Ovariectomie : guide complet (tout savoir)

Article rédigé par le 20 mars 2024

L’ovariectomie est une opération chirurgicale rare et peu connue. Elle consiste à retirer un ou les deux ovaires dans un but préventif ou curatif. Bien qu’elle puisse avoir des conséquences sur la fertilité et les niveaux hormonaux, l’ovariectomie est parfois l’unique alternative pour préserver la santé globale de la patiente.

Dans cet article rédigé par un médecin, vous trouverez les raisons pour lesquelles on pratique une ovariectomie et ce qui se passe avant, pendant et après l’intervention avec quelques recommandations.

Les 5 points importants à retenir

  1. Les ovaires sont essentiels dans le système reproducteur féminin, sécrétant des hormones et libérant des ovules pour la fécondation.
  2. L’ovariectomie est une intervention chirurgicale lourde réalisée en cas de kystes ovariens, de grossesses extra-utérines près de l’ovaire, d’abcès ovariens, d’endométriose et de cancer ou de risque de cancer.
  3. Avant une ovariectomie, des examens tels qu’une échographie, une IRM ou un scanner, une consultation chirurgicale et anesthésique, et une analyse sanguine sont nécessaires pour évaluer la situation.
  4. Il existe deux méthodes principales pour réaliser une ovariectomie : par cœlioscopie, une approche moins invasive et associée à une récupération plus rapide, et par laparotomie, une méthode plus invasive réservée aux cas nécessitant une intervention plus agressive.
  5. La convalescence varie selon le type d’ovariectomie, mais un suivi médical strict est nécessaire après l’intervention, avec une attention particulière aux signes anormaux.

Petit rappel sur les ovaires et leurs fonctions

L’appareil reproducteur féminin est un système complexe et essentiel qui joue un rôle crucial dans la reproduction humaine. Il comprend plusieurs organes dont les ovaires, l’utérus et les trompes de Fallope, qui travaillent ensemble pour assurer la fécondation et le développement de la grossesse.

Les ovaires ont la forme d’une amande douce et sont situés de chaque côté de l’utérus, près des trompes de Fallope. Les ovaires (gauche et droite) jouent un double rôle dans le système reproducteur féminin. 

En tant que glande, il exerce une fonction endocrine en sécrétant des hormones sexuelles, notamment les œstrogènes et la progestérone. Ces hormones règlent le cycle menstruel de la puberté à la ménopause.

Il exerce également une autre fonction en libérant les ovules vers les trompes, où ils vont fusionner avec les spermatozoïdes pour donner des embryons. C’est ce qu’on appelle : fécondation. En absence de fécondation, les ovules périssent.

Bien que les ovaires soient des composants cruciaux du système reproducteur féminin, divers dysfonctionnements ou pathologies peuvent parfois nécessiter leur ablation chirurgicale. C’est ce qu’on appelle : ovariectomie.

Qu’est-ce qu’une ovariectomie ?

L’ovariectomie, aussi appelée oophorectomie, est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer un ou plusieurs ovaires. C’est une mesure lourde et qui n’est utilisée que pour traiter ou prévenir des maladies pouvant mettre en danger la vie de la patiente. 

L’ovariectomie est réalisée en cas de tumeurs, de cancers, de kystes ou d’infections graves des ovaires, surtout chez une femme ayant plus de 50 ans. Elle peut également être utilisée chez les animaux comme le chat ou le chien pour empêcher la procréation (castration par ablation des 2 ovaires).

Pourquoi faire une ovariectomie ?

Retirer les ovaires du corps d’une femme peut avoir de lourdes conséquences. De ce fait, le médecin ne prend cette mesure radicale qu’en cas de problème important

Point important : selon le cas, l’ovariectomie peut s’accompagner d’une annexectomie (ablation des trompes) et d’une hystérectomie (ablation de l’utérus).

L’ovariectomie aura lieu dans  les cas suivants :

Importants kystes ovariennes

Les kystes sont des formations en forme de sac remplies de liquide qui se développent sur ou à l’intérieur des ovaires. Bien que de nombreux kystes ovariens sont asymptomatiques, certains peuvent causer des douleurs pelviennes (dans le bas-ventre) ou des saignements génitaux anormaux.

Les kystes nécessitent une intervention chirurgicale surtout s’ils sont gros et s’il y en a plusieurs. Dans d’autres cas, l’ovariectomie peut être programmée si le kyste s’est développé trop en profondeur ou si les traitements médicamenteux ont échoué

Bon à savoir : les kystes peuvent parfois se rompre et se tordre, ce qui peut entraîner des douleurs très intenses nécessitant une intervention chirurgicale en urgence. 

