de la hanche, permettant de différencier l’ostéoporose de l’ostéopénie.

En effet, une densité minérale osseuse (DMO) inférieure à -2,5 indique une ostéoporose, tandis qu’une DMO supérieure à cette valeur signale une ostéopénie.

Attention !
D’autres pathologies peuvent prêter confusion à l’ostéoporose dû aux manifestations qui peuvent être similaire :
– Le myélome multiple 
– Les métastases osseuses des cancers solides, dans un contexte de cancer primitif connu
– L’hémochromatose
– La polyarthrite rhumatoïde

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Qu’en est-il du traitement ?

Le traitement de l’ostéoporose vise à soulager la douleur et à prévenir les complications liées aux fractures.

Pour cela, on utilise des moyens pharmacologiques (médicamenteux) et non pharmacologiques (sans médicaments).

Les moyens non pharmacologiques

Ils consistent à améliorer l’hygiène de vie. Le patient sera encouragé à pratiquer régulièrement des activités physiques comme le jogging, la natation ou simplement la marche, afin de réduire la sédentarité.

On recommandera également au patient d’arrêter l’alcool et le tabac, et de s’assurer d’un apport suffisant en vitamine D et calcium, notamment par la consommation de produits laitiers.

Les moyens pharmacologiques

Ils consistent à pallier le manque en vitamine D et en calcium par la prise de médicaments à long terme, à raison de 1000 mg/jour pour le calcium et de 800 UI/jour pour la vitamine D.

Pour le traitement anti-ostéoporotique, il est important de comprendre que l’action peut se concentrer sur :

  • Le freinage de la destruction osseuse.
  • La stimulation de la formation osseuse.
  • Les deux à la fois.

Les médicaments freinant la destruction osseuse sont les plus couramment utilisés. Voici quelques exemples :

  • Traitement hormonal substitutif (THS) : convenant aux femmes ménopausées, ce traitement présente un risque de cancer. Son efficacité dépend surtout de la durée du traitement, comme l’a précisé l’étude de la Women’s Health Initiative (WHI).
  • Modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes (SERM) : le RALOXIFENE, avec une posologie de 60 mg/j, est contre-indiqué en cas d’antécédents de thrombo-embolie.
  • Bisphosphonates : comme l’alendronate, l’ibandronate et l’acide zolédronique, ces médicaments sont contre-indiqués en cas d’œsophagite (inflammation de l’œsophage).

Pour plus d’informations sur l’étude de la Women’s Health Initiative, consultez cet article.

Et la prévention ?

Adopter des habitudes simples peut vous protéger contre l’ostéoporose, ou du moins, ralentir et atténuer ses effets.

Commencez par adopter une bonne hygiène de vie en pratiquant régulièrement une activité physique, et en arrêtant le tabac et l’alcool.

Ensuite, prenez soin de vous en mangeant sainement tout en assurant un apport suffisant en vitamines et en calcium pour vos os. Cela permet également de maintenir un indice de masse corporelle normal.

Témoignages

Après quatre ans de ménopause, Samia* a été orientée par son gynécologue pour passer un examen de densitométrie osseuse. Celui-ci a révélé qu’elle souffrait d’ostéoporose. En raison d’un désaccord entre son médecin traitant et son gynécologue sur la prise en charge de sa maladie, Samia a décidé de consulter un autre spécialiste pour obtenir un deuxième avis médical.

Voir la suite de la conversation sur : Ostéoporose : le témoignage de Samia (deuxiemeavis.fr)

Les 5 points importants à retenir

  • 1- L’ostéoporose est une atteinte diffuse des os du squelette caractérisée par une faible masse osseuse avec détérioration de la microstructure du tissu osseux exposant ainsi le patient un grand risque de fractures du fait de la fragilité osseuse.
  • 2- Elle touche surtout les femmes après la ménopause du fait de la privation hormonale post-ménopausique.
  • 3- Elle est à évoquer devant une diminution de la taille avec déformation du rachis en cyphose, confirmée par la mesure de la densité osseuse lors de l’ostéodensitométrie.
  • 4-La prévention consiste en l’amélioration de l’hygiène de vie (pratique d’activités physiques et apport vitamino-calcique suffisant, arrêt du tabac et de l’alcool).
  • 5- Le traitement fait appel aux médicaments freinant la destruction osseuse, le bisphosphonate étant le premier choix, et ceux qui favorisent la formation osseuse.

Références

Les articles et ressources ayant servi dans la rédaction de cet article
Le processus d’élaboration d’articles chez le groupe SANTEPOURTOUS

 Chaque article est rédigé par un professionnel de santé qualifié en suivant des procédures de rédaction strictes (en savoir plus). Cet article présent est régulièrement révisé à la lumière des évidences scientifiques les plus récentes.

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