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Grossesse extra utérine localisée près de l’ovaire

On parle de grossesse extra utérine lorsque l’ovule fécondé s’implante en dehors de la cavité utérine. Il peut se développer par exemple dans une des trompes de Fallope ou, rarement, dans l’un des ovaires. 

Une grossesse extra-utérine peut se manifester par des saignements génitaux et des crampes abdominales chez une femme ayant un test de grossesse positif ou un retard des règles. Si la trompe se rompt, les symptômes incluent des saignements abondants et des douleurs abdominales intenses. 

Si l’œuf fécondé se développe dans l’ovaire, il faudra retirer ce dernier (ovariectomie). Parfois, il est nécessaire de retirer en même temps la trompe de Fallope et l’ovaire.

Abcès ovarien

Il s’agit d’une collection de pus dans les ovaires due à une infection bactérienne. L’abcès ovarien survient surtout en cas de retard de traitement ou de traitement incomplet d’une salpingite (infection au niveau des trompes). Il peut également être due à l’extension d’une infection de voisinage. 

Les symptômes incluent le plus souvent une douleur abdominale localisée au niveau de l’ovaire atteint, une fièvre et parfois une masse peut être palpable. L’abcès peut se rompre entraînant des symptômes plus sévères et nécessitant une intervention chirurgicale en urgence. 

Endométriose

L’endométriose est la première cause de douleur abdominale durant les règles. Il s’agit d’une maladie inflammatoire de l’appareil génital féminin qui est due à un développement anormal de muqueuse utérine (endomètre) en dehors de l’utérus

L’endométriose est une maladie complexe qui affecte les femmes en âge de procréer. Elle a tendance a touché les organes proches de l’utérus comme les ovaires. 

Cancer ou risque de cancer 

Il est possible qu’une tumeur maligne (cancer) se développe au niveau de l’ovaire. Le chirurgien peut donc préconiser une ovariectomie pour éviter la métastase (propagation) de la maladie aux autres structures avoisinantes. 

Un cancer de l’ovaire est très difficile à diagnostiquer étant donné qu’il est le plus souvent asymptomatique. Ce type de cancer est le plus dangereux des cancers gynécologiques puisqu’il n’est souvent remarqué que tardivement, lorsque la cavité abdominale est déjà atteinte. 

Par ailleurs, l’ovariectomie peut être programmée : 

  • à titre préventif chez une femme ayant un apparenté du premier degré (parents ou frères et sœurs) porteur de cancer de l’ovaire : ces femmes ont trois fois plus de risque de développer le même cancer ;
  • chez une femme porteuse d’un cancer du sein : afin de limiter la production d’hormones et augmenter ses chances de guérison. 

Selon une étude menée par Jean-Pierre Lefranc et ses collaborateurs, l’ovariectomie chirurgicale améliore la survie globale chez les femmes âgées de moins de 50 ans, en absence de chimiothérapie.

Quels sont les bilans nécessaires avant une ovariectomie ?

Avant une ovariectomie, des bilans seront réalisés par le chirurgien. Ces bilans peuvent nécessiter plusieurs étapes.

  • Une échographie pelvienne sera faite pour confirmer le diagnostic de la pathologie. Elle évalue en même temps le nombre et la localisation des lésions ovariennes ainsi que les lésions associées des organes de voisinage ;
  • Une IRM ou un scanner est toujours associé à l’échographie car cette dernière ne suffit pas toujours pour avoir une idée précise sur la nature des lésions ;
  • Une consultation avec le chirurgien sera ensuite réalisée durant laquelle il vous expliquera les bénéfices et les risques de l’intervention et décidera du type d’intervention à réaliser ;
  • Une prise de sang sera faite pour compléter le bilan pré-opératoire ;
  • Enfin, une consultation avec l’anesthésiste sera réalisée au moins 48h avant l’intervention.

Comment se déroule une ovariectomie ?

Le déroulement sera en fonction de la technique d’ovariectomie utilisée. 

Quels sont les types d’opération possibles ?

Il existe deux méthodes permettant de réaliser une ablation des ovaires. Votre médecin en discutera avec vous pour déterminer la méthode la plus efficace. 

Ovariectomie par cœlioscopie 

Cette technique chirurgicale est la plus courante pour réaliser une ovariectomie car elle permet une récupération plus rapide

Lors de cette intervention, le chirurgien gynécologue commence par injecter du gaz carbonique dans l’abdomen à l’aide d’une aiguille et d’un tube fin. À travers une incision au niveau du nombril, il introduit une mini caméra pour visualiser l’intérieur. 

Il réalise ensuite d’autres petites incisions pour introduire les instruments chirurgicaux nécessaires. Il procède à la découpe de l’un des deux ovaires pour ensuite l’extraire. A la fin, il referme la paroi à l’aide de quelques points de sutures. 

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Ovariectomie par laparotomie

Lors de cette intervention, le chirurgien pratique une incision horizontale au niveau de l’abdomen, au ras des poils pubiens, pour enlever le ou les ovaires. Cette approche étant plus invasive, elle n’est préconisée qu’en cas de nécessité absolue. Par exemple : un kyste trop volumineux ou une tumeur cancéreuse.

Bon à savoir : durant une ovariectomie par cœlioscopie, si l’aspect évoque au chirurgien un cancer, il peut décider de convertir l’intervention en une laparotomie pour continuer le traitement.

Comment se passe l’intervention ?

L’hospitalisation se fait le plus souvent la veille de l’intervention. Une ovariectomie se fait sous anesthésie générale. Le déroulement sera en fonction de la technique de chirurgie utilisée mais elle dure généralement entre 45 minutes à 1 heure selon le cas. 

L’organe enlevé, c’est-à-dire l’ovaire, sera ensuite envoyé pour analyse histologique peu importe la raison de l’ovariectomie. La suite de la prise en charge de la maladie sera ensuite guidée par le résultat de cette analyse.

Après une ovariectomie

Une ovariectomie peut avoir des conséquences et des risques différents selon qu’elle soit unilatérale (un seul ovaire) ou bilatérale (ablation des deux ovaires).

Possibilité de grossesse

Si l’ovariectomie concerne les deux ovaires, elle entraîne une stérilisation de la femme et lui  déclenchera une ménopause précoce. En revanche, si elle ne concerne qu’un seul ovaire et que l’ovaire restant est sain, vous pourrez continuer à avoir des enfants si vous le souhaitez. 

Complications possibles

Certaines complications peuvent survenir au moment de l’intervention et d’autres peuvent se manifester dans les jours qui suivent.

Pendant l’opération, il peut y avoir :

  • une hémorragie lors de l’ouverture de la paroi ou par atteinte d’un vaisseau sanguin
  • des blessures accidentelles d’autres organes de voisinage (trompe de Fallope, intestin).

Après l’opération, les complications possibles sont à peu près les même que pour toute intervention chirurgicale :

  • des douleurs au niveau de la zone opérée ;
  • une infection ou un hématome au niveau de la plaie ;
  • des troubles urinaires ou intestinaux ;
  • des complications thrombo-emboliques (formation de caillots dans les veines des jambes) ;
  • la possibilité d’apparition de nouveaux kystes au niveau de l’ovaire restant ;
  • les répercussions psychologiques : l’ablation des ovaires est parfois vécu comme une forme de mutilation. 

Avis du médecin : avant une ovariectomie, et surtout si elle concerne les deux ovaires, une préparation psychologique est nécessaire. Vous pourrez également avoir besoin d’un suivi psychologique après l’intervention. 

En cas d’apparition de symptômes pouvant indiquer une complication post-opératoire, consultez immédiatement un médecin. Si vous recherchez un médecin proche de chez vous, vous pouvez consulter notre répertoire.  

Convalescence et recommandations 

En fonction des cas, l’ovariectomie peut se dérouler en ambulatoire (vous rentrerez chez vous le jour-même) ou au contraire nécessiter une hospitalisation plus longue. L’hospitalisation peut varier de 1 à 7 jours

La convalescence est très courte pour l’ovariectomie par cœlioscopie. Vous serez capable de reprendre une alimentation normale et de marcher le jour suivant l’intervention.

Pour la suite de prise en charge et le suivi : 

  • Une consultation de suivi postopératoire aura lieu 1 mois après l’ovariectomie ;
  • Le sport peut être repris après la consultation post-opératoire ;
  • Tout signe anormal après la sortie de l’hôpital doit vous alarmer et vous amener à consulter (fièvre, douleur abdominale, saignement, douleur dans un mollet, etc.) ;
  • Un suivi médical rigoureux sera ensuite mis en place, sauf pour les pathologies bénignes.

Références

Les ressources utilisées dans la création de cet article
